Cinci a écrit : ↑lun. 22 juil. 2019, 20:00
Carhaix :
Je regrette, Foxy, mais vous ne répondez pas du tout aux deux questions que je pose... Ces deux questions sont pourtant assez simples... Vous remarquerez aussi que je n'ai pas donné mon opinion. Je me contente de poser simplement deux questions toutes simples.
Oui.
Je n'ai vu ni la réponse de Foxy aux questions simples ni en quoi Kérygme devrait répondre sur le fond à pas mal des questions. C'est vrai. Kérygme se contente surtout d'essayer de faire valoir l'idée qu'il faudrait se ranger à l'avis du pape et parce que c'est le pape. Pourtant, il n'est rien qui empêche un catholique de différer d'avis avec le pape dans des matières séculières, administratives, politiques, scientifiques ou autre.
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Un exemple : le pape veut appuyer le pacte de Marrakech ? Eh bien, pas moi. Il s'agit bien de po-li-tique. Et l'appui du pape à ce pacte po-li-tique n'a rien de théologique, religieux, moral comme si cela devait ressortir du catéchisme ou dogmatique.
Pour ma part, je ne cherche pas à discuter les propos du pape. Si on étudiait les faits, dires et gestes de chaque pape de l'histoire, on découvrirait énormément de contradictions entre eux. Et donc, bien évidemment, vous avez raison, l'infaillibilité ne peut pas s'y appliquer, car sinon, on basculerait dans une sorte de folie où l'Eglise changerait d'avis tous les quatre matins. Il ne faut pas confondre l'Eglise triomphante avec l'Eglise militante.
J'aimerais simplement que quelqu'un me réponde sur deux points fort simples :
1. On entend que l'ouverture des frontières est compatible avec l'Evangile. Autrement dit, la frontière est un péché, une abomination aux yeux de Dieu (on retrouve exactement le même argument dans l'autre discussion sur la peine capitale), en s'appuyant sur une parole du Christ concernant le Jugement Dernier : "j'étais étranger et vous ne m'avez pas accueilli". En fait, on fait une interprétation à la lettre de ce passage des Ecritures. Mais dans ce cas, pourquoi ne pas appliquer à la lettre d'autres paroles du Christ :
- "N'appelez personne "votre père" car vous n'avez qu'un seul Père qui est au Cieux". Or il me semble que les prêtres se font appeler "mon père".
- "Ne refusez pas à qui réclame. Donnez votre manteau à qui le demande. Si on vous prend votre bien, ne le réclamez pas." : est-ce à dire que l'on doit accepter d'être dépouillé ? J'ai demandé à Foxy si elle était prête à donner son manteau. Elle répond à côté en parlant de fournir de l'aide matérielle à des démunis. Pardon, mais donner 10 euros de nourriture à une association, même si c'est louable, ce n'est pas le cas soulevé par le Christ. Le Christ dit bien : donne ton manteau, le TIEN, celui que TU PORTES présentement, donne-le à celui qui te le demandes. Est-ce qu'un chrétien doit se dépouiller de son manteau ? Le SIEN personnellement ? On remarquera que Saint Martin n'a accompli qu'à moitié le précepte évangélique puisqu'il n'a donné que la moitié de son manteau. Il a gardé l'autre moitié pour lui. Alors ? Que dit l'Eglise à ce sujet ? Saint Martin était-il un tiède qui n'a fait que la moitié de ce qu'attendait le Christ ?
De même, "si on vous prend votre bien, ne le réclamez pas". Autrement dit, ne portez pas plainte si on vous vole. En effet, j'imagine mal un grand saint se rendre dans un commissariat pour déclarer le vol de son iphone. Et nous ? Que devons-nous faire ? Si je me fais cambrioler, je ne dois pas aller au commissariat ? Je ne dois pas contacter mon assurance ? (hé oui, pour contacter l'assurance, il faut d'abord déposer une plainte. On fait comment ?) Que dit l'Eglise ?
- "Coupez votre main, votre pied, et votre oeil, si vous ne voulez pas aller en Enfer avec vos deux mains, vos deux pieds, vos deux yeux". Jusqu'ici, je n'ai jamais entendu de prêtres conseiller aux fidèles de s'appliquer de telles mutilations. Je n'ai pas vu non plus de chrétiens qui s'étaient mutilés pour répondre à l'appel du Christ. Il me semble d'ailleurs que l'Eglise a condamné Origène pour l'avoir fait.
- "Vendez votre bien, le donnez aux pauvres, et venez à ma suite en portant votre Croix". Devons-nous l'appliquer à la lettre ? Jusqu'ici, je n'ai entendu parler d'aucun chrétien qui soit allé jusque là, sauf peut-être Saint François d'Assise et ses compagnons. Et une génération plus tard, c'était fini.
Il y en a plein d'autres...
Alors ? Si on doit entendre à la lettre un précepte, et l'appliquer tel quel (en abolissant les frontières), pourquoi les autres préceptes ne devraient pas s'appliquer aussi à la lettre ?
Voilà, ma question est simple. Oui, ou Non. Si Oui : pourquoi l'Eglise change d'avis en cours de route ? Et qu'attendons-nous pour appliquer à la lettre les autres préceptes ?
2. Si l'abolition des frontières est une application de l'Evangile, le pouvoir actuel est-il donc en train de mener une politique évangélique ? Car il faudrait quand même rappeler que cette politique d'abolition des frontières est mise en oeuvre, en ce moment, par le régime en place. Soutenir cette politique, c'est donc donner raison au régime actuel. Alors je pose la question : quel est le mobile de cette politique ? Appliquer l'Evangile ? Ou autre chose ? Faire le Bien, peut-être ? Donc, le pouvoir actuel veut "faire le Bien" ? Est-ce que vous avez l'impression que l'ensemble de la politique menée jusqu'ici est soucieuse de "faire le Bien", ou d'appliquer l'Evangile ? Par exemple, le traité du CETA est-il, lui aussi, une application de l'Evangile, ou de l'idée de "faire le Bien" ? Je cite cet exemple au hasard. Mais on pourrait parler du creusement des inégalités entre les très riches et les très pauvres, qui est le résultat de cette même politique menée depuis des décennies. Cela répond aussi aux préceptes de l'Evangile ? Ou du "Bien" ?