Hedley a écrit :C'est votre position et il est vrai que vous êtes bien mieux placé que moi (en tout en fait

). Mais les gens que je côtoie , depuis ma naissance jusqu'à maintenant , ont reçu la même éducation que moi et n'ont jamais eu , à ma connaissance , un passé de souffrances ou d'actes conduisant à l'homosexualité. C'est venu comme ça. Et je trouve ça plus commode et "chrétien" de les accepter tels qu'ils sont plutôt que de leur dire "vous avez une sexualité blessée qui est contre-nature , vous irez en enfer etc..." .
Mais qui a dit qu’ils iraient en Enfer ? Il faut faire attention à ne pas détourner nos propos car sinon, tout dialogue devient impossible.
Pour ce qui est des blessures, je n’ai pas dit qu’il devait s’agit de viols en réunion ou du massacre de ses parents sous les yeux de l’enfant. De petites blessures, pas forcément conscientisées, peuvent nuire au bon épanouissement de la sexualité. Et des petites blessures, nous en avons tous. Nous sommes tous des névrosés, à divers degrés, et l’homosexualité n’est ni plus ni moins qu’une névrose sexuelle.
Hedley a écrit :Si l'homosexualité se résumait uniquement à être des viols ou des sources de plaisir seulement corporel , là oui je dirais que l'acte homosexuel est désordonné. Seulement , il arrive que deux homosexuel(le)s , consentants , aient de l'amour l'un pour l'autre.
Mais dans quel monde l’amour peut-il tout justifier ? Bien sûr que des homosexuels peuvent s’aimer, je suis bien placé pour le savoir ! Et cet amour a de la valeur, que l’Église ne rejette pas d'ailleurs. Mais ça n’a rien à voir avec la question. L’amour ne justifie pas tout. L’amour n’excuse pas tout. L’amour n'autorise pas tout.
A un très bon ami qui ne comprend pas mon choix de la continence et la position de l’Église sur le sujet, et qui invoquait lui aussi « l’amour », je répondais que oui, bien sûr, Dieu veut que nous aimions. Mais on peut aimer mal, très mal même. Et cela, Dieu ne le veut pas. L’amour homosexuel part souvent d’un désir qui est sain(t) : celui d’aimer et d’être aimé. Mais la blessure à la racine de cette sexualité (blessure qui touche toute la vie affective, bien plus largement que la seule sexualité) ne permettra jamais un plein épanouissement de l’amour et du don de soi comme Dieu le désire. Pourquoi me direz-vous ? Je n’ai encore que des embryons de réponse mais je peux au moins avancer ceci : l’homosexualité est une sexualité détournée qui n’est pas ouverte à l’autre, mais qui cherche dans la relation érotisée au « même », à compléter une identité qui a fait défaut à la personne durant son enfance. L’ouverture à l’autre n’est donc pas possible, ou du moins gravement empêchée.
Attention, je ne dis pas que tous les hétérosexuels vivent mieux l’amour et leur sexualité, loin de là. Mais je pense que l’hétérosexualité
permet cette éclosion de l’amour conjugal tel que Dieu le désire. Pas l’homosexualité. Et ce n’est pas lié à la force des sentiments (qui d’ailleurs, ne sont pas synonymes de l’amour au sens chrétien du terme). C’est d’un autre ordre : l’amour homosexuel est stérile d’un point de vue biologique, il l’est aussi, je pense, à d’autres niveaux.
Hedley a écrit :Cependant, vous l'avez dit vous même , la donne n'est pas la même pour l'homme. Nous ne sommes pas des animaux qui copulons juste pour renouveler notre espèce. L'acte sexuel dépasse cela et devient un processus dans lequel l'amour s'accomplit.
Votre erreur vient du fait que vous considérez l’homosexualité comme un comportement sexuel normal. Cela, la biologie et la psychologie le nient. Que ce soit un comportement
naturel, je suis d’accord. Mais vous savez, la trisomie 21 aussi est naturelle…
Quant à notre distinction avec les animaux, elle se joue justement au niveau de la conscientisation de nos actes et de la liberté avec laquelle nous pouvons les faire. Notre condition d’homme peut justement nous permettre de nous élever au-dessus des pulsions pour choisir le bien, ce que l’animal ne peut pas faire.
Hedley a écrit :C'est à partir du point de vue que nous déterminons si c'est de l'hypocrisie ou pas. Il est effectivement hypocrite de dire que l'homosexualité est belle alors qu'elle est source uniquement de violences par exemple.... ce n'est pas le cas. Il est également hypocrite de dire que l'homosexualité est un crime alors que certaines personnes sont épanouies dans leur sexualité et vivent heureuses avec leur conjoint(e)... c'est le cas.
Je ne sais pas qui a dit que l’homosexualité était uniquement source de violence mais certainement pas l’Église ni moi.
Quant au fait qu’il suffise d’être épanoui dans sa sexualité pour que ce soit moral, c’est absurde. Certains sont sado-maso, d’autres aiment qu’on leur urine dessus, et d’autres encore « s’épanouissent » en ayant des rapports sexuels avec des animaux. Et je ne vous parle pas des pédophiles.
Mais vous pointez du doigt le GROS problème de cette société : tant que ça me fait du bien, c’est que c’est bon ! C’est un mensonge.
Hedley a écrit :Personne ne force les homosexuel(le)s à accepter leur homosexualité.
C’est là que vous vous trompez. Voyez plutôt : récemment, des groupes évangéliques ont lancé des prières de « guérison » de l’homosexualité. Indignation immédiate des associations homosexuelles ! Comment ces sales chrétiens « obscurantistes » osaient-ils penser et suggérer que l’homosexualité était une maladie ?
Hedley a écrit :Et je peux vous répondre la même chose : "et les homosexuels qui vivaient durant l'inquisition par exemple ?
Non, je vous en prie, pas la vieille rengaine de l’Inquisition… dont le but n’a JAMAIS été de s’occuper des homosexuels soit dit en passant. J’ai croisé trop de personnes qui brandissaient cette institution comme un épouvantail anti-catho, sans même avoir un début de connaissances historiques sur le sujet.
Hedley a écrit :Que deviennent-ils s'ils veulent faire autrement que la société qui martelait jour et nuit que l'homosexualité était une maladie mentale ?
Mais je ne dis pas que c’était mieux avant. Ça, c’est vous qui le déduisez de je-ne-sais-où. Je ne dis pas qu’il faudrait re-pénaliser les actes homosexuels (quelle horreur !). Mais ce que je dis par contre, c’est que les actes homosexuels demeurent des actes sexuels désordonnés.
Hedley a écrit :La société évolue avec le temps et est , actuellement, favorable à l'homosexualité.
Vous savez, il fut un temps où la société était favorable à l’esclavage…
Le fait que la société permette ou promeuve quelque chose ne signifie pas que c’est bien. Notre société tue des centaines de milliers de vies innocentes chaque année, et tout le monde trouve ça normal. Pourtant, je peux vous garantir que ce n’est pas bien. Il faut se méfier des modes.
Hedley a écrit :Avoir un avis différent est donc de l'intolérance ?
Pour certains, oui. Et ces personnes veulent que l’Église change d’avis sur le sujet. Pourquoi ? Pourquoi ne pas plutôt chercher à comprendre pourquoi l’Église a cette opinion et à dialoguer avec elle ? La réponse est simple : notre société ne dialogue pas, dans le sens d’un vrai dialogue qui est ouvert à la divergence de points de vue. Notre société impose un schéma idéologique normatif auquel il faut adhérer. Et chacun reprend en chœur, croyant en plus sottement que ce sont ses propres idées…
J’en parle à juste titre parce qu’avant ma conversion, j’étais exactement dans cette situation. Je croyais des choses… sur la vie, sur Dieu, sur la sexualité, sur l’Inquisition, etc. Des choses sur lesquelles je n’avais jamais vraiment pris le temps de réfléchir sérieusement, pour lesquelles je n’avais même pas les bons outils pour réfléchir. Mais purée qu’est-ce que j’avais comme certitudes ! Il a fallu une conversion, et quelques années passées à écouter l’Église et à réfléchir pour enfin apprendre à me servir à peu près correctement de mon intelligence (il y a encore du boulot mais enfin, comparé à avant, c’est déjà de l’ordre du miracle).
Oui, vraiment, je peux en témoigner, l’Église m’a permis enfin de penser par moi-même. Alors parfois, quand on me présente le fait d’être catho comme équivalent à ne plus penser par soi-même, je rigole doucement. C’est exactement l’inverse. Mais avant d’apprendre à penser par moi-même, il a fallu que j’accepte d’être enseigné.
Hedley a écrit :l'Eglise , qui , c'est vrai ne rejette pas la personne homosexuelle mais qui rejette une partie de son identité qui est immuable et propre à la même personne homosexuelle.
Une partie de son identité ? Mais justement, l’Église, au contraire des associations LGBT, voit la personne humaine pour ce qu’elle est : autre chose qu’un animal qui doit absolument se vider les testicules pour être heureux. L’Église est LA SEULE institution qui respecte totalement la personne humaine en ne la réduisant pas à ses actes ou à ses pulsions et en ne lui collant pas une étiquette. Elle ne rejette rien de l’homosexuel, mais elle l’invite à conformer sa volonté à la loi naturelle et à la volonté de Dieu. Elle voit cette personne pour ce qu’elle est : un enfant de Dieu appelé comme les autres à la sainteté, et à porter sa croix.
Hedley a écrit :La Bible est à lire avec dévotion mais aussi , comme je l'ai dit dans un message précédent, avec un coeur et une conscience.
La Bible doit surtout être lue dans la foi de l’Église. Ça vous savez, on peut faire dire tout et n’importe quoi à un texte si on le trifouille suffisamment. Le respect vis-à-vis de Dieu et de sa parole, c’est donc de se mettre humblement à l’écoute de l’Église et de ne pas prétendre faire sa propre vérité (concept absurde de toute façon).
Pour vous témoigner un peu de mon parcours, c’est vraiment une grâce qui m’a été donnée au début de ma conversion : j’ai compris que j’avais tout à gagner à écouter l’Église et à lui faire confiance, plutôt qu’à n’en faire orgueilleusement qu’à ma tête, et à ne vouloir entendre que ce qui me chatouillait dans le sens du poil. La vérité ne fait pas toujours plaisir. D’ailleurs, le Christ n’a pas dit qu’elle nous flatterait. Par contre, il a dit qu’elle nous libèrerait…
Cordialement,