Couple originel, déluge, homo sapiens et haplogroupes
Publié : lun. 05 oct. 2009, 12:10
Nous savons actuellement que l’espèce à laquelle appartiennent tous les humains, celle de l’homo sapiens qui semble sur terre depuis environ 200.000 ans, se distingue physiquement des autres espèces par l’ADN nucléaire qui se retrouve dans chacune de ses cellules et qui est composé de trois milliards et demi de paires de gênes.
C’est parce qu’un élément de chacun de ces trois milliards et demi de paires dans un ovule rencontre son correspondant dans un spermatozoïde, dans une variété de combinaisons qui fait de chacun de nous un être unique, qu’une reproduction est possible.
Seul un millième de cet ADN nucléaire distingue les humains les uns des autres. Notre distinction avec les autres espèces est assez réduite puisque nous partageons 99 % de cet ADN avec les chimpanzés dont un centième seulement nous distingue.
L’ADN nucléaire humain se trouve dans 23 paires de chromosomes dont l’une distingue les hommes des femmes en ce que les femmes héritent de leur père et mère deux chromosomes X, alors que les hommes héritent de leur mère un chromosome X mais de leur père un chromosome Y qui se transmet de père en fils et qui provient donc exclusivement de l’ascendance masculine de chaque homme.
Nous avons aussi, dans nos cellules, des mitochondries qui permettent de prendre l’oxygène et de la transformer en énergie. Et là, nous avons aussi un ADN mitochondrial d’environ 16.000 paires. Tant chez les hommes que chez les femmes, cet ADN mitochondrial (ADNmt) nous vient exclusivement de notre mère et provient donc exclusivement de l’ascendance féminine de chaque humain.
Les femmes ne peuvent transmettre le chromosome Y qu’elle n’ont pas, mais les hommes ne peuvent transmettre l’ADNmt qui ne se transmet que par les femmes (Bravo pour elles qui nous transmettent l’accès à l’oxygène et à l’énergie).
Tant le chromosome Y que l’ADNmt se reproduisent sans cesse à l’identique de génération en génération. On a retrouvé un enseignant anglais (Adrain Targett) qui avait exactement le chromosome Y d’un squelette vieux de 9.000 ans, celui de son ancêtre direct dans sa lignée masculine (dit de Cheddar).
Parfois (environ en moyenne tous les 6.000 ans selon certains scientifiques), une mutation se produit lors de la reproduction d’un chromosome Y ou d’un ADNmt et c’est ce chromosome Y modifié ou cet ADNmt modifié qui est alors transmis.
Il en résulte aujourd’hui, dans la population humaine, environ quelques dizaines (environ 40) de chromosomes Y et d’ADNmt différents. Tous les hommes qui ont le même chromosome Y sont classés dans un groupe appelé haplogroupe Y. De même, tous les humains (hommes et femmes) sont classés selon leur ADNmt dans un autre haplogroupe ADNmt selon l’ADNmt de leurs cellules.
Actuellement, il semble que tous les chromosomes Y actuels peuvent avoir un ancêtre masculin commun, avant les diverses mutations qui ont permis les dizaines de variantes actuelles, à une époque éloignée d’environ 60.000 ans.
Par contre, les diverses variantes d’ADNmt ne paraissent pouvoir provenir d’une origine féminine commune (nommée « Eve » mitochondriale) qu’à une époque éloignée d’environ 150.000 ans.
Dans le récit biblique, Noé et ses trois fils n’ont pu transmettre à leur descendance masculine jusqu’à nous qu’un seul et même chromosome Y, mais qui a pu se subdiviser par des mutations ultérieures. Par contre, la femme de Noé et les trois femmes de ses fils ont pu transmettre quatre ADNmt différents qui ont aussi pu subir des variantes postérieures.
Une question principale se pose par rapport à ces données actuelles (à les supposer exactes, mais cela paraît déjà plus qu’une hypothèse, selon l’expression de Jean-Paul II pour l’évolution) : l’humain fait à l’image de Dieu, avec une âme immortelle, se confond-t-il entièrement avec l’homo sapiens de la science ?
Autrement dit, est-ce que tous les homo sapiens de l’histoire descendent d’Adam et Eve ? Ni la Bible, ni l’Eglise n’excluent qu’Adam et Eve aient pu être créés parmi d’autres homo sapiens (qui sont, dès lors pré-humains, selon la Genèse).
Nous en sommes réduits ici à des hypothèses parce que la définition de l’humain, selon la Genèse, est plus large qu’une définition uniquement scientifique puisqu’elle inclut une dimension spirituelle essentielle, mais aussi parce que la science elle-même ne peut exclure une mutation majeure encore inconnue, dans l’espèce humaine, au cours de l’histoire des homo sapiens depuis 200.000 ans.
Nous savons déjà que des espèces proches des homo sapiens ont coexisté à certaines époques. Malgré des indices d’activités culturelles et d’intelligence, le Neanderthal n’est pas un homo sapiens et n’a pas l’ADN des humains actuels. Leur probable origine commune nous oblige à remonter de plusieurs millions d’années.
La notion même d’années, dans un texte hébraïque très ouvert à l’origine avec ses seules consonnes et sans ponctuation, peut impliquer de prudentes réserves.
Chacun admet que les six jours de la création se réfèrent à des durées que nous mesurons actuellement en milliards d'années. Les années dont nous parlent les textes de la Genèse dans les généalogies peuvent devoir impliquer aussi une interprétation très extensive et correspondre à des durées beaucoup plus grandes selon nos mesures actuelles.
La question est ouverte.
Par contre, il paraît scientifiquement exclu de faire descendre toutes les variantes des chromosomes Y et des ADNmt dans la population humaine actuelle d’un couple originel ayant vécu il y a seulement six mille ans ou des huit occupants de l’arche de Noé il y a cinq mille ans.
En effet, on trouve déjà plusieurs de ses variantes à des périodes beaucoup plus éloignées.
Que l’on situe Adam et Eve il y a six mille ans ou il y a 200.000 ans, la plus grande difficulté pour beaucoup c’est la jonction entre les premiers humains et les pré-humains de l’espèce dont ils sont issus.
L’humanité a pu naître au sein d’une espèce préhumaine d’homo sapiens, lorsqu’Adam et Eve ont reçu une âme immortelle avec, peut-être, une ultime mutation génétique, qui a pu être essentielle mais matériellement minime, dont la science ignore encore la réalité. Par exemple, par un agent mutagène plongeant Adam dans la torpeur et qu’il a communiqué à Eve dans un élan mutuel d’amour lors duquel leur vie spirituelle donnée par Dieu s’est épanouie. Une hypothèse à réfléchir parmi d’autres.
Adam et Eve avaient père, mère, cousins, voisins, dans l’espèce préhumaine dont ils sont issus. Et surtout, probablement un ADN compatible n’excluant pas des descendances communes entre des descendants d’Adam et Eve et d’autres homo sapiens. Il ne s’agit pas ici de zoophilie : on est dans la même espèce ! Le sujet a déjà été développé, notamment, dans le sous-forum de l’Ecriture Sainte sur la descendance de Caïn :
http://cite-catholique.org/viewtopic.ph ... 709#p90709
Si la caractéristique humaine était dominante dans la combinaison génétique et dans l’état spirituel des descendants, elle pouvait se répandre en mille ans dans toute la population des homo sapiens de la terre. En doublant son nombre à chaque génération : 2, puis 4, puis 8, …etc, il pouvait y avoir plusieurs centaines de millions d’humains après 30 générations à peine.
Dans ces conditions, les homo sapiens non humains, au sens de la Genèse (sans âme immortelle), ont pu disparaître relativement vite.
Est-ce que la durée de six mille ans est encore réaliste dans de telles conditions ?
Dès lors que rien n’exclut une mutation génétique majeure récente non encore repérée par la science et que rien ne permet de matérialiser la réalité spirituelle de l’âme immortelle qui définit essentiellement l’humain, les progrès évidents de l’humanité au cours des derniers millénaires incitent à maintenir cette possibilité.
Mais, dans ce cas, il faut tenir compte du fait que, selon les données actuelles de la science, les variantes des haplogroupes étaient déjà présents parmi les homo sapiens lorsqu’Adam et Eve ont été créés parmi eux. Cela semble écarter l’hypothèse d’une descendance séparée des seuls humains entre eux (par incestes au départ), car, d’une part, les chromosomes Y de tous les hommes actuels devraient tous provenir d’une origine commune en Adam datant de six mille ans ce que contredisent les analyses génétiques de squelettes plus anciens, et d’autre part, les ADNmt de la lignée féminine de tous les humains actuels devraient aussi provenir d’une origine commune en Eve datant de six mille ans ce que contredisent aussi les analyses génétiques de squelettes plus anciens.
A si brève échéance dans le passé, seuls des descendances d’unions des premiers humains avec d’autres homo sapiens compatibles et porteurs de chromosome Y et d’ADNmt différents pourraient être à l’origine de toute la population humaine actuelle.
Tout ce qui précède ne doit pas nécessairement convaincre. Bien d’autres hypothèses de compréhension de la Genèse sont possibles. Le seul intérêt de ces quelques lignes est d’essayer de maintenir la réflexion ouverte, de ne pas laisser nos interprétations de la Genèse s’enfermer trop vite dans des limites que ni la Bible, ni la foi de l’Eglise ne nous imposent, et de ne pas croire trop vite aux accusations de contradictions de la science et de la Bible.
C’est parce qu’un élément de chacun de ces trois milliards et demi de paires dans un ovule rencontre son correspondant dans un spermatozoïde, dans une variété de combinaisons qui fait de chacun de nous un être unique, qu’une reproduction est possible.
Seul un millième de cet ADN nucléaire distingue les humains les uns des autres. Notre distinction avec les autres espèces est assez réduite puisque nous partageons 99 % de cet ADN avec les chimpanzés dont un centième seulement nous distingue.
L’ADN nucléaire humain se trouve dans 23 paires de chromosomes dont l’une distingue les hommes des femmes en ce que les femmes héritent de leur père et mère deux chromosomes X, alors que les hommes héritent de leur mère un chromosome X mais de leur père un chromosome Y qui se transmet de père en fils et qui provient donc exclusivement de l’ascendance masculine de chaque homme.
Nous avons aussi, dans nos cellules, des mitochondries qui permettent de prendre l’oxygène et de la transformer en énergie. Et là, nous avons aussi un ADN mitochondrial d’environ 16.000 paires. Tant chez les hommes que chez les femmes, cet ADN mitochondrial (ADNmt) nous vient exclusivement de notre mère et provient donc exclusivement de l’ascendance féminine de chaque humain.
Les femmes ne peuvent transmettre le chromosome Y qu’elle n’ont pas, mais les hommes ne peuvent transmettre l’ADNmt qui ne se transmet que par les femmes (Bravo pour elles qui nous transmettent l’accès à l’oxygène et à l’énergie).
Tant le chromosome Y que l’ADNmt se reproduisent sans cesse à l’identique de génération en génération. On a retrouvé un enseignant anglais (Adrain Targett) qui avait exactement le chromosome Y d’un squelette vieux de 9.000 ans, celui de son ancêtre direct dans sa lignée masculine (dit de Cheddar).
Parfois (environ en moyenne tous les 6.000 ans selon certains scientifiques), une mutation se produit lors de la reproduction d’un chromosome Y ou d’un ADNmt et c’est ce chromosome Y modifié ou cet ADNmt modifié qui est alors transmis.
Il en résulte aujourd’hui, dans la population humaine, environ quelques dizaines (environ 40) de chromosomes Y et d’ADNmt différents. Tous les hommes qui ont le même chromosome Y sont classés dans un groupe appelé haplogroupe Y. De même, tous les humains (hommes et femmes) sont classés selon leur ADNmt dans un autre haplogroupe ADNmt selon l’ADNmt de leurs cellules.
Actuellement, il semble que tous les chromosomes Y actuels peuvent avoir un ancêtre masculin commun, avant les diverses mutations qui ont permis les dizaines de variantes actuelles, à une époque éloignée d’environ 60.000 ans.
Par contre, les diverses variantes d’ADNmt ne paraissent pouvoir provenir d’une origine féminine commune (nommée « Eve » mitochondriale) qu’à une époque éloignée d’environ 150.000 ans.
Dans le récit biblique, Noé et ses trois fils n’ont pu transmettre à leur descendance masculine jusqu’à nous qu’un seul et même chromosome Y, mais qui a pu se subdiviser par des mutations ultérieures. Par contre, la femme de Noé et les trois femmes de ses fils ont pu transmettre quatre ADNmt différents qui ont aussi pu subir des variantes postérieures.
Une question principale se pose par rapport à ces données actuelles (à les supposer exactes, mais cela paraît déjà plus qu’une hypothèse, selon l’expression de Jean-Paul II pour l’évolution) : l’humain fait à l’image de Dieu, avec une âme immortelle, se confond-t-il entièrement avec l’homo sapiens de la science ?
Autrement dit, est-ce que tous les homo sapiens de l’histoire descendent d’Adam et Eve ? Ni la Bible, ni l’Eglise n’excluent qu’Adam et Eve aient pu être créés parmi d’autres homo sapiens (qui sont, dès lors pré-humains, selon la Genèse).
Nous en sommes réduits ici à des hypothèses parce que la définition de l’humain, selon la Genèse, est plus large qu’une définition uniquement scientifique puisqu’elle inclut une dimension spirituelle essentielle, mais aussi parce que la science elle-même ne peut exclure une mutation majeure encore inconnue, dans l’espèce humaine, au cours de l’histoire des homo sapiens depuis 200.000 ans.
Nous savons déjà que des espèces proches des homo sapiens ont coexisté à certaines époques. Malgré des indices d’activités culturelles et d’intelligence, le Neanderthal n’est pas un homo sapiens et n’a pas l’ADN des humains actuels. Leur probable origine commune nous oblige à remonter de plusieurs millions d’années.
La notion même d’années, dans un texte hébraïque très ouvert à l’origine avec ses seules consonnes et sans ponctuation, peut impliquer de prudentes réserves.
Chacun admet que les six jours de la création se réfèrent à des durées que nous mesurons actuellement en milliards d'années. Les années dont nous parlent les textes de la Genèse dans les généalogies peuvent devoir impliquer aussi une interprétation très extensive et correspondre à des durées beaucoup plus grandes selon nos mesures actuelles.
La question est ouverte.
Par contre, il paraît scientifiquement exclu de faire descendre toutes les variantes des chromosomes Y et des ADNmt dans la population humaine actuelle d’un couple originel ayant vécu il y a seulement six mille ans ou des huit occupants de l’arche de Noé il y a cinq mille ans.
En effet, on trouve déjà plusieurs de ses variantes à des périodes beaucoup plus éloignées.
Que l’on situe Adam et Eve il y a six mille ans ou il y a 200.000 ans, la plus grande difficulté pour beaucoup c’est la jonction entre les premiers humains et les pré-humains de l’espèce dont ils sont issus.
L’humanité a pu naître au sein d’une espèce préhumaine d’homo sapiens, lorsqu’Adam et Eve ont reçu une âme immortelle avec, peut-être, une ultime mutation génétique, qui a pu être essentielle mais matériellement minime, dont la science ignore encore la réalité. Par exemple, par un agent mutagène plongeant Adam dans la torpeur et qu’il a communiqué à Eve dans un élan mutuel d’amour lors duquel leur vie spirituelle donnée par Dieu s’est épanouie. Une hypothèse à réfléchir parmi d’autres.
Adam et Eve avaient père, mère, cousins, voisins, dans l’espèce préhumaine dont ils sont issus. Et surtout, probablement un ADN compatible n’excluant pas des descendances communes entre des descendants d’Adam et Eve et d’autres homo sapiens. Il ne s’agit pas ici de zoophilie : on est dans la même espèce ! Le sujet a déjà été développé, notamment, dans le sous-forum de l’Ecriture Sainte sur la descendance de Caïn :
http://cite-catholique.org/viewtopic.ph ... 709#p90709
Si la caractéristique humaine était dominante dans la combinaison génétique et dans l’état spirituel des descendants, elle pouvait se répandre en mille ans dans toute la population des homo sapiens de la terre. En doublant son nombre à chaque génération : 2, puis 4, puis 8, …etc, il pouvait y avoir plusieurs centaines de millions d’humains après 30 générations à peine.
Dans ces conditions, les homo sapiens non humains, au sens de la Genèse (sans âme immortelle), ont pu disparaître relativement vite.
Est-ce que la durée de six mille ans est encore réaliste dans de telles conditions ?
Dès lors que rien n’exclut une mutation génétique majeure récente non encore repérée par la science et que rien ne permet de matérialiser la réalité spirituelle de l’âme immortelle qui définit essentiellement l’humain, les progrès évidents de l’humanité au cours des derniers millénaires incitent à maintenir cette possibilité.
Mais, dans ce cas, il faut tenir compte du fait que, selon les données actuelles de la science, les variantes des haplogroupes étaient déjà présents parmi les homo sapiens lorsqu’Adam et Eve ont été créés parmi eux. Cela semble écarter l’hypothèse d’une descendance séparée des seuls humains entre eux (par incestes au départ), car, d’une part, les chromosomes Y de tous les hommes actuels devraient tous provenir d’une origine commune en Adam datant de six mille ans ce que contredisent les analyses génétiques de squelettes plus anciens, et d’autre part, les ADNmt de la lignée féminine de tous les humains actuels devraient aussi provenir d’une origine commune en Eve datant de six mille ans ce que contredisent aussi les analyses génétiques de squelettes plus anciens.
A si brève échéance dans le passé, seuls des descendances d’unions des premiers humains avec d’autres homo sapiens compatibles et porteurs de chromosome Y et d’ADNmt différents pourraient être à l’origine de toute la population humaine actuelle.
Tout ce qui précède ne doit pas nécessairement convaincre. Bien d’autres hypothèses de compréhension de la Genèse sont possibles. Le seul intérêt de ces quelques lignes est d’essayer de maintenir la réflexion ouverte, de ne pas laisser nos interprétations de la Genèse s’enfermer trop vite dans des limites que ni la Bible, ni la foi de l’Eglise ne nous imposent, et de ne pas croire trop vite aux accusations de contradictions de la science et de la Bible.