adieu12,
Pour faire suite ...
adieu12:
Je déforme involontairement, parce qu'en fait j'étais juste pas assez précis, donc forcément votre interprétation s'en retrouve tronquée. Quand je dis que vous dites que les athées veulent liquider proprement les croyants. Il était selon moi compris tacitement que je ne parlais bien entendu pas de vous tuer, mais juste d'essayer de limite votre influence sur les sphères politiques (les "institutions" comme vous dites).
Oui, et alors vous serez d'accord finalement avec le point soulevé.
Il y a bien eu, et il y a toujours cette volonté d'éliminer d'une manière suffisante l'influence de l'Église dans les domaines politiques ou institutionnels (université, petites écoles, organes de radiodiffusion, cinéma, banques et caisse d'épargnes, syndicats, etc.) Je dis que l'expression de cette volonté procède en gros des progrès du libéralisme. Et ce dernier mouvement historique en Occident a pour chefs de file ou fers de lance des militants s'opposant à l'Église catholique, lesquels ne croient pas au credo de l'Église (Libres penseurs des Lumières, athées. protestants, Juifs. sceptiques de divers acabits).
Vous confirmer :
Pour réagir au reste de votre texte, je vois juste du mécontentement vis-à-vis de l'évolution du regard général de la population porte vis-à-vis du christianisme.Il est tout à fait vrai que l'importance de votre religion a été considérablement poussée au déclin (séparation état et église de 1905, etc) et que le Christianisme a tendance à être rangé auprès des autres religions, sans distinction, ce que je trouve personnellement normal.
Vous me parliez de complotisme plus haut dans votre première réaction, si vous vous souvenez. Là, vous trouverez personnellement "normal" que le christianisme ou la religion de l'Église catholique puisse être poussée au déclin et/ou relegués dans la même case et sur le même pied que tout autre phénomène religieux ou religions.
C'est ce que moi j'appelle banaliser la chose ou vouloir désamorcer l'importance de la religion catholique pour le pays, le gouvernement, le peuple, les enfants, etc. Pour les hommes traitant des affaires publiques, la notion de salut personnel au sens métaphysique du terme s'en trouvera complètement évacué des radars. Ce n'est pas la première des priorités, ni même la vingt-cinquième des priorités parmi trente objectifs différents. La chose n'a plus vraiment d'importance tout simplement.
Quant à dire que les athées et leur nouvelle forme d'athéisme "moderne" plus militante sont à l'origine de ce changement, je ne serais pas autant catégorique que vous. Un athée, même parfaitement informé de tout les arguments les plus pertinents ne fera jamais changer d'avis un catholique et la réciproque est tout autant vraie. Un catho' ne me fera surement jamais changer d'avis, naturellement. Tout le monde à une idée personnelle plus ou moins claire de sa "vérité" cosmologique, que ce soit une forme de proto-déisme ou une vision animiste ou que sais-je.
Le déclic doit venir de l'individu, il est interne. Donc, prétendre que les athées sont à l'origine de ce changement institutionnel, c'est leur prêter un pouvoir de persuasion, une influence, qui dépasse de loin le réel.
Les changements de paradigmes en société n'apparaissent jamais spontanément. Ce ne sont pas des choses qui arrivent tout seul. Il y prend toujours des artisans derrière. Ce n'est pas comme dire " Tiens, il se sera produit une avalanche !"; "Une tempête en mer s'est levée à cause de la météo."
Ce que vous me souffler ici reviendrait à dire " Je pense que les chrétiens (les humbles missionnaires, les martyrs, etc.) n'ont rien à voir avec le fait que l'empire romain ait pu être gagné un jour à la foi des Apôtres. Aucun rapport ! Le changement s'est fait tout seul." C'est comme si vous me disiez, encore, qu'il n'y avait pas de rapport entre la chute de Constantinople aux mains des Turcs et l'islamisation de l'Anatolie et des anciens territoires chrétiens connexes. "L'islamisation s'est produite de manière spontanée. C'est bien naturel. En quoi de pauvres Turcs auraient jamais pu convertir des chrétiens ! Non, c'est juste les chrétiens qui avaient envie comme ça de se faire musulman. Pourquoi ? Pour rien."
Ce que je veux dire c'est qu'il y prend toujours l'effet d'une force qui s'exerce soit pour qu'une personne devienne chrétienne soit pour qu'elle devienne incroyante, musulmane ou autre. Il y prend une force. Peu importe que celle-ci soit d'ordre matérielle, spirituelle, institutionnelle, juridique, etc.
Je ne dis pas que ce sont les athées au sens stricte du terme qui seraient seuls coupables ou seuls responsables de la création de notre société actuelle, mais que cette culture politico-institutionnelle mise en place le fut de par le zélotisme constant d'une assez large catégorie d'opposants à l'Église. Il y aura bien pris une force d'opposition pour défaire ce qui aura pu être auparavant.
Dans ce cas-ci, cette force d'opposition ne poursuivait pas les objectifs qui étaient ceux de l'Église. Le but n'y était pas de faire adhérer davantage le bon peuple à la foi de l'Église; ce à quoi des athées ne pouvaient pas s'opposer - faire décrocher les gens de l'Église, ne pas faire adhérer les gens à la foi - quand ils auraient plutôt été d'accord avec le principe de ne plus se soucier de la religion, de se libérer des religions. Les incroyants auront surtout été complices, des complices plutôt actifs parmi les cercles de décideurs en mesure de faire la différence là ou il sera apparut d'importance pour la cause de pouvoir y exercer la force dont je parle. Il ne s'agit pas là tellement d'un grand complot (à l'échelle humaine) comme il s'agit d'une influence.
Tout le monde à une idée personnelle plus ou moins claire de sa "vérité" cosmologique, que ce soit une forme de proto-déisme ou une vision animiste ou que sais-je. Le déclic doit venir de l'individu, il est interne.
Oui et non.
Ce déclic "qui doit provenir de l'individu" n'est pas lui-même le fruit d'un mouvement spontané autant que vous sembler le croire. Parce que le foi vient de ce que l'on entend, comme disait le bon apôtre. Si c'est vrai de la foi, ce l'est tout autant de l'incroyance. Les athées seront les premiers, d'ailleurs, à soupçonner que si un croyant est croyant c'est parce que dans son milieu ... Or un monde d'incroyants, une culture politique d'Incroyants produisent aussi en masse de sceptiques, aussi vrai que la société communiste produisait des communistes, et le fascisme une jeunesse fasciste, etc.