Re: L'église de Vierzon transformé en mosquée ?
Publié : dim. 25 nov. 2012, 2:35
Bonsoir à tous,séraphine a écrit : L'église n'attire plus. C'est pour cela que je dis qu'il faut rajeunir le message de Jésus et le donner de manière plus "jeune". On peut donner le même message, mais de manière différente, plus attrayante !
je me permets de revenir sur ce point du fil parce qu'il me parait essentiel, et je reprend tout à fait la position de Ti'Hamo.
Quand je me suis convertie, jeune adulte, c'était par soif. Une soif incroyable, que j'associe à un "cadeau", mais pas à mes mérites, qui la veille encore n'avaient aucune soif.
J'avais soif d'autre chose. Si un curé avait fait une rave dans son église, non seulement j'aurais fui cette église, mais j'aurais fui l'Eglise. Parce qu'à l'Eglise, je vais chercher autre chose que ce que je connaissais déjà et qui m'écoeurait, qui m'enfermait, qui ne me permettait plus de faire bouger mes représentations, d'inventer mon propre chemin, au profit d'un comportement "jeune" mais surtout conforme à des choses que je ne voulais pas faire. Si être jeune c'est faire, dire, ce qu'on nous "dicte", avec l'air de ne pas y toucher, alors très peu pour moi; de la plus formatée des enfants, sage, obéissante, sotte et perroquet, je me suis enfuie de toutes mes prisons par la foi.
L'Eglise parait austère, sans compromis, exigeante, d'un autre temps, et elle condamne beaucoup de choses? Eh bien c'est très bien, et c'est cette position si singulière, pétrie de l'effort qu'elle nous demande, de renoncer à nous-même pour avoir le ticket pour aller embrasser un "autrement", qui m'est apparu tout à tout comme une invitation forte, un challenge, une aventure, et qui a fait de moi un être insatiablement curieux, qui a cherché, gratté, gratté, toutes les parcelles infimes de doctrine, de foi, d'indices de toute sorte. Comme un archéologue, qui grattera son écaille trouvée jusqu'à la révéler et la sublimer, lui rendre son sens, sa place dans un puzzle et son histoire, j'ai fait de même, et c'était dur, âpre, déroutant, rebutant même, car j'ai dû tout réapprendre, (même le fait de se lever chaque matin d'une humeur correcte!). Je m'en fous; j'étais vivante à l'intérieur de moi et ça valait tout.
Le rapport à Dieu dérange, et en plus c'est un chemin étroit et pentu, qui ne peut être fait uniquement d'effort et de renoncements. C'est pour cela que sur une époque comme la nôtre qui porte au pinacle l'argent facile, le tout "tout de suite", le relativisme, la liberté individuelle quasi-absolue, il en prend un coup dans l'aile. Mais je reste persuadée que la voie étroite est la voie de prédilection de l'Eglise, et qu'à trahir cette voie, on n'arrangera pas les choses.
Et pour ce qui est de certaines autres formes de culte, attention à ne pas confondre chiffres flatteurs d'expansion et embrigadements qui forcent sans le dire la vraie liberté de l'individu. C'est Dieu et Lui seul qui convertit, à son heure et à sa façon; nous nous ne sommes que des serviteurs.
Pour ce qui est des "conduites propres à convertir" des personnes chargées du culte, leur première qualité à cultiver, -et c'est la même pour nous-, c'est la prière. C'est la prière et pas nous qui fait bouger le monde. Parce que nous, nous sommes tellement imparfaits, tellement à coté de la plaque parfois, qu'au lieu d'attirer, des fois on rebute.
La prière rapproche de Dieu, la prière est union, canal par lequel Dieu peut se déverser en nous, et se servir de nous pour resplendir à travers nous sans que nous en soyons conscients. Et c'est cela qui convertit, Dieu qui peut atteindre l'autre parce que nous le laissons se servir de notre âme pour qu'Il agisse à sa guise et à son heure.
Donc merci Ti'Hamo de nous l'avoir rappelé.