Jean-Mic a écrit :Euh, ben, ... pas facile
Laïc ayant été appelé à donner la communion, les toutes premières fois où des enfants se sont présentés pour recevoir une bénédiction, j'ai bafouillé je ne sais plus quoi. Puis, encore un peu gêné, j'ai adopté une formule très simple, la même que je traçais sur mes propres enfants. Et puis, progressivement, j'ai réalisé que les familles et leurs enfants ne venaient pas demander ma bénédiction, la bénédiction d'une personne, mais bien une bénédiction
auprès du Christ présent dans l'Eucharistie, et ma gêne a disparu : ce n'est pas moi, ma petite personne, mais bien l'humble serviteur porteur du Pain Eucharistique qui marque le front de celui qui se présente. Si le mouvement de communion le permet, rien de plus normal ou de moins surprenant que les enfants (et certains adultes) reçoivent préférentiellement la bénédiction du prêtre. Mais, j'ose quand même cette question : dès lors que l'on admet qu'un laïc peut être ministre extraordinaire de la communion, ne devient-il pas de facto ministre extraordinaire de cette bénédiction ?
Bon, d'accord, un peu de formation préalable ne ferait pas de mal

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Fraternellement
Jean-Mic
Globalement d'accord avec vous.
On peut toujours recourir à la vieille formule de nos pères, certes traditionnelle: Ecclesia supplet !
Pour moi, une chose est claire: c'est au prêtre célébrant, et à lui seul, qu'est la responsabilité (Jean Baptiste a, significativement, oublié de me répondre sur ce point).
Donc, je fais ce qu'on me demande. Cette bénédiction bizarre me gêne un peu, mais certes pas suffisamment pour que je refuse de distribuer la communion.
Je préférerais cependant, et ça viendra certainement un de ces jours, une prise de position claire de l'autorité compétente pour décider
1) Soit que cette bénédiction est réservée au prêtre, et que donc ceux qui veulent se faire bénir à défaut de communier doivent s'adresser exclusivement à lui.
2) Soit (ça me surprendrait) que le "ministre extraordinaire" peut aussi remplacer le prêtre en cela
3) Soit que la bénédiction comme ersatz de communion est à proscrire, tout le monde étant bénit par le prêtre à la fin
… ou une autre solution qui m'échappe.
Je suis toujours surpris, et navré, des passions (et des fatwahs) que provoquent ce genre de sujets. Il me semble qu'il y a (hélas) des questions plus graves pour l'Église en France aujourd'hui que le sexes des anges… ou celui des ministres extraordinaires laïcs.
J'ai beaucoup de mal à comprendre exactement ce que viennent chercher à la Sainte Messe ceux qui attachent une telle importance à ces détails.
Quant à l'argument "Il vaut mieux que la messe dure une demie heure de plus", il est proprement hallucinant. D'abord l'intérêt pour les fidèles, quels qu'ils soient de piétiner une demie heure avant de recevoir la communion semble pour le moins discutable. ( J'aime beaucoup ce que dit Relief
Ça a aussi l'avantage de laisser plus de temps aux fidèles pour se recueillir après avoir communié.
qui semble considérer que, forcément, dans un cas comme ça, il fera partie des premiers à recevoir la communion. Le bas peuple derrière ?)
Ensuite, la question, qui dépasse de beaucoup ce genre de querelle, est: pourquoi célébrons nous la messe ? Pour nous retrouver le moins nombreux possible, et nous féliciter de notre grande vertu ? Ou pour proposer au monde le don que le Fils de Dieu lui fait, par l'Église, de son corps ?
Je pense à ce que disait Notre Seigneur aux scribes et pharisiens dans l'évangile de Matthieu. "Malheur à vous, scribes et Pharisiens hypocrites, qui fermez aux hommes le Royaume des Cieux! Vous n'entrez certes pas vous-mêmes, et vous ne laissez même pas entrer ceux qui le voudraient"