Je suis catholique de naissance.
Le débat sur le Hellfest éveille toute mon attention. Je n'ai pas lu les 67 pages du topic mais j'ai lu plusieurs messages avec intérêt dans l'espoir de parvenir à me défaire de ce malaise profond qu'a engendré la lecture des tracts du collectif Clisson sans Hellfest.
Ce qui m'a définitivement détourné de l'église c'est la certitude de certains catholique à être dans le vrai, le bon, le bien etc...
Ce qu'a écrit Pneumatis pour
http://www.radiometal.com/article/hellf ... ue,1067/fr est un exemple de ce pourquoi je n'arrive plus jamais à établir un dialogue avec une personne de foi :
"Cette méthode du dialogue, c’est pourtant celle qu’a choisi l’Eglise, en son autorité. T’interpeler, te questionner, et
te faire partager un peu de ses valeurs qu’elle sait belles et bonnes pour l’humanité, et sur lesquelles tu préfères à priori te soulager, en headbangant devant des mecs qui s’époumonent sur scène."
"Ces valeurs qu'elle sait bonnes pour l'humanité". C'est de cette certitude que viennent tous les conflits à mon avis. Celui de l'Hellfest n'est qu'un exemple ridicule parmi une foules d'autres qui ont balisé l'histoire de l'humanité.
Je pense que si le "collectif Clisson sans Hellfest" était moins sûr du bien fondé de ses valeurs il serait davantage dans une attitude de questionnement vis-à-vis du vol de corbeaux (

) qui envahit sa ville 3 jours dans l'année. Je pense que la tolérance et le respect dépendent d'un minimum de modestie et de capacité à regarder, considérer, comprendre l'autre.
En se penchant sur la population du Hellfest, sur la variété de la programmation, en dialoguant avec les jeunes, très vite le collectif s'apercevra que stigmatiser l'ensemble des festivalier, de mettre tout le monde dans le même panier est une belle erreur. Je croix que ce genre raisonnement amène parfois à ce que l'on peut appeler racisme.
Et si toutes ces provocations n'étaient que du second degré, du spectacle ? Pourquoi ne pas se dire que ce n'est pas dans mes goûts. On peut comprendre que ces provocations ne soient pas du goût de tout le monde cela dit...
Être sûr du bien fondé de ses valeurs morales rime pour beaucoup avec une incapacité à se mettre à la place de minorités stigmatisées. Pour le fun, j'ai porté une crête sur la tête pendant une dixaine de jours. Les regards noirs des passants font mal au coeur. Cela fait dix ans que je sais que je suis bisexuel. J'en souffre en silence pour ne pas froisser les valeurs morales de ma famille au sens large. Famille par ailleurs sûre de son ouverture d'esprit vis-à-vis de l'homosexualité... Tant que "ça rentre pas dans la famille quoi".
Quand on est sûr de ses valeurs on banalise des mots qui peuvent s'avérer être très choquants ! Vous connaissez tous Laurent Ruquier ! Il est en permanence sur le petit écran, son humour est un ramassi d'allusions racistes (les grecs / pédophiles, arabes/voleurs...) des blagues totalement acceptées "C'est du second degré" !!! HAHAHAHA !
Là ou je veux en venir c'est que les personnes du collectif sont sûrement assez intelligentes pour comprendre ce qu'est le second degré quand il va dans leur sens. Elles ne sont sans doutes pas assez tolérantes pour l'accepter quand il s'attaque à leurs propres valeurs.
Je ne prend pas la défense du satanisme ou des égorgeurs de sainte vierge.
Je suis sans religion, sans foi mais j'aspire à une certaine sagesse.
J'aime la religion quand elle permet à certaines personnes de s'approcher d'une certaine sagesse.
Le Collectif Clisson sans Hellfest fait à mon avis preuve de tout l'inverse. Je leur demande aujourd'hui à quoi vous servent vos prières ? A vous défendre des différences ou à mieux les accepter ?
Il y a toujours eu des gens qui ont dit "merde" à la morale catholique. Pendant longtemps ça se faisait en silence. Relisez les fables de La Fontaine.
J'aime pas aller à l'église et j'ai entendu les pires discours dans la bouche de dévottes. Entre le catholique qui fait semblant d'aimer et le métaleux qui fait semblant d'haïr, lequel est le plus surnoi ?
J'aimerais tant ne plus être en colère...