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Re: Adam et Eve : quelle réalité concrète ?
Publié : dim. 21 mars 2010, 23:59
par ti'hamo
. Non, mais, en fait : quand nous parlons de pré-humains en tant que l'espèce dont sont tirés Adam et Eve, nous ne faisons alors pas référence à des pré-humains dont il est question dans la Genèse, mais à ceux dont l'existence découle de nos connaissances scientifiques actuelles sur l'évolution et les mécanismes d'apparition des espèces vivantes.
. L'acte créateur procède par divisions successives, ça, oui. Lumière séparée d'avec les ténèbres, mouillé et sec, etc..
. Cela n'empêche pas par ailleurs la naissance de réalités résolument nouvelles (donneraient-elles par la suite naissance à d'autres réalités par divisions successives) : Que la lumière soit et la lumière fut, ou bien encore Dieu pris et modela de la glaise et souffla son Esprit.
(ce qui donne 2 créations, oui, d'ailleurs, chacune avec d'abord un acte de naissance, puis divisions :
. "que la lumière soit" puis les divisions qui en découlent,
. modelage et animation d'Adam, puis séparation en Adam et Eve)
Re: Adam et Eve : quelle réalité concrète ?
Publié : lun. 22 mars 2010, 11:45
par Xavi
jpm a écrit :Un pur délire psycho-créatif ...
Et ces pré-humains , la Genèse en parle ?
Jpm qui se déclare athée s’en tient logiquement aux interprétations abstraites reliées aux mythes de l’époque. En excluant Dieu de la Genèse, il se met de lui-même hors de la réflexion d’un croyant et nous ne pouvons parfois le rejoindre que sur des détails isolés.
ti'hamo a écrit : quand nous parlons de pré-humains en tant que l'espèce dont sont tirés Adam et Eve, nous ne faisons alors pas référence à des pré-humains dont il est question dans la Genèse
Cela me paraît un a priori que rien ne justifie.
Bien au contraire ! Les règles de l’interprétation biblique demandent de considérer d’abord les écrits selon la pensée ordinaire de chaque auteur dans son contexte.
Il n’est pas question à cette époque d’ADN, des limites de l’interfécondité, des espèces définies avec la précision actuelle.
L’auteur du récit de l’arche de Noé voyait comme nous les milliers de variétés animales, les ressemblances et les différences existantes.
Il savait comme nous que notre vie à chacun provient d’une union sexuelle entre un homme et une femme et toute l’importance de la persistance de ce lien pour le bonheur des personnes et de leurs enfants, pour l’équilibre des relations dans la société. Il connaissait aussi les ressemblances des humains avec certains animaux.
La création des humains est perçue tout normalement comme survenant dans une nature déjà remplie d’autres êtres. Les humains, c’est une famille reliée à un couple de parents (Adam et Eve), mais l’auteur de la Genèse n’a aucune raison d’exclure l’existence simultanée dans la réalité terrestre d’êtres semblables susceptibles d’une interfécondité.
Lorsqu’il parle de Caïn qui s’enfuit et craint d’être tué par le premier venu, qui va trouver une compagne ailleurs, lorsqu’il parle des femmes de la famille d’Adam qui s’unissent à d’autres créatures, il me semble assez manifeste que l’auteur de la Genèse ne fait pas une coupure nette entre les premiers humains et les autres êtres qui les entourent. Pourquoi persister dans des constructions intellectuelles, sans aucune base dans le récit biblique, selon lesquelles, les enfants du premier couple aurait eu des enfants incestueux entre eux et uniquement entre eux (malgré le contraire affirmé en Gn 6) ou selon lesquelles la descendance d’Adam et Eve aurait été tellement nombreuse que c’est par d’autres descendants que Caïn aurait été menacé par des agresseurs après sa fuite au loin et que c’est parmi cette même descendance de ses propres parents qu’il aurait trouvé sa femme au loin ?
La volonté de l’auteur de mettre en avant l’origine des humains dans une union sexuelle, un premier couple sexuel est aussi assez manifeste. Pourquoi se lancer dans des explications sur un Adam unisexe ou une division embryonnaire pour faire surgir une femme en dehors de toute sexualité ? Pourquoi sortir de la réalité ?
Pourquoi construire théologiquement ou symboliquement une réalité artificielle où les feuilles ne tombent pas et où la mort physique n’existe pas, alors que rien dans le récit ne présente une telle réalité ? Adam et Eve savent ce qu’est la mort puisqu’ils sont précisément avertis d’un risque de mort. La parole divine qui révèle leur immortalité ne nie pas la mort physique, elle indique indirectement une possibilité de la franchir sans mal. Dieu a créé l’homme dans une réalité terrestre « et » spirituelle : il est immortel à l’image de Dieu, mais cette immortalité est fondamentalement spirituelle, même si elle peut s’étendre à la réalité corporelle. Aussi, si l’homme s’écarte de la vie spirituelle de Dieu, son Créateur le prévient : « de mort, tu mourras » parce que ce qui est terrestre est mortel indépendamment de tout mal, de tout péché, selon les lois bonnes de la nature terrestre.
Cette phrase « de mort, tu mourras » ne nie pas la mort physique. Bien au contraire, elle en confirme l’incontestable réalité terrestre.
Quand cessera-t-on de fermer les yeux ? Pourquoi tant de lecteurs sont-ils aveuglés par les connaissances scientifiques et exégétiques au lieu de trouver dans ces mêmes connaissances scientifiques et exégétiques un surplus de confirmation humaine pour manifester toute la vérité de la Genèse qui nous révèle l’essentiel de notre création, de notre vocation et de notre salut par le Christ dans notre réalité concrète et historique bien réelle. Pas dans l’abstrait.
Re: Adam et Eve : quelle réalité concrète ?
Publié : lun. 22 mars 2010, 12:55
par jpm
Taratata, relisez mes interventions, je n'exclus rien, j'ai même affirmé que Dieu , dans l'écriture de son nom pouvait être considéré comme le principe de division et d'abondance universelle.
Quoi d'abstrait dans cela ?
Est entouré de brumes , le dieu modelant l'homme avec de la glaise,. Je dis que rien n'indique cela dans l'écriture de la Genèse. Puis j'affirme que cette idée recouvre le sens de la création chez les Egyptiens.
Le mieux serait de reprendre l'étude d'un texte, vous échappant, et sur lequel vous bâtissez des théories, des croyances à partir de la seule lecture au sens propre des mots.
Quoi de plus normal... mais la transposition d'une théorie, puis croyance en acte foi paraît (me paraît) tout à fait périlleuse et dommageable pour l'esprit (celles des personnes).
Le mieux que je puisse faire, c'est mettre en avant les incohérences de vos approches.
Re: Adam et Eve : quelle réalité concrète ?
Publié : lun. 22 mars 2010, 20:25
par Xavi
Bonsoir jpm,
Le principe divin que vous évoquez ne correspond pas au Dieu personnel auquel croient les catholiques qui participent à ce forum et échangent des réflexions. Dès le moment où vous écartez ce Dieu personnel, ainsi que l’enseignement de l’Eglise, il me semble inévitable que vous trouviez des incohérences par rapport à votre point de vue.
Ici, les croyants catholiques méditent l’action créatrice volontaire d’un Dieu personnel dans le cours de l’histoire et selon l’enseignement de l’Eglise.
C’est dans ce cadre que les croyants lisent la Genèse et cherchent à mieux la comprendre.
Si vous retirez ce cadre, vous pouvez partir dans tous les sens et la considérer comme un mythe parmi d’autres et cela ne vous exclut pas nécessairement de la conversation, mais vous partez dans des directions très différentes éloignées de la méditation et de l’intelligence de la foi catholique qui font l’objet de ce forum.
Re: Adam et Eve : quelle réalité concrète ?
Publié : lun. 22 mars 2010, 20:42
par jpm
En gros, hormis la foi pour comprendre l'écriture de la Genèse, point de salut.
L'expression Dieu personnel me surprend. Pour la compréhension du Sepher Bereashith ou Genèse, j'ai toujours compris qu'il maintenant une équidistance entre les individus. Approche confirmée par les diverses religions se réclamant du texte fondateur.
Re: Adam et Eve : quelle réalité concrète ?
Publié : mar. 23 mars 2010, 14:57
par ti'hamo
@ Xavi
. Oui, on peut trouver trace de pré-humains dans la Genèse... parce que nous savons qu'il y a des pré-humains. C'est toute la subtilité. Mais on ne peut pas dire que la Genèse affirme textuellement leur existence.
Quelqu'un qui ignore l'évolution et les mécanismes de spéciation, pourra interpréter les passages que vous citez dans le sens que vous rejetez (nombreuse descendance, etc...)... sans pour autant que le sens profond lui échappe, sans qu'on puisse prétendre non plus qu'il n'ait rien compris au récit de la Genèse.
Si nous cherchons à le comprendre de telle manière, c'est uniquement en référence à nos connaissances biologiques à nous.
. Le fait de voir Eve issue d'Adam n'empêche en rien de voir l'humanité issue de leur union... je ne comprends pas bien ce que vous vouliez dire par là ?
Re: Adam et Eve : quelle réalité concrète ?
Publié : mar. 23 mars 2010, 15:52
par Xavi
ti'hamo a écrit :@ Xavi
. Oui, on peut trouver trace de pré-humains dans la Genèse... parce que nous savons qu'il y a des pré-humains. C'est toute la subtilité. Mais on ne peut pas dire que la Genèse affirme textuellement leur existence.
Quelqu'un qui ignore l'évolution et les mécanismes de spéciation, pourra interpréter les passages que vous citez dans le sens que vous rejetez (nombreuse descendance, etc...)... sans pour autant que le sens profond lui échappe, sans qu'on puisse prétendre non plus qu'il n'ait rien compris au récit de la Genèse.
Si nous cherchons à le comprendre de telle manière, c'est uniquement en référence à nos connaissances biologiques à nous.
Bonjour ti'hamo,
Personnellement, je pense exactement le contraire. Bien sûr, la notion de "pré-humains" est actuelle, mais, par contre, il me semble qu'en l'absence de connaissances biologiques modernes, l'émergence d'une famille spécifique parmi les espèces existantes ne devait pas paraître anormale au(x) auteur(s) de la Genèse.
J'imagine qu'ils ne pensaient pas à une mutation physique quelconque, mais plutôt à une espèce de préfiguration du peuple élu.
Il me semble qu'on attribue trop vite aux anciens une perception trop simpliste du réel, alors que les jours successifs de la création attestent de la perception d'une évolution et, si St Augustin croyait déjà à une chaine causale, je pense a priori que l'auteur de la Genèse pouvait déjà y penser.
Mais, ce n'est bien sûr qu'une option sans aucun rejet de la qualité d'une autre comréhension et du point de vue contraire.
ti'hamo a écrit :Le fait de voir Eve issue d'Adam n'empêche en rien de voir l'humanité issue de leur union... je ne comprends pas bien ce que vous vouliez dire par là ?
Je ne vois pas exactement à quel passage vous faites allusion.
Je suppose que cela concerne l'hypothèse selon laquelle Eve a été "façonnée" en femme humaine par une ultime mutation physique de son corps biologique venant de l'évolution lors de sa rencontre avec Adam, par la transmission de ce quelque chose qui a été tiré du corps d'Adam.
Le corps d'Adam aurait été lui-même transformé de la même manière par cette "chose" (virus ou autre).
Cette transformation a pu être limitée à une modification physiologique objectivement minime mais avec un effet déterminant sur la conscience d'Adam et Eve qui a pu être ouverte lors de leur rencontre.
Il me semble que cette caractéristique spécifique de l'humanité (par rapport aux autres être) a pu être transmise à l'humanité issue de leur union (leur descendance humaine).
Re: Adam et Eve : quelle réalité concrète ?
Publié : mar. 23 mars 2010, 17:37
par DA95
Bonjour jpm,
Vous vous référez au
in principo. Ce moteur immobile source de tout mouvement et de toute division. Vous avez raison de le faire.
Au commencement, dans le principe, … nous sommes d'accord le premier chapitre la genèse nous relate bien ce commencement du temps (sa création). Puis par une suite de division, nous arrivons jusqu'à la création de l'homme. Nous assistons à l'histoire de la création, à l'accomplissement de l'œuvre de Dieu. l'homme et la femme sont créés le sixième jour, personnes humaines marquées par la différence sexuée et créés à l'image et ressemblance de Dieu.
Le genre littéraire de ce premier chapitre de la genèse est mythique me semble t il. La succession des paragraphes sont marqués par une certaine rythmique et des répétitions. Cela me fait penser que ce texte à une forme liturgique. C'est un hymne au Dieu Créateur, qui utilise toute une symbolique qui peut parler à tout homme quelque soit son degré d'instruction. Ce texte là je vous l'accorde bien volontiers peut difficilement être interpréter avec une logique scientifique. Mais ce n'est pas ce que nous avons fait.
J'ai conscience que Dieu est à l'origine de toutes choses créées, qu'il est le Créateur (source et origine de tout principe). Il est le Tout-autre.
Cela dit ce premier chapitre de la genèse nous décrit un Dieu qui à un projet. Il appèle l'homme à l'existence. L'homme est une personne. En tant que personne, l'homme est en relation avec Dieu. C'est effectivement un Dieu personnel car Dieu est trine (trois personnes divines). Comme le dit Xavi
Ici, les croyants catholiques méditent l’action créatrice volontaire d’un Dieu personnel dans le cours de l’histoire et selon l’enseignement de l’Eglise
Le deuxième récit de la création a été écrit après le retour de l'exil à Babylone et je ne suis pas aussi certain que vous de l'importance de l'influence Egyptienne dans la réalisation de ce récit. Par contre la mythologie Babylonienne a certainement influencée l'auteur.
Ce deuxième récit n'est certes pas également un récit à interpréter comme le rapport scientifique de la création de l'homme. Cependant il porte en lui toute une évolution. L'homme est d'abord compris dans son humanité en général, et ah adam ne fait pas référence à un caractère sexuel. Cet homme est seul et Dieu nous dit qu'il n'est pas bon que l'homme soit seul. Il créé une aide qui lui est assortie. Nous l'avons dit, c'est dans la communion en une seule chair que l'homme et la femme sont achevés.
L'auteur qui n'a pas la connaissance scientifique de notre époque décrit une évolution de la nature de l'homme. Le concept in principo est respecté. Cette description évolutive nous fait comprendre ce qu'est l'homme, en passant par la solitude originelle (qui nous apprend quelque chose sur l'homme), l'unité originelle (qui nous apprend aussi quelque chose sur l'homme) et la nudité originelle (qui nous apprend encore quelque chose sur l'homme).
La science nous permet de concevoir qu'une espèce pré-humaine ait évolué. Je m'émerveille de voir qu'a un moment donné de l'histoire le corps de deux de ces pré-humain ait eut une évolution qualitative particulière. Comme vous le rappelez et je suis d'accord « l'âme ne précède pas les corps ou substance. Incluse dans le corps, elle jouit de l'éternité (dans le sens hors du Temps). » Donc nécessairement cette évolution qualitative particulière a été concomitante de la création de l'âme. Cela n'est pas contraire au in principo qui vous est cher, ni contraire sens du texte, et donne tout son sens à nos échanges.
Bien à vous,
Re: Adam et Eve : quelle réalité concrète ?
Publié : mar. 23 mars 2010, 17:48
par Pneumatis
Coucou, bonjour,
Xavi a écrit :Il me semble qu'on attribue trop vite aux anciens une perception trop simpliste du réel
Pas trop simpliste, mais différent... Notre conception du réel repose sur des projections et des modèles psychiques collectifs et qui nous dépassent. Croyez bien, en regardant par exemple la mythologie grecque, hindoue ou égyptienne, que même si des dénominateurs communs se retrouvent (jpm vous en parlera abondamment), la conception du réelle est à la fois loins d'être trop simpliste et loin de ressembler à la notre. Le réel peut être le même, il y a fort à parier qu'un grec de l'antiquité ne le vois pas avec les mêmes yeux que nous et n'en ait pas du tout la même "interprétation".
Sinon, je vais mettre un pavé dans la marre, mais au sujet de ces pré-humains, quelqu'un s'est-il intéressé au concept du Golem, si cher à nos frères juifs ? Tenez, un petit document pour les références.
http://www.yechiva.com/IMG/pdf/Golem.pdf
Et hop je ressors...
A un de ces jours.
Re: Adam et Eve : quelle réalité concrète ?
Publié : mer. 24 mars 2010, 13:42
par Xavi
Merci à DA95 et à Pneumatis pour leurs contributions pertinentes.
Le Golem évoqué chez les juifs rejoint effectivement la réflexion.
A ce stade des échanges, il me semble qu’il est utile de faire le point sur les diverses approches de la réalité concrète de la Genèse.
1. Il est bien sûr possible de considérer le début de la Genèse comme une parabole sur l’humanité et l’action de Dieu dont la révélation est étrangère au cours de l’histoire, qui relate des vérités essentielles d’application universelle, mais hors du temps et de l’espace. En dehors de toute réalité historique ou scientifique. Dans cette hypothèse, la référence aux premiers humains issus de l’évolution est dénuée de toute pertinence.
2. Une variante de cette perception du début de la genèse en dehors du temps et de l’espace est de considérer qu’elle évoque bien la réalité historique du début du monde, mais qu’elle nous raconte des évènements qui ont précédé ou coïncidé avec le début du monde. Il s’agit d’évoquer la réalité historique avant le Big bang ou déjà existante lors du Big bang, à la limite de l’éternité et du temps.
3. Une autre possibilité est de considérer le début de la Genèse comme un récit qui concerne les débuts du monde historique et l’apparition des humains sur la terre, mais dont il parle de manière uniquement symbolique. Ce qui est raconté ne correspond à aucune réalité scientifiquement observable ou historique. Il est totalement vain d’y chercher des coïncidences avec les connaissances scientifiques ou historiques. Il s’agit de nous révéler l’essentiel de ce qu’est l’homme et l’action de Dieu de manière générale et permanente.
4. Il est aussi possible de considérer que le début de la Genèse nous parle de manière mythique de l’essentiel de la réalité historique de l’apparition du monde et des premiers humains dans le temps et dans l’histoire. Cette approche considère que, par des faits, des images et des expressions poétiques, le début de la Genèse nous parle de la réalité historique de manière métaphorique ou symbolique. Le mythe est considéré ici non comme une légende inventée irréelle mais comme un récit explicatif des origines, qui concerne bien la vérité scientifique et historique dans le temps et l’espace, mais dans un langage adapté à l’essentiel de cette vérité qui dépasse la seule réalité terrestre. Personnellement, c’est cette approche qui me paraît conforme à l’enseignement de l’Eglise et que je retiens.
5. Certains considèrent enfin que le début de la Genèse nous donne un résumé réaliste de l’histoire en évoquant des faits de la réalité terrestre qui se sont produits, par des mots à comprendre au sens propre et matériel (l’arbre du jardin d’Eden a la même réalité matérielle que le pommier de mon jardin), de manière scientifiquement ou historiquement constatable, à un moment et à un endroit précis dans le temps et dans l’espace.
Quelle que soit l’option retenue, chacun admet que le début de la Genèse a une portée universelle et divers sens symboliques. Le récit dépasse largement toute limite et a une portée fondamentale quant à la présence de Dieu et quant à l’homme et à sa destinée.
Quelle que soit l’option retenue, les difficultés de lecture sont assez semblables.
Adam et Eve : quelle réalité concrète ? La question concerne toutes les options de compréhension.
Elle se concentre particulièrement sur le récit de la côte d’Adam. Quel est le sens littéral de ce récit ? Que dit le texte ? Que raconte l’auteur de la Genèse ? Qu’a-t-il voulu raconter ? Avec ses mots, ses expressions, dans sa culture. Il s’agit de rechercher, avec toutes les compétences linguistiques de l’hébreu, le sens objectif de ce qui est raconté. Sans a priori par rapport au réalisme ou au symbolisme du récit.
Pour cette question, l’incroyant ou le plus moderniste peut partager une approche identique à celle du croyant le plus fondamentaliste.
Je ne connais ici que trois possibilités. Un adam unisexe divisé en deux êtres sexués. Un adam masculin dont un morceau est tiré pour en faire une femme à partir de rien d’autre, comme une opération chirurgicale avec un développement miraculeux. Ou, une description d’une relation sexuelle qui ouvre la conscience humaine.
Quelqu’un a-t-il une quatrième interprétation littérale ?
Quelle que soit la possibilité retenue au sens littéral, chacun peut encore choisir ensuite de lui appliquer une des cinq options principales qui ont été évoquées.
Il reste à déterminer, par rapport à l’enseignement du Magistère de l’Eglise et, notamment, du Catéchisme, s’il ne s’agit que de thèses théologiques également incertaines ou si l’une ou certaines d’entre elles est ou sont seule(s) compatible(s) avec la foi de l’Eglise.
Re: Adam et Eve : quelle réalité concrète ?
Publié : sam. 27 mars 2010, 9:25
par Invité
Je suis souvent surpris quand je lis par-ci, par-là, des commentaires sur la genèse: Les Juifs qui l'ont transmis aux chrétiens savent qu'il sagit d'allégories, que le sens est induit. Aucuns Juifs ni rabbin avec qui j'ai pu en parler n'ont de soucis avec ce faite, aucuns ne semblent troublés par le concept d'évolution, non plus par le darwinisme. Aucuns ne semble penser réellement que le monde à été créé en sept journées. Il est d'ailleurs assez facile de faire admettre à un théologien Juif que Dieu lui même semble évoluer; Il est au fil des millénaires devenu moins "exhubérant" et use également moins de violences; Il ne dicte plus de massacres, ni de guerres, la majorité doutent à l'idée que Dieu les accompagne ces jours encore dans leurs combats. (un ami rabin aime dire -par simple humour- que peut-être la naissance du fils à du le tempérer

)
L'interprétation de la genèse qui me conviens est la célabration de l'apparition (chez les désormais humains) de la conscience de soi et d'autrui, de la naissance de l'esprit (rien que ca) dans un monde jusqu'alors exclusivement 'animal' (l'humain gagna alors la capacité d'appréhender des concepts complexes, tel un Dieu unique). Une ôde à la gloire de cet ère nouvelle que l'esprit apporta a l'humain, ainsi que le rappel de ses origines animales, sexuées et mortelles.
Quand aux textes summériens (parmis tant et tant d'autres ayant des similitudes pour le moins troublantes); Eux aussi étaient le fruit de la création. Ils étaient au moins autant inspiré par leur créateur que les Juifs ou les chrétiens; Il est dificile de chercher à minimiser leur impacte spirituel de façon crédible. Pour ces mêmes raisons il est futile de nier les influences helléniques parmis les contemporains de Jésus, et de même pour l'influence asiatiques sur les hellénistes.
Comme le dit un dicton anglais: Devil is in the details ...
Aussi, rappelons-nous que le canon biblique actuel n'a été fixé que bien longtemps après la mort du dernier apôtre. C'est la main de l'homme qui à décidé de retirer bon nombres de livres.
Par définition, il n'y a pas d'avant le big-bang et la réalité historique n'est a propos que si l'on possède des pièces écrites contemporaines. L'histoire aussi est une science humaine

Re: Adam et Eve : quelle réalité concrète ?
Publié : sam. 27 mars 2010, 13:24
par Xavi
touriste a écrit :L'interprétation de la genèse qui me conviens est la célabration de l'apparition (chez les désormais humains) de la conscience de soi et d'autrui, de la naissance de l'esprit (rien que ca) dans un monde jusqu'alors exclusivement 'animal' (l'humain gagna alors la capacité d'appréhender des concepts complexes, tel un Dieu unique). Une ôde à la gloire de cet ère nouvelle que l'esprit apporta a l'humain, ainsi que le rappel de ses origines animales, sexuées et mortelles.
Quand aux textes summériens (parmis tant et tant d'autres ayant des similitudes pour le moins troublantes); Eux aussi étaient le fruit de la création...
Il est difficile de chercher à minimiser leur impact spirituel de façon crédible. Pour ces mêmes raisons il est futile de nier les influences helléniques parmis les contemporains de Jésus, et de même pour l'influence asiatiques sur les hellénistes...
Aussi, rappelons-nous que le canon biblique actuel n'a été fixé que bien longtemps après la mort du dernier apôtre. C'est la main de l'homme qui à décidé de retirer bon nombres de livres.
D'accord avec ces réflexions.
Touriste a écrit : Quand aux textes summériens … Ils étaient au moins autant inspirés par leur créateur que les Juifs ou les chrétiens…
Comme le dit un dicton anglais: Devil is in the details ...
Ici, pas du tout d’accord.
L’auteur du début de la Genèse partageait les pensées humaines et les influences de son époque. Il pouvait en retenir ce qui était vrai. Mais, je crois, comme tout catholique, que l’Esprit Saint a inspiré les Ecritures Saintes et qu’elles sont la Parole de Dieu.
Les différences sont parfois limitées par rapport à des mythes païens. Ce n'est cependant pas le diable, mais Dieu lui-même qui inspire les détails qui font toute la différence entre une parole vraie (même si notre compréhension personnelle peut contenir bien des erreurs) et les approches humaines qui peuvent contenir des vérités partielles.
Touriste a écrit :Par définition, il n'y a pas d'avant le big-bang et la réalité historique n'est a propos que si l'on possède des pièces écrites contemporaines. L'histoire aussi est une science humaine
Le big bang est un repère dans le temps d’un événement scientifique. Il y a nécessairement un « avant » à toute constatation d’un fait dans le temps. Même sans « pièces écrites », le big bang n’en est pas moins historique. Même sans « pièces écrites », qui ne sont jamais que des témoignages toujours postérieurs, beacuoup de faits historiques n'en sont pas moins réels et analysés par les historiens.
Comme toute science humaine, l’histoire se base certes sur les pièces écrites, mais aussi sur toute autre trace matérielle et sur les analyses et les raisonnements qui permettent d’aller bien au delà de la seule approche immédiate des traces matérielles disponibles.
Rien ne justifie d’exclure a priori les réflexions d’un auteur ancien comme celui de la Genèse des recherches historiques. Rien n’empêche de confronter le cadre sommaire des récits de la Genèse avec les données actuelles de la science et de la science historique en particulier, ni d’y trouver des concordances possibles, même s’il faut éviter un « concordisme » qui prétendrait imposer une interprétation biblique pour la faire correspondre à une constatation historique ou pour en déduire une affirmation historique non vérifiée.
Re: Adam et Eve : quelle réalité concrète ?
Publié : mar. 27 avr. 2010, 6:52
par Marco Polo
Il me semble que ce qui différencie l'homme de l'animal c'est que l'homme a une âme intelligente que l'on nomme couramment esprit.

pouvez vous développez ce que vous appelez intelligence ??
Re: Adam et Eve : quelle réalité concrète ?
Publié : mar. 27 avr. 2010, 13:21
par ti'hamo
@ Touriste
. D'une part, il n'est en fait pas question ici de ce qui vous convient ou de ce qui ne vous convient pas. Il est d'ailleurs assez étonnant de vous voir, dans la suite de votre message, invoquer les principes scientifiques d'étude, quand vous avancez en premier lieu et pour trancher la question un argument aussi peu scientifique.
Quand on cherche à établir un diagnostic, on se fonde pas du tout sur son ressenti personnel, sur ce qui nous "convient" ou ne nous "convient" pas à ce moment !
. Par définition, dans une optique purement darwiniste, les premiers peuples humains ne peuvent pas avoir de souvenir de ce qu'était la vie "avant" l'apparition de la conscience de soi et de l'esprit, puisque leurs ancêtres, n'ayant ni l'esprit ni la conscience de soi, ne leur auront rien transmis comme souvenirs de ce mode de vie. Ils n'auront donc tout simplement pas du tout le souvenir que leurs ancêtres aient été sans esprit ni conscience de soi, et ils n'auront en conséquence aucun moyen de se rappeler un éveil de la conscience de soi ni de l'esprit.
. Pour les mêmes raisons, ils ne peuvent pas non plus "se souvenir" ni "perpétuer le souvenir" que leurs ancêtres aient été animaux.
. "Quand aux textes summériens", ils sont légèrement différents : notamment le monde créé (comme dans la mythologie grecque) ( et nordique) dans la guerre et les luttes entre différents dieux et différentes races.
Personnifications d'éléments naturels là où le récit de la Genèse désigne les Soleil et la Lune comme "des luminaires" et non comme des personnes ou comme des dieux, même secondaires.
. Les textes tels que nous les connaissons aujourd'hui n'ont pas été fixés si tardivement que cela.
On reconnaît d'ailleurs comme vrais des textes antiques dont pourtant on ne dispose pas des originaux, mais de copies bien plus tardives que dans le cas des évangiles.
Ce qui d'ailleurs invalide votre affirmation selon laquelle la réalité historique ne pourrait être établie "que si l'on possède des pièces écrites contemporaines" : s'il en allait ainsi, nous devriions considérer n'avoir aucune connaissance historique sur l'antiquité.
Re: Adam et Eve : quelle réalité concrète ?
Publié : sam. 31 juil. 2010, 19:50
par jpm
. Un adam masculin dont un morceau est tiré pour en faire une femme à partir de rien d’autre, comme une opération chirurgicale avec un développement miraculeux. Ou, une description d’une relation sexuelle qui ouvre la conscience humaine.
Quelqu’un a-t-il une quatrième interprétation littérale ?
Quelle que soit la possibilité retenue au sens littéral, chacun peut encore choisir ensuite de lui appliquer une des cinq options principales qui ont été évoquées.
Quelqu’un a-t-il une quatrième interprétation littérale ?
[/quote]
Ouil.... Adam " ou homme universel double homme et femme tout à la fois: ADAM, Aleph,Dalet,Aleph,M final. Ce M final est porteur de la pluralité, mais aussi d'une idée d'amassement. ADAM est double par le jeux de miroir du Aleph A-D-A. Cette "racine" est un "succédané" du verbe dit absolu, parce que non réductible EE : un double souffle. EE : représente l'existence dite absolue ou l'être absolu. Aleph représente la puissance mais aussi le principe de continuité et de stabilité.
A-D-A-M: AD: côté "homme", AM côté "femme", pourquoi? La lettre M représente, l'eau, considérée comme principe passif, mobile, fécond et formateur.