Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2009-2010)

« Mon âme aspire vers toi pendant la nuit, mon esprit te cherche dès le matin. » (Is 26.9)
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etienne lorant
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Aux cieux

Message non lu par etienne lorant »

Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 6,7-15.
Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait: "Lorsque vous priez, ne rabâchez pas comme les païens: ils s'imaginent qu'à force de paroles ils seront exaucés.
Ne les imitez donc pas, car votre Père sait de quoi vous avez besoin avant même que vous l'ayez demandé.
Vous donc, priez ainsi : Notre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié.
Que ton règne vienne ; que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour.
Remets-nous nos dettes, comme nous les avons remises nous-mêmes à ceux qui nous devaient.
Et ne nous soumets pas à la tentation, mais délivre-nous du Mal.
Car, si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera aussi.
Mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, à vous non plus votre Père ne pardonnera pas vos fautes.

Dans un autre Evangile, les disciples voient Jésus prier et ils lui demandent comment prier. Ce qui me touche personnellement, c'est que ce Dieu dont les Juifs n'osent même pas prononcé le nom sacré, Jésus leur propose de l'appeler tout simplement "Notre Père". Le Dieu inaccessible qui trône au plus haut des Cieux, voici tout d'un coup qu'Il est tout proche, même s'il est "aux cieux". Je crois bien que, quelle que soit leur religion, les hommes se sont toujours tournés vers le ciel comme étant la demeure du Créateur - et il en est ainsi tout simplement du fait de la fascination que suscite la contemplation d'un ciel étoilé, surtout de nuit, et davantage encore, dans un lieu écarté des villes... Les athées diront qu'il y a là une simple émotion - tout comme ils ne sauraient rien dire d'une émotion autrement qu'en passant par la science.

Bref, ce Père qui est très lointain nous est cependant accessible pour peu que nous nous souvenions des enfants que nous avons été. Je ne vais pas reprendre une à une les demandes énoncées dans cette prière, mais je me contenterai de cette assurance (qui ne fut guère évidente pour moi durant des années): "Votre Père sait de quoi vous avez besoin avant même que vous l'ayez demandé". Et en réalité, nos demandes au Père concernent des choses de ce monde, qu'elles soient concrètes ou matérielles ou bien qu'elles fassent partie de notre vie sociale... Nous demandons un emploi, nous demandons de réussir, nous demandons d'avoir une bonne santé - et c'est légitime. Mais c'est demander en mettant de côté tout ce qui est spîrituel ! Or Dieu est Esprit ! Hélas, je me dis souvent que si je pouvais chaque jour "rencontrer" le Père (d'une façon ou d'une autre), Lui qui peut tout, mes journées passeraient déjà comme dans un semblant d'éternité et je n'attendrai rien que l'heure de la rencontre suivante. Et cela, tout simplement, parce que l'Amour comble et dépasse tous les biens dont les hommes peuvent rêver.

En définitive, il faudrait prier le Notre Père non comme une prière de demande, mais comme une louange. Si Jésus nous donne cette prière, c'est pour nous inviter à participer à la vie divine - dès aujourd'hui, dès ce monde. Car c'est bien à quoi nous sommes appelés. Puisque j'ai parlé de contemplation, j'ai bien envie de poster une image...

Image
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Le salut vient des Juifs...

Message non lu par etienne lorant »

Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc 4,24-30.
Dans la synagogue de Nazareth, Jésus déclarait: "Amen, je vous le dis, aucun prophète n'est bien accueilli dans son pays.
En toute vérité, je vous le déclare : Au temps du prophète Élie, lorsque la sécheresse et la famine ont sévi pendant trois ans et demi, il y avait beaucoup de veuves en Israël ;
pourtant Élie n'a été envoyé vers aucune d'entre elles, mais bien à une veuve étrangère, de la ville de Sarepta, dans le pays de Sidon.
Au temps du prophète Élisée, il y avait beaucoup de lépreux en Israël ; pourtant aucun d'eux n'a été purifié, mais bien Naaman, un Syrien. »
A ces mots, dans la synagogue, tous devinrent furieux.
Ils se levèrent, poussèrent Jésus hors de la ville, et le menèrent jusqu'à un escarpement de la colline où la ville est construite, pour le précipiter en bas.
Mais lui, passant au milieu d'eux, allait son chemin.

Pourquoi Jésus a-t-il provoqué ainsi les Juifs de la synagogue de Nazareth ? Je crois que l'apôtre met en scène tout ce qui arrivera à Jésus chaque fois qu'il enseignera la Bonne Nouvelle aux Juifs. A cause des prodiges et des miracles qu'Il accomplira, il sera d'abord accueilli avec enthousiasme. Mais aussitôt qu'il fera connaître les conditions strictes pour le suivre, qu'il dénoncera la religion prisonnière des rites et préceptes, les idolâtries de l'argent et du pouvoir, l'hypocrisie de l'élite d'Israël...il verra se dresser contre lui une opposition de plus en plus résolue à le faire périr. Les événements de Nazareth rapporté par saint Luc viennent en quelque sorter "condenser" en quelques mots tout ce qui arrivera par la suite. Jusqu'à la crucifixion, et même au-dela puisque, ce que les Juifs n'ont pas voulu reconnaître, les nations païennes, symbolisées ici par la veuve de Sarepta et par la guérison d'un Syrien, sont, elles, déjà prêtes à le recevoir.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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L'Esprit Saint, la Loi et les Prophètes

Message non lu par etienne lorant »

Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 5,17-19.

Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait : « Ne pensez pas que je suis venu abolir la Loi ou les Prophètes :je ne suis pas venu abolir, mais accomplir. Amen, je vous le dis : Avant que le ciel et la terre disparaissent, pas une lettre, pas un seul petit trait ne disparaîtra de la Loi jusqu'à ce que tout se réalise. Donc, celui qui rejettera un seul de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire ainsi, sera déclaré le plus petit dans le Royaume des cieux. Mais celui qui les observera et les enseignera sera déclaré grand dans le Royaume des cieux.

Pour moi, cette Parole signifie que le Christ est Celui qui, n'ayant jamais connu le péché, a tout accompli de la Loi et des Prophètes. Ainsi, quiconque s'attache à mieux connaître la personne du Christ accomplira sans difficulté tous les préceptes de la Loi. Retenir de mémoire tous les articles du Cathéchisme afin de les appliquer à la perfection, c'est devenir un légiste, un spécilaiste des codes, un homme de rigueur, un pur, un fondamentaliste. Mais l'homme qui rencontre le Christ dans sa vie, et qui se prend à l'aimer, va développer un coeur tout neuf, un coeur qui comprendra le mal non comme la transgression d'une règle, mais comme un manque d'amour. Et de même, ce coeur reconnaîtra le bien non comme la mise en oeuvre des lois, mais comme des gestes et des signés chargés d'Amour - et sa joie le lui confirmera.

Par les paraboles et les histoires qu'Il raconte, le Christ montre bien ce passage d'une loi écrite sur la pierre à une loi qui émane du coeur, monte vers le Père et redescend en miséricorde pour tous. L'accomplissement de la Loi et les Prophètes devient très claire dans le sermon sur la montagne, avec les Béatitudes. Il ne s'agit plus de devoir, mais de bonheur !

Je suis intimement persuadé qu'il suffit d'une seule vraie rencontre avec le Seigneur pour passer du respect difficile des règles d'Eglise, à leur application augmentée, démultipliée par l'amour de Dieu. Quand l'Esprit Saint vient à notre secours, Il nous fait accomplir des gestes "impossibles", mais en plus Il nous rend le coeur "tout brûlant dans le dedans".
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Beati Bene Nati !

Message non lu par etienne lorant »

Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc 18,9-14.
Jésus dit une parabole pour certains hommes qui étaient convaincus d'être justes et qui méprisaient tous les autres :
« Deux hommes montèrent au Temple pour prier. L'un était pharisien, et l'autre, publicain.
Le pharisien se tenait là et priait en lui-même : 'Mon Dieu, je te rends grâce parce que je ne suis pas comme les autres hommes : voleurs, injustes, adultères, ou encore comme ce publicain.
Je jeûne deux fois par semaine et je verse le dixième de tout ce que je gagne. '
Le publicain, lui, se tenait à distance et n'osait même pas lever les yeux vers le ciel ; mais il se frappait la poitrine, en disant : 'Mon Dieu, prends pitié du pécheur que je suis ! '
Quand ce dernier rentra chez lui, c'est lui, je vous le déclare, qui était devenu juste, et non pas l'autre. Qui s'élève sera abaissé ; qui s'abaisse sera élevé. »

De fait, certains hommes sont intimement convaincus d'être justes. Ils ont cette conviction qui souvent provient souvent de la naissance dans un milieu favorisé; il s'agit d'hommes et de femmes qui ont grandi sans jamais rencontrer de vraies contradictions. Ils ne sont pas mauvais, mais leur défaut c'est qu'ils ne sont pas bons non plus - ils sont demeurés à mi-chemin, ils n'ont pas eu de choix difficiles, d'engagements qui font peur ou souffrir. S'ils ont rencontré des malheurs, cependant même le malheur, dans leur milieu, est encadré des meilleurs usages en ce monde. En bonne santé, riches, de bonne éducation... mon vieux confesseur me fit un jour une blague à leur sujet en me disant : "Vous ne vous souvenez donc pas de de la béatitude « Beati Bene Nati » ? Et je n'osais rien dire...

Quoi qu'il en soit, le jeune homme riche fait partie de ces « justes-selon-le-monde » Les commandements de la Bible, bien sûr, il les a gardés depuis son enfance ! N'est-ce pas tout naturel ? Mais le Seigneur lui propose un défi à la hauteur de sa bonne compréhension : « Vends tout ce que tu as, partage avec les pauvres, puis viens et suis-moi »... Dans la parabole d'aujourd'hui, je crois voir le jeune homme riche qui a vieilli... Il est demeuré dans les principes fondamentaux de sa famille, de sa classe, de son rang social et c'est -presque- en toute bonne foi qu'il dit à Dieu « Bien sûr, Tu m'as fait meilleur que ce publicain ! » Car, en réalité, comment pourrait-il se représenter un Dieu qui ne bénirait pas la grande dignité dans laquelle il a toujours vécu ?... c'est impensable ! Donc, même la religion est de son côté !

Ces « Bienheureux Bien-Nés » nous en connaissons tous. On ne saurait manquer de les connaître de toute façon... Mais le Seigneur préfère la prière de celui qui se sait pauvre et indigent, malade jusque dans son âme et qui vient gémir dans le temple en se demandant même s'il a bien le droit d'y venir !

« Qui s'élève sera abaissé »... renvoie bien à cette tirade contre les Pharisiens : «Aussi longtemps que vous dîtes : nous voyons, votre péché demeure ! » A l'inverse, « Qui s'abaisse sera élevé... » correspond tout à fait à la recommandation aux disciples: « Celui qui veut être grand parmi vous, qu'il soit votre serviteur... car le Fils de l'homme est venu, non pour être servir, mais pour servir »..
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Les hommes entre eux, Dieu à l'écart

Message non lu par etienne lorant »

Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean 5,31-47.
Jésus disait aux Juifs: "Si je me rendais témoignage
Vous scrutez les Écritures parce que vous pensez trouver en elles la vie éternelle ; or, ce sont elles qui me rendent témoignage,
et vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie !
La gloire, je ne la reçois pas des hommes ;
d'ailleurs je vous connais : vous n'avez pas en vous l'amour de Dieu.
Moi, je suis venu au nom de mon Père, et vous ne me recevez pas ; si un autre vient en son propre nom, celui-là, vous le recevrez !
Comment pourriez-vous croire, vous qui recevez votre gloire les uns des autres, et qui ne cherchez pas la gloire qui vient du Dieu unique !
Ne pensez pas que c'est moi qui vous accuserai devant le Père. Votre accusateur, c'est Moïse, en qui vous avez mis votre espérance.
Si vous croyiez en Moïse, vous croiriez aussi en moi, car c'est de moi qu'il a parlé dans l'Écriture.
Mais si vous ne croyez pas ce qu'il a écrit, comment croirez-vous ce que je dis ?

Entre nous, très souvent, parce que nous vivons dans le monde et parce que le monde a mis sur son empreinte sur nous, nous nous rendons gloire les uns aux autres, très souvent. Les prêtres ont beau nous le dire: il faut travailler aux choses qui ne passent pas, mais plutôt que nous en remettre à Lui quand nous sommes dans le besoin, nous recherchons l'avis des hommes. Seigneur, malade depuis trois jours, je Te prie donc de me libérer de ses chaînes d'angoisse de solitude et de mort que j'éprouve comme si démon avait lâché ses chiens sur moi.
La réparation de ma corniche (au coût le plus cher, puisque l'ancien assureur de mon père est un grippe-sous) a duré trois jours durant lesquels mes nerfs ont souffert beaucoup. Mais encore une fois plutôt que de rendre gloire à Dieu, j'ai espéré que mes proches viendraient admirer l'ouvrage achevé, et qu'ils m'auraient félicité... Rien de tout cela: les vacances commencent dès le jour de Pâques et tous ont déjà réservé leurs billets pour les plages espagnoles.

Mon Dieu, je Te rends grâce, au milieu de ma détresse aujourd'hui, de n'avoir pas permis que j'obtienne une gloire d'homme et je m'incline devant Toi en toute humilité. Accorde-moi Seigneur la force de tenir quelques jours encore sans nourriture, afin de renaître dans la mort et la Résurrection de ton Fils, Amen
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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coeurderoy
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Re: Les hommes entre eux, Dieu à l'écart

Message non lu par coeurderoy »

Cher Etienne, en union avec votre tristesse et solitude.
et que la fête de saint Joseph "terreur des démons" soit une pause dans vos angoisses et détresse !

Courage ! :)
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boisvert
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Jamais homme n'a parlé comme cet homme !

Message non lu par boisvert »

Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean 7,40-53.

Jésus enseignait au temple de Jérusalem. Dans la foule, on avait entendu ses paroles, et les uns disaient : "C'est vraiment lui, le grand Prophète!"
D'autres disaient : « C'est lui le Messie ! » Mais d'autres encore demandaient : « Est-ce que le Messie peut venir de Galilée ?
L'Écriture dit pourtant qu'il doit venir de la descendance de David et de Bethléem, le village où habitait David ! »
C'est ainsi que la foule se divisa à son sujet.
Quelques-uns d'entre eux voulaient l'arrêter, mais personne ne mit la main sur lui.
Voyant revenir les gardes qu'ils avaient envoyés arrêter Jésus, les chefs des prêtres et les pharisiens leur demandèrent : « Pourquoi ne l'avez-vous pas ramené ? »
Les gardes répondirent : « Jamais un homme n'a parlé comme cet homme ! »
Les pharisiens leur répliquèrent : « Alors, vous aussi, vous vous êtes laissé égarer ?
Parmi les chefs du peuple et les pharisiens, y en a-t-il un seul qui ait cru en lui ?
Quant à cette foule qui ne sait rien de la Loi, ce sont des maudits ! »
Parmi les pharisiens, il y avait Nicodème, qui était allé précédemment trouver Jésus ; il leur dit :
« Est-ce que notre Loi permet de condamner un homme sans l'entendre d'abord pour savoir ce qu'il a fait ? »
Ils lui répondirent : « Alors, toi aussi, tu es de Galilée ? Cherche bien, et tu verras que jamais aucun prophète ne surgit de Galilée ! »
Puis ils rentrèrent chacun chez soi.

C'est la grande pagaille. Qui dit quoi ? Les uns disent: Jésus est le Messie et on leur rétorque: le Messie peut-il venir de Galilée ? Et pourtant oui, puique l'Ecriture dit que le Messie viendra du village où habita David ! Or, plus on se dispute et plus on veut mettre la main sur lui. Des scènes comme celle décrite ici par Jean, il y en aura toujours. Qu'une émeute menace et c'est toujours des personnes à propos desquelles l'émeute peut éclater que la milice s'empare: qu'ils soient coupables ou innocents n'a aucune importance - mais il faut faire cesse le mouvement de la foule. Or, les gardes qu'on envoie pour cette besogne reviennent sans s'être emparé de Lui (et le film "La passion" montre bien des gardes sans pitié !); c'est qu'on arrête pas la Parole comme on arrête un être de chair et de sang. Prendre Jésus, c'est comme s'emparer du Temple, c'est trop pour quelques hommes et ils reviennent ébahis, comme frappés de stupeur : "Personne n'a jamais parlé comme cet homme !"

Avec cet Evangile, et avec Nicodème qui, lui aussi, a ressenti dans les mots de Jésus une force, une source de pureté, de vérité, de parfait épanouissement, je prie que le Seigneur, de nouveau, se fasse entendre et qu'il m'appelle par mon nom. Je le souhaite aussi à tous et à toutes, car même les athées et même les ennemis de l'Eglise oublieraient instantanément tous leurs griefs et leurs raisons en s'entendant appeler par leur nom...
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Re: Jamais homme n'a parlé comme cet homme !

Message non lu par cracboum »

Boisvert!
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Re: Jamais homme n'a parlé comme cet homme !

Message non lu par cracboum »

Le Girovague!

On est gamins quand même :clown:
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Re: Jamais homme n'a parlé comme cet homme !

Message non lu par cracboum »

Bon , alors ma signature sera dorénavant "ne bottez pas mes fesses".
Mais vous croyez que ça passera, cher Girovague ?


Je regrette de ne pas avoir répondu "me voici Seigneur", mais peut-être l'auriez-vous pris au pied de la lettre ?
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Re: Jamais homme n'a parlé comme cet homme !

Message non lu par papillon »

boisvert a écrit :C'est la grande pagaille. Qui dit quoi ? Les uns disent: Jésus est le Messie et on leur rétorque: le Messie peut-il venir de Galilée ? Et pourtant oui, puique l'Ecriture dit que le Messie viendra du village où habita David ! Or, plus on se dispute et plus on veut mettre la main sur lui. Des scènes comme celle décrite ici par Jean, il y en aura toujours. Qu'une émeute menace et c'est toujours des personnes à propos desquelles l'émeute peut éclater que la milice s'empare: qu'ils soient coupables ou innocents n'a aucune importance - mais il faut faire cesse le mouvement de la foule. Or, les gardes qu'on envoie pour cette besogne reviennent sans s'être emparé de Lui (et le film "La passion" montre bien des gardes sans pitié !); c'est qu'on arrête pas la Parole comme on arrête un être de chair et de sang. Prendre Jésus, c'est comme s'emparer du Temple, c'est trop pour quelques hommes et ils reviennent ébahis, comme frappés de stupeur : "Personne n'a jamais parlé comme cet homme !"

Avec cet Evangile, et avec Nicodème qui, lui aussi, a ressenti dans les mots de Jésus une force, une source de pureté, de vérité, de parfait épanouissement, je prie que le Seigneur, de nouveau, se fasse entendre et qu'il m'appelle par mon nom. Je le souhaite aussi à tous et à toutes, car même les athées et même les ennemis de l'Eglise oublieraient instantanément tous leurs griefs et leurs raisons en s'entendant appeler par leur nom...
A propos de nom, qui a écrit ce texte? Boisvert? Etienne Lorant? :incertain:
Comprend pas. J'ai vu le même écrit par Etienne. Et c'est bien le style d'Etienne...enfin, il me semble.(????)
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Re: Jamais homme n'a parlé comme cet homme !

Message non lu par cracboum »

Ouais! c'est louche tout ça, c'est louche! :saint:
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Re: Jamais homme n'a parlé comme cet homme !

Message non lu par boisvert »

Faudra-t-il donc expliquer à Papillon qu'en temps de carême, ce qui est fait dans le secret compte plus aux yeux du Seigneur ? C'est pourquoi l'avatar d'Etienne a disparu lui aussi (temporairement)... enfin tant pis.
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Un aperçu du Jugement

Message non lu par etienne lorant »

Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean 8,1-11.
Jésus s'était rendu au mont des Oliviers ;
de bon matin, il retourna au Temple. Comme tout le peuple venait à lui, il s'assit et se mit à enseigner.
Les scribes et les pharisiens lui amènent une femme qu'on avait surprise en train de commettre l'adultère. Ils la font avancer,
et disent à Jésus : « Maître, cette femme a été prise en flagrant délit d'adultère.
Or, dans la Loi, Moïse nous a ordonné de lapider ces femmes-là. Et toi, qu'en dis-tu ? »
Ils parlaient ainsi pour le mettre à l'épreuve, afin de pouvoir l'accuser. Mais Jésus s'était baissé et, du doigt, il traçait des traits sur le sol.
Comme on persistait à l'interroger, il se redressa et leur dit : « Celui d'entre vous qui est sans péché, qu'il soit le premier à lui jeter la pierre. »
Et il se baissa de nouveau pour tracer des traits sur le sol.
Quant à eux, sur cette réponse, ils s'en allaient l'un après l'autre, en commençant par les plus âgés. Jésus resta seul avec la femme en face de lui.
Il se redressa et lui demanda : « Femme, où sont-il donc ? Alors, personne ne t'a condamnée ? »
Elle répondit : « Personne, Seigneur. » Et Jésus lui dit : « Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus. »

Voici une scène de jugement. La femme n'est-elle pas coupable, puisqu'elle a été pris en flagrant délit ? Mais en réalité, ce jugement en cache un autre: car, enfin, les adversaires de Jésus tiennent une occasion de coincer ce beau-parleur qui les ignore et fréquente des pécheurs notoires ! quel spectacle cela promet ! La Loi est la loi ! S'il fait miséricorde à la pécheresse, il ne peut plus prétendre qu'il est un messager de Dieu car il trahit la Loi; mais s'il se range du côté de la Loi, il perd la face devant ceux qui le suivent et même les pécheurs dénonceront lce Royaume des Cieux qu'il a promis à tous ... Mais le Juge est d'un calme étonnant: ni les hurlements, ni les imprécations, ni l'excitation qui précèdent les exécutions publiques ne touchent le Maître, qui est assis et qui écrit - est-ce qu'il ne prépare pas sa réponse ? Celle-ci fuse et il emporte l'affaire en quelques mots. Celui qui n'a jamais péché, qu'il jette la première pierre (en vérité, Il est le seul à pouvoir jeter cette pierre...) Mais il a renvoyé les Pharisiens face à eux-mêmes, à leur hypocrisie, eux qui se servent de la lettre de la Loi pour la détourner à leur profit.

J'ai admiré le Seigneur qui, tout en défendant la Vérité de Dieu, manifeste une grande pudeur à l'égard des accusateurs aussi bien que de l'accusée. Il ne les a pas regardés. Finalement, comme la foule s'est dispersée, il se tourne simplement vers la femme et il lui conseille à elle aussi de considérer comme sa faute est grande et déplaît à Dieu. Bref, dans cet Evangile, je devine Dieu qui a horreur du péché, mais qui aime le pécheur. Les uns et les autres, les hypcrites comme les adultères: devant l'Oeil de Dieu, rien ne ressemble plus à un tas de boue qu'un autre tas de boue, mais il faut sauver l'homme qui s'enfonce dans la faute.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
jeanbaptiste
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Re: Un aperçu du Jugement

Message non lu par jeanbaptiste »

Ah oui, c'est l'un des passages qui m'émerveille le plus de toute la Bible. Qu'il est beau le Christ disant : «va, et ne pèche plus» ! Tout le problème du péché, du mal chez l'homme est résumé dans ces quelques mots.
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