Re: Polémique autour de la tenue du Hellfest
Publié : mer. 23 juin 2010, 13:49
Une petite réaction à cette parenthéseFogel a écrit :A l'heure ou le festival bat son plein, je me suis souvenu de l'existence de ce topic... J'ai déja exprimé ma position sur la légitimitée du hellfest (100% pour !) mais pas sur le prix du pass. Et j'ai lus quelques messages à ce sujet, que j'ai trouvé un brin naïf (je pense a Marie notament).
Le hellfest est un festival hors de prix, qui a l'heure d'aujourd'hui ne cache quasiment plus son but commercial. Mais il ne faudrait pas oublier qu'a la base c'était un festival plus hardcore que metal (aujourd'hui c'est l'inverse). Et qui dit hardcore dit punk et qui dit punk dit DIY et qui dit DIY dit se dresser contre la société de consomation (l'industrie musicale en tête). Donc la solution : organiser les concerts soit même, réduire les frais, l'intéret ne réside alors plus dans les artifices (costumes de scène, etc.) mais dans l'idée de faire passer un message fort,... Bref vous voyez le genre (sinon tapez "éthique DIY" sur Google).
Tout ça pour dire qu'aujourd'hui le festivalier lambda se retrouve a payer un pass qui coute la peau des fesses pour financer la venue de Kiss. Si on est un fan de Kiss peut être, mais si on s'intéresse par exemple aux groupes de metalcore on a meilleur temps d'allez voir ces groupes sur une autre date de leur tournée (en fonction d'ou l'on habite bien sur) : Paris mais aussi pourquoi pas la Suisse ou l'Allemagne. Mais vous savez ce que c'est le pire ? Pour les "journalistes" qui viendraient interviewer ou faire des compte rendu des concerts (donc un max de pub pour le fest!), les organisateurs ne leur accordent qu'une réduction ridicule de 10 ou 15€ j'crois. Dans pas mal de soirées, on fait entrer gratuitement les "journalistes".
D'ailleurs, suffit de demander aux "vieux", avant ce n'était pas comme ça. Mais des fest comme le Hellfest sont a l'image de la mondialisation et de la marchandisation d'aujourd'hui : tout s'achète et tout se vend... même le droit d'écouter de la musique de "rebels" (et oui on est en 2010) La recette du Hellfest ? Des têtes d'affiches, un tat de genres musicaux différents (se raprochant plus ou moins de la musique "extrème") et la certitude de rameuter du monde puisque c'est le seul festival de cette envergure en France. Rajoutez à ça une polémique qui va faire monter le buzz (Boutin en tête) et faire de la pub et vous êtes sur de faire un carton. D'ailleurs la preuve c'est que ça marche, chaque année le fest est reconduis.
Fin de la parenthèse
Le prix est certe elevé, mais dans les standards actuel de la musique Metal. Dans son étude sociologique, Fabien Hein a montré que le Metalleux français moyen était qualifié d'un ou plusieurs diplômes post-bac et souvent avec un emploi stables (pas mal d'ingénieurs et de profs). De fait, des gens avec un pouvoir d'achat assez conséquent. En temps qu'étudiant, je suis le premier à le déplorer, mais le milieu metal est loin d'être un milieu DIY comme le hardcore (d'ailleurs cette année, tous les groupes de hardcore ont été regroupés la même journée pour que les fans n'aient pas à payer lus d'une journée).D'un autre côté, les organisateurs ne cachent pas leur ambition commerciale.
Par contre, la phrase sur les journaliste relève de la désinformation. J'y était en temps que pseudo journaleux (journaliste est un bien grand mot) et j'ai eu mon pass gratuitement, une accréditation VIP pour avoir accès (gratuitement aussi) aux points electricité, à internet, à des aires de repos et à des points buvette spéciaux pour ne pas avoir à predre de temps en faisant la queu, à des douches et toilettes gratuites et propres. J'ai aussi eu une accréditation presse pour avoir accès au bâtiment des interviews et fut parti des quelques privilégiés accrédités "backstage" pour aller voir les artistes dans les loges, en sortie de scène et qui me permettait de me restaurer et désaltérer gratuitement. Tout ça pour pas un euro (sans quoi je n'aurais pas pu venir). La question de l'équité par rapport au spectateur lambda se pose, mais je trouve qu'ils ne se foutent vraiment pas de la gueule des "journalistes".
Quand au prix des têtes d'affiches, peu s'en plaignent. Elles ont beau être cher (le show de kiss seul aurait coûté 500 000€, sans le cachet du groupe), elles sont rentables. Ca permet d'avoir de l'autre côté des groupes pointus qui jouent "a perte" devant un public de connaisseur (des Devil's Blood pour leur premier concert en france, des Kalisia qui remonte sur les planches après 13 ans d'absence, Ulver pour leur première tournée en 20 ans de carrière et pas mal d'autre). Là où les autres gros festivals européens blindent les têtes d'affiches et font du remplissage sur les petites scènes, j'ai une nette préférence pour le Hellfest qui soigne et peaufine les petits groupes et propose une affiche underground de très haute volée. Je n'ai vu aucune des têtes d'affiche du fest (ni aucun groupe sur la scène principale) et pourtant j'ai passé un festival mémorable et me suis délecté d'une bonne trentaine de concerts. Mais je vous l'accorde, sortir 120€ (même si au final ca fait un ratio de 4€ par concert) ca fait mal au portefeuille.
Enfin, concernant la pub et Christine Boutin... Personne n'est dupe (j'avais d'ailleurs sorti un papier m'en moquant) : les organisateurs étaient d'une certaine manière ravie de cette polémique car elle est tombée à un moment pauvre de l'actualité du festival et la maladresse des attaques de la chef de file du parti chrétien démocrate a d'une maniére générale rallié l'opinion publique au point du vue des organisateurs du festival.
Tout ça pour dire qu'effectivement, le côté DIY est très loin maintenant, mais que contrairement au Metal, le Hardcore n'est pas solvable. En voulant professionaliser leur activité, les organisateurs n'ont eu d'autres choix que d'ouvrir les scènes à d'autres style de musique. Mais du moment que les festivaliers y retrouvent leur compte...