Bonjour à tous
Je suis allé à ma paroisse d'origine ce matin pour assister à la messe. Ma paroisse regroupe plus de dix clochers (dont beaucoup de petits villages). Comme chaque année au deuxième dimanche de l'Avent c'est la "fête de la Paroisse" : tous les prêtres (2) et diacres (1) de la paroisse se rassemblent pour dire la messe. Les enfants du caté y assitent ainsi que les laïcs chargés de la liturgie, de l'ACE et des différents mouvements. Tout ce monde est dans la même église (qui est loin d'être pleine).
Mon problème est le suivant. La messe, chaleureuse sans aucun doute, a littéralement été saccagée. Je m'explique, voilà les problèmes les plus importants :
- Sur les deux prêtres, aucun n'a pensé judicieux de porter une chasuble. Ils avaient néanmoins mis une étole.
- Cette semaine est la semaine pour la paix proposé par l'ONU. Le mot d'accueil d'une laïc l'a mis en évidence. On a aussi rappellé que c'était également la fête de la paroisse et le deuxième dimanche de l'avent (ouf...quand même).
- Une fausse "procession" faite d'enfants avec des drapeaux de différents pays a ouvert la célébration. Dans cette procession, il n'y avait ni prêtres, ni enfants de choeur avec la croix du Christ et les chandeliers...: juste des enfants avec des drapeaux. On leur a dit d'aller s'asseoir après le chant d'entrée.
- Il n'y a pas eu de prière pénitentielle
- La deuxième lecture a été supprimée
- L'évangile a été amputé de sa dernière phrase (je pense que c'est involontaire, le diacre n'a pas vu la fin à mon avis)
- L'homélie a été supprimée et remplacée par le conte "Le petit lapin tout blanc qui voulait vivre en paix", conte proposé par l'ONU. Ce conte a été joué par les enfants, déguisés en lapin et autres animaux, pour l'occasion tandis qu'une narratrice lisait le conte dans un style très Marlène Joubert.
- [+] Texte masqué
- Il était une fois, il y a très longtemps, un papa et une maman lapins qui avaient beaucoup de petits
enfants lapins, de toutes les couleurs : des jaunes, des bleus, des noirs, des gris, des roux, des bruns,
des picotés, des barbouillés, des tachetés, etc. Mais, parmi eux, il y en avait un, le plus petit, qui était
tout blanc, tout blanc. Il était aussi blanc que la neige qui brille sous le soleil par un bel après-midi
d’hiver. Cette famille de lapins vivait, avec d’autres familles, dans une immense forêt remplie de
grands sapins verts, de magnifiques cèdres et de très beaux bouleaux qui permettaient aux oiseaux d’y
construire leur nid. Les familles de lapins, de leur côté, construisaient leur maison sous les branches
des cèdres pour se protéger de la pluie et de la neige.
Parfois, le petit lapin tout blanc était laissé seul par ses frères, par ses soeurs, et même par ses
amis, simplement parce qu’il n’était pas comme les autres. Il était tout blanc. À cause de sa différence,
il arrivait souvent que personne ne veuille jouer avec lui. Il était seul et ne se sentait pas aimé. Cela le
rendait très triste. D’autres fois, on se moquait du petit lapin tout blanc car il était plus petit que tous
les autres. On lui disait des mots méchants, des mots qui lui faisaient de la peine dans son coeur. Quand
le soir arrivait et que le soleil donnait lentement sa place à la lune, le petit lapin tout blanc n’arrivait
pas à dormir. Il ruminait dans sa tête tout ce que ses frères, ses soeurs et les autres lapins de son âge lui
avaient dit et qui l’avait blessé ou meurtri : toute la journée on lui mordait ses petites oreilles, on
pinçait ses pattes, on tapait sur son dos, etc. Le petit lapin tout blanc détestait cela, il avait mal mais il
ne savait pas quoi faire pour arrêter cela. Il détestait tout le monde Triste, il regardait les ombres des
animaux avancer dans la nuit, il rêvait de vivre en harmonie, il rêvait d’une vie meilleure.
Un beau matin, le petit lapin tout blanc qui était triste et fâché de vivre dans la brouille décida
d’aller se promener loin dans la forêt. Pendant cette promenade, le petit lapin tout blanc espérait
trouver quelqu’un qui pourrait l’aider à mieux vivre et à le débarrasser de sa peine et de sa colère.
Après une longue marche dans les grands sentiers de la forêt, le petit lapin tout blanc passa près de la
tanière du renard. Il savait que le renard était rusé alors il décida de lui demander conseil.
- « Bonjour Monsieur Renard ! Je suis le petit lapin tout blanc et je veux vivre en paix. Est-ce que
vous pourriez me donner un petit conseil car je sais que vous êtes rusé ? »
Le Renard rusé, après avoir écouté l’histoire du petit lapin tout blanc, lui dit ceci : « Je trouve cela
très bien que tu essaies de vivre en paix, de trouver des solutions aux problèmes que tu vis. Quand
j’étais jeune, je n’étais pas aussi rusé qu’aujourd’hui. Avec le temps, j’ai appris à me calmer quand je
suis fâché, contrarié ou peiné. Maintenant, quand je suis en conflit, quand on me fait mal ou quand on
ne pense pas comme moi et que je sens monter ma colère, je m’arrête, je me mets un peu à l’écart, je
ferme les yeux et je fais lentement de grandes respirations en essayant d’imaginer qu’il y a une belle
lumière bleue tout autour de moi. Cela m’aide beaucoup à retrouver mon calme. Et quand je suis
apaisé, je reviens pour régler le conflit en parlant tranquillement. »
Le petit lapin tout blanc, heureux d’avoir maintenant un conseil pour vivre en paix, dit merci au
Renard rusé et repartit dans la forêt. Le Renard rusé, tout souriant, cria au petit lapin tout blanc :
« Souviens-toi, tu peux prendre trois grandes respirations pour redevenir calme. Cela chassera ta peine
et ta colère et te rendra plus heureux. Tu inspires par le nez et tu expires par la bouche, petit ami lapin
tout blanc. »
Un peu plus loin, le petit lapin tout blanc rencontra Madame La Chouette. Il avait déjà entendu
parler de cette dame. Les animaux de la forêt disent qu’elle est d’une grande douceur. Il décida alors
de lui demander conseil.
- « Bonjour Madame La Chouette ! Je suis le petit lapin tout blanc et je veux vivre en harmonie. Estce
que vous pourriez me donner un petit conseil car j’ai entendu dire que vous ne vous disputiez
jamais ? »
- « Oh ! Tu sais, il m’arrive parfois de me disputer. Cependant, j’essaie toujours de régler le problème
en discutant avec l’autre, avec la parole. Et je mets mes poings dans les poches. Je prends le temps de
voir avec l’autre quelle est la difficulté que nous avons ensemble, comment nous nous sentons au fond
de nous et ce que nous aimerions changer ou améliorer. Et bien souvent nous arrivons à trouver des
solutions pour mettre fin à la dispute. Bien sûr, nous choisissons la meilleure solution et la meilleure
solution, c’est celle qui plaît autant à lui qu’à moi. »
- « Et c’est comme cela que vous pouvez vivre en harmonie ? »
- « Oui, c’est comme cela que j’ai beaucoup de plaisir à vivre avec les autres. Maintenant, tu as un bon
conseil pour vivre en paix. Souviens-toi, tu peux utiliser ta langue, ta voix et ton imagination pour
trouver des solutions. Tu peux être certain que ça fonctionne ! » Le petit lapin tout blanc remercia
Madame La Chouette et continua sa marche dans la forêt. Il était heureux de connaître un nouveau truc
qui lui paraissait si magique.
Un peu plus tard, il croisa le vieux Lynx. Ce chat sauvage avait la réputation de savoir écouter
attentivement les autres :
- « Bonjour Monsieur Lynx ! Je suis le petit lapin tout blanc et je veux vivre en paix. Est-ce que vous
pouvez m’aider ? »
Le vieux Lynx le regarda et lui adressa la parole :
- « Avec mes yeux de lynx, je peux voir des choses que tu ne vois pas. Je sais que tu cherches des
façons de vivre en paix, alors écoute-moi. Quand j’étais jeune, je gardais en dedans de moi ce qui me
dérangeait, j’étais souvent fâché ou triste et je ne le disais à personne. Je boudais seul dans mon coin.
Et puis, je ne pensais qu’à moi. Je me fichais bien des autres. Mais aujourd’hui, vois-tu, j’ai appris à
dire aux autres ce que je pense, ce que je veux et comment je me sens. De plus, je demande aux autres
ce qu’ils voient, ce qu’ils veulent et ce qu’ils ressentent dans leur coeur parce ce que ça m’intéresse.
Comme cela je les connais mieux et ils me connaissent mieux. Je me rends compte qu’ils sont un peu
comme moi et ils se rendent compte que je suis un peu comme eux. Je les comprends bien mieux et ils
me comprennent bien mieux. Ils ne me font plus peur et je ne leur fais plus peur. C’est bien comme
cela que je peux vivre aujourd’hui en harmonie avec les autres. Crois-moi ! En parlant aux autres de
tes pensées, de tes désirs, de tes sentiments et en les écoutant avec respect te parler d’eux-mêmes, tu
éviteras bien des disputes et tu vivras plus joyeux dans ce monde. »
Le petit lapin tout blanc remercia le vieux lynx et retourna chez lui. Près de sa maison, il rencontra
quelques-uns de ses amis qui le taquinèrent comme avant, lui dirent des mots méchants, rirent de lui
parce qu’il était tout petit et tout blanc. Le petit lapin tout blanc prit alors trois grandes respirations et
imagina en fermant les yeux une lumière bleue autour de lui. Se sentant calme, il se dirigea vers les
petits moqueurs pour leur parler tranquillement. Il leur demanda pourquoi ils faisaient cela et leur dit
que tous ces mots le rendaient triste. Il leur dit aussi comment il voulait être traité. Ensemble, ils
trouvèrent une solution pour que tous soient contents. Après cela, le petit lapin tout blanc rentra à la
maison tout joyeux.
Il raconta alors son aventure à ses parents : comment il pouvait redevenir calme en suivant le
conseil de Monsieur Renard, comment il pouvait maintenant parler pour régler ses disputes en faisant
comme Madame La Chouette lui avait dit, comment il pouvait tenir compte de lui et des autres pour
vivre en harmonie comme le lui avait suggéré le vieux Lynx. Ses parents l’écoutèrent avec attention.
Ils avaient eu très peur quand ils s’étaient rendu compte qu’il avait disparu car ils l’aimaient beaucoup,
peut-être plus que les autres frères et soeurs. Maintenant ils étaient heureux au fond de leur coeur de
voir combien il avait changé et qu’il avait gagné de la confiance en lui. Ils l’embrassèrent tendrement
avant de l’inviter à aller au lit. En le bordant son père lui dit qu’il était fier de lui. Il lui donna un
quatrième conseil : celui de prendre un peu de temps chaque soir pour repenser aux trois conseils qu’il
avait reçus de ses sages amis et aux occasions qu’il avait eues dans la journée de les utiliser. Cette
nuit-là, le petit lapin tout blanc fit de merveilleux rêves car il vivait maintenant dans un monde qui ne
lui faisait plus peur, ni triste, ni fâché. Dans son coeur il y avait la paix.
- Le conte a été suivi d'un temps de partage avec son voisin. Il fallait réfléchir au conte et répondre à deux questions :
- [+] Texte masqué
- Durant cette semaine, et même jusqu'à Noel, et même plus longtemps, comment vais-je essayer de faire la paix, autour de moi mais peut être aussi en moi-même ?
Jésus nous donne sa paix, et nous envoie la porter, jusqu'où je vais suivre Jésus dans ce désir de paix
Il n'y a pas eu de capitalisation. A aucun moment, nous avons parlé du texte de l'Evangile (forcément, y'avait pas de lapin dedans !).
- Le prêtre célébrant (curé) a lu la préface du Sacré Coeur au lieu de celle de l'Avent. A la Toussaint, il avait déjà fait la même chose. Je pense donc que c'est intentionnel.
- Le même prêtre célébrant a une facheuse tendance a rajouté des mots intempestifs ou carrément à ajouter des phrases dans la prière eucharistique. Il est particulièrement infantilisant avec l'assemblée.
- Le chant de l'Agneau de Dieu a été supprimé et remplacé par un chant parlant de paix.
- [+] Texte masqué
- Donne la paix, donne la paix
Donne la paix à ton frère
1 - Christ est venu semer l'amour
Donne l'amour à ton frère
Christ est venu semer la joie
Donne la joie à ton frère.
2 - Christ est venu semer l'espoir
Donne l'espoir à ton frère
Christ est venu semer la paix
Donne la paix à ton frère.
Néanmoins lors du chant de communion il y avait un passage reprenant l'Agnus Dei.
La forme est également incorrecte. L'ambiance était très "kermesse d'enfant", loin d'être sacrée, ni priante. Les actions des enfants s'enchainaient mal. On avait l'impression qu'ils se demandaient ce qu'ils faisaient là parfois. Néanmoins, cela faisait du bien de voir des jeunes alors bon...
Je crois que les organisateurs ont voulu mettre l'accent sur les enfants. Les prêtres ont utilisé une des prières eucharistiques qui leur est destinée (surement "retouchée" d'ailleurs)
Je dois dire que ça commence à devenir insupportable. En effet, ce n'est pas la première fois que je constate ce genre de chose. C'est même assez courant malheureusement. Bien sur, étant donné que c'était la "fête de la paroisse", c'était très fortement amplifié et aggloméré.
D'autres paroissiens m'en ont également parlé même si peu de gens osent dire quelque chose. Il faut dire que les homélies du prêtre (arrivé récemment) sont souvent creuses et il est très infantilisant même quand il n'y a pas d'enfant à 10 m à la ronde. Par exemple, il ne dit pas " nos actions de graces" mais "tout nos mercis". Jésus n'a plus des "apôtres" mais des "amis".... Parfois, il lit le magazine La Vie en guise de réflexion. Le pire c'est que le curé a l'air de détester faire des homélies. Quand c'est une messe avec beaucoup d'étrangers (messe de Ste Cécile par exemple), il fait une "micro-homélie" et parfois il la supprime ! De plus, elles expliquent rarement l'évangile et les lectures.
Dois-je en parler au prêtre et, si oui, comment ? Dois-je également en parler à l'évêque ?
Du coup, depuis la Toussaint je vais dans d'autres secteurs, d'autres église mais malheureusement c'est un peu pareil partout...ce côté SDF va compliquer le dialogue si je vais voir le curé....Je risque de ne pas être pris au sérieux. De plus, il y a encore quelques mois, je faisais des études et donc je ne venais plus dans cette paroisse.
Voilà, peut être avez-vous déjà connu cette situation. Que dois-je faire ? Je ne veux pas, bien sur, créer un scandale.