Bassmeg a écrit :
Le mouvements gilets jaunes n' est pas une "jacquerie" comme vous dites. Nous ne sommes pas des Jacques. Ça, s' est le terme qu'employaient les marquis pour désigner les paysans illettrés et ignorants, il y a bien longtemps, juste avant que les marquis apprennent à baisser d'un ton et à se faire discrets. Depuis cette époque, il s'est passé bien des choses. Nous ne sommes pas non plus des sans rangs, sans dents, gueux, ou jacquouilles, malgré l'image que certains aimeraient nous accoler.
Ah ! mais je serais peut-être le dernier à vouloir mépriser ces Français "à la base" et qui vont parader dans les rues. Je ne les méprise pas. Non, mais surtout pas. Attention !
Les termes littéraires que j'utiliserais font référence à ces expressions que peuvent employer ça et là des observateurs de tout acabit, aussi bien tels ce que des nobliaux d'une époque lointaine auraient pu dire au sujet de pauvres se rebellant. Et si j'écris "pauvre" mais ce n'est certainement pas parce que je me verrais,moi-même, flottant très haut, loin au-dessus. Par rapport aux divers avocats défunts des feu parlements de Bretagne, de Bordeaux ou de Dijon : le sans dents c'est moi.
Il faudra tout vous expliquer ou quoi !
Je sais très bien
stricto sensu que ce ne sont pas des paysans du XIIIe siècle qui se rebellent ici, ni des gens des petits métiers du faubourg Saint-Antoine du XVIIIe siècle. Mais il reste que l'on peut transposer certaines expériences par-delà les siècles, pour trouver certaines similitudes (partielles; toujours partielles, hein ?) qui ne seront pas complètement gratuites.
Un historien disait que si l'histoire ne se répète jamais, il lui arrivait en revanche de pouvoir bégayer.
Les phénomènes de déclassement social, abus de taxation, surdité du pouvoir, sentiment d'impuissance d'une bonne strate de la population, de riches qui veulent accroître leurs privilèges en pleine période où le bon peuple pique du nez ne sont pas des événements particulièrement uniques dans l'histoire. C'est un peu comme pour le péché : une certaine tendance à la répétition.
« Toute proportion gardée, et sans faire d’anachronisme, il y a une dimension de lutte des classes dans l’actualité des gilets jaunes », explique-t-il à Aleteia. « Certains commentateurs mettent en évidence une élite mondialisée, des métropoles, et une classe moyenne en cours de déclassement ou qui craint le déclassement et qui vit dans la “France périphérique”. Il s’avère que Frédéric Ozanam, figure du catholicisme social, a beaucoup écrit sur cet aspect de lutte des classes. Il a des choses à nous dire sur ce qui se passe aujourd’hui ».
- L'évêque du Gap ... Mgr Malle ... qui est sûrement un fin lettré
Traduction : une dimension de jacquerie, de révolte des Boyards, de luddites, de canuts de Lyon, de soulèvement de paysans d'Allemagne, etc.
La révolution industrielle bouleverse l'Angleterre du début du xixe siècle. Dans le milieu du textile, trois professions sont particulièrement menacées par l'apparition de métiers mécaniques : les tondeurs de draps, les tisserands sur coton et les tricoteurs sur métier. Ceux qui les pratiquent sont des artisans assez puissants, bien organisés malgré les lois de 1799 interdisant toute association en Angleterre (Combination Act), et mieux lotis que les ouvriers qui travaillent dans les usines. Ces métiers très techniques sont déterminants pour la qualité des draps ou des tissus : selon le travail d'un tondeur de draps, par exemple, le prix du produit fini peut varier de 20 %.
Les années 1811-1812 cristallisent les rancœurs des couches populaires anglaises et spécialement celles de ces artisans. C'est que, outre la crise économique, les mauvaises récoltes et la famine, ces années marquent la fin des politiques paternalistes qui protégeaient les artisans et le lancement en grande pompe de la politique du « laissez-faire » — on parlerait aujourd'hui de libéralisme économique.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Luddisme
Le 21 novembre 1831, plusieurs centaines de tisseurs parcourent la Croix-Rousse, qui est alors une commune indépendante9. Ils obligent ceux qui travaillent encore à arrêter leurs métiers à tisser, puis descendent de la Croix-Rousse par la montée de la Grande-Côte jusqu’à la rue Vieille-Monnaie. La 1re légion de la Garde nationale, composée principalement de négociants et qui barre le passage, fait feu. Trois ouvriers sont tués, plusieurs sont blessés. Les canuts remontent à la Croix-Rousse et alertent la population en criant : « Aux armes, on assassine nos frères. » On s’arme de pioches, de pelles, de bâtons, quelques-uns ont des fusils. Des barricades sont dressées et les ouvriers marchent sur Lyon, drapeau noir en tête, et bientôt, les tisseurs de la Croix-Rousse sont rejoints par ceux des Brotteaux et de la Guillotière.
Le 22 novembre, à Lyon, un combat sanglant a lieu au pont Morand10. Les soldats et gardes nationaux, battus, renoncent à contrôler la Grande-Côte et la montée Saint-Sébastien et les ouvriers prennent possession de la caserne du Bon-Pasteur et pillent les armureries. Des ouvriers de tous les quartiers se joignent aux canuts qui sont bientôt maîtres de toute la ville, à l’exception du quartier des Terreaux. Plusieurs corps de garde de l’armée ou de la Garde nationale sont attaqués et incendiés. L’infanterie essaie vainement de les arrêter, puis recule sous les tuiles et les balles, tandis que la Garde nationale, dont nombre de membres se recrutent parmi les canuts, passe du côté des émeutiers.
Au terme d’une rude bataille – environ 600 victimes dont quelque 100 morts et 263 blessés côté militaire, et 69 morts et 140 blessés côté civil –, les émeutiers se rendent maîtres de la ville que fuient, dans la nuit du 22 au 23 novembre, le général Roguet, commandant la 7e division militaire, ainsi que le maire, Victor Prunelle.
Le 23 novembre, les insurgés sont maîtres de la ville et se gardent de tout pillage. Ils occupent l’hôtel de ville, mais leurs chefs, qui n’étaient « entrés en grève » que pour obtenir la correcte application de l’accord collectif, ne savent plus que faire de leur victoire. Un comité insurrectionnel se forme sous l’impulsion de quelques républicains, mais ne prend pas de mesures concrètes, faute d’un véritable programme et aussi du soutien des canuts, qui refusent de voir leur mouvement récupéré à des fins politiques.
La semaine suivante, les ouvriers, pensant tenir leur tarif, reprennent le travail.
https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volte_des_canuts