pierrot2 a écrit : ↑mer. 26 août 2020, 8:58
Comment donc espérer faire partie des vierges sages, qui entrent dans la salle de noce, si nous donnons notre huile aux folles, et qu' il ne nous en reste pas assez pour arriver avant le retour de l'époux?
Il me semble qu’il ne faut pas chercher à faire dire à une parabole, plus que ce qu’elle a voulu dire…
Ainsi, celle-ci suppose :
- que la provision d’huile emmenée par chacune des sages était en soi suffisante pour rencontrer l‘époux, alors qu’en réalité elles en ignoraient le temps d’attente et n’en avaient pas été informées !
que cette rencontre allait se faire en un autre lieu qui obligerait à se déplacer et à user de toutes les lampes à la fois
qu’elles avaient toutes bénéficié avant d’arriver du temps et de la disponibilité pour se pourvoir en huile
que ceux qui l’écoutaient n’avaient pas encore intégré l’enseignement du Christ : je gage qu’aujourd’hui Il illustrerait autrement sa parabole
Car :
les sages ne se débarrassent-elles pas ainsi de concurrentes ? Ne prendraient-elles pas le risque de manquer elles-mêmes pour sauver une « sotte » - sotte plus que folle, or chacun voudra bien reconnaître que ce n’est à bien des égards pas le pire des défauts, et le seul qui leur soit ici pourtant imputable !
Une lampe ne pourrait-elle servir pour deux, voire plus, sans que cela ne nuise en rien à sa provision donc à sa durée ? Pourquoi non ?
Une sotte qui refuserait le « partage », cela pourrait aussi bien être par orgueil que par prudence et en se sacrifiant, estimant qu’elle ne peut pas faire courir à la sage de perdre sa chance et qu’il vaut mieux que l’autre y parvienne plutôt que deux échouent Sotte certes, mais pas sans générosité ni grandeur d’âme…!
Pourquoi dans cette parabole l’individualité prône sur le « collectif » ? Que représente une lampe ? L’huile ? L’attente ?
Toutes remplissent bien toutes les conditions, hormis cinq et sur un seul point, l’imprévoyance… Quelle est-elle ? Pas celle de n’avoir pas donné, assurément… qui d’autres fois pourrait bien en être une !
Pour en revenir à ce crédit accordé, il est clair que nous ne pouvons le faire que si nous l’avons en excédent (question qui se pose dans la parabole des 10 vierges et à laquelle il n’y a pas de réponse…). Si toutefois il nous arrivait un « revers », alors nous serions mis en porte à faux : telle est votre objection… !?
Pourtant le Christ à cet égard nous a bien dit de ne pas nous soucier du lendemain, qui se suffit à lui-même, mais de Lui faire confiance. Il a loué la pauvre veuve qui donnait « de son nécessaire »…
Il nous a aussi dit qu’à celui qui a, il lui sera donné par surcroît, et qu’à celui qui n’a pas, même ce qu’il a lui sera enlevé. Or ce que nous lui aurons accordé/prêté à celui-là reste notre bien, il nous sera par conséquent rendu (par lui ou sa caution qui est notre créancier à tous).
Il nous a aussi dit de donner sans compter, sans rien « retenir » ou « épargner » (à part cette huile…), et que c’est ainsi que Lui nous comblera, car il renverra sinon les riches les mains vides. Encore une fois, il ne s’agit pas de se rendre pauvre, nous ne devons pas mendier, mais d’entrer au service de plus riche que soi pour pouvoir disposer de nos biens avec libéralité.
Dans une économie de marché, c’est le principe même de la capitalisation et qui a permit grâce à des investissements, de produire plus et mieux, de satisfaire à plus de « demande »/consommation et de distribuer des « dividendes » quand tout va bien.
Mais quand il n’y a plus de « confiance », tout s’écroule…Alors le matériel est vendu/repris pour le franc symbolique, et cette perte ou dévaluation permet de repartir… avec d’autres intervenants !
Si le but final est bien le progrès (donc d’en « donner » plus), il faut que le calcul de départ (prévoyance) soit juste. Ce qui correspond à l’ascèse…
Dès le départ j'ai du mal à deviner ce qui vous tarabuste, au-delà du premier degré lié au terme "d'obligation" et je ne me sens pas le bon interlocuteur pour en discuter, mais j'applique le précepte évangélique... Ainsi, votre mention du publicain : il est évident que ce n'est pas la maladie mais le malade qu'il faut aimer, qui ne se réduit pas à ce statut et qui porte des énergies bonnes mal employées qu'il faut lui permettre de déployer et qui accéléreront sa guérison.
Evidemment que Jésus ne s'oblige pas à l'aimer, cette idée d'obligation vient de ce que l'amour est comme un instinct naturel (au même titre que la pulsion sexuelle), mais comme il est d'ordre moral on ne parle plus d'instinct mais c'est la même chose. Il y a depuis le péché originel contre lui un certain nombre de forces que vient contrer et dépasser la restauration de notre nature dans sa grâce première, par un élan d'amour nouveau.