Bonjour,
Vous omettez le fait que S. Paul, qui s'adresse à des païens et non à des Juifs, explique aussi que s'ils se font circoncire, ils seront tenus d'appliquer la Loi tout entière. Dans cette épître comme dans d'autres, l'objectif poursuivi par S. Paul est de défendre la légitimité des païens à rejoindre l'Eglise en restant, en quelque sorte, des païens, ce qu'il démontre par le fait que le salut vient de la grâce et non de l'observance de la Loi. Mais il n'en tire pas pour autant la conclusion qu'un Juif se trouverait dispensé de la Loi, bien au contraire puisqu'il rappelle que celui qui se fait circoncire doit respecter la Loi (il va de soi qu'il parle d'un païen voulant se faire circoncire, le fils d'une mère juive étant circoncis au 8ème jour et ne pouvant donc sérieusement être regardé comme destinataire de l'épître).
S'agissant de l'épitre aux Hébreux, l'objet de l'argumentation est de démontrer que Jésus, bien qu'issu de la tribu de Juda et non de la tribu de Lévi, n'en est pas moins Grand-Prêtre, non pas selon l'ordre d'Aaron, mais selon l'ordre de Melkisédek. C'est donc un sacerdoce qui n'a rien à voir avec Israël, qui n'existait pas à l'époque de Melkisédek, et qui n'est, partant, pas concerné par la Loi.
Je reconnais que les termes employés s'agissant de l'abrogation , non de la Loi d'ailleurs mais du
"commandement précédent", semblent aller dans votre sens. Pourtant, dans les Actes des Apôtres, on voit les Apôtres et les disciples être assidus au Temple, on les voit également , au chapitre 21, accomplir purifications et offrandes, y compris S. Paul précisément pour montrer que c'est mensongèrement qu'il est accusé de détourner les Juifs des nations de la Loi de Moïse (de fait, puisqu'il se borne à prêcher que les païens n'ont pas à devenir préalablement Juif). Or, on voit que S. Paul n'élève aucune protestation, alors qu'au regard de sa personnalité telle qu'elle ressort tant des Actes que de ses épîtres, il ne se serait pas privé de le faire s'il estimait être dispensé de son observance (ce qui n'est pas le cas puisque dans l'épître aux Galates, il explique qu'un païen qui se fait circoncire,
i.e. qui devient Juif, doit respecter la Loi tout entière).
Le problème de votre analyse, c'est qu'elle en arrive à mettre de côté bien des données qui ressortent de la manière la plus explicite des Ecritures, à telle enseigne que vous reconnaissez vous-même la contradiction et l'expliquez, ce qui est tout de même un comble, en prétendant que Jésus aurait raconté n'importe quoi. Se débarrasser des contradictions en accusant de cette manière Notre Seigneur et non en cherchant à approfondir la réflexion n'est pas acceptable.
Précision : le terme utilisé n'est pas "rétablir (la Loi)" mais "parfaire (la Loi)".
Utilisé par qui ? J'ai l'impression que vous ne connaissez pas le messianisme juif de l'époque... Lequel était certes loin d'être monolithique, mais y dominait bien l'attente de celui qui devait rétablir la Loi pleine et entière en Israël. Les Apôtres eux-mêmes s'y attendaient encore après la Résurrection.
Quant à dire que le Messie est souverain et peut modifier la Loi à sa guise...
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