Non, Mgr Bonny !

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Re: Mgr Bonny : une interpellation profonde

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A axou

Comme vous le savez et comme il est utile de le rappeler la "Loi" voudrait signifier que tel acte porte en lui une gravité, disons-le comme ça, et que le fait de passer outre, en la "transgressant", en l'oubliant, risque fort de faire souffrir l'un et l'autre des protagonistes si l'on songe ici à une relation sexuelle en dehors du "cadre", du mariage.
Évidemment, ça n'a aucun sens de dire : vous transgressez donc vous êtes vilaine donc vous irez en purgatoire et même diront certains "en enfer".
Je crois qu'il faut aller plus loin que la vision des psychologues en général dont la visée ne rejoint pas toujours (pas souvent) celle de l’Église.
Ils répondent à une souffrance immédiate, à une revendication assez naturelle : "j'ai bien le droit d'avoir ma part de plaisir, de détente, de bonheur". Certes, à première vue.
Qu'est-ce qui se passe dans l'intimité d'une femme lorsqu'un homme la pénètre pour dire les choses clairement ? D'aucuns diront comme Gainsbourg le provocateur : "c'est une histoire de muqueuses"... C'est ici précisément que l'on touche à ce mystère où la vie peut être transmise, où l'intimité de l'autre est rejointe, de façon définitive, irrémédiable. C'est seulement en méditant sur cet aspect des choses que l'on peut avancer. Quelle est la nature de la Vie à laquelle je suis appelé ? Où est sa grandeur, sa vérité, sa force, son intensité ?
À chacun de répondre... mais c'est certain que c'est quand même l’Église qui devrait mettre sur la voie... visiblement, elle a du mal à le faire.
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Xavi
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Re: Mgr Bonny : une interpellation profonde

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touriste a écrit :A axou

Comme vous le savez et comme il est utile de le rappeler la "Loi" voudrait signifier que tel acte porte en lui une gravité, disons-le comme ça, et que le fait de passer outre, en la "transgressant", en l'oubliant, risque fort de faire souffrir l'un et l'autre des protagonistes si l'on songe ici à une relation sexuelle en dehors du "cadre", du mariage.
Évidemment, ça n'a aucun sens de dire : vous transgressez donc vous êtes vilaine donc vous irez en purgatoire et même diront certains "en enfer".
Je crois qu'il faut aller plus loin que la vision des psychologues en général dont la visée ne rejoint pas toujours (pas souvent) celle de l’Église.
Ils répondent à une souffrance immédiate, à une revendication assez naturelle : "j'ai bien le droit d'avoir ma part de plaisir, de détente, de bonheur". Certes, à première vue.
Qu'est-ce qui se passe dans l'intimité d'une femme lorsqu'un homme la pénètre pour dire les choses clairement ? D'aucuns diront comme Gainsbourg le provocateur : "c'est une histoire de muqueuses"... C'est ici précisément que l'on touche à ce mystère où la vie peut être transmise, où l'intimité de l'autre est rejointe, de façon définitive, irrémédiable. C'est seulement en méditant sur cet aspect des choses que l'on peut avancer. Quelle est la nature de la Vie à laquelle je suis appelé ? Où est sa grandeur, sa vérité, sa force, son intensité ?
À chacun de répondre... mais c'est certain que c'est quand même l’Église qui devrait mettre sur la voie... visiblement, elle a du mal à le faire.
Merci Touriste pour ces observations très justes.
axou a écrit :Me concernant (et sans vouloir choquer ni provoquer): je suis une femme de 40 ans non mariée et j'ai des relation amoureuses hors mariage.
Après de longues années de chasteté (vécues par choix chrétien), j'ai suivi une psychothérapie qui m'a éclairée sur certaines peurs et blessures qui se camouflaient derrière cette chasteté.
...
Je vis donc de belles rencontre amoureuses, bien plus en paix et en joie qu'à l'époque de mes années de chasteté et je me découvre en vérité grâce à ces rencontres, je ne me fuis plus comme à l'époque ou je fuyais les hommes.
Cela n'est pas une vie conforme à ce que dit le Magistère et je suis en paix avec cela, c'est ma décision de femme libre et adulte
Malgré des réflexions excellentes et nuancées dans plusieurs de vos messages, notamment quant vous rappelez que Tout est grâce ou la beauté de la liberté de la conscience qui se met autant qu’elle le peut dans la lumière qu’elle reconnaît au Magistère, votre témoignage personnel suscite en moi une réaction critique.

Vous savez que la liberté de la conscience peut conduire aussi bien vers davantage de vie et de vérité que vers une idolâtrie de soi-même. Ce n’est évidemment pas un motif pour y renoncer, mais certainement une incitation à l’éclairer le mieux possible.

Votre appréciation positive d’une sexualité vécue dans des rencontres passagères n’est pas celle de l’Eglise. Vous le savez.

Depuis la rencontre intime d’Adam et Eve se découvrant dans le jardin d’Eden lors de la création, l’union fidèle de l’homme et de la femme sont l’image terrestre de Dieu, de l’amour qui existe dans la Trinité divine, de l’attachement du Christ à son Eglise.

Il n’y a pas beaucoup de paroles de morale sexuelle dans les enseignements de Jésus de Nazareth rapportés par les Evangiles, mais un rappel des origines et une parole claire : que l’homme ne sépare pas ce que Dieu a uni.
Belin
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Re: Mgr Bonny : une interpellation profonde

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touriste a écrit : Quelle est la nature de la Vie à laquelle je suis appelé ? Où est sa grandeur, sa vérité, sa force, son intensité ?
À chacun de répondre... mais c'est certain que c'est quand même l’Église qui devrait mettre sur la voie... visiblement, elle a du mal à le faire.
Vous attendiez quoi concrètement de l'Eglise? à mon avis les enseignements du Christ, des pères, docteur de l'Eglise de la tradition apportent un support multiple et varié pour qui veut se mettre sur la "voie"
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ChristianK
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Re: Mgr Bonny : une interpellation profonde

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Ce n'est pas la même chose de prendre le Magistère pour des repères par rapport auxquels on se situe librement que de le considérer comme une ensemble de préceptes à suivre. (c'est comme cela l'Eglise m'a éduquée : le Magistère offre des repères et pas une ligne de conduite à suivre, et je l'en remercie)

Vous parlez de conscience erronée. Mais alors si toute personne qui ne suit pas le Magistère a une conscience erronée, à quoi ça lui sert d'avoir une conscience ? elle abdique sa liberté pour suivre aveuglément une doctrine. les rencontres de Jésus avec la Samaritaine, la cananéeene, Marie-Magdeleine m'inspirent tout autre chose. Exercer ma liberté de catholique et de chrétienne, c'est d'avoir un rapport direct au texte et d'écouter ce qu'il me dit,
Ici faut choisir entre catho et protestantisme (individualisme et interprétation privée du message). Repères oui, mais il y a préceptes aussi. Repère = prier chaque jour et se confesser chaque mois par exemple. Précepte (obligatoire) = éviter le péché mortel et ses occasions.

La conscience ne concerne jamais la doctrine mais seulement les actes individuels (une fois la bigamie fermement rejetée, tel acte particulier est-il bigame? - La première position est obligatoire et ne relève pas de la conscience, la seconde si).

Ensuite la conscience catho est catho, son choix est déjà fait sur la doctrine catho, dogme et morale, c'est affaire de cohérence seulement, et une contradiction formelle est inexcusable parce qu'elle ne peut passer pour ignorance invincible (comme quand quelqu'un tue un homme croyant tuer un gibier)
Il faut effectivement abdiquer une certaine liberté, la liberté des mondains, pour suivre le XT.
sexologue-catholique a écrit :A axou
Évidemment, ça n'a aucun sens de dire : vous transgressez donc vous êtes vilaine donc vous irez en purgatoire et même diront certains "en enfer".
e e.
Au contraire c'est la seule chose qui a vraiment du sens pour la religion, ou le principal sens: rappeler les supplices éternels et les conditions du péché mortel. Le reste n'a pas de sens religieux proprement dit. Seules les petites religions cucu et la décadence-crise postconcilaire font passer à coté de cette évidence. Naturellement il faut cibler tous les péchés, en premier l'impiété, plus que les péchés d'intempérance, bien que ceux ci aient une allure plus bestiale.
Et en sens inverse ne pas oublier bien sur les mérites qui dirigent vers le salut.
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ChristianK a écrit : Au contraire c'est la seule chose qui a vraiment du sens pour la religion, ou le principal sens: rappeler les supplices éternels et les conditions du péché mortel. Le reste n'a pas de sens religieux proprement dit. Seules les petites religions cucu et la décadence-crise postconcilaire font passer à coté de cette évidence. Naturellement il faut cibler tous les péchés, en premier l'impiété, plus que les péchés d'intempérance, bien que ceux ci aient une allure plus bestiale.
Et en sens inverse ne pas oublier bien sur les mérites qui dirigent vers le salut.

Vous voulez dire que pour que les personnes ajustent leur attitude, leur vie profonde devant Dieu, il faut qu'elles tremblent comme des feuilles à l'idée de rôtir en enfer ?
Qu'est ce que vous voulez dire par petite religion "cucu" ?
Vous pensez que réfléchir conduit en enfer ? Ne pourrait-il pas y avoir une réflexion sur soi, éclairée par l'Esprit de Dieu qui permette de se redresser sans nécessairement vivre dans la terreur, la crainte de commettre un péché mortel ? Le péché mortel de trop...
Je suis assez pour l'idée de vivre avec la pensée de la mort comme toujours possible et proche... mais ça n'a rien à voir avec votre proposition si tant est qu'elle soit sérieuse.
Quant aux mérites... sans commentaire :-)

En résumé, la trouille n'est pas un bon moteur...
Belin
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Re: Mgr Bonny : une interpellation profonde

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touriste a écrit : Vous voulez dire que pour que les personnes ajustent leur attitude, leur vie profonde devant Dieu, il faut qu'elles tremblent comme des feuilles à l'idée de rôtir en enfer ?
Qu'est ce que vous voulez dire par petite religion "cucu" ?
Vous pensez que réfléchir conduit en enfer ? Ne pourrait-il pas y avoir une réflexion sur soi, éclairée par l'Esprit de Dieu qui permette de se redresser sans nécessairement vivre dans la terreur, la crainte de commettre un péché mortel ? Le péché mortel de trop...
Je suis assez pour l'idée de vivre avec la pensée de la mort comme toujours possible et proche... mais ça n'a rien à voir avec votre proposition si tant est qu'elle soit sérieuse.
Quant aux mérites... sans commentaire :-)

En résumé, la trouille n'est pas un bon moteur...
Je vois aujourd'hui les gens craindre et prendre des précautions énormes pour ne pas contracter Ebola, alors que la probabilité pour qu'elles la contractent est presque nulle, et on trouve cela normal. Mais en même temps on trouve absurde que quelqu'un prennent le maximum de précautions pour ne pas aller en Enfer...

Il y a trois moteurs possibles qu'on peut utiliser pour marcher à la suite du Christ:
- l'Amour de Dieu (ça c'est l’idéal)
- le désir d'aller au Ciel
- la crainte d'aller en Enfer

les trois moteurs sont bons, mais le premier est idéal. Donc si vous ne pouvez pas vous motiver en excitant en vous un Amour pour Dieu suffisant pour vous mettre à la suite du Christ, essayez d'exciter votre désir de jouir des délices que vous aurez au Ciel, ou bien excitez la crainte des tourments que vous aurez en Enfer.
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axou
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Re: Mgr Bonny : une interpellation profonde

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Bonsoir à tous !


A Sexologue-catholique et Xavi : vous dîtes de belles choses, et je vous ai lu attentivement, en particulier :

"Quelle est la nature de la vie à laquelle je suis appelée ?...",je pense que c'est important de revenir souvent à cette question.

Concernant le cadre du mariage, et les blessures des protagonistes dans une relation hors mariage : une femme peut vivre une relation dénuée d'amour, de respect et de sécurité dans le cadre du mariage (et de nombreuses blessures) et vivre une relation emprunte d'amour, de respect et de sécurité hors mariage (ce que j'ai vécu). Je ne me pose pas en modèle évidemment, mais ce que j'expérimente a plus de poids que ce que peut dire l'Eglise. ce ne sont que des mots, que je respecte, mais qui peuvent devenir pauvres en sens si j'expérimente le contraire.
Je ne suis pas dans une secte ! je suis dans l'Eglise, avec tout mon libre-arbitre.
Par exemple, comment pourrais je prendre au sérieux, malgré ma bonne volonté qui est réelle, ce discours (très paternaliste !) sur la prétendue souffrance des femmes dans une relation hors mariage alors que pour moi, cela a été réparateur (suite à des blessures d'un autre ordre ) ? Je me laisserais manipuler si j'accordais plus de crédit à un discours qui me dit que je ressens autre chose que ce que je ressens en vérité.

Et comment, au jour d'aujourd'hui, les femmes peuvent -elles réellement recevoir un discours concernant leur vie privée écrit essentiellement par de vieux mâles célibataires, sauf tout le respect que je leur dois ? (ça, c'est sans doute un autre sujet...)

Si l'Eglise a du mal à se faire entendre, c'est qu'elle essaye de faire rentrer dans ses cases l'expérience des personnes sauf que ça ne marche pas. ça ne marche plus. les fidèles ont besoin d'être accompagnés là ou ils sont et d'être éclairés sur leur chemin, et que leur parole soit réellement entendue, et que cette parole soit co-créatrice dans l'Eglise.

A Kisito : il se trouve que j'ai été à l'école chez les religieuses, que je j'ai été volontaire en ONG catholique pendant 3 ans, que j'ai suivi des études de théologie pendant 3 ans également alors que j'étais bénévole en aumônerie. Je reçois régulièrement le sacrement de la réconciliation, et je vais parler de temps en temps à un moine orthodoxe qui m'a accompagnée de manière extraordinaire pendant ma maladie. Bref. Avec toute cette expérience religieuse, moi, je n'ai jamais entendu parler de péché mortel ni de peur de l'enfer. Ma mère m'a parlé de ce discours lors de sa propre scolarité à elle dans les années 50 et j'en ai déduit que cela avait disparu dans les limbes avec le Concile.
Cela ne ma parle pas bien sur parce cela me semble venir d'une autre planète (cela évoque plutôt l'Islam pour moi) et ayant peu de rapport avec les paroles et l'attitude de Jésus.

Bien à vous !

Axou
Belin
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Re: Mgr Bonny : une interpellation profonde

Message non lu par Belin »

axou a écrit :
A Kisito : il se trouve que j'ai été à l'école chez les religieuses, que je j'ai été volontaire en ONG catholique pendant 3 ans, que j'ai suivi des études de théologie pendant 3 ans également alors que j'étais bénévole en aumônerie. Je reçois régulièrement le sacrement de la réconciliation, et je vais parler de temps en temps à un moine orthodoxe qui m'a accompagnée de manière extraordinaire pendant ma maladie. Bref. Avec toute cette expérience religieuse, moi, je n'ai jamais entendu parler de péché mortel ni de peur de l'enfer.
Axou
Alors là c'est TRES GRAVE. Toute personne chargée de transmettre l'évangile du Christ et qui omet explicitement de dire certaines vérités fondamentales pouvant ainsi mettre en péril les âmes qui sont à sa charge devra en répondre devant le seigneur.

Qu'on le dise clairement. Si on mort sans se repentir d'un péché mortel qu'on a dans sa conscience, on va en Enfer. Imaginer le tourment, les souffrances les plus atroces qu'on puisse avoir, multipliez son intensité par mille, si on propose cette souffrance à ceux qui sont en Enfer, ils vont se sentir soulagé. Et la souffrance est éternelle: si on dit aux gens qui sont en Enfer que leur souffrance prendra fin le temps qu'il faut pour vider un océan en lui retirant une goutte d'eau tous les milles ans, ils seront en fêtes.

Alors si les gens n'ont pas assez d'amour pour Dieu pour prendre conscience du mal qu'ils Lui font lors-qu' ils pèchent, qu'ils pensent au moins au mal qu'ils risquent de se faire à eux même en péchant. Il faut des aiguillons fort pour nous pousser à éviter le péché, et pour nous précipiter vers la miséricorde de Dieu chaque fois qu'on a péché en nous convertissant
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axou
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Re: Mgr Bonny : une interpellation profonde

Message non lu par axou »

A Christian :

merci pour cet éclairage sur la conscience.

Concernant catholicisme et protestantisme : oui, je suis marquée par le protestantisme, c'est peut-être un mouvement de fond dans
l "Eglise, une pensée oeucuménique qui est en train de se bâtir.
Bien à vous,
Axou
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Kerniou
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Re: Mgr Bonny : une interpellation profonde

Message non lu par Kerniou »

C'est incroyable !
A l'époque où j'ai grandi, on ne parlait que du péché et même trop, maintenant on n'en parle plus ...
" Celui qui n'aime pas n'a pas connu Dieu , car Dieu est Amour " I Jean 4,7.
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ChristianK
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Re: Mgr Bonny : une interpellation profonde

Message non lu par ChristianK »

touriste a écrit :

Vous voulez dire que pour que les personnes ajustent leur attitude, leur vie profonde devant Dieu, il faut qu'elles tremblent comme des feuilles à l'idée de rôtir en enfer ?
Qu'est ce que vous voulez dire par petite religion "cucu" ?
Vous pensez que réfléchir conduit en enfer ? Ne pourrait-il pas y avoir une réflexion sur soi, éclairée par l'Esprit de Dieu qui permette de se redresser sans nécessairement vivre dans la terreur, la crainte de commettre un péché mortel ? Le péché mortel de trop...
Je suis assez pour l'idée de vivre avec la pensée de la mort comme toujours possible et proche... mais ça n'a rien à voir avec votre proposition si tant est qu'elle soit sérieuse.
Quant aux mérites... sans commentaire :-)

En résumé, la trouille n'est pas un bon moteur...
les commentaires sur le mérite sont dans le caté:
http://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P6U.HTM

Cèst vrai que la peur n`est certes pas l`idéal. mais c`est très raisonnable, c`est unepassion essentielle pour éviter les maux de toute sorte et d`abord rester en vie. Jean delumeau relie ceci à ce quìl appelle l`ars commovendi, et Louis Rade y voit un élément important de lutte contre l`indifférence.

Cucu=mièvre=messe à gogo zoie et partaze (pas st sacrifice comme dit le concile)=censure de purgatoire et enfer par biblisme mou interposé.=censure de la vengeance divine rappelée au concile (concile, liberté religieuse no.11 (`vindictam Deo in diem judicii`); tout cela en lien avec le consumérisme des années 60-70 dans le modêle sociologique de Louis Rade (Eglise conciliaire et années soixante)

Exemples

La chanson Jésus revient (caricaturale mais dans le mille):

http://www.youtube.com/watch?v=D4tq23zDITM

La chanson de Polnareff On ira tous au paradis (chantée en public par Mgr Gaillot...)

Lènfer existant mais vide de Balthasar.
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axou
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Re: Mgr Bonny : une interpellation profonde

Message non lu par axou »

A Kerniou : je précise que je n'avais jamais entendu de péché avec l'adjectif MORTEL. Mais de péché, on en parle encore bien sur, mais beaucoup moins qu'avant et sans doute pas pour les mêmes raisons.
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Re: Mgr Bonny : une interpellation profonde

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Bonsoir Majorette !

je vous réponds avec plaisir.

Concernant la vie des religieuses : c'est hors sujet, je faisais allusion à ceux qui rédigent le Magistère, et entre autres ce qui concerne la vie privée des couples. Je connais bien la vie des religieuses, je fais de retraites chez les trappistines depuis 20 ans...

Un mot sur ma vie avant d'aborder votre question. Quand je dis que je vis de belles histoires, c'est qu'il ne s'agit pas de simples histoires de sexe mais de vraies relations amoureuses qui ont engagé mon coeur. Des relations qui n'ont pas duré et qui n'ont pas débouché sur le mariage. J'en garde un beau souvenir et de la reconnaissance car comme je l'ai dit, cela a réparé des choses et m'a appris à vivre l'instant présent, ce qui est un beau cadeau. Je confie au Christ et à la Vierge Marie l'histoire ce que je vis ainsi que mon amoureux. J'essaye de rester reliée à Dieu quoi qu'il arrive.

Concernant le péché et ma vision du péché : vaste sujet et je ne veux pas être trop longue. Je me base sur l'Evangile.(je ne parle pas du reste de le Bible car ce serait vraiment trop long !)

je rappelle : péché, du latin "peccare", terme de tir à l'arc qui veut dire "rater la cible".
La cible, c'est l'amour de Dieu, des autres, de soi.

Dans l'Evangile,(je cite de mémoire) Jésus est particulièrement sévère sur les question de l'argent et du pouvoir oppressif sur l'autre : "malheur aux riches ! là ou est votre coeur...ect.." et "malheur à vous qui faites peser sur les épaules des autres des fardeaux que vous ne touchez pas". Il est d'une violence extrême concernant la pédophilie : "malheur à celui qui touche à l'innocence d'un de ces petits, il vaudrait mieux qu'il coule avec une meule autour du coup". l'argent, le pouvoir, le viol pédophile, ce sont les trois "lieux de péché" les plus graves.

A part cela "les prostituées et les publicains vous précèdent dans le royaume des cieux" ...

Concernant la vie en couple, un seul mot "ce que Dieu a uni .." et face à la samaritaine, il ne lui fait aucun reproche ni même d'allusion au péché par rapport à sa vie, il lui dit juste : je sais ou tu en es, je sais ce que tu cherches, et c'est moi qui peut combler ta soif, je peux te donner de l'eau vive. Ce passage me bouleverse au plus haut point et je n'ai pas fini de n'en nourrir et de m'en abreuver.

Concernant la sexualité voilà comment je place la notion de péché :

un péché gravissime : le viol et par dessus tout, le viol pédophile. sans commentaires.

Pour tout le reste, on est entre adultes consentants, on est dans le plaisir partagé, on ne fait pas de mal à autrui (chacun est responsable de soi) mais on peut pécher contre soi.

un péché à mon avis assez grave qui tourne autour de la vision dégradée de l'être humain: regarder des films pornographiques qui donne une vision déformée du sexe, prive de sa beauté.Se livrer à de l'échangisme, vivre le sexe en dehors de toute vraie relation, c'est se couper de l'humain. Mais peut-être je manque de miséricorde car il y parfois une grande misère affective et sexuelle derrière ces activités. il me semble là qu'il y a du péché contre soi et sa dignité.

dans les relations en couple : "Consommer, nourrir sa faim" : je ne pense pas qu'on soit dans le péché grave mais néammoins on est dans une situation désordonnée : on considère l'autre de manière "utilitaire", la relation est coupée du coeur, on risque donc de se couper de Dieu si on demeure dans ce type de relations trop longtemps. (je ne pense pas que des passages par ce type de vie soient graves, je pense que ça peut devenir grave si ça dure.)

dans les relations ou les deux personnes s'aiment ou sont amoureuses (il faut de la durée pour discerner entre les deux) : je pense qu'il n'y pas de péché et que le mariage n'est pas le critère essentiel. Par exemple, si de personnes se marient sans amour et sans désir, je pense qu'il y a du péché dans cette situation et si des personnes s'aiment hors mariage, elles sont sans péché.

Néammoins : il demeure du "désordre" dans l'amour hors mariage car qui est vraiment fidèle au coeur profond et qui réjouit le coeur de Dieu, c'est un couple uni dans l'amour et uni devant Dieu, dans le mariage. Je pense que se diriger vers le mariage, c'est une promesse, un chemin vers Dieu, vers l'amour et je chemine en assumant ce qui me parait le plus juste pour moi aujourd'hui.

Bien à vous chère Majorette et vous tous,

Axou
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Suliko
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Re: Mgr Bonny : une interpellation profonde

Message non lu par Suliko »

Bonjour axou,

Je vous cite:
Et comment, au jour d'aujourd'hui, les femmes peuvent -elles réellement recevoir un discours concernant leur vie privée écrit essentiellement par de vieux mâles célibataires, sauf tout le respect que je leur dois ? (ça, c'est sans doute un autre sujet...)
Je vous signale tout de même que l'obligation de chasteté concerne les deux sexes...Et pour vous dire sincèrement, je trouve vraiment votre propos déplacé! Car la morale que l'Eglise enseigne est voulue par le Christ lui-même. Un catholique n'a pas à séparer l'enseignement du Christ de celui de l'Eglise. Vous rendez-vous compte que vous rejetez un enseignement qui fut constant depuis les débuts du christianisme (et même en grande partie avant, dans le judaïsme)? On ne peut pas rejeter la morale chrétienne au nom de la pastorale ou de l'expérience. Désolée! Et je vais sans doute vous froisser, mais un catholique ne peut pas rejeter l'enseignement de l'Eglise au nom des difficultés et des souffrances qu'il a connues au cours de sa vie. C'est un aspect de votre témoignage qui m'a mise mal à l'aise. Si vous reconnaissiez que votre manière de vivre ne correspond pas à l'enseignement du Christ et de l'Eglise, je trouverais cela beaucoup plus modeste et digne que de bricoler avec la foi et la morale de notre religion. C'est une chose que d'être pécheur (nous le sommes tous à divers niveaux, même si tous les péchés ne sont pas publics et mortels), c'en est une autre que de se façonner un catholicisme à son image. Parce qu'au fond, votre interprétation du 6ème et du 9ème commandements est tout à fait personnelle et ne correspond pas à l'enseignement du Christ et de l'Eglise. Je crois que le fond du problème est là...C'est une question de foi: pensez-vous que le Christ est la seule voie de salut? que le péché nous coupe de ce salut? que l'on ne peut pas rejeter le caractère peccamineux de certains péchés si Dieu enseigne le contraire? que certains péchés nous empêchent d'approcher de la Sainte Table? Etc...

J'ai l'habitude d'être sincère, alors excusez-moi si cela vous blesse. A mon avis, on ne peut néanmoins pas cacher la vérité sous prétexte qu'elle risque de blesser. Je ne comprends d'ailleurs pas trop pourquoi les religieuses que vous fréquentez, votre confesseur, le prêtre de votre paroisse, etc...n'abordent apparemment jamais ces questions de foi pourtant essentielles.

Que Dieu vous garde,

Suliko
C'est pourquoi elle seule, prédestinée avant les générations et annoncée par les prophètes, la Mère du Créateur de tout l'univers, non seulement n'a participé en rien à la tache originelle, mais elle est toujours demeurée pure comme le ciel et toute belle. (extrait du règlement pour le monastère de Biélokrinitsa (1841)
Jeremy43
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Re: Mgr Bonny : une interpellation profonde

Message non lu par Jeremy43 »

Bonjour axou,

Le premier péché, et le plus important, c'est justement de déterminer ce qui est bien ou le mal selon nos critères, c'est le péché originel. Seul Dieu peut nous dire ce qui est bien ou mal et comme l'a fort bien rappelé Suliko une relation sexuelle hors mariage c'est de l'adultère, entretenir une pensée de ce type constitue déjà un péché morte

Le Christ est le Chemin, la Vie mais aussi et surtout la Vérité. Dieu est Saint, trois fois Saint, Il est Pur et aucune impureté n'a sa place dans le Royaume des Cieux.
A part cela "les prostituées et les publicains vous précèdent dans le royaume des cieux" ...
Car à l'image de Marie-Madeleine quand on a beaucoup péché, on a conscience de sa misère absolue face à la miséricorde Infinie de Dieu alors qu'un "juste" qui a peu péché aura toujours plus ou moins d'orgueil à purifier.

Ce n'est donc pas parcequ'on est prostitué ou publicains qu'on entre rapidement dans le Royaume des Cieux, mais bien parcequ'on a pris conscience de la gravité et l'importance de notre péché. Ce qui détruit totalement l'égo qui cherche justement à définir ce qui est bien ou mal ou des prétextes pour justifier tel ou tel acte, alors qu'en Vérité on a juste à s'écraser et à demander humblement pardon au Seigneur, Créateur de l'Univers Visible et Invisible, lorsque l'Esprit Saint ou notre conscience nous révèle notre péché.
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