Bonjour à toutes et tous,
Je réactive ce sujet car il me parle aujourd'hui.
J'ai lu certaines réponses et en ai survolé d'autres et puis vers la fin, j'ai abandonné, je le reconnais car à la fin la discussion s'est un peu éloignée du sujet et est parti dans un débat intellectuel que j'ai trouvé complexe ( je trouve peut-être que cela s'est éloigné du sujet car je n'ai pas les connaissances nécessaires pour comprendre le débat

).
Je remercie déjà ce site d'échange d'exister.
Je suis aujourd'hui dans la même situation que l'auteur du sujet à l'époque "feufollet".
C'est à dire que ce qui me rattache à la religion catholique ne tient qu'à un fil. Je n'ai pas les même raisons que "feufollet".
Mes reproches à la religion catholique sont les suivants :
C'est surtout un reproche. En fait, sur la question du mystère du mal, j'ai souvent été déçu par la façon dont certains religieux l'abordent.
Certains l'abordent d'une façon si doctrinale dans des sermons ou dans des réponses à des questions que pour moi cela manque de "coeur" (cela me fait penser à l'expression "tu n'as pas de cœur" ). D'autres par contre, sont de véritables lumières, humbles, doux, rayonnants mais il faut chercher pour trouver ces lumières.
Je ne mettrai volontairement pas le lien des sermons doctrinaux pour le moment.
Afin de me faire comprendre, voici ce que j'appelle en résumé un sermon doctrinal pour moi sur le sujet du mystère du mal :
- le sermon ou la réflexion spirituelle dure un certain temps.
- il commence en général directement par faire le lien entre l'entrée du péché dans le monde et le mal.
- ensuite il continue en évoquant le mal de l'homme sur l'homme ( guerres, corruption, OGM, etc. ) afin d'expliquer une partie du mal. Je trouve déjà à cette étape que le terrain devient glissant.
Exemple : imaginons quelqu'un qui a un problème génétique aujourd'hui et dont l'origine est peut-être historique comme l'introduction il y a des dizaines d'années d'un produit chimique dans l'alimentation.
La question n'est pas de savoir si c'est la génération X ou Y qui a fait l'erreur d'introduire ce produit chimique. Il y avait peut-être de bonnes raisons d'introduire ce produit ou pas.
La question est plutôt : "Comment aujourd'hui la personne qui a ce problème génétique peut vivre avec ce handicap et sublimer celui-ci à travers la vie du Christ et sa présence ?"
- Enfin, le mystère du mal est abordé en indiquant que c'est un mystère sans explication ou sens et qu'il faut le vivre à travers la révélation et avec l'aide du Christ.
Voici ce que j'appelle un sermon non doctrinal :
- il est court, clair et simple.
- il introduit la notion de péché.
- il parle des maux des hommes ( maladies, guerres, etc. ) mais rapidement en évitant de rappeler que l'homme est à l'origine d'une partie de ce mal, ce que j'apprécie car je pense que beaucoup d'hommes le savent déjà.
- il rappelle qu'il reste un mal mystérieux et que l'église n'a pas de réponse toute faite à celui-ci.
- il conclut rapidement en indiquant que la réponse de l'église est la révélation et l'acceptation sans chercher d'explication. Vivre ses souffrances avec le Christ.
Un exemple qui me vient en mémoire est l'histoire d'un prêtre (c'est une histoire véridique mais je ne cite volontairement pas le nom du religieux car son histoire est souvent reprise ).
Ce religieux était connu pour ses sermons sur le mystère du mal. C'était un érudit.
Un jour, il se trouva lui-même gravement malade.
Devant la douleur de sa maladie et n'en trouvant pas de sens. Vivant dans sa chair ce mystère du mal qu'il avait tant évoqué, il dit à ses frères religieux qui l'entouraient. Mes frères, j'ai souvent évoqué le mystère du mal dans mes sermons, ne faites pas comme moi car nous n'en savons rien.
Un deuxième exemple, positif cette fois. Après des recherches, je suis tombé sur une catéchèse du Pape François sur ce sujet et j'ai trouvé celle-ci lumineuse, claire, humble et simple.
Évoquant des termes que je ne connaissais pas comme "la prière de protestation" face à une situation difficile. Une prière qui vient du cœur, non de révolte mais d'incompréhension. Comme un cri d'un fils vers son Père.
Une autre chose qui m'agace :
- En ce moment, il y a des écrits, revues qui visent à démontrer l'existence de Dieu. Je trouve cela très bien. Par contre, dans leur élan ils souhaitent tout expliquer trop rapidement (ma référence est une longue vidéo d'un religieux faite avec un laïc qui est sortie dernièrement ). Rapidement, ils indiquent qui si Dieu existe, la question de l'existence de Dieu et de l'existence du mal devient "plus simple". L'existence de Dieu (l'être supérieur pas le Dieu catholique) et l'existence du mal est une question philosophique à part entière à laquelle l'église répond grâce à la révélation. Ensuite, la question du mystère du mal arrive.
L'idée principale de la vidéo dont je parle c'était de convertir des athées au déisme.
Ce qui me gêne en résumé c'est d'aborder le mal en 5-10 min dans cette vidéo. D'abord, parce que la question "de Dieu et l'existence du mal" a interrogé de nombreux philosophes et écrivains brillants au cours de l'histoire et d'autre part l'autre question : "de l'église et du mystère du mal" est elle aussi très riche. Ces deux questions ne peuvent être abordées en 5-10 min.
Passer de la croyance en Un Dieu, puis à la révélation puis à la foi et ses mystères est un chemin avec ses hauts et ses bas qui peut prendre la vie entière ( je parle dans mon cas ).
- les autres points qui me dérangent mais auxquels j'adhère sont :
- la peur de l'enfer ( ou menace de l'enfer ).
- le purgatoire.
- le fait que même après une confession, il reste quand même une blessure due au péché.
Comme je l'ai indiqué dans un autre sujet, j'ai moi-même été bien malade puis j'ai eu une période durant laquelle cela allait un peu mieux et j'en ai "profité" ( j'ai fait des péchés, rien d'illégal pour la loi des hommes ). Dernièrement ma santé s'est dégradée, le traitement pour ma maladie a abîmé une autre partie de mon corps me déclenchant une autre maladie et qui m'a fait perdre 60 pour cent de fonction rénale qui ne se régénérera pas d'après les médecins et m'a rendu stérile ( spermatozoïdes ayant un risque de donner naissance à un enfant malformé extrêmement élevé ). J'ai fait un prélèvement avant d'avoir le traitement mais la qualité de celui-ci n'est pas très bonne. Je n'ai plus la possibilité aujourd'hui d'être père d'une façon naturelle.
J'ai fait une expérience de mort imminente négative en étant jeune car j'avais arrêté le traitement, j'avais mes raisons, ce n'était pas suicidaire ( je vois un psychiatre et un psychothérapeute ). Je n'ai pas vu l'enfer, j'ai vu le néant et c'était une horreur ( ressentir le néant l'espace d'un instant ). Mon interprétation est que j'avais un orgueil trop important à l'époque et que Dieu voulait me le montrer ( ton orgueil peut remplir l'univers, il y a une citation de mémoire là-dessus ). Il faudrait que j'en parle à un prêtre.
J'ai bien sûr des évènements heureux qui m'arrivent aussi mais certaines choses m'agacent plus aujourd'hui qu'avant d'où ce long post.
Je vous remercie pour votre lecture et votre éventuelle réponse et vous souhaite une bonne journée !