Je suis intervenu pour répondre à Théophane.
Prenons donc cet exemple (pardon Théophane).
Il est habitué à sa messe, mais voilà qu'on le provoque sur une autre manière de célébrer.
Il expose la manière dont il la vit, mais on insiste sur l'autre manière en cumulant les arguments (idéologiques, fallacieux, et d'autres plus sensés, peu importe).
A force, voilà Théophane, qui se sent forcé de prendre une décision.
Et il la prend en reprenant des arguments entendus auquel son manque de formation ne lui a pas permis de répondre.
C'est erroné : il a bien le droit de le savoir, non ?
Mais en plus...
La portée n'est pas mince.
Chaque fois qu'il vivra la messe, il se dira "oui, mais ad orientem cela aurait sans doute plus de sens". Et finalement, le ver est dans le fruit.
Théophane aura appris à vivre la messe à 2 niveaux : prier et voir/contrôler comment la messe se déroule.
Bien. Je crois que nous ne parlons pas tout à fait sur un même niveau.
Vos propos étaient contextualisés par la manière dont Théophane a été, ou semble avoir été, "forcé" de prendre une décision.
Mes propos n'étaient pas entendre dans ce contexte, je me souviens à peine de ce qui précédait votre intervention à laquelle j'ai répondu.
J'ai tout simplement voulu répondre à vos propos qui étaient tout simplement
faux. Il ne s'agissait aucunement de faire polémique, ni d'imposer à qui que ce soit une liturgie particulière.
Mais tout simplement de dire que non, l'orientation vers l'est ne s'explique pas par le tabernacle. Et que si vous vous alignez sur le pape, alors en toute logique, vous devez prendre en compte la valeur de l'orientation vers l'est qu'il défend personnellement depuis un temps assez long (et dont la libéralisation de l'ancienne forme est une étape dans sa "promotion").
C'est tout.
Votre crainte est tout à fait justifiée, mais cela ne justifie en rien vos erreurs.
Théophane aura appris à vivre la messe à 2 niveaux : prier et voir/contrôler comment la messe se déroule.
Je trouve que ce genre de discussion néfaste n'a rien à faire sur un forum catholique.
Elle conduit à dérouter les fidèles dans leur marche vers Dieu.
Je comprends parfaitement votre crainte.
Je la comprends parfaitement, car j'ai vécu, et continue de vivre, le risque d'une haute exigence en matière de liturgie : le risque de mettre cette exigence devant la louange que l'on doit à Dieu, ce qui est une forme très avancée d'orgueil.
Mais je souhaiterais mettre un bémol dans votre argumentation. Je vais résumer ainsi :
Il ne faut rien savoir en matière de liturgie et n'avoir aucun goût musical, car sinon nous risquons de faire passer nos exigences en liturgie devant Dieu.
C'est bien joli, mais c'est faux.
Avant même que je sois catholique, je trouvais l'orientation du prêtre "face au peuple" étrange et gênante, et j'étais fasciné par les liturgies musulmanes ou juives. À cette époque, je ne connaissais rien en matière de liturgie.
Quand à la musique, je n'ai pas attendu d'écouter Palestrina, Bach ou Mozart pour trouver une grande partie des chants qui encombrent la liturgie française profondément ennuyeux et niaids.
Oui, moi aussi je suis cassant.
Et pourquoi ?
Parce que si le catholicisme se limitait à la liturgie française actuelle, alors je n'aurais sans doute JAMAIS été catholique.
Heureusement, la foi ça n'est pas seulement ça.
Je comprends votre inquiétude, mais elle risque de sombrer dans le danger inverse : mépriser la beauté de la liturgie.
La liturgie doit être belle et signifiante :
1) Pour orienter clairement, puissamment les fidèles vers Dieu.
2) Pour leur faire entendre les Mystères.
3) Pour soutenir leur foi.
4) Pour fortifier la joie qui les conduisent à venir louer Dieu.
5) Pour amener les incroyants à entendre les beautés de notre foi.
La liturgie a une dimension catéchétique, pastoral et missionnaire indéniable.
Je trouve que ce genre de discussion néfaste n'a rien à faire sur un forum catholique.
Si vos craintes sont justifiées, ce propos est parfaitement faux, et même inacceptable. La question de la liturgie a à faire sur un forum catholique. Je dirais même : c'est sans doute l'un des sujets les plus importants.
Le magistère de l'Église a avec raison rappelé la centralité de la messe dans la vie du chrétien, et il a rappelé avec raison la nécessité de favoriser la "participation active" des fidèles. Cette participation n'est pas une participation de fonctionnaire : je pose les fleurs, je fais les annonces à la fin, je fais ceci, je fais cela... C'est avant tout une participation du cœur, une participation intérieure.
Et ce la suppose que l'on entende ce qui se passe, que l'on comprenne : croire pour comprendre, comprendre pour croire.
J'en viens ensuite aux réponses à mon intervention :
C'est ça ! Et quoi encore ?
Vous nous prenez pour des adorateurs d'Aton ?
Vous confondez l'essentiel et l'accessoire.
Je n'ai pas le souvenir d'avoir dit que l'orientation était essentielle. Non, bien sûr, l'orientation n'est pas essentielle. L'église (le bâtiment) n'est pas essentiel. Comme il a été dit auparavant, vous pouvez faire votre messe dans un métro habillés en pyjamas.
Mais ce qui entoure l'essentiel (le Christ et son sacrifice) est... fondamental. La messe est faite de signes. Et les signes doivent être "signifiants".
L'orientation est un signe qui dit quelque chose de ce qui se passe à la messe. Il y a pleins d'autres signes, et il pourrait y en avoir de nouveaux, certains mieux adaptés à telle ou telle sociétés etc.
Le fait que l'on ne veuille plus s'agenouiller, par exemple est
grave. Que l'on ne vienne pas me dire que l'agenouillement n'est plus compréhensible par notre société, n'est plus adaptée.
C'est faux.
Nous savons tous que l'agenouillement est un signe de soumission.
Le refus de l'agenouillement dans la mentalité "liturgique" actuelle n'est pas la conséquence d'une incompréhension du signifiant, mais d'un refus du signifié : la soumission. On ne supporte plus l'idée que nous sommes soumis à Dieu.
etc.
Quand à votre histoire d'Aton... pardonnez-moi d'être à mon tour cassant, mais c'est parfaitement stupide.
Où alors, peut-être que les catholiques furent pendant des siècles des adorateurs d'Aton... Benoit XVI lui-même...
Oui,... Oui,...
Il y a ceux qui scrutent les paroles et les écrits du pape pour y trouver une justification à leurs positions.
Il y a les fidèles qui se contentent de faire comme le pape, en l'accueillant comme leur référence.
J'ai déjà choisi.
Et je sais que tant que je n'ai pas fait votre choix, vous n'aurez de cesse que de me dire que je dois choisir.
Je ne vous demande aucunement de choisir, et je ne cherche aucunement des "justifications" dans les écrits du pape. Je souhaite juste faire remarquer l'étonnante contradiction entre votre mépris pour l'orientation, et son étonnante présence dans les écrits, et dans l'action, de celui sur lequel vous vous appuyez pour expliquer votre action.