Sigvald a écrit :Pour ma part il n'y a pas qu'une seule vérité. Cela sous entendrait qu'il faille qu'une seule personne ait raison. (et encore il faut s'entendre sur la définition d'avoir raison.)
Il me semble que c'est pourtant bien le cas, à moins de tomber dans l'absurde et l'inintelligible. Par exemple, la Terre tourne autour du Soleil et non l'inverse. Il n'y a donc qu'une seule vérité. De même, vous êtes biologiquement un homme et non une femme. Là aussi, il n'y a qu'une seule vérité.
En matière de religion, c’est un peu pareil : soit le Christ est Dieu, soit il ne l’est pas, pas de demi-mesure possible. Soit il est ressuscité, soit il ne l’est pas. Soit la réincarnation est vraie, soit elle ne l’est pas. Etc. Je vois mal comment on pourrait concilier des choses contradictoires dans ce domaine.
Après, beaucoup de religions et de philosophies ont des parcelles de vérité comme l’enseigne l’Église. Cela signifie que dans leur recherche de la vérité, elles ont perçu des choses vraies. Mais il y a aussi de l’erreur.
Sigvald a écrit :Dans votre réponse je vois clairement que vous n'attaquez pas le bouddhisme mais peut on par toutes les connaissances théologiques et philosophiques affirmer qu'il n'y ai qu'une seule vérité ?
Comme je vous l’ai expliqué ci-dessus, je pense qu’il n’existe qu’une seule vérité. Ca me semble être une nécessité absolue. En revanche, on peut se poser la question effectivement de savoir si on peut la connaître pleinement. Pour ma part, je pense que oui, d’autres pensent que non. Quoiqu’il en soit, il me semble que même si la vérité est difficile à connaître, il faut la chercher et la désirer et ne pas se contenter de mensonges parce qu’ils nous font plaisir. Voyez les sciences par exemples : si le scientifiques s’étaient dits qu’il est inutile de chercher la vérité, nous ne connaîtrions pas les avancées spectaculaires que nous avons aujourd’hui.
Vous savez, je ne suis pas issu d’un milieu chrétien. J’ai rencontré le Seigneur assez tardivement et j’ai touché à certaines doctrines ésotériques et d’inspiration extrême-orientale. J’ai cru à la réincarnation par exemple. Lorsque je me suis converti au Christ, rapidement, je me suis posé la question de savoir si tout cela était vrai, ou si je me leurrais moi-même. Je ne vous cache pas m’être demandé si le bouddhisme n’était pas vrai, touché par la beauté de ses enseignements. Il m’a donc semblé important de faire reposer ma foi sur autre chose que du ressenti personnel. Il m’a semblé important – et parfaitement légitime en tant que créature douée de raison – de chercher la vérité et même, pour tout vous avouer, de l’exiger de la part de Dieu.
Sigvald a écrit :Je ne remet pas en question la résurrection du Christ car ce serait insulter le christianisme, mais comment remettre en question une vérité qui est celle que le Buddha ait atteint le Nirvana ?
Très bonne question. Entre nous, la doctrine de la réincarnation pose de gros problèmes métaphysiques, notamment concernant le rapport entre l’âme et le corps. Mais au-delà de ça, je vous l’accorde, nul ne peut affirmer que le Buddha n’a pas atteint le Nirvana comme nul ne peut affirmer qu’il n’a pas existé. Mais nul ne peut affirmer non plus le contraire. Or c’est bien ce que je dis : les religions, lorsqu’elles parlent de l’après-vie ou de la divinité, se fondent essentiellement sur des mythes, des légendes, ou des promesses invérifiables par tout chercheur de vérité. Sauf, je crois, le christianisme puisque le Christ est un personnage historique, dont le fait de la crucifixion et de la Résurrection (au cœur de la foi chrétienne) sont vérifiables (au moins en partie) par la raison. Je crois qu’il y a là une profonde originalité que je ne trouve nulle part ailleurs.
Cela ne remet pas du tout en cause les parcelles de vérité contenues dans certaines religions, mais il y a, je crois, une profonde originalité de la foi chrétienne qui me semble parler en faveur de sa crédibilité et de sa véracité.
D’ailleurs, vous dites ne pas remettre en question la Résurrection du Christ. Pour autant, vous n’y croyez pas me trompé-je ? Car la Résurrection et réincarnation s’opposent diamétralement.
Sigvald a écrit :Je ne cherche aucunement à faire gagner des bon points au bouddhisme. Cette entreprise est bien vaine et inutile. Je cherche à ouvrir une discussion autour de la spiritualité avec des personnes d'autres confessions et je cherche à mieux comprendre les autres ^^
C’est tout à votre honneur. C’est important de comprendre les autres. Mais comme je vous le disais au début de notre discussion, c’est la vérité que je désire. Peut-être est-ce un rêve inatteignable mais je ne pense pas. L’erreur de nos mentalités occidentales, c’est d’être tombées dans le relativisme. Je crois que, comme en science, il y a des vérités philosophiques et métaphysiques qu’on peut connaître. Et il y a aussi des vérités historiques. Tout cela peut nous aider à discerner le vrai du faux, le réel de l’illusion.
Sigvald a écrit : Raistlin a écrit :Tout simplement parce que notre vie est trop importante pour miser sur des doctrines légères et sans fondement.
Je suis entièrement d'accord avec vous sur cette citation mais ne chercher vous pas à juger les enseignements du bouddhisme à travers cette citation ?
Je ne visais pas le bouddhisme en particulier mais toute forme de croyance se fondant sur des mythes ou des promesses invérifiables. Attention, comprenez-moi bien : ce n’est pas pour leur nier toute valeur et toute beauté, loin de là. Mais encore une fois, c’est dans une logique de recherche de la vérité. Le bouddhisme et le christianisme partagent certainement des valeurs communes mais elles sont théologiquement inconciliables. Ainsi, opter pour une religion me semble être un choix important qui devrait engager, je pense, toute la personne humaine et pas seulement son « ressenti » personnel, ou son vécu personnel (par exemple, le fait d’avoir été élevé dans telle ou telle religion). Je pense que pour aborder sérieusement la question spirituelle, il faut l’aborder aussi avec sa raison, c’est-à-dire savoir quel chemin prendre. Car tous les chemins ne sont pas équivalents, tous ne se valent pas, et certains conduisent à des impasses.
Bref, je vous rassure, je n’ai aucun grief contre le bouddhisme. Je loue sa bienveillance et je respecte son désir de supprimer la souffrance. Le problème de la souffrance est aussi au cœur du christianisme même si nous l’abordons autrement.
Cordialement,