Florence44 a écrit :
Quant à moi et la communion, je ne m'en estime pas encore digne. Pendant trois ans je n'ai pas souvent pensé à Dieu. Il m'est arrivé d'aller à la messe, mais cela se compte sur les doigts de la main. Je n'ai pratiquement jamais prié, ni consacré du temps à Dieu. Puis avant de communier j'aurais besoin de me confesser pour ces trois années d'infidélité à Dieu, pour avoir parfois même haïs celui-ci d'avoir mit sur ma route celui qui m'a détruit. Alors le moment de communion n'est pas encore arrivé pour moi.
Votre témoignage de retrouvailles avec Dieu me parle tant. Nous sommes un peu dans la même situation, nous avons été infidèle à lui, indigne de lui.
et je penserai fort à vous le jour de ma communion.
Prenez bien soin de vous à présent. Retrouvez des vrais valeurs, un vrai rythme de vie. Et si un jour l'envie vous venait de retomber, n'oubliez pas qu'à travers ce forum vous aurez toujours du soutien pour lutter. J'imagine bien qu'on ne peut pas tourner une page de neuf ans comme ça, ni même qu'on puisse changer une habitude de vie comme ça. Mais en cas de doutes, de peurs, je serais là pour vous écouter. Mon aide n'est pas d'une grande utilité, je ne connais pas grand chose des textes sacrés que d'autres pourraient vous citer pour vous aider mais je peux toujours écouter, discuter. Toutes les personnes de ce forum, j'en suis sur, seront là pour vous. Avec Dieu tout est possible.
Courage.
Florence
Chère Florence,
Vous attendez de vous être relevée pour aller voir le Seigneur... mais c'est Lui qui vous relèvera !
Vos mots ont été les miens. 9 ans d'égarement, 1 an et demi à prendre conscience que je ne voulais plus de cette vie et à souffrir d'être tombée si bas, 6 mois pour prendre conscience que j'avais besoin de réconciliation et quelques jours pour passer à l'action. C'est un long chemin et je comprends parfaitement que vous ayez besoin de temps pour remettre de l'ordre dans votre vie, votre esprit, votre foi.
Ce que vous avez subi fait de vous une victime ; le reste doit être déposé aux pieds du Seigneur. Croyez-vous que je n'ai pas maudi Dieu pendant 9 ans ? Croyez-vous que je l'ai caché au Père Patrice ? Et savez-vous à quel point j'ai été accueilli, avec quelle bienveillance, avec quelle compassion par le Seigneur, par les anges et les saints, par la Sainte Vierge et par le prêtre? Et quelle grâce j'ai reçue ! La bonté du Seigneur est inépuisable !
Notre Griffon a dit quelque chose de très vrai : la honte n'est qu'un artifice diabolique pour nous tenir loin de la Vérité. Avoir honte et regretter sincèrement ses fautes sont des sentiments très différents.
Aujourd'hui, je me suis approchée de l'Eucharistie et je l'ai reçue des mains du prêtre qui sait tout de moi (il pouvait prendre le micro et dire "vous voyez la brune, là, au 8ème rang, ben, je vais vous raconter sa vie, ça va vous distraire !" ). Nos regards se sont croisés, il était heureux et moi, je n'ai pas eu honte d'être devant lui (et devant Lui). J'ai ressenti de la joie, du respect, du recueillement : mais de la honte, je n'en ai plus, la grâce est là. Si Dieu est pour moi, qui sera contre moi ?
Jésus vous attend, n'en doutez pas, Il doit se dire : "je patiente, elle va arriver, elle a un peu de retard mais elle est au coin de la rue". Peut-être n'êtes-vous pas encore dans cette évidence qui pour moi s'est fait jour. Après, il y a des démarches difficiles, il vous suffit de relire les messages du post. Mais c'est une leçon aussi à tirer : on ne va pas bien loin quand on est seul. Qui vous empêche de livrer ici ce que vous vivez, qui vous jugera ? Vous y trouverez du réconfort, du courage et des conseils avisés.
Je fais mien les conseils de Petit Mathieu (voir page 1) : lisez les évangiles pour vous entretenir avec Dieu et entrez en contact avec un prêtre, même si vous ne vous confessez pas de suite, il vous accueillera comme vous êtes et vous sera certainement secourable. Vous avez la chance et la bonne idée, malgré tout, de continuer à aller à la messe même si vous ne communiez pas, vous gardez un contact étroit avec le Ciel. Au contraire, retournez à la messe pour nourrir ce besoin du Saint Sacrement. Dites à Dieu ce que vous avez à coeur de Lui dire avec sincérité, surtout si c'est toute votre faiblesse qui s'exprime.
Je ne me fais pas d'illusions : il y aura encore des hauts et des bas. Mais si demain quelqu'un ou ma mémoire vient me rappeler cette période noire de ma vie, je me souviendrai de ma confession, de ma deuxième "première communion" et je pourrais dire : "allez voir un peu plus loin, la personne que vous cherchez a disparu, la grâce de Dieu a tout transformé".
A un moment, chère petite soeur Florence, vous aurez besoin de cette double parole libératrice : la vôtre pour tout raconter et celle du prêtre qui vous donne le pardon de Dieu.
Je vous serre dans mes bras parce que moi aussi j'ai eu 20 ans et que je reconnais en vous la jeune fille que j'ai été.
Dans l'amour parfait du Christ et de sa Mère,