(merci pour ceux qui écrivent un petit mot)
J'ai été fort heureux, finalement, de pouvoir participer au service ce matin. Il y avait un bon groupe de personnes dont plusieurs de
foi et partage (groupe dont faisait parti ... ). Le prêtre qui célébrait était une vieille connaissance de 35 ans, c'est à dire qu'il avait connu Jean-Eude, lui-même, et alors qu'il venait à peine d'être ordonné prêtre. Le départ lui constituait donc un vide à lui aussi.
Il aura fait retour sur la personnalité de l'ami. Et j'étais très content d'entendre ça. Oui, franchement, j'ai vu qu'il le connaissait bien (sourire). Il rappelait durant l'homélie comment la volonté de communion avec les autres était chose fondamentale pour Jean, comment rien n'était jamais verrouillé chez lui, toujours ouvert et offrant toujours son amitié. Il y avait d'abord ce regard, lequel avait une qualité particulière, très soutenu mais pacifique; un regard comme on l'imaginerait sans mal du Père, en-haut, juste affamé de faire plus ample connaissance. Limpide. Bienveillant. Il rappelait combien il était vraiment un missionné à sa façon. Il se trouvait chez lui une disposition sacerdotale pourrait-on dire, en sorte que l'on ne pouvait pas le rencontrer non plus sans quasiment entendre sonner à nos oreilles un «la paix soit avec toi». Et j'aurai trouvé la remarque du prêtre judicieuse. Oui, c'était bien lui.
Ces dernières années, Jean travaillait à écrire sa propre biographie. Il m'en aura parlé à plusieurs reprises (ses souvenirs du foyer de charité, etc), il me faisait lire parfois ses brouillons, guettant ma réaction ou il attendait ensuite avec hâte des commentaires que je pourrais lui faire ultérieurement. Le prêtre nous a mentionné qu'il s'était engagé personnellement à terminer son chef d'oeuvre, et que par la suite nous pourrions tous en avoir une copie. Peut-être l'aurons-nous sur internet ? Qui sait ?
Il y avait plusieurs religieux pour célébrer, dont un qui avait participé à la première retraite avec Jean Vanier dans la région de Montréal (et auquelle avait participé ...).
Ils auront tenu à dire qu'il avait réussi sa vie. Et qu'ils étaient tous très fiers de lui. Très beau. Émouvant.
Il avait passé une grande partie de son enfance, toute son adolescence, au foyer de charité qui avait été fondé par le Cardinal Paul-Émile Léger. Il ne manquait jamais les célébrations par ailleurs. Il volait au-devant pour être sûr de rien manquer. C'était très important pour lui.
Il aimait tellement quand je pouvais lui raconter dans une sorte de résumé des passages de tel ou tel livre de spiritualité ou si je lui contais des anecdotes vécues, à quoi il pouvait me revenir avec une foule de questions aussi pointues que celles d'un confesseur ou presque. Il lui arrivait involontairement de me placer dans l'eau chaude aussi. Et je pouvais me sentir parfois embarrassé de mes propres limites. Ce qui pouvait lui permettre dire que nous avions tous nos handicaps. Il avait bien assimilé son Jean Vanier! Là-dessus, le prêtre qui présidait nous aura confié qu'en décembre dernier il lui avait demandé, à brûle pourpoint, toujours à Jean : «As-tu envoyé des voeux à Jean Vanier ?» et qu'il s'était arrêté pour le considérer fixement du regard. Or qu'en février dernier il avait couru au-devant de lui et ne se possédant plus de joie : «Jean m'a répondu !»
Ce cher Jean
http://www.youtube.com/watch?v=YQtWTnFd ... re=related
Si tu étais près de moi,
j'irais avec joie vers la mort et vers mon repos.
Ah, comme ma fin serait ainsi joyeuse
si tes belles mains me fermaient mes yeux
fidèles.
C'était la musique en entrant dans l'église ce matin ...