Souricette, p.1 :
Bref, la doctrine psychanalytique, qui envahit notre société comme une toile d'araignée (comme ce fut le cas pour l'idéologie marxiste, et on n'en est pas encore sorti), me semble tout à fait contraire à la foi chrétienne.
Contraire ? Les fondateurs de la psychanalyse depuis Freud auront probablement pris leur distance d'avec l'idée d'une religion détenant la vérité avec un grand ''V'' en tout cas. Il n'est vraiment pas rare non plus de trouver des psychologues ou thérapeuthes de divers genres, bien plus aptes surtout à opposer leur façon de voir le monde à ce que pourrait bien raconter l'Église.
Que l'on m'autorise un petit exemple plus personnel ici :
http://www.voxpopuli.tv/testsite/videos ... champ.html
Il y a quelques années, j'aurai moi-même été en contact avec le monsieur que l'on voit sur le vidéo, pu assister à plusieurs conférences (... toujours intéressantes au demeurant; dire le contraire je mentirais. Il reste un excellent conférencier) et échanger un peu avec lui. Je peux dire ce que j'en ai clairement retenu comme impression en tout cas : la religion serait un truc atavique qui ne permet pas trop de devenir conscient de ce qui se joue sur le plan de la conscience individuelle. Ce n'est pas que la religion catholique soit totalement condamnée, mais il y a quelque chose de plus digne à entreprendre la quête à la manière jungienne par exemple.
Je ne pourrais pas dire que fréquenter le cercle Jung serait tellement un gros incitatif à pratiquer son catholicisme. Des gens qui fréquentent le cercle : je n'en trouverais pas beaucoup qui soit sympathique à la cause de l'Église et le pape n'y serait pas tellement le bienvenu.
Pendant des années, le réseau
Vox pop m'aura inondé de publicité
New Age à la maison ou de publicité pour des gourous indiens et trucs du genre. Enfin, j'aurai déjà séjourné un moment dans un abbaye de moines bénédictins au Québec, et en compagnie d'un des responsables du réseau
Vox pop. C'est ce qui m'aura décidé à mettre de la distance d'avec les conférences jungiennes. Mon responsable du réseau n'ayant jamais cessé d'ironiser et de moquer les moines lors que nous nous trouvions tout deux sur place. Très déplaisante expérience. Rien pourtant n'aurait pu le laisser présager au départ, tenant compte de ce que je savais à l'époque. J'aurai pu constater comment mon bonhomme était doté d'un égo surdimensionné, les cheminées plus hautes que celles du Titanic, une infatuation de soi assez barbante à la fin.
Guy Corneau d'écrire :
« ... pour moi qui ai frôlé la mort et connu lors de cette expérience des états d'union tels avec le reste de l'univers qu'ils m'ont marqué de façon indélébile. Il ne s'agit pas de spéculations. Il s'agit plutôt de notions qui m'aident à expliquer ce que j'ai ressenti en profondeur de façon à pouvoir l'intégrer. Je suis conscient du fait qu'un psy ne s'aventure pas tous les jours à parler de ce qui touche au domaine de la spiritualité. J'ai du reste exprimé souvent
mes propres réserves par rapport à ce terme et par rapport au doctrines organisées que sont les religions. Néanmoins, certaines idées spirituelles me sont chères, car elles soulignent l'essence créatrice de notre être [...] »
- Guy Corneau,
Le meilleur de soi, p. 164
http://www.youtube.com/watch?feature=pl ... u6zt1TSQ3A#!
(En image ici - touche d'humanité - il ne s'agit pas d'un monstre. Plutôt, une personne de qualité, dirions-nous)
Pour
la critique de Freud :
Bibliographie (Je l'emprunte à Michel Onfray)
Richard Webster,
Le Freud inconnu. L'invention de la psychanalyse, Éditions Exergue, 1998
Henri F. Ellenberger,
Histoire de la découverte de l'inconscient, Fayard, 2001
Mikkel Borch-Jacobsen,
Souvenirs d'Anna O. Une mystification centenaire, Aubier, 1995
Geoffrey Cocks,
La psychothérapie sous le IIIe Reich. L'Institut Göring, Éd. Belles lettres, 1987
Karin Obholzen,
Entretiens avec l'homme aux loups. Une psychanalyse et ses suites, Gallimard, 1981
Erich Fromm,
La mission de Sigmund Freud, 1959
Erich Fromm,
Grandeur et limites de la pensée freudienne, Robert Laffont, 1980
Pierre Debray-Ritzen,
La psychanalyse cette imposture, Albin-Michel, 1991
René Pommier,
Sigmund est fou et Freud a tout faux, Éditions de Fallois, 2008
Jacques Bénesteau,
Mensonges freudiens, Mardaga, 2002
Catherine Meyer (dir.),
Le livre noir de la psychanalyse, Les Arènes, 2005
http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Livre_n ... ychanalyse
«... Pierre Debray-Ritzen qui écrivit en 1972
La scolastique freudienne, Fayard, avec une préface d'Arthur Koestler auquel il a consacré un Cahier de l'Herne, pour stigmatiser le discours freudien et le mettre en perspective avec les logomachies universitaires médiévales passées de mode. A quoi ce mandarin de la médecine psychiatrique ajoute que la psychanalyse ne saurait être scientifique contrairement à ce que dit Freud en permanence. En conclusion, il annonce qu'il n'est pas agréable de réfuter et qu'il ne reviendra pas sur le sujet. Avec honnêteté il signale en 1991 qu'il déroge et publie
La psychanalyse cette imposture chez Albin Michel pour enfoncer le clou car, dix-sept ans plus tard, le freudisme continue de faire illusion. Les apparitions de l'auteur d'une
Lettre ouverte aux parents des petits écoliers sur le plateau de télévision d'
Apostrophe montraient un médecin à noeud papillon fustigeant son époque et pestant contre la psychanalyse au nom de la neuropsychologie. Ce biographe de Claude Bernard, défenseur de la méthode expérimentale, critique de la culpabilisation des parents d'enfants anorexiques par la psychanalyse. Il met en relation la dyslexie et la générique et attaque Bettelheim. Ces propos se trouvent toujours sur le site «Groupe de recherche et d'étude pour la civilisation européenne». Sur la fin de sa vie, cet oncle de Regis Debray qui n'en peut mais, animait une émission littéraire sur Radio Courtoisie, un média clairement à la droite de la droite. Une fois de plus
la critique de Freud semblait être une spécialité des réactionnaires de la droite ... Comment dès lors entendre la justesse de bons arguments critiques dans un monde où l'essentiel de la classe intellectuelle communie moins dans la gauche que dans son catéchisme ?
[...]
On trouvera également une critique de la psychanalyse freudienne chez les philosophes de qualité, loin de toute polémique dans le seul souci d'un travail digne des Lumières du XVIIIe siècle [...] Alain, par exemple, refuse dans
Éléments de philosophie que l'inconscient soit pensé comme une instance autonome ayant les pleins pouvoirs sur l'être et la conscience, pour ce faire, il fait de l'inconscient un personnage mythologique, Idées-Gallimard, p.149, in
Notes sur l'inconscient.
Karl Jaspers écrit dans
La situation spirituelle de notre temps que la théorie freudienne de la libido ne saurait suffire pour atteindre la totalité de l'homme impossible à réduire à ses seuls instincts et pulsions.
Georges Politzer, fusillé par les Allemands au Mont-Valérien en mai 1942 à l'âge de trente-neuf ans, a été un philosophe brillantissime arrêté dans son génie par la barbarie nazie. On lui doit une
Critique des fondements de la psychologie, PUF, un texte publié en 1928 alors qu'il a vingt-cinq ans, qui récuse l'inconscient freudien présenté comme signature du caractère mythologique et préscientifique de la psychanalyse, au profit d'une psychologie concrète injustement oubliée.
[...]
Karl Popper, l'auteur de
La société ouverte et ses ennemis, 1945, Seuil, un ouvrage qui installe le philosophe en fondateur de l'antitotalitarisme au XXe siècle, publie
La connaissance objective en 1972, dans lequel il considère la psychanalyse comme l'astrologie ou la métaphysique, autrement dit comme des visions du monde reposant sur des propositions non scientifiques parce que incapables de se soumettre à une procédure épistémologique qui supposerait leur falsifiabilité :«le freudisme échappe à la vérification de ses hypothèses par la reconduction régulière d'expériences susceptibles d'en vérifier la validité.»
Source : Michel Onfray,
Le crépuscule d'une idôle. L'affabulation freudienne, Paris, Grasset, 2010, 612 p.