Bonjour Charles,
Charles a écrit :Métazét a écrit :Il pourrait y avoir autre chose que Dieu qui ne soit pas le monde.
Non parce que si cette chose n'était pas Dieu, elle se laisserait additionner et donc serait du monde (ou de l'univers si vous préférez).
Donc d'après vous, anges et démons font partie du monde ?... Peut-être n'ai-je pas été assez clair : j'entendais par monde ce qui est saisisable (directement ou indirectement) par les sens.
Revenons si vous le voulez bien, sur l'hypothèse que j'émettais : il existe des valeurs morales objectives. Ces valeurs morales ne sont pas des choses que l'on pourrait additionner, pourtant elles ne sont pas Dieu, il me semble (elle n'ont pas de personnalité, n'ont pas créé le monde, etc.).
Je crois qu'il faut qu'on se mette au clair sur les définitions avant d'aller plus loin.
Charles a écrit :Ce qui n'est pas le monde n'est pas quoi que ce soit. La raison et la foi nous disent qu'il est un être, vivant, parfait, éternel, acte pur, pensée se pensant elle-même (Aristote),
Permettez-moi d'en douter (pas tant de l'existence d'un tel être que du fait qu'il soit inféré par la raison). Jusque là, en tout cas, vous ne vous écartez guère de Spinoza :
"VI. J'entends par Dieu un être absolument infini, c'est-à-dire une substance constituée par une infinité d'attributs dont chacun exprime une essence éternelle et infinie." (Spinoza,
L'éthique, I, définition VI)
Charles a écrit :le seul être au sens fort et originaire
Si Dieu est le seul être au sens fort et orginaire, cela implique que le monde est un être au sens plus faible et second. Donc il me semble que vous tombez dans les mêmes travers que vous dénonciez :
Charles a écrit :on est obligé de repousser dans l'ombre le monde lui-même, d'en faire une sorte d'illusion, de brume fantomatique. Ce qui est la logique des panthéismes, de calomnier le monde qu'ils ont prétendu diviniser.
Charles a écrit :Métazét a écrit :3/ Il ne faut pas confondre la douleur, qui est un fait, avec le mal qui est de l'ordre des valeurs.
Si la douleur est un fait, le mal en est un aussi. A moins de prétendre vivre dans une sphère tellement privée d'expérience concrète qu'on n'imagine pas que la douleur puisse être une alerte du mal.
Là vous parlez d'un mal relatif. Moi je vous parle du mal comme valeur axiologique absolue.
Métazét a écrit :L'expérience du mal est aussi celle de notre condition de créature, d'un être réel mais limité, d'un être reçu et que l'on peut perdre. Nier le Créateur est un mauvais calcul parce que cela ne change en rien notre condition de créature, nier Celui qui nous donne l'être ne change pas que notre être soit reçu - que nous ne sommes pas inconditionnellement (ayant toujours été, étant, et devant toujours être).
Vous dites cela parce que vous croyez en Dieu. Si on n'y croit vraiment pas, ce n'est pas par calcul stratégique...
Métazét a écrit :Il y a ainsi quelque chose de puéril dans l'athéisme, un refus de voir le monde en adulte. De prendre la mesure de l'enjeu de nos vies : elles ne sont pas rien, nous avons beaucoup à perdre, et de toute façon nous devrons les perdre. Les athées sont conduits à soutenir qu'il n'y a pas de mal parce qu'ils refusent de devenir adultes, ils rejettent la création pour se débarrasser à la fois de la réalité de l'être reçu et donc de l'enjeu de nos vie, et à la fois du fait que cet être est de passage, que nous devrons le perdre. Les athées voudraient une vie inconditionnelle et sans enjeu : une vie adolescente pour l'éternité.
Il y a quelque chose de puéril dans votre vision de l'athéisme. Désolé mais je ne m'y reconnais aucunement. Je pourrais dire aussi que les croyants le sont par peur de la mort, ou par recherche d'un substitut à l'image du père, etc. Bref, le même genre de psycho à deux balles que vous nous servez là... Encore une fois, même si vous les trouvez mauvais (c'est votre droit), l'athéisme un minimum conséquent repose sur des arguments rationnels. Ce sont eux qu'il convient de critiquer.
Bien à vous,
Mikaël