Journal de Julien Green
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etienne lorant
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Les choix
L'année 1927 a été pour Julien Green l'année cruciale durant laquelle il n'a pas pu choisir de vivre seul. J'ai fait cette découverte dans la correspondance de Julien Green à Jacques Maritain. Cette découverte m'a peiné. Même si je me doutais, par la lecture du Journal, du choix de l'écrivain, je ne m'attendais pas à ce que j'ai lu ici. Cependant, ce n'est pas ce qu'on peut croire: je ne me réjouis pas de cette découverte et je ne la mentionnerais pas si je ne ressentais pas comme une détresse à laquelle je peux m'associer. Il faut dire que j'ai dans ma famille une tante qui a recueilli chez elle son curé il y a plus de dix ans, lorsqu'il est tombé malade ... C'est très beau comme geste. Mais lorsqu'il a guéri, je lui ai reproché de ne pas regagner sa cure, et de partir en retraite en été... dans un appartement qu'elle avait loué. Je n'ai pas écouté ses protestations; même si je les crois sincères et vraies, j'ai dû dire: c'est trop de proximité, voilà tout, vous me connaissez si bien, comment voulez-vous que je continue de venir me confesser ?
Bref. Julien Green avait écrit à son ami Jacques : "J'ai été touché de la manière dont vous m'avez parlé hier soir, mais il y a quelque chose qui m'a beaucoup affligé... c'est que je vous ai menti sur un point très précis.... Vous m'avez demandé si je comptais vivre seul et j'ai dit oui alors que je devais dire non. Je voudrais que me pardonniez non seulement parce que vous êtes chrétien mais du fond du coeur et sans qu'il reste rien de cette faute que j'ai commise."
(Rien qu'à cette dernière phrase, on voit bien comment JG prête plus de prix à effacer un mensonge qu'à lutter pour que ce mensonge devienne vérité et qu'il choisisse de vivre seul). (Et pour ceux qui n'ont rien compris en lisant jusqu'ici, j'ajoute que tous les biographes parlent de l'homosexualité "mal assumée" de Julien Green.)
La réponse de Jacques Maritain est extraordinaire parce qu'elle montre quelle lumière emplit l'âme de Maritain, que je ne connais pas encore bien et qui est certainement plus chrétien que moi:
"Je vous parlerai franchement: une conversation comme celle que nous avons eue, une lettre comme celle que je reçois ce matin, me jettent devant Dieu en appelant la mort. Parce que Dieu me fais comprendre que je dois aider des âme à débrouiller le problème où elles sont... Impuissant par mes propres paroles, que puis-je, sinon offrir pour vous les souffrances qu'il plaira à Dieu de m'envoyer ? (Puis il se reprend, mais c'est pour insister) "A quelques prix que ce soit et quelque temps qu'il faille y mettre, il faut que nous tâchions d'éclaircir ces choses"... Il ajoute plus loin une ligne qui dit tout : "Je connais des gens mariés qui pour l'amour du Christ ont fait vœu de continence et dont l'amour mutuel a divinement grandi. Pourquoi dans d'autres cas, la même séparation ne pourrait-elle se faire ? Ou bien faut-il évacuer la croix du Christ et la remplacer par une croix de notre choix ?"
Je dois à la vérité de dire que je ne m'imagine pas qu'un homme puisse, des années durant, maintenir sa conscience dans une même "hésitation" et un compromis forcément boîteux, lesquels ne peuvent que rendre plus pénible la délivrance. Du coup, je comprends mieux l'état de peine dans lequel Julien Green a pu se garder lui-même, et en même temps, je me demande comment il s'en est sorti.
PS.
Cette correspondance ("Une grande amitié" correspondance 1926-1972") dans la collection de poche Idées/gallimard 472, est précise au point que les lettres portent même les adresses de leur auteur. Une aubaine quand on connaît les nombreux voyages des uns et des autres !
Bref. Julien Green avait écrit à son ami Jacques : "J'ai été touché de la manière dont vous m'avez parlé hier soir, mais il y a quelque chose qui m'a beaucoup affligé... c'est que je vous ai menti sur un point très précis.... Vous m'avez demandé si je comptais vivre seul et j'ai dit oui alors que je devais dire non. Je voudrais que me pardonniez non seulement parce que vous êtes chrétien mais du fond du coeur et sans qu'il reste rien de cette faute que j'ai commise."
(Rien qu'à cette dernière phrase, on voit bien comment JG prête plus de prix à effacer un mensonge qu'à lutter pour que ce mensonge devienne vérité et qu'il choisisse de vivre seul). (Et pour ceux qui n'ont rien compris en lisant jusqu'ici, j'ajoute que tous les biographes parlent de l'homosexualité "mal assumée" de Julien Green.)
La réponse de Jacques Maritain est extraordinaire parce qu'elle montre quelle lumière emplit l'âme de Maritain, que je ne connais pas encore bien et qui est certainement plus chrétien que moi:
"Je vous parlerai franchement: une conversation comme celle que nous avons eue, une lettre comme celle que je reçois ce matin, me jettent devant Dieu en appelant la mort. Parce que Dieu me fais comprendre que je dois aider des âme à débrouiller le problème où elles sont... Impuissant par mes propres paroles, que puis-je, sinon offrir pour vous les souffrances qu'il plaira à Dieu de m'envoyer ? (Puis il se reprend, mais c'est pour insister) "A quelques prix que ce soit et quelque temps qu'il faille y mettre, il faut que nous tâchions d'éclaircir ces choses"... Il ajoute plus loin une ligne qui dit tout : "Je connais des gens mariés qui pour l'amour du Christ ont fait vœu de continence et dont l'amour mutuel a divinement grandi. Pourquoi dans d'autres cas, la même séparation ne pourrait-elle se faire ? Ou bien faut-il évacuer la croix du Christ et la remplacer par une croix de notre choix ?"
Je dois à la vérité de dire que je ne m'imagine pas qu'un homme puisse, des années durant, maintenir sa conscience dans une même "hésitation" et un compromis forcément boîteux, lesquels ne peuvent que rendre plus pénible la délivrance. Du coup, je comprends mieux l'état de peine dans lequel Julien Green a pu se garder lui-même, et en même temps, je me demande comment il s'en est sorti.
PS.
Cette correspondance ("Une grande amitié" correspondance 1926-1972") dans la collection de poche Idées/gallimard 472, est précise au point que les lettres portent même les adresses de leur auteur. Une aubaine quand on connaît les nombreux voyages des uns et des autres !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
- Fée Violine
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Re: Les choix
Il y a quelques années, j'avais lu qu'il était question de béatifier Jacques et Raïssa Maritain. Je ne sais pas si c'est en cours...Maritain, que je ne connais pas encore bien et qui est certainement plus chrétien que moi:
En tout cas, tout le monde insiste sur sa constante charité. C'est certainement un saint !
Par exemple Jacques et Raïssa eux-mêmes, justement ! (mais bien sûr, il ne parle pas de ça dans ses lettres)Il ajoute plus loin une ligne qui dit tout : "Je connais des gens mariés qui pour l'amour du Christ ont fait vœu de continence et dont l'amour mutuel a divinement grandi
Je ne sais pas. Dans toute la correspondance, il n'y a pas d'autre allusion.je me demande comment il s'en est sorti.
Sur Jacques Maritain : http://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Maritain
Sur Jacques et Raïssa : http://www.inxl6.org/article1910.php
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etienne lorant
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"Le bel aujourd'hui"
Je vais bientôt commencer à "éplucher" le Journal de Julien Green intitulé "Le Bel Aujourd'hui". Je compte passer du temps dessus, car je n'ai pas réussi à me procurer ceux qui me manquent, mais aussi car ce "Bel Aujourd'hui" était le préféré de Jacques Maritain. Et c'est vrai que c'est l'exemplaire du Journal qui contient le plus d'annotations qui interpellent sur le plan spirituel. Cela me tiendra occupé un petit temps. Ensuite, j'espère que vous me conseillerez une lecture ou l'autre !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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gerardh
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Re: "Le bel aujourd'hui"
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Bonjour,
Je vous conseillerais la lecture (ou plutôt dans votre cas je suppose : la relecture), de la Parole de Dieu.
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Bonjour,
Je vous conseillerais la lecture (ou plutôt dans votre cas je suppose : la relecture), de la Parole de Dieu.
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etienne lorant
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Re: "Le bel aujourd'hui"
Merci de votre intervention. Qu'en pensent les autres membres du forum ?gerardh a écrit :Je vous conseillerais la lecture (ou plutôt dans votre cas je suppose : la relecture), de la Parole de Dieu.
Etienne
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
- coeurderoy
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Re: "Le bel aujourd'hui"
Personnellement, comme Etienne, j'ai besoin de confronter les fruits de la Parole de Dieu, les ferments, les obstacles, les joies qu'elle a pu apporter à ma vie avec les témoignages d'autres "frères humains", saints et pécheurs : les Notes intimes de Marie Noël, par exemple, m'ont été précieuses et j'ai beaucoup lu Julien Green au début de ma conversion - alors que Claudel me laisse de glace, c'est ainsi, trop "solaire" pour moi peut-être ?
C'est pourquoi je n'oppose, personnellement jamais la Parole de Dieu (reçue surtout en ce qui me concerne par le biais de la Liturgie) avec la littérature profane, lorsqu'elle n'est ni vide ni frivole.
Fraternellementl
C'est pourquoi je n'oppose, personnellement jamais la Parole de Dieu (reçue surtout en ce qui me concerne par le biais de la Liturgie) avec la littérature profane, lorsqu'elle n'est ni vide ni frivole.
Fraternellementl
"Le coeur qui rayonne vaut mieux que l'esprit qui brille"
Saint Bernard de Clairvaux
Saint Bernard de Clairvaux
Re: "Le bel aujourd'hui"
La vie des Saints et des grands mystiques ?etienne lorant a écrit :Ensuite, j'espère que vous me conseillerez une lecture ou l'autre !
« Dieu fournit le vent. A l'homme de hisser la voile. » (Saint Augustin)
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etienne lorant
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Bon à savoir !
Dans "Ce qui reste de jour" (le Journal de Julien Green 1966-1972, 14/2/1967)
Lumineuse citation de sainte Thèrèse d'Avila:
"Personne ne se perd sans le savoir".
Il faut considérer que c'est une déclaration non pessimiste, mais optimiste. Cela devrait rassurer les âmes un peu inquiètes. L'inquiétude est une chose, mais le scrupule me paraît plus grave: ne plus aller à l'Eglise parce qu' on ne sait comment faire la démarche de la réconciliation... c'est douter gravement de la Miséricorde divine: attention au désespoir !
Lumineuse citation de sainte Thèrèse d'Avila:
"Personne ne se perd sans le savoir".
Il faut considérer que c'est une déclaration non pessimiste, mais optimiste. Cela devrait rassurer les âmes un peu inquiètes. L'inquiétude est une chose, mais le scrupule me paraît plus grave: ne plus aller à l'Eglise parce qu' on ne sait comment faire la démarche de la réconciliation... c'est douter gravement de la Miséricorde divine: attention au désespoir !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
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La réalité dépasse la fiction !
Dans "Ce qui reste de jour" (le Journal de Julien Green 1966-1972), 14/2/1967:
"Promenade dans Passy, seul. Grande mélancolie. Oui, les maisons où j'ai été heureux, cela comptait. Lees souvenirs d'amour, mais aussi les souvenirs de joies religieuses. La chapelle de la rue Cortambert. Regardé longuement les ferronneries compliquées de nos fenêtres, au 16.
... C'est remarquable que sans devoir voyager, j'ai pu retrouver les lieux décrits par Julien Green à cette adresse:
http://www.terresdecrivains.com/Julien- ... Andresy-au
A la lecture, j'ai découvert que la chapelle fait face au temple protestant. C'est dans la crypte de la chapelle des Soeurs blanches, au n°20 de la rue, que Julien se convertit au catholicisme en 1916. (Ce genre de détails, un auteur de romans n'oserait pas l'utiliser, tant cela paraîtrait trop facile, or c'est justement un auteur de romans qu'il s'agit...)
"Promenade dans Passy, seul. Grande mélancolie. Oui, les maisons où j'ai été heureux, cela comptait. Lees souvenirs d'amour, mais aussi les souvenirs de joies religieuses. La chapelle de la rue Cortambert. Regardé longuement les ferronneries compliquées de nos fenêtres, au 16.
... C'est remarquable que sans devoir voyager, j'ai pu retrouver les lieux décrits par Julien Green à cette adresse:
http://www.terresdecrivains.com/Julien- ... Andresy-au
A la lecture, j'ai découvert que la chapelle fait face au temple protestant. C'est dans la crypte de la chapelle des Soeurs blanches, au n°20 de la rue, que Julien se convertit au catholicisme en 1916. (Ce genre de détails, un auteur de romans n'oserait pas l'utiliser, tant cela paraîtrait trop facile, or c'est justement un auteur de romans qu'il s'agit...)
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
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- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
Julien Green pressentait-il mai 68 ?
Dans "Ce qui reste de jour" (le Journal de Julien Green 1966-1972, 14/2/1967)
En découvrant ce nouveau Journal, je me rends compte, à certaines lignes laissées ici et là, que JG pressentait quelque chose des événements de mai 68. Les petites notes indiquent une sorte de lassitude de la "chose publique", exemples:
3/2/67 : "On met en place des panneaux pour les législatives. Ces tristes binettes ne donnent pas une idée très haute de l'homme"
3/3/67: "L'agitation électorale commence. L'opposition est contre le Général qui va parler demain, alors, dit-elle, qu'il n'en a pas le droit".
5/3/67: "A la TV, discours du général de Gaulle, très modéré, très calme, raisonnable. En 1965, il a été réélu comme à regret. Que vont donner les journées futures ? "
Ce qui me frappe en fait, c'est que les annotations de politique générale sont très rares dans les autres éditions du Journal. Ici, elles se retrouvent jointes à de nombreuses inquiétudes concernant l'avenir de l'Eglise:
10/4/1967 : "D'après quelques religieux qui se confient à moi, l'Eglise va vers le schisme. Certains bénédictins font campagne en faveur de la désacralisation de la religion. Plus de sacrfé ! Il y a du démon là-deans"
Que s'est-il donc passé, non dans le visible mais dans le monde invisible, au cours des années 60 ?
Je vais continuer de tirer sur ce fil jusqu'à la relation des mouvements de mai 68, çà promet !
En découvrant ce nouveau Journal, je me rends compte, à certaines lignes laissées ici et là, que JG pressentait quelque chose des événements de mai 68. Les petites notes indiquent une sorte de lassitude de la "chose publique", exemples:
3/2/67 : "On met en place des panneaux pour les législatives. Ces tristes binettes ne donnent pas une idée très haute de l'homme"
3/3/67: "L'agitation électorale commence. L'opposition est contre le Général qui va parler demain, alors, dit-elle, qu'il n'en a pas le droit".
5/3/67: "A la TV, discours du général de Gaulle, très modéré, très calme, raisonnable. En 1965, il a été réélu comme à regret. Que vont donner les journées futures ? "
Ce qui me frappe en fait, c'est que les annotations de politique générale sont très rares dans les autres éditions du Journal. Ici, elles se retrouvent jointes à de nombreuses inquiétudes concernant l'avenir de l'Eglise:
10/4/1967 : "D'après quelques religieux qui se confient à moi, l'Eglise va vers le schisme. Certains bénédictins font campagne en faveur de la désacralisation de la religion. Plus de sacrfé ! Il y a du démon là-deans"
Que s'est-il donc passé, non dans le visible mais dans le monde invisible, au cours des années 60 ?
Je vais continuer de tirer sur ce fil jusqu'à la relation des mouvements de mai 68, çà promet !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
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Extraits d'un sermon
Dans "Ce qui reste de jour" (le Journal de Julien Green 1966-1972) - Pentecôte
Extrait d'un sermon: "Si vous n'allez pas à l'église, si vous laissez votre Bible fermée, on vous volera votre foi, le monde vous la volera". (Je suis d'accord, car un rapport assez régulier avec les Ecritures semblent conférer force, joie et douceur à celui qui lit - naturellement, il ne s'agit pas de lire en travers, mais de faire comme les ruminants, qui mâchent, avalent et regurgitent, mais sans avoir essayé, qui dira comment cela se passe !)
Autre extrait: "Quelqu'un va trouver un pasteur et lui demande: "Où était Dieu quand on m'a tué mon fils au Vietnam ?" Réponse: "Là où il était quand on lui a tué le sien".
Extrait d'un sermon: "Si vous n'allez pas à l'église, si vous laissez votre Bible fermée, on vous volera votre foi, le monde vous la volera". (Je suis d'accord, car un rapport assez régulier avec les Ecritures semblent conférer force, joie et douceur à celui qui lit - naturellement, il ne s'agit pas de lire en travers, mais de faire comme les ruminants, qui mâchent, avalent et regurgitent, mais sans avoir essayé, qui dira comment cela se passe !)
Autre extrait: "Quelqu'un va trouver un pasteur et lui demande: "Où était Dieu quand on m'a tué mon fils au Vietnam ?" Réponse: "Là où il était quand on lui a tué le sien".
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
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Toutes les maximes ne sont pas forcément justes !
Dans "Ce qui reste de jour" (le Journal de Julien Green 1966-1972) - 8/6/1967
"Racine passera comme le café" A-t-on jamais fait prédiction aussi exacte ? Ni l'un ni l'autre n'ont passé.
Jésus disait: "Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront pas". Lorsque l'on se souvient de ces mots, on est prompt à se repentir de ce doute qui naît parfois dans les épreuves. Jésus est venu et nous a tirés du bourbier où nous nous enfoncions. Parfois, saisi par le doute, je me sens en proie à une sorte de vertige. Dans ces moments, je m'oblige à dire: "Jésus, j'ai confiance en toi !" et je m'oblige à passer outre. Car la Parole est infaillible.
"Racine passera comme le café" A-t-on jamais fait prédiction aussi exacte ? Ni l'un ni l'autre n'ont passé.
Jésus disait: "Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront pas". Lorsque l'on se souvient de ces mots, on est prompt à se repentir de ce doute qui naît parfois dans les épreuves. Jésus est venu et nous a tirés du bourbier où nous nous enfoncions. Parfois, saisi par le doute, je me sens en proie à une sorte de vertige. Dans ces moments, je m'oblige à dire: "Jésus, j'ai confiance en toi !" et je m'oblige à passer outre. Car la Parole est infaillible.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
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Le Trésor... Exemple de modèle d'Evangile
Je reproduis ici, car c'est un témoignage qui va très bien avec mon partage de l'Evangile de ce jour, un extrait du Journal de Julien Green (dans "Ce qui reste de jour"), le 15/1/1968:
"Celui que j'appelle le vieux berger et que nous voyons, Anne et moi, toujours dans le même coin de la chapelle des Missions, près de la porte, enfoui dans son immense cape levant vers le monde un admirable visage émacié, aux yeux d'azur, celui-là est sans doute un saint comme le Moyen Age en a produit. Nous voit-il ? J'en doute. Il a d'ordinaire son chapelet entre les doigts et ses lèvres remuent imperceptiblement. Le frère portier a dit à Anne que c'était un frère convers et qu'il se tenait là, dans la chapelle, près de la porte, depuis 1900. Quand il est malade, il disparaît dans une chambre qu'on lui a donnée, il ne se plaint jamais, il prie. Sa chair est couleur d'ivoire, ses cheveux d'un blanc de neige, il a l'air d'être déjà de l'autre côté. Le regarder, c'est lire l'Evangile à la page des Béatitudes Le seul mot qui me vienne à l'esprit en pensant à lui, c'est celui de lumière."
"Celui que j'appelle le vieux berger et que nous voyons, Anne et moi, toujours dans le même coin de la chapelle des Missions, près de la porte, enfoui dans son immense cape levant vers le monde un admirable visage émacié, aux yeux d'azur, celui-là est sans doute un saint comme le Moyen Age en a produit. Nous voit-il ? J'en doute. Il a d'ordinaire son chapelet entre les doigts et ses lèvres remuent imperceptiblement. Le frère portier a dit à Anne que c'était un frère convers et qu'il se tenait là, dans la chapelle, près de la porte, depuis 1900. Quand il est malade, il disparaît dans une chambre qu'on lui a donnée, il ne se plaint jamais, il prie. Sa chair est couleur d'ivoire, ses cheveux d'un blanc de neige, il a l'air d'être déjà de l'autre côté. Le regarder, c'est lire l'Evangile à la page des Béatitudes Le seul mot qui me vienne à l'esprit en pensant à lui, c'est celui de lumière."
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
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Le paradis ou l'enfer
Dans "Ce qui reste de jour" (le Journal de Julien Green 1966-1972) - 6/2/1968
Petite réflexion sur la bataille d'Hué au Vietnam, que les Américains veulent reprendre coûte que coûte:
"Quand l'homme veut faire un paradis sur terre, c'est toujours raté. Mais par contre ses enfers sont parfaitement réussis".
J'étais gamin, je me souviens que sur la télévision en noir et blanc, j'avais vu les soldats américains tirer au M-16 en tenant leur arme au-dessus de leur tête - ce n'est certainement pas ainsi qu'on évite les "dommages collatéraux" ! (Bon il faut dire aussi qu'à cet époque, il n'y avait pas de dommages collatéraux. L'expression est moderne et neutre pour éviter de dire : les victimes innocentes, bien sûr.
Petite réflexion sur la bataille d'Hué au Vietnam, que les Américains veulent reprendre coûte que coûte:
"Quand l'homme veut faire un paradis sur terre, c'est toujours raté. Mais par contre ses enfers sont parfaitement réussis".
J'étais gamin, je me souviens que sur la télévision en noir et blanc, j'avais vu les soldats américains tirer au M-16 en tenant leur arme au-dessus de leur tête - ce n'est certainement pas ainsi qu'on évite les "dommages collatéraux" ! (Bon il faut dire aussi qu'à cet époque, il n'y avait pas de dommages collatéraux. L'expression est moderne et neutre pour éviter de dire : les victimes innocentes, bien sûr.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
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Pourquoi la lecture ?
Journal de Julien Green "Ce qui reste de jour" - 13 mai 1968
"Lit-on pour être savant ou pour être sauvé ? C'est la question que je me pose depuis ma dix-huitième année. Savoir l'histoire, par exemple, est d'un intérêt tout relatif. Cependant, il y a la masse de lectures profanes qui m'ont été utiles pour apprendre mon métier. J'ai sans doute trop aimé ces livres, mais quelle beauté parfois dans une littérature tout entière tournée vers le monde visible !"
Commentaire: pas d'acord avec l'intérêt "tout relatif" de l'histoire ! Julien Green y a été mêlé tout du long et en écrivant son Journal, il me permet aujourd'hui de réexplorer pratiquement tout le siècle qui vient de s'achever ! Il est né "avec le siècle" en 1900, il a traversé les deux guerres mondiales, il a écrit une série de romans pour raconter la défaite des sudistes lors de la guerre de Sécession... et il dit que l'histoire est d'un intérêt "tout relatif" ?
"Lit-on pour être savant ou pour être sauvé ? C'est la question que je me pose depuis ma dix-huitième année. Savoir l'histoire, par exemple, est d'un intérêt tout relatif. Cependant, il y a la masse de lectures profanes qui m'ont été utiles pour apprendre mon métier. J'ai sans doute trop aimé ces livres, mais quelle beauté parfois dans une littérature tout entière tournée vers le monde visible !"
Commentaire: pas d'acord avec l'intérêt "tout relatif" de l'histoire ! Julien Green y a été mêlé tout du long et en écrivant son Journal, il me permet aujourd'hui de réexplorer pratiquement tout le siècle qui vient de s'achever ! Il est né "avec le siècle" en 1900, il a traversé les deux guerres mondiales, il a écrit une série de romans pour raconter la défaite des sudistes lors de la guerre de Sécession... et il dit que l'histoire est d'un intérêt "tout relatif" ?
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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