Prêtrise des femmes

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Exupère
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zefdebruz a écrit : Ah bon, Jésus n'était pas présent avec ses apôtres lors de la scène ? Il n'a pas mangé et bu lui aussi ?
Si, mais le Christ peut-il recevoir son propre corps et son propre sang? J'aimerais plus d'explications sur ce point.
zefdebruz a écrit : Au pied de la croix, il ne restait plus que des femmes et Jean , tous les apôtres avait fui...Elles ont été mutilées ?
Non, mais pleurer un mort cher n'est pas à proprement parler battre le pavé pour prêcher.
zefdebruz a écrit : Si des femmes avait été APPELEES a participer à ce repas pascal , vous pensez sérieusement que cela aurait aggravé leur "cas" ?
Les Apôtres n'ont pas été choisis pour assister à la Scène, mais pour devenir disciples du Christ et prêcher la Bonne Nouvelle de sa Résurrection Rédemptrice à venir.
Jésus ne dit pas - je crois - ni pourquoi ni comment Il a choisi les Apôtres; Il a choisi, c'est tout.
zefdebruz a écrit : D'autres l'ont fait sur ce fil, vous pourriez commencer par relire attentivement les posts des uns et des autres, cela pourra peut être vous éclairer...
Oui vous avez raison.
zefdebruz a écrit : De quelles nouvelles perspectives théologiques mariales parlez-vous ? Si vous voulez parler de l'Immaculée Conception puis de l'Assomption au XXe siècle, sachez qu'il s'agit d'une incorporation dogmatique tardive de réalités admises depuis très lontemps par l'Eglise et la théologie !
Oui, je pensais à cela. Merci.

Cordialement
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Wanderer,

Merci pour ces "re-dites" très utiles.

Quelques questions:

- je comprends bien le sens de la communion charnelle, par le pain et le vin, entre le fidèle et le Christ. Le Christ entre en nous et nous entrons en Christ.
- je n'avais jamais mis en revanche, sur le même plan, la présence du prêtre. Pour moi il figurait le Christ pendant la messe à travers l'Esprit Saint, mais absolument pas charnellement. En conséquence, son sexe importerait donc peu.

Tel était mon raisonnement jusqu'ici, j'apprends grâce à vous.
wanderer a écrit : Après, se pose la question de savoir comment est offert ce sacrifice à Dieu et là, l'Eglise répond que c'est par les mains du prêtre agissant en la personne du Christ. Voir CEC
En poussant l'analogie, si le prêtre était réellement là pour reprsenter le Christ dans son sacrifice rédempteur aux hommes, on pourrait imaginer le prêtre crucifié au cours de la messe - je pousse l'analogie par provocation.
wanderer a écrit : Je reconnais que j'ignore s'il y a un fondement biblique pour ce qui est de cette offrande en la personne du Christ, peut-être Thomas pourra me suppléer.
C'est un peu la question que je me pose, au fond.
wanderer a écrit : Cela étant, la foi catholique est à la fois construite sur la sainte Bible et sur la tradition. Du reste, les orthodoxes partagent avec nous ce point de doctrine qui est plus que millénaire. Agissant, selon la foi de l'Eglise, en la personne du Christ qui s'est incarné en un homme, le prêtre ne peut donc être qu'un homme. Cela n'empêche pas que nous avons grandement besoin des femmes dans l'Eglise, qu'elles ont un rôle important à y jouer, plus que dans toute autre religion. La plus grande sainte est Marie, ne l'oublions jamais.
Ok.
wanderer a écrit : Les raisons exposées sont en tout cas parfaitement théologiques.
L'Eglise catholique n'est pas notre Eglise, Elle est l'Eglise de Jésus Christ, celle qu'Il s'est acquise par son sang. C'est pourquoi nous ne devons jamais oublier que sa doctrine appartient au Christ lui même et que nous devons la protéger avec soin.
Mais Elle est vivante, comme Christ l'a voulue. Si Saint Bernard a revigoré l'Eglise avec de nouvelles règles monastiques qui ont influencé l'ensemble de notre théologie (je pense en particulier au célibat des prêtres), et si l'on admet que Saint-Benard fut inspiré par le Saint Esprit dans ces changements... on peut alors envisager qu'aujourd'hui, certaines femmes soient appelées à Dieu non pas en tant que Soeurs dans un ordre, mais en tant que pasteurs. Ca n'est dans le fond pas complètement délirant.
Il me semble que si c'était le cas, nous verrions l'Esprit Saint à l'oeuvre autour de ces appelées et leurs Ministères se créer spontanément; cela ne semble pas être du tout le cas ici.
wanderer a écrit : Ne croyez-vous pas que si la seule raison qui s'opposait à l'ordination des femmes à cette époque était leur statut social, le Christ qui est toute justice les aurait appelées aussi?
On peut aller loin comme ça... il aurait pu appeler un homme de type africain et un homme de type sinique aussi, un trisomique ou un lépreux. Il devait bien y en avoir en Palestine en ces temps-là.
La question n'est pas de comprendre le choix du Christ, ni de le commenter, mais précisément d'éviter d'en tirer des conclusions trop hâtives sur la façon de choisir les Ministres de notre Egrlise. Vous m'aurez compris.
wanderer a écrit : Ce que je crois fondamentalement, c'est que l'on oublie que l'homme et la femme ont un rôle essentiellement complémentaire alors qu'ils ont une même dignité. On voudrait aujourd'hui qu'ils soient pareils en tout et les revendications ne manquent pas, même à l'intérieur de l'Eglise. Je ne me sens pas moins digne qu'une femme parce que je ne peux pas porter d'enfant, même si c'est une si grande chose dont je suis privé. C'est ainsi que Dieu l'a voulu. Il me semble qu'il faut que nous contemplions avec amour le visage de Marie pour nous rappeler la grandeur de la condition des femmes qui est intimement liée à la maternité. C'est le Christ qui choisit ceux qui le servent et il n'a appelé que des hommes pour être prêtres et cela depuis 2000 ans. Cette revendication nouvelle ne vient pas de l'Evangile, elle vient des hommes et de l'esprit du temps.
Je comprends ce que vous dites, mais enfin vous généralisez et me prêtez des intentions qui ne sont pas les miennes. Je me pose cette simple question. Je ne veux pas mélanger les genres ni les rôles naturels de chacun, ho non.
Je remarque simplement que le Seigneur appelle à lui certaines femmes, et ce depuis toujours, à travers certains ordres où elles n'accomplissent pas leur rôle naturel de mères. Qui dirait que ces appels ne sont pas la volonté du Seigneur? Personne.

Merci de votre aide
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Message non lu par VexillumRegis »

[align=justify]Bonjour,

Un des arguments traditionnels opposé à l'ordination des femmes est le fait que, le prêtre célébrant in personna Christi, il faut nécessairement qu'il soit de sexe masculin. Un passage biblique me pose cependant problème, dans la mesure où il me semble détruire cet argument. Le voici :

Galates III, 28 : Il n'y a plus ni Juif ni Grec ; il n'y a plus ni esclave ni homme libre ; il n'y a plus ni homme ni femme : car vous n'êtes tous qu'une personne dans le Christ Jésus.

Je dois avouer que je suis un peu troublé, malgré ma confiance sans faille envers l'enseignement du Magistère. Il faudrait sans doute aussi que je pousse un peu plus mes recherches.

Qu'en pensez-vous ?

- VR -[/align]
Exupère
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Message non lu par Exupère »

Charles,

Je n'ai jamais ressenti cette forte dimension sexuée pendant la messe. L'Assemblée l'Epouse du Christ, mouais... l'ensemble de l'Assemblée ne communie pas - on peut être membre de l'Assemblée sans communier. Le coeur de la messe et de la communion reste Dieu, et les qualificatifs de "Père" et autres "Epoux" sont pour moi assez symboliques.
Certes, Jésus était aussi un Homme, masculin. Mais enfin je ne me sens pas, charnellement parlant, l'Epouse de Christ lorsque je le reçois... c'est aller un peu loin dans la symbolique il me semble.

A suivre
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Hélène
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Message non lu par Hélène »

Homme et femme il les créa…à son image il les créa…

…si seulement on écoutait ce que le Seigneur nous dit à travers les 2000 ans de théologie développée sous l’inspiration de l’Esprit Saint plutôt que de tout ramener à nos petites mœurs contemporaines où chacun y va à partir de son besoin de reconnaissance (légitime pour la femme dont la dignité a été plus que bafouée au fil des âges et des cultures).

Bref, ceci dit, je crois que la réponse théologique se trouve dans l’ensemble de TOUTE la Révélation que Dieu fait de Lui-même et de l’humain (homme et femme) dans Sa Parole. La Bible, entre autres le Cantique des cantiques ainsi que plusieurs prophètes, Osée, Isaïe, Jérémie nous présente la relation de Dieu avec son peuple en des termes nuptiaux : L’Époux (Dieu, le Christ, le Bien-Aimé), pôle masculin et l’Épouse (l’Humanité rachetée, l’Église), pôle féminin.

Dieu a voulu remettre de l’ordre dans le désordre que nous avons crée à la suite du péché originel. Nous sommes partis de Ish-Isha (dont les différentes lettres, en hébreux – cela n’apparaît pas dans la traduction Française - forment le tétragramme sacré YHWH. Ce qui veut dire que Dieu apparaît dans la communion des différences : Ish-Ish, Dieu n’apparaît pas; Isha-Isha, Dieu n’apparaît pas; Ish-Isha, v’la t-y pas que Dieu apparaît ! Avis aux tenants des « mariages homosexuels »), HOMME et FEMME créés à son Image égal en dignité mais DIFFÉRENTS (l'altérité...seule condition de l'Amour : communion dans les différences et non con-fusion dans l'identique), ayant reçu des charismes propres à chacun et appelés à la communion dans la différence des complémentarités pour en arriver après Genèse 3 au masculin versus le féminin : « c’est pas moi c’est la femme ! Que tu as mis à côté de moi ! » Adam accuse Dieu d’avoir mis cette créature auprès de lui alors que quelques instants avant, il louait cette chair de sa chair et ces os de ses os. La femme : "c’est pas moi c’est le serpent !" Et puis, on se repli sur soi...on s’accuse... Homme et femme, créés pour se compléter mutuellement sont devenus Mâle et Femelle (terme généralement attribué aux animaux…c’est pour dire…jusqu’où nous sommes tombés).

Toute cette intro pour en venir au sacerdoce ministériel. La petite Thérèse se sentait avoir la vocation pour être prêtre. Elle en rêvait de tout son cœur pour dire au Seigneur (en substance) : « à la seule prononciation des paroles de consécration Tu descendrais du ciel, Tu obéirais à ma voix, mon Dieu »… et pourtant, elle a cru bon d’obéir à l’Église parce qu’elle a réalisé que la seule manière d’être utile à l’Église et de sauver des âmes étaient l’obéissance et l’humilité. Elle a pourtant offert sa vie sur la Patène comme une hostie vivante et sainte. Elle a compris que son rôle, en tant que femme de l’Église étaient d’enfanter des prêtres à l’Église et Dieu sait combien cet enfantement a pu être un martyr d’Amour ! Son rôle n’est pas moins important que celui d’un prêtre, puisque c’est elle, par sa prière, qui a fait de ce prêtre (par exemple l’abbé Béllière), un saint prêtre. Qui a été fait Docteur de l’Église ? Thérèse de Lisieux ou l’abbé Béllière ? :D

Le prêtre est Sacrement de la présence du Christ. « Sacrement » veut dire : « signe efficace, signe concret ». On ne peut que se soumettre à cette volonté explicite du Seigneur d’avoir choisi des hommes pour ce ministère, sinon, Il a créé un sacré précédent. Si le Christ était un homme (on ne va pas nier cette évidence historique comme certain ont tenté de le faire sur un autre forum : « on ne sait pas s’il était homme ou femme, personne ne l’a jamais vu » ai-je lu ! Alors qu’on parle du Fils de Dieu, du Fils de l’Homme, du Fils de David, etc.) et qu’Il est l’Époux qui, sur la Croix, épouse l’Humanité, l’Église qui est son épouse, son peuple (hommes et femmes), ne peut pas donner des femmes prêtres, puisque ce n’est pas la vocation à laquelle elle a été appelée selon les charismes qu'elle a reçus. L’Église, la Femme, Elle est Mère dans sa substance, elle est essentiellement féminine et est épousée par l’Époux, qui est le Christ et qui est dans le prêtre, homme, dans le Sacrement de l'Ordre. Il faut prendre du recul pour voir tout le portrait à partir de toute la Révélation (et le dévleoppement dans la Tradition et le Magistère) et non à partir de bout de versets glanés ici et là.

Exupère, lorsque vous recevez le Christ dans la Communion vous ne vous sentez pas "épouse", ce mot féminin serait plutôt attribuable à votre âme qui est épousée à ce moment là et non à la personne masculine de Exupère...vous voyez ? Il est l'Époux de notre âme...qui est la partie sensible, douce, humaine, profonde...féminine peut-être de notre être.

Jésus, à Sainte Faustine lui assure : « sache ma fille que lorsque tu entres dans le confessionnal, c’est moi qui se dissimule derrière le prêtre ».
"Le Père n'a dit qu'une seule Parole, c'est son Fils et, dans un éternel silence, il la prononce toujours". (Saint Jean de la Croix)
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Christophe
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Message non lu par Christophe »

VexillumRegis a écrit :[align=justify]Bonjour,

Un des arguments traditionnels opposé à l'ordination des femmes est le fait que, le prêtre célébrant in personna Christi, il faut nécessairement qu'il soit de sexe masculin. Un passage biblique me pose cependant problème, dans la mesure où il me semble détruire cet argument. Le voici :

Galates III, 28 : Il n'y a plus ni Juif ni Grec ; il n'y a plus ni esclave ni homme libre ; il n'y a plus ni homme ni femme : car vous n'êtes tous qu'une personne dans le Christ Jésus.

Je dois avouer que je suis un peu troublé, malgré ma confiance sans faille envers l'enseignement du Magistère. Il faudrait sans doute aussi que je pousse un peu plus mes recherches.

Qu'en pensez-vous ?

- VR -[/align]
[align=justify]Salut Thomas ! ( Et bienvenue à Exupère... :) )

Il me semble que cette citation de saint Paul ne signifie nullement l'abolition des distinctions de nature entre les nations, les conditions ou les genres, mais d'une part l'unité de l'humanité et d'autre part l'égale dignité - en Christ - de tous les membres de l'espèce humaine. Le meilleure preuve étant la citation du même auteur reproduite ci-dessus par Françoise et évoquant la vocation propre à chaque sexe de chacun des époux dans le mariage.


Pax tibi
Christophe[/align]
Dernière modification par Christophe le lun. 29 août 2005, 17:54, modifié 1 fois.
« N'ayez pas peur ! » (365 occurrences dans les Écritures)
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Message non lu par wanderer »

Cher Exupère, je réponds avec un peu de retard, déménagement à préparer oblige.


En poussant l'analogie, si le prêtre était réellement là pour reprsenter le Christ dans son sacrifice rédempteur aux hommes, on pourrait imaginer le prêtre crucifié au cours de la messe - je pousse l'analogie par provocation.
Le sujet devient assez pointu et commence à dépasser nos forces à mon avis, mais j'essaie de répondre tout en disant bien qu'à mon avis, nous aurions besoin d'un prêtre compétant pour répondre avec sûreté. Peut-être saint Thomas d'Aquin répond-t-il à cela dans la somme. Je vois plus l'agir en la personne du Christ au moment des paroles de la consécration durant la messe qui sont celles du Christ et qui opèrent la transsubstanciation. C'est pour cela que l'on dit que la seule différence entre la croix et la messe est la façon d'offrir à Dieu le sacrifice.
wanderer a écrit:

Je reconnais que j'ignore s'il y a un fondement biblique pour ce qui est de cette offrande en la personne du Christ, peut-être Thomas pourra me suppléer.


C'est un peu la question que je me pose, au fond.
je ne peux pas vous en dire plus, mais étant donné que vous acceptez l'idée d'une Tradition qui complète l'Ecriture, ce n'est pas nécessairement un problème.
Mais Elle est vivante, comme Christ l'a voulue. Si Saint Bernard a revigoré l'Eglise avec de nouvelles règles monastiques qui ont influencé l'ensemble de notre théologie (je pense en particulier au célibat des prêtres), et si l'on admet que Saint-Benard fut inspiré par le Saint Esprit dans ces changements... on peut alors envisager qu'aujourd'hui, certaines femmes soient appelées à Dieu non pas en tant que Soeurs dans un ordre, mais en tant que pasteurs. Ca n'est dans le fond pas complètement délirant.
Merci de m'expliquer ce qu'a fait saint Bernard car je l'ignore (je suis simple catéchumène :P ). Cela étant, je me méfie beaucoup de cette expression de Tradition vivante qu'on emploie à toutes les sauces. Expliquez moi saint Bernard et nous en reparlerons. Prenons un exemple concret, la règle de saint Benoît. Dedans, il y a des règles d'hygiène pour les moines qui n'ont clairement plus lieu d'être car elles se rattachent à une époque donnée et à un problème sanitaire donné, sur ça, je trouve normal de ne plus en tenir compte, mais sur la façon de prier, sur le père abbé et l'autorité, tout cela est intemporel et ne doit à mon avis pas être changé par ceux qui se reconnaissent de saint Benoît. Il en va à mon avis de la même façon de la doctrine catholique qui doit être identique à elle même depuis son origine jusqu'à son terme. Il y a des choses qui sont propres aux temps, surtout en ce qui concerne la discipline, et d'autres définitives comme la doctrine. La façon de chanter à la messe, ça peut évoluer, la doctrine sur la messe en aucun cas. Le tout est de savoir si la question de la prêtrise des femmes est disciplinaire ou doctrinale et à mon avis, elle est doctrinale et donc close.
Je comprends ce que vous dîtes, mais enfin vous généralisez et me prêtez des intentions qui ne sont pas les miennes. Je me pose cette simple question. Je ne veux pas mélanger les genres ni les rôles naturels de chacun, ho non.
Je remarque simplement que le Seigneur appelle à lui certaines femmes, et ce depuis toujours, à travers certains ordres où elles n'accomplissent pas leur rôle naturel de mères. Qui dirait que ces appels ne sont pas la volonté du Seigneur? Personne.
Je ne voulais pas vous prêter des intentions à vous personnellement, mais donner ce qui est selon moi la raison, plus ou moins inconsciente selon les gens, de cette revendication.

Bien cordialement,

Wanderer

:)
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Message non lu par Exupère »

Hélène,

Sur ce point:
Hélène Bourgeois a écrit : Exupère, lorsque vous recevez le Christ dans la Communion vous ne vous sentez pas "épouse", ce mot féminin serait plutôt attribuable à votre âme qui est épousée à ce moment là et non à la personne masculine de Exupère...vous voyez ? Il est l'Époux de notre âme...qui est la partie sensible, douce, humaine, profonde...féminine peut-être de notre être.
Alors vous recevrez bien ma critique de ce point: "si c'est mon âme qui est épousée, et peu importe ma masculinité physique... ne peut-on dire que c'est l'âme du prêtre qui représente l'époux, Christ, pendant la communion - et peu importe sa masculinité physique". En d'autres termes, si l'épousée communiant peut être de sexe masculin ou féminin, est-il si extravagant qu'il en aille de même pour la personne qui agit In personna de l'Epoux pendant la célébration?

Nous sommes sur un point de Tradition, n'en déplaise à Charles et VR. Je trouve extrêmement sévères les critiques qu'ils ont adressées sur ce fil à guelfo. L'Eglise n'a pas vocation à être démocratique, ni à suivre les modes du temps - tout le monde sera d'accord. Mais si le Dogme est figé, la Tradition est vivante - désolé d'insister sur ce point. C'est comme l'a dit guelfo la beauté de notre religion: Christ guide son Eglise et la fait vivre, à travers sa Tradition. La figer dans un dogme immuable serait la tuer.

Cordialement
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Wanderer,
wanderer a écrit : Cher Exupère, je réponds avec un peu de retard, déménagement à préparer oblige.
Merci de la réponse. La Cité a l'air de vivre paisiblement, chacun prenant le temps de la réflexion avant de répondre. Ce rythme-là me convient très bien!
wanderer a écrit : Le sujet devient assez pointu et commence à dépasser nos forces à mon avis, mais j'essaie de répondre tout en disant bien qu'à mon avis, nous aurions besoin d'un prêtre compétant pour répondre avec sûreté. Peut-être saint Thomas d'Aquin répond-t-il à cela dans la somme. Je vois plus l'agir en la personne du Christ au moment des paroles de la consécration durant la messe qui sont celles du Christ et qui opèrent la transsubstanciation. C'est pour cela que l'on dit que la seule différence entre la croix et la messe est la façon d'offrir à Dieu le sacrifice.
Ok.
wanderer a écrit : je ne peux pas vous en dire plus, mais étant donné que vous acceptez l'idée d'une Tradition qui complète l'Ecriture, ce n'est pas nécessairement un problème.
J'accepte totalement cette idée, sinon je ne serais pas Catholique. J'accepte bien entendu, aussi, le principe de hiérarchie et d'autorité de l'Eglise. J'ai plus de difficultés avec le concept d'Infaillibilité; autant dans le domaine du Dogme, je ne vois pas ce que les fidèles ont à questionner ou remettre en cause (ça n'a pas de sens), autant en ce qui concerne la Tradition, ce genre de dialogue me parait relativement sain.
wanderer a écrit : Merci de m'expliquer ce qu'a fait saint Bernard car je l'ignore (je suis simple catéchumène :P ). Cela étant, je me méfie beaucoup de cette expression de Tradition vivante qu'on emploie à toutes les sauces. Expliquez moi saint Bernard et nous en reparlerons. Prenons un exemple concret, la règle de saint Benoît.
Mea Culpa Magna, mon clavier a fourché. Je pensais Benoît et j'ai tapé Bernard.
wanderer a écrit : Dedans, il y a des règles d'hygiène pour les moines qui n'ont clairement plus lieu d'être car elles se rattachent à une époque donnée et à un problème sanitaire donné, sur ça, je trouve normal de ne plus en tenir compte, mais sur la façon de prier, sur le père abbé et l'autorité, tout cela est intemporel et ne doit à mon avis pas être changé par ceux qui se reconnaissent de saint Benoît. Il en va à mon avis de la même façon de la doctrine catholique qui doit être identique à elle même depuis son origine jusqu'à son terme. Il y a des choses qui sont propres aux temps, surtout en ce qui concerne la discipline, et d'autres définitives comme la doctrine. La façon de chanter à la messe, ça peut évoluer, la doctrine sur la messe en aucun cas. Le tout est de savoir si la question de la prêtrise des femmes est disciplinaire ou doctrinale et à mon avis, elle est doctrinale et donc close.
Et bien oui, vos remarques me paraissent fort justes et équilibrées. La question sur l'ordination des femmes se pose en ces termes, comme celle du célibat des prêtres d'ailleurs.
J'aurais tendance à dire que la première est doctrinale, à peu près convaincu par les explications ci-dessus - mais que la seconde est disciplinaire.

Cordialement
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Message non lu par wanderer »

Nous sommes sur un point de Tradition, n'en déplaise à Charles et VR.
Vous pouvez m'inclure dans la liste! :P

Il ne suffit pas d'affirmer les choses pour les démontrer quand même. Pourquoi serait-ce un point uniquement disciplinaire? Les raisons évoquées ici ne sont pas disciplinaires mais théologiques, aussi maladroits soyons-nous pour les expliquer. Je ne crois pas me tromper en disant que "le prêtre doit être un homme en tant qu'il offre le sacrifice de la messe in personna christi" est l'argument qu'a donné le magistère lui-même et à cet égard, nous devons le recevoir avec bienveillance et dans la joie. :)

D'autant plus que l'argument est tout à fait valable, non?

Wanderer

:)
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Message non lu par wanderer »

chouette, nos messages se sont croisés et nous semblons être d'accord maintenant! :)

Sur la question du célibat des prêtres, il y a un fil qui lui est consacré, je vous en conseille la lecture. Discipline? Doctrine? Difficile à dire, mais vous trouverez des arguments je pense pour vous faire une idée.

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Message non lu par Exupère »

Wanderer,

Je ne suis pas savant, je suis simplement croyant. Il y a certaines vérités que j'accepte dogmatiquement, comme fondements même de ma foi et pour lesquelles je n'ai besoin d'aucune explication. J'y crois, c'est tout.

Il y a en revanche tout ce qui concerne la vie de notre communauté, une vaste communauté, très diverse, la vie et l'organisation de l'Eglise. Et là je veux comprendre, car si l'Eglise épouse du Christ est à ce titre infaillible, les hommes qui la dirigent, même inspirés, sont bien faillibles. Je demande donc à comprendre, et c'est en partie pour cette raison que je suis venu sur cette Cité. Je n'ai aucune prétention à imposer mes vues à quiconque et surtout pas à l'Eglise; je souhaite simplement m'instruire et aller au fond des choses.

J'ai été instruit de ce que j'ai lu sur ce fil, notamment par vos posts. Je suis assez d'accord avec le fait que la masculinité du prêtre est une question doctrinale et non pas disciplinaire, je le suis en tout cas plus qu'avant de poser la question ici. Voici où mène le dialogue :)

Cordialement
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Message non lu par Exupère »

wanderer a écrit : chouette, nos messages se sont croisés et nous semblons être d'accord maintenant! :)
Ouaip!
wanderer a écrit : Sur la question du célibat des prêtres, il y a un fil qui lui est consacré, je vous en conseille la lecture. Discipline? Doctrine? Difficile à dire, mais vous trouverez des arguments je pense pour vous faire une idée.
Merci, je vais jeter un oeil.

Cordialement
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Message non lu par wanderer »

Merci, je vais jeter un oeil.
Par ici:

http://www.cite-catholique.org/viewtop ... c&start=0

:)
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Message non lu par wanderer »

J'ai plus de difficultés avec le concept d'Infaillibilité
L'expression est pourtant du Christ lui même.

" J'ai prié pour toi, pour que ta foi ne défaille pas ; et quand tu seras revenu, affermis tes frères " [Lc 22, 32].

L'Eglise a simplement précisé le sens de ce verset. Les conditions recquises pour l'infaillabilité du pape sont restreintes et très précises.

Wanderer

:)
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