Re: Pape François : toutes les religions sont un chemin vers Dieu.
Publié : lun. 06 janv. 2025, 15:03
Pour l'intelligence de la foi
https://cite-catholique.org/
Non. Je n'incite pas à ce que nous soyons confondus. Je ne le fais pas même involontairement. Nous ne sommes pas vraiment sur la même longueur d'onde lui et moi. C'est une impression que vous avez sans doute. Ce n'est qu'une impression et rien d'autre. Et quant au pseudo : je n'ai pas pensé qu'il pourrait être inquiétant. Comme Prodigal le dit, c'est parce que je venais d'entendre Emmanuel Todd livrer ses commentaires au sujet de l'état du catholicisme en France. Je trouve que c'est un bon analyste, je trouvais sa formule-choc amusante. Et après tout c'est vrai aussi que nous serions un peu tels des espèces de fantômes dans le monde du virtuel en tout cas. Ici notre impact sera pas tellement grand sur le monde extérieur. Reste à souhaiter qu'il nous reste un peu de vie quand même.Gaudens a écrit :
Désolé Christian K et Catholique Zombie (nous expliquerez-vous un jour cet étrange et inquiétant pseudo ?) de vous avoir confondus. Mais il est vrai que vous y incitez involontairement . On écrit à l'un et l'autre répond en citant l'autre au moyen des cartouches bleues.... et vous êtes bien sur la même longueur d'ondes, il me semble.
La question du sédévacantisme est hors sujet dans ce fil.ChristianK a écrit :
Je ne suis pas sûr que le sédévacantisme implique que le pape, ou antipape, soit formellement et volontairement hérétique; il semble suffire qu’il le soit matériellement, qu’il profère des hÉrésies es qualité en tant que pape, inconsciemment.
Le pape François a quand même donner une précision minimale. Il nous donne des exemples, évoquant le bouddhisme, l'hindouisme et quelques autres. On comprend bien qu'il pense au judaïsme, à l'islam ou des religions de la sorte. On pourrait ajouter le jaïnisme en Inde si l'on veut. L'identité des religions ne change rien au contenu de son propos.Asuellus a écrit :
À mon sens, le propos du pape manque de rigueur.
Qu'est-ce qu'une religion ? Il en a existé et il en existe encore des myriades. De quelles religions parle-t-il ? Il faut le préciser
Ce texte nous dit que les autres religions (islam, bouddhisme, pratiques de la synagogue, etc.) ne peuvent pas être considérées comme des voies de salut. Elles ne le sont pas comme telles. Cela n'aurait aucun fondement dans la théologie catholique.“Il faut croire fermement que l’Eglise est signe et instrument de salut pour tous les hommes (cf. LG n° 9; 14; 17; 48). Il est contraire à la foi catholique de considérer les diverses religions du monde comme des voies complémentaires à l’Eglise pour ce qui est du salut (cf. Redemptoris missio n° 36 ; Dominus Iesus n° 21-22). Selon la doctrine catholique, les adeptes des autres religions sont eux aussi ordonnés à l’Eglise et sont tous appelés à en faire partie. … considérer comme voies de salut ces religions, prises comme telles, n’a aucun fondement dans la théologie catholique”.
Décidément, je ne peux manquer d’observer que vous êtes sur la défensive et vous sentez comme agressé. Et à ne pas m’y reconnaître. Comme si vous m’indentifiez à ce chrétien lambda ou supposé par vous et par qui vous seriez mal perçu.Asellus a écrit : ↑lun. 06 janv. 2025, 12:34 Écoutez, Cmoi, je vais me répéter, mais je ne fais ici qu'exposer mes vues sur l'unité fondamentale, donc interne, des religions. Vous vous focalisez au contraire sur les différences externes. Comme vous refusez de vous placer au même niveau que moi, j'ai essayé de répondre à vos objections externes sous l'angle de la critique historique : celle-ci démontre assez la futilité de vos prétendues "divergences irréconciliables"..
Et pareillement quand j’y ai ajouté la piété et le sens du sacré dans mon dernier post auquel vous répondez là…Asellus a écrit : ↑mer. 01 janv. 2025, 6:00 Ayant ainsi resserré le cercle des religions salutaires, peut-on maintenant dire qu'il existe, d'un point de vue cette fois intérieur, par-delà les frontières doctrinales et le détail des règles alimentaires et rituelles, un "fonds commun salvifique" ? Par exemple, un chrétien peut-il être sauvé dans l'esprit du bouddhisme (par la pratique de la compassion) même s'il en néglige la lettre (le végétarisme) ?
Vous parleriez d’autre chose ? Or vous me le présentez comme si je l’ignorais et que vous aviez là une leçon à me donner ! Et en plus c’est moi qui ai eu à me répéter sans que vous le notiez, et vous qui prétendez à présent vous répéter !!!Asellus a écrit : ↑lun. 06 janv. 2025, 12:34 Il faut bien comprendre que l'expérience religieuse ne peut être qu'intérieure. Ce n'est pas sur l'autel que vous trouverez Dieu, mais en vous-même. Ce n'est pas le rite, moderniste ou tridentin, ce n'est pas le dogme de la virginité de Marie ou de manger du poisson le vendredi qui vous fera voir Dieu, mais uniquement l'attitude contemplative, la méditation de Dieu (la fameuse "prière du cœur")."..
Je vous invitais clairement à prendre positon entre l’interne et l’externe, voire même à parler de l’interne, et c’est vous qui avez fait le choix de préférer l’externe. Estimiez-vous que je n’étais pas capable de comprendre l’interne ? Ce serait du dédain et du mépris, or c’et bien dans ce registre que maintenant vous l’évoquez, mais sans mieux le développer – je veux dire, en développer précisément l’interne et l’aloi.Mais quelle est cette « doctrine ésotérique commune » que vous évoquez ? C’est là que le bât blesse : il n’y en a pas. Soit elle est philosophique (voire métaphysique) et alors non ésotérique, soit elle est ésotérique et elle ne peut plus être commune à moins que vous évoquiez de la Révélation la part qui n’est pas « dogmatisable », mais si elle ne l’est pas elle ne pourra faire l’objet d’une confrontation et restera le mystère de chacun !
Je pourrais adhérer, même si cela ressemble à un cours prévu et récité par cœur mais qui est hors sujet à cet égard, car cela avait été évoqué par ce que j’avais appelé foi, piété et sens du sacré, et vous n‘en aviez pas voulu !Asellus a écrit : ↑lun. 06 janv. 2025, 12:34 Les expressions particulières (historiques, culturelles, locales, nationales) de la religion ne doivent pas nous troubler. Elles s'effacent dès lors que l'on considère leur source, qui est aussi leur but. Mais quel est le but suprême de toute religion ? Ce n'est pas de jeûner le vendredi. C'est de voir Dieu.
Ces variations externes sont un peu à l'image des spécialisations de la médecine. L'âme occidentale s'est attachée à la figure tragique du Christ sur la croix, conformément à une certaine sensibilité philosophique. L'Orient, au contraire, souligne la nécessité du détachement. Mais en quoi, je vous prie, est-ce irréconciliable ou même contradictoire ? Ce sont les deux facettes d'une même pièce. Ainsi la bouddhéité (qui n'est autre que l'état de sainteté) ne s'oppose en rien à la compassion chrétienne ou à "l'amour représenté de Dieu" (comme vous dites) mais au contraire, les accomplit.
Je crid plutôt que c’est vous qui avez un ,problème…Asellus a écrit : ↑lun. 06 janv. 2025, 12:34 Votre problème est que vous manquez, je ne veux pas dire de hauteur car je n'ai pas l'impression que ce soit le cas, mais de recul. Vous êtes comme quelqu'un qui, au musée, s'est trop rapproché du tableau pour admirer un détail particulier. Vous ne voyez plus l'harmonie de l'ensemble.
Je m’en étonne car vous êtes l’as des angles improbables pour aborder les choses, au point que je ne pense pas être le seul à être souvent « largué ». Ici même, dans cet échange et depuis ma question, j’ai plus l’impression que vous m’avez embarqué que de vous avoir embarqué, même si j’ai cru savoir rebondir pour être à la hauteur.
Là, si je comprends votre première phrase, je ne suis plus du tout d’accord avec la seconde.
Et pourtant.. Désolé si vous vous êtes senti largué, c'est sans doute qu'avide de vérité, je vais chercher dans les conditions extrêmes du réel évangélique tout ce qui peut sembler contradictoire, car (je crois vous l'avoir déjà dit) c'est là que je pense y trouver le meilleur de ma quête.cmoi a écrit : ↑mar. 07 janv. 2025, 7:37Je m’en étonne car vous êtes l’as des angles improbables pour aborder les choses, au point que je ne pense pas être le seul à être souvent « largué ». Ici même, dans cet échange et depuis ma question, j’ai plus l’impression que vous m’avez embarqué que de vous avoir embarqué, même si j’ai cru savoir rebondir pour être à la hauteur.
En tout cas, je n’attribue rien au pape, sinon dans une métaphore d’être en quelque sorte celui qui met en scène la foi de son église pour la lui présenter, à l’image de ce qu’est une messe à l’égard du sacrifice de son Fils.
Je ne pense pas que l'intention de Dieu était de faire du spectaculaire. Je crois plutôt que sa puissance l'est (spectaculaire) par essence. Elle se révèle au travers du miraculeux, à ne pas confondre avec le spectaculaire de l'apparat.., dont vous parlez dans la citation qui suit celle-ci :cmoi a écrit : ↑mar. 07 janv. 2025, 7:37 Mais je vais poursuivre en répondant au point suivant…Là, si je comprends votre première phrase, je ne suis plus du tout d’accord avec la seconde.
Celui qui a orchestré les 10 plaies d’Egypte, fait traverser la mer rouge, qui a fait tourner en rond autour de Jéricho en sonnant de la trompette, qui a siégé sur le Sinaï au milieu des orages, , etc,, accordait de toute évidence une grande importance à la mise en scène… Et j’en passe tout plein…Relisez ce qu’il faisait faire à ses prophètes !
Idem pour celui qui chassa les vendeurs du Temple, multiplia les pains, et haussait la voix pour simplement dire « que celui qui a des oreilles pour entendre, entende ! », et j‘en passe tout plein (L’accueil de la courtisane qui lui lave et essuie les pieds avec ses cheveux, l’appel de Zachée, la façon dont il dira au paralytique « tes péchés te sont remis » pour seulement ensuite le guérir au nez et à la barbe des religieux venus de Jérusalem, comment il a orchestré la résurrection de Lazare, etc.)
Sans parler de ce que nous décrit l'apocalypse...
Je pense hélas que concevoir les choses ainsi risque de compromettre la profonde discrétion avec laquelle celui qui, "tout puissant, humblement s'abaisse" dans l'hostie.
Je n'ai pas voulu dire que le pape ou les prêtres donnaient forcément dans la mise en scène. Je voulais simplement défendre l'attitude de votre paon, car je me dis que Marie la première (dans son Magnificat) pourrait être confondue avec l'un d'eux (mea culpa, sans doute que je répare, car je suis tombé dans cette confusion à une époque). Car, aussi, les Evangiles me donne à penser que le couple Joseph Marie n'était pas attendu à Bethléem, sans doute faute de mise en scène, au sens de l'apparat. Il y avait peut-être d' autres descendants de David, plus aisés..cmoi a écrit : ↑mar. 07 janv. 2025, 7:37 Mettez-vous un tant soi peu dans la peau d’un pape et dans sa vie, et vous comprendrez à quel point sous les apparences et l’apparat, la mise en scène y a de l’importance et peut exiger/nécessiter de l’humilité ! Justement parce qu’elle favorise si aisément le contraire…
Il me semble que vous avez sur ce point tous les deux raisons, et ce sont les Pères du Concile de Trente qui l'expliquent le mieux : "La nature humaine est telle qu’elle ne peut facilement s’élever à la méditation des choses divines sans les aides extérieures. C’est pourquoi notre pieuse Mère l’Église a institué certains rites, pour que l’on prononce à la messe certaines choses à voix basse et d’autres à voix plus haute. Elle a aussi introduit des cérémonies, telles que les bénédictions mystiques, les lumières, les encensements, les vêtements et de nombreuses autres choses de ce genre, reçues de l’autorité et de la tradition des apôtres. Par là serait soulignée la majesté d’un si grand sacrifice, et les esprits des fidèles seraient stimulés, par le moyen de ces signes visibles de religion et de piété, à la contemplation des choses les plus hautes qui sont cachées dans ce sacrifice".
Le secret, ou plus exactement le silence, n'est qu'un moyen parmi d'autres en vue de la fin poursuivie. Les rites et les cérémonies ont leur importance en régime "normal" si l'on peut dire, mais les circonstances extérieures peuvent parfois suffire pour impressionner suffisamment la sensibilité, et l'exemple typique en la matière est la Cène. On peut également faire état des messes célébrées en secret pendant les persécutions romaines, ou encore celles célébrées dans les camps de concentration.prodigal a écrit : ↑mar. 07 janv. 2025, 10:53Je remarque un paradoxe. Cette idée d'adaptation à la nature humaine, qui justifie partiellement que l'on rapproche la liturgie d'une mise en scène, a parmi ses implications le secret. La "mise en scène" viserait alors à éveiller à l'intériorité, et ainsi conduirait aux "choses les plus hautes", lesquelles sont les plus cachées. Du visible vers l'invisible, en quelque sorte.
Bonjour Olivier et grand merci de ces informations franchement inattendues (en tout cas de moi), et qui d'ailleurs m'étonnent, même si j'en ai pleuré (de joie).Olivier JC a écrit : ↑mar. 07 janv. 2025, 10:09Il me semble que vous avez sur ce point tous les deux raisons, et ce sont les Pères du Concile de Trente qui l'expliquent le mieux : "La nature humaine est telle qu’elle ne peut facilement s’élever à la méditation des choses divines sans les aides extérieures. C’est pourquoi notre pieuse Mère l’Église a institué certains rites, pour que l’on prononce à la messe certaines choses à voix basse et d’autres à voix plus haute. Elle a aussi introduit des cérémonies, telles que les bénédictions mystiques, les lumières, les encensements, les vêtements et de nombreuses autres choses de ce genre, reçues de l’autorité et de la tradition des apôtres. Par là serait soulignée la majesté d’un si grand sacrifice, et les esprits des fidèles seraient stimulés, par le moyen de ces signes visibles de religion et de piété, à la contemplation des choses les plus hautes qui sont cachées dans ce sacrifice".
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Je ressens quant à moi que ces "aides extérieures" risquent d'être à l'Eucharistie comme ce que la lune est au soleil, lors d'une éclipse solaire. Elles pourraient focaliser toute l'attention sur elles. Car en fait deOlivier JC a écrit : ↑mar. 07 janv. 2025, 10:09 ne peut facilement s’élever à la méditation des choses divines sans les aides extérieures
, on pourrait les associer comme c'est déjà le cas dans certaines œuvres musicales et autres, à des signes extérieurs de richesse..
Vous l'avez noté aussi, cher Prodigal..
Votre interprétation me semble très pertinenteprodigal a écrit : ↑mar. 07 janv. 2025, 10:53 Cette idée d'adaptation à la nature humaine, qui justifie partiellement que l'on rapproche la liturgie d'une mise en scène, a parmi ses implications le secret. La "mise en scène" viserait alors à éveiller à l'intériorité, et ainsi conduirait aux "choses les plus hautes", lesquelles sont les plus cachées. Du visible vers l'invisible, en quelque sorte.
Je ne pense pas que ce soit la visée des pères conciliaires, bien au contraire, et je vois mal comment l'extrait que j'ai retranscrit pourrait le laisser penser. Les rites et les cérémonies ont précisément pour raison d'être et pour finalité de mettre en valeur les réalités spirituelles. Elles sont comme le doigt qui montrerait la Lune.Ombiace a écrit : ↑mar. 07 janv. 2025, 15:02Les pères du Concile de Trente, si j'ai bien compris la citation d'Olivier, ont cherché à conduire aux choses les plus hautes en les cachant, comme on cacherait une "aiguille dans une botte de foin"(la divinité au milieu de l'apparat).
IL semblerait qu'ils aient privilégié de s'adresser à un public de chercheurs, ou un public averti, (je ne sais pas comment le nommer).
Mais tout le monde n'est peut-être pas disposé à déployer une telle patience (pour chercher cette aiguille) ...