Tiens je vous soumet un texte qui me semble "juste".
LES CHRÉTIENS ET L’HOMOSEXUALITÉ, L’ENQUÊTE
Claire Lesegretain
La miséricorde de Dieu peut guérir toutes les fragilités, mais elle ne peut pas guérir l’orgueil. Si l’on accepte que la conscience soit éclairée par un autre que soi, c’est-à-dire par Dieu, alors il n’y a pas blocage dans l’orgueil. Mais, si l’on pense que l’on peut éclairer sa conscience par soi-même, alors on pèche contre l’Esprit saint. Et c’est ce péché-là qui conduit à la désespérance. Parce que l’on se croit au-dessus du pardon de Dieu.
On a besoin de prêtres qui soient bons, ce qui ne signifie pas qu’ils soient mous. Car on ne gradualise pas la loi, mais on chemine graduellement vers la sainteté.
Un père grec disait :
« Le démon n’a pas entre les mains d’arme plus redoutable que le désespoir; aussi lui faisons-nous moins plaisir en péchant qu’en désespérant! »
La conception d’un enfant est forcément double, mentale et corporelle, matérielle et immatérielle, et la première des deux, la conception immatérielle de l’enfant, est tout aussi fondamentale que sa conception matérielle.
Après la première alliance passée entre Dieu et Noé et signifiée par l’arc-en-ciel (Gn 9, 13), la seconde, passée entre Dieu et Abraham, est signifiée par la circoncision (Gn 17, 10). Une circoncision qui, comme une « bague au sexe », rappelle qu’Abraham ne peut plus être amoureux du père car il est devenu amant de Dieu. C’est le seul personnage de la Genèse auquel Dieu s’adresse en lui disant qu’il a « voulu le connaître » (Gn 18, 19). Avec Abraham, descendant de Sem, ,la pulsion homosexuelle est définitivement sublimée dans l’amour de Dieu.
Entrevue avec Vincent Laupies
Dans ma pratique, je rencontre souvent
trois types d’attitude « spirituelle » inadéquats face à l’homosexualité.
1 -
La première, particulièrement archaïque, consiste à considérer l’existence de tendances homosexuelles comme un péché en soi. Le raisonnement est le suivant : l’homosexualité n’est pas dans le plan de Dieu, donc les personnes ayant ces attraits ne sont pas conformes à ce que Dieu attend. Pour être « bon chrétien », il faudrait donc être hétérosexuel.
2 -
La deuxième attitude inadéquate consiste à traiter les relations homosexuelles simplement comme des passages à l’acte allant contre la vertu de chasteté. Seule la qualification morale des actes est prise en compte, leur signification psychique étant ignorée. Dans cette optique, les accompagnateurs proposent aux personnes ayant des attraits homosexuels de lutter pour ne pas y céder et de se confesser le cas échéant.
3-
Enfin, la troisième attitude inadéquate consiste à affirmer que l’homosexualité agie est compatible avec la vie chrétienne, à partir du moment où elle intègre les valeurs évangéliques. Cette position s’affronte à l’enseignement de l’Église sur l’homosexualité et est source de militantisme et/ou de culpabilité.
Deux conceptions de l’amour. Dans la première, que l’on peut qualifier de « spiritualiste », l’amour est conçu comme étant de nature spirituelle, au sens où il naît dans l’intelligence et la volonté. L’intelligence connaît un objet qui se révèle être aimable. À partir de là, la volonté est attirée par cet objet et souhaite partager sa vie, accueillir ce qu’il peut donner et se donner à lui. Le corps et l’affectivité sont engagés, mais de manière secondaire.
La deuxième conception est d’origine freudienne. L’amour est issu de la libido, qui est la source de toutes les activités humaines par transformations successives. Le travail et la religion, par exemple, seraient issus de la sublimation, qui permet de dériver la pulsion vers un nouveau but non sexuel grâce à des objets socialement valorisés. Dans cette optique, l’être humain est guidé entièrement par un dynamisme intérieur. Les objets ne sont pas conçus comme ce qui attire l’être humain de l’extérieur, mais ce par quoi la pulsion atteint sa satisfaction.
Dans ce parcours d’accompagnement spirituel de la personne homosexuelle, il se peut que les tendances homosexuelles s’estompent ou qu’elles demeurent identiques. L’important est que la personne développe la capacité d’établir des relations souples, respectueuses et orientées vers le bien de chacun. Plus cette capacité grandit et plus la personne s’unifie. L’amour est expérimenté comme vie relationnelle et pas simplement comme réalisation du désir. C’est uniquement dans cette dynamique que l’enseignement de peut prendre son sens et devenir réalisable. La chasteté ne peut être vécue que lorsqu'elle est orientée vers l'ouverture à soi-même et aux autres.
La notion de guérison a pris une place importante dans l’accompagnement spirituel depuis quelques décennies. Habituellement, les discours sur la guérison concernent les conditionnements, à la différence de ceux sur la sainteté, qui concernent les facultés, et de ceux sur la perfection, qui concernent les actes. Rappelons que les facultés spirituelles, l’intelligence, la volonté, l’imagination et la mémoire, sont conditionnées par le corps, l’histoire, le psychisme, les liens familiaux de la personne et sa place dans la société. À partir de ses facultés, l’homme pose des actes. Les facultés, leur conditionnement et les actes constituent trois pôles intimement unis. La guérison, qui consiste à être le moins contraint possible par les conditionnements, vise la liberté intérieure pour pouvoir aimer Dieu et les autres plus profondément. Dans l’absolu, les facultés de la personne n’étant plus entravées, le désir d’infini qui anime la personne peut alors s’épanouir en quêter de Dieu.
L’approfondissement de la notion de filiation divine permet la guérison, la sainteté, la perfection. Car l’homme est un être de don : il est donné à lui-même; il reçoit la vie et se reçoit lui-même d’un autre. (Ce qui doit être expérimenté dans l'amitié,
bien avant la condamnation, car la condamnation est dû au rejet de l'amour de Dieu, mais rejète-t-on vraiment ce que nous ne connaissons pas?) Sa condition fondamentale est de venir d’un autre qui est son origine. Or la Révélation nous indique que la source du don est l’Amour de Dieu le Père. En accompagnant ce mouvement du don, l’homme même une vie filiale, faite de confiance en Dieu, d’amour et de liberté.
Toute trajectoire de vie, dès lors qu’elle est relue sous le regard de Dieu, peut devenir féconde.
Lytta Basset
La « diabolisation » d’autrui se trouve toujours démultipliée par le « blanchissage » de nous-mêmes. Dès le moment où je m’avoue à moi-même que je ne suis pas d’une autre espèce, dès le moment où je m’accueille plus complexe, plus traversé(e) de contradictions que je l’avais cru, autrui m’apparaît moins noir et je commence à m’ouvrir à ma propre complexité.
Xavier Lacroix
J’utilise peu les termes « homosexualité » et « homosexuel », pour leur préférer les termes plus précis d’« homoaffectivité », d’« homoérotisme », d’« homosensualité » ou d’« homosocialité ».
L’homoaffectivité, synonyme d’« homophilie » (terme souvent rejeté dans les milieux gays) consiste à vivre des amours, des affections fortes avec des personnes du même sexe.
L’homoérotisme consiste à avoir des relations érotiques avec quelqu’un du même sexe.
Il peut prendre un caractère compulsif et répétitif.
Dans l’homosensualité, il s’agit de corps à corps mais sans érotisme, tels qu’ils peuvent exister entre père et fils, entre mère et fille, ou enter sportifs.
Le garçon a besoin de contacts sensuels avec son père, dans la lutte et le jeu.(Qu'arrive-t-il à celui que ça manque?)
Enfin, l’homosocialité consiste à trouver plaisir dans des relations fréquentes et régulières entre hommes (au bistrot, par exemple) ou entre femmes, comme cela se faisait beaucoup plus il y a encore cinquante ans.
Il importe de souligner que les personnes homosexuelles sont appelées aux mêmes valeurs éthiques que les autres, dans la situation où elles se trouvent. J’ai l’habitude d’en indiquer quatre.
La première valeur ou ‑ pour employer un terme moins flou ‑ vertu est l’accueil réel de la différence réelle. La personne qui éprouve des entraves spécifiques, dans son désir érotique, pour accéder à la différence sexuelle, se voit proposer bien d’autres voies d’accès à la différence : amitié, sympathie, attention, écoute, générosité, hospitalité, etc. Par ailleurs, si la différence sexuelle est la plus fondamentale, il en existe d’autres qui sont loin d’être secondaires : l’âge, la culture, la race, la religion, sans oublier les différences d’un individu à un autre, ce qui est déjà tout un programme.
La seconde vertu est la chasteté. Ce terme ne désigne pas d’emblée la continence mais, selon l’excellente définition de Xavier Thévenot, la « maîtrise libérante des pulsions sexuelles ». Il s’agit de réconcilier désir et liberté, d’intégrer les pulsions dans une dynamique spirituelle. La chasteté est le dépassement de la fascination par la chair ou par une partie du corps. Elle revient à appréhender le corps à partir du visage et celui-ci à partir du regard et de la parole. Elle est pureté du regard, pureté du cœur, clarification du désir. Si l’on entend par « spirituel » l’entrée dans le dynamisme du don, je dirai que la chasteté consiste à vivre charnellement le spirituel et spirituellement le charnel. La chasteté peut prendre la forme de continence, celle-ci ne consistant pas seulement à s’abstenir, mais à se contenir. Elle est donc une vertu, c’est-à-dire une force, une capacité de la volonté. Célibataires hétérosexuels et homosexuels sont ici logés à la même enseigne. D’un point de vue qui déborde la morale chrétienne, il est nécessaire d’affirmer que pour les personnes homosexuelles qui en ont la capacité ‑ et une capacité de la volonté n’existe qu’en s’exerçant! ‑ la continence est un moyen d’attester l’orientation fondamentale de la sexualité vers l’alliance de l’homme et de la femme. Les sujets réalisent alors, à travers leur expérience du manque et du renoncement, la signification de la sexualité perçue comme plénière.
La troisième vertu est celle de l’amour. Comme le dit Jean Vanier, « aimer quelqu’un c’est lui révéler sa beauté ». Quelle que soit la condition sexuelle, l’amour, s’il est authentique, c’est-à-dire s’il se construit sur l’intégration et l’acceptation de la différence et de l’altérité de l’autre réel, ouvre sur de très nombreuses voies, à commencer par l’exigence de fidélité, non seulement de durée, mais aussi de loyauté et de solidarité.
Enfin, la quatrième vertu est l’humilité, qui est une disposition du cœur et qui consiste à s’aimer soi-même tel que l’on est, dans ses limites, ses carences, ses pauvretés. À cet égard, la condition homosexuelle me semble devoir être vécue très différemment selon qu’elle intègre ou non la reconnaissance des carences qui lui sont propres.
Dans ce que l’on appelle l’homosexualité, il y a donc un déficit (ce qui ne veut pas dire un refus) dans la fonction « altérité » ou, comme je le dis parfois, un arrêt sur le chemin vers l’altérité. Celui-ci suppose trois dépassements : 1. le dépassement de l’inceste (première forme de la relation au « même »); 2. le dépassement de l’autoérotisme (deuxième forme de la relation au « même » »); 3. le dépassement de l’homosexualité (troisième forme de la relation au « même »). Selon la formule du père Marc Oraison, « la femme est pour l’homme le plus autre ». Et réciproquement.
Il est très important de réaffirmer que les personnes homosexuelles peuvent recevoir l’appel aux valeurs éthiques et évangéliques au stade où elles se trouvent, telles qu’elles sont. Si tout homme est appelé, à la suite du Christ, à la sainteté, cela est vrai, à coup sûr, des personnes qui se disent homosexuelles.
Désordre, péché, faute
Il y a désordre quant à la signification et au retentissement psychoaffectif des actes homosexuels. Pour qu’il y ait péché, il faut que l’acte soit volontaire et libre, Il est donc clair que la condition homosexuelle n’est pas un péché, mais qu’un sujet homosexuel peut être un pécheur dès lors qu’il refuse le don de Dieu. C’est-à-dire s’il y a complaisance dans la non-vérité, dans ce qui est trouble. Quant à la faute, elle consiste en la transgression d’un interdit. Dans l’acte homosexuel, s’il n’y a plus transgression d’un interdit social, il y a toujours transgression d’un interdit ecclésial puisque l’Église continue à lier la sexualité au mariage.
La véritable base de la communauté chrétienne, telle qu’elle a été instituée par Jésus, est l’écoute et le partage de la Parole de Dieu, en essayant de vivre un amour non limité par la priorité donnée aux liens du sang. En ce sens, il me semble que les personnes homosexuelles, plutôt que de chercher à fonder une famille (en la transgressant), ,pourraient davantage apporter à l’Église en vivant selon d’autres modèles qui leur sont propres, ,à savoir l’affection fraternelle. « Est-ce que l’amitié homosexuelle ne serait pas à sa place, comme le mariage l’est à la sienne, un laboratoire de charité? », m’interrogeait récemment un homme d’orientation homosexuelle avec qui je suis en relation épistolaire.
Quel pourrait être le sens de la blessure de l’homosexualité dans le monde? Peut-être peut-on y lire trois rappels ou trois invitations. Une première consiste à percevoir nos vulnérabilités, la sexualité étant un lieu tout particulier de vulnérabilités. Une seconde invitation consiste à se rendre compte que l’intégration de la différence sexuée ne va pas de soi, qu’elle n’est pas purement instinctive, mais qu’elle est le fruit d’un héritage, d’une éducation. Une troisième invitation, enfin, serait de nous rappeler que, pour porter du fruit, il faut accepter d’être émondé (Jn 15, 2). La pauvreté spirituelle, c’est l’acceptation de ne pas être tout-puissant. Or il y a un rapport évident entre l’homosexualité ‑ où on peut se donner l’illusion d’être à la fois homme et femme ‑ et la transgression des limites. En ce sens, la tentation homosexuelle nous rappelle que seul celui qui accepte ses limites porte du fruit.
« Au fond de sa conscience, l’homme découvre la présence d’une loi qu’il ne s’est pas donnée lui-même, mais à laquelle il est tenu d’obéir. Cette voix qui ne cesse de le presser d’aimer et d’accomplir le bien et d’éviter le mal au moment opportun résonne dans l’intimité de son cœur. »
Vatican II, Gaudium et spes
À la fin de cette enquête, il s’agit de montrer qu’il est possible, ,en ayant des attraits homosexuels, de mener une vie chaste. Et cela non pas dans l’illusion d’un contrôle de son corps, mais dans la sincérité et la pureté du cœur, en centrant peu à peu sa vie sur le Christ, but vers lequel l’humanité tend tout entière.
Cette dernière partie voudrait être aussi un encouragement pour ceux qui, pour le moment, ne se sentent pas prêts ‑ ni appelés ‑ à vivre chastement mais qui le seront peut-être un jour.
Car la chasteté est un chemin, une aventure non dépourvue de risques et de chutes. C’est pour cela qu’il faut du courage pour s’y engager. Or le courage est à la fois une vertu morale et un don de l’Esprit. Il faut les deux, la vertu et la grâce, pour être chaste.
Béatrice : « Je suis entièrement pardonnée, entièrement régénérée, justifiée et rendue libre par grâce puisque le Christ a payé le prix le plus élevé pour ma vie. » « Ce n’est ni une maladie, ni un genre supplémentaire, ,mais une tentation pour nous conduire vers un chemin de ténèbres ». Et si une personne a l’intime conviction qu’elle est homosexuelle, « c’est un mensonge de l’Accusateur ».
Marie-Thérèse Huguet
Saint Thomas d’Aquin considérait que toute maladie physique ou psychique ne pouvait provenir du dynamisme interne de la personne et avait toujours une raison extrinsèque. Si tel est le cas pour l’homosexualité, il faut essayer de trouver et d’éliminer ce facteur externe.
Il y a bien des manières d’aimer sans érotisme : l’amour parental, l’amour filial, l’amour de bienveillance (qui consiste à vouloir le bien de l’autre même si celui-ci ne nous aime pas), l’amour de charité…
Sans doute serait-il bon, à ce propos, que l’on réapprenne, dans la société et dans l’Église, ce qu’est l’amour d’amitié. Une vulgarisation psychanalytique basée sur l’épanouissement égocentrique ne lui laisse, en effet, plus guère de place.
Or, tous nous possédons des capacités d’amitié, c’est-à-dire de gratuité, qu’il suffit de réveiller ‑ en faisant passer l’autre avant soi et en acceptant d’être aimé ‑ pour la laisser se déployer dans la pureté. « L’amitié, comme le dit le dominicain Jean-Michel Garrigues, est la révélation à un autre de ce qui nous tient le plus à cœur et nous rend donc le plus vulnérable ». C’est ce que Jésus a transmis à ses apôtres après la Cène : « Ce que mon Père m’a appris, je vous l’ai fait connaître. »
L’amour d’amitié, même s’il ne procrée pas, vient aussi de Dieu, qui ne demande jamais de s’amputer le cœur. « Notre vie humaine, écrivait saint Tomas d’Aquin, est faite pour nous exercer à avoir avec le plus d’hommes possible l’amour d’amitié dont nous nous aimerons éternellement. »
Dans l’histoire des saints, il y a bien des exemples d’amitié entre deux personnes, du même sexe ou non. Ainsi, Cyrille et Méthode, les deux évangélisateurs de la Russie, ont partagé une vie d’étude et d’amitié très profonde : « Nous étions une seule âme, nous recherchions Dieu d’un même cœur », écrivaient-ils.
L’Église catholique ne peut et ne pourra donc jamais bénir des unions homosexuelles.
Évidemment. L’Église ne peut pas cautionner ce qui est antinaturel et donc néfaste pour l’homme. C’est toujours par amour de la personne que l’Église refuse de cautionner une situation. Mais dire que les pratiques homosexuelles sont antinaturelles n’est pas condamner les personnes qui ont de tels attraits. L’Église a toujours insisté sur le respect et le soutien, notamment par l’amitié, dus à toute personne.
Nous sommes tous invités à être des saints. Il est frappant d’entendre décrire ‑ sans que personne ne les remette en cause ‑ les exigences rigoureuses et contraignantes demandées aux sportifs. Pourquoi la sainteté ne mériterait-elle pas les mêmes efforts que la réussite sportive? Pour devenir saint, donc heureux pour l’éternité, il suffît d’aimer, donc de suivre la loi donnée par Moïse sur le Sinaï et celle donnée par le Christ sur le mont des Béatitudes. « Vous aimez si vous suivez les commandements divins », avait résumé Jean-Paul II devant des jeunes en mars 2000. Ce sont les paroles de la vie éternelle qui tracent notre route de vie chrétienne. C’est sur cette route de la vie et du bonheur, donc de l’espérance, que nous sommes tous invités à cheminer. Prenons conscience de la joie déjà à notre portée, que « nul ne peut nous enlever » (Jn 16, 22) et du bonheur inouï qui nous attend! Et « ce poids de gloire est sans commune mesure avec les souffrances du temps présent » (II Cor 4, 17-18).
Le chrétien homosexuel a donc besoin, peut-être plus que d’autres, d’un accompagnement spirituel pour l’aider à cheminer en restant confiant dans l’amour de Dieu. Ainsi peu à peu l’Évangile sera entendu et la personne se découvrira dans la véritable identité de fils ou fille de Dieu, bien plus profonde et solide qu’une simple orientation s’exprimant par un attrait ou même par des pratiques. Et, de même que Job, qui n’a jamais blasphémé contre son Créateur dans sa détresse, comprend peu à peu qu’il « a parlé sans comprendre des choses étonnantes qui le dépassent et qu’il ne connaît pas » (Jb 42, 3), la personne ayant des attraits homosexuels découvrira que Dieu est le premier à entendre son cri, à l’accueillir et à le conduire sur un chemin de liberté.
Mgr Pierre d’Ornellas
La seule solution pour vivre l’inachèvement du célibat, ,qu’il soit choisi ou non, consiste à le vivre dans le don de soi, à l’intérieur d’une relation réelle, concrète. Car l’homme est fait pour la relation; il n’existe que dans la relation, comme le dit Jean-Paul II dans sa dernière encyclique, Fides et ratio, « l’homme biblique a découvert qu’il ne pouvait pas se comprendre sinon comme un être en relation » (no 21). Ainsi, pour un chrétien homosexuel, ce peut être la relation à Dieu, au Christ, à l’Église, aux souffrants et blessés de la vie. Pour d’autres, ce peut être une œuvre littéraire ou artistique, une grande cause humanitaire…
Conditions pour que le célibataire chrétien soit fécond.
1. recevoir sa vie et sa vocation de Dieu, lui faire confiance.
Cela suppose aller là où Dieu parle, à savoir dans sa parole, dans le pauvre aimé, dans le silence intérieur et dans la foi. « La foi donne Dieu lui-même », écrit saint Jean de la Croix. accepter de se tenir en sa présence alors qu’on ne sent rien, de le scruter pour le connaître.
2. Une fois qu’on a trouvé ce lieu qui é,merveille, éviter le « zapping ».
Demeurer fidèle et creuser le sillon en cohérence. Lâcher les choses auxquelles nous nous accrochons et qui nous empêchent d’être libres, ,y compris le stress des actions toujours à entreprendre.
3. Être réaliste pour se recevoir soi-même et les autres tels qu’ils sont.
Troisième condition pour entrer vraiment en relation.
Source : http://www3.sympatico.ca/alpha/chretien ... ualite.doc