Prodigal,
Cher Cinci,
je ne comprends pas. De quelle encyclique ou de quel texte officiel parlez-vous? Qui a dit quoi quand? A quelle occasion le magistère a-t-il renié tout l'enseignement de l'Eglise catholique? Etes-vous bien sûr d'avoir lu cela? Ou est-il, "ce discours actuel consacré"? Je crois que vous affabulez, excusez-moi, et que vos médisances au sujet de l'Eglise ont perdu le sens de la mesure, qui ne vous faisait pourtant pas défaut naguère. C'est désolant, pour tout dire. Où est le souci du bien dans ces accusations outrées?
Vous vous énerver, je crois. Il n'y a pas de raisons pour cela. J'évoque l'exemple de la peine capitale.
Le discours consacré ? Il ne faut pas chercher bien loin. Sur le site du Vatican, vous aurez le texte récemment "amélioré" de l'article 2267 du catéchisme.
[...] Aujourd’hui on est de
plus en plus conscient que la personne ne perd pas sa dignité, même après avoir commis des crimes très graves. En outre,
s’est répandue une nouvelle compréhension du sens de sanctions pénales de la part de l’État. On a également mis au point des systèmes de détention plus efficaces pour garantir la sécurité à laquelle les citoyens ont droit, et qui n’enlèvent pas définitivement au coupable la possibilité de se repentir.
C’est pourquoi l’Église enseigne, à la lumière de l’Évangile, que « la peine de mort est
inadmissiblecar elle attente à l’inviolabilité et à la dignité de la personne
http://www.vatican.va/roman_curia/congr ... te_fr.html
C'est bien ce que j'écrivais en substance.
Notre pape actuel affirme le caractère
inadmissible ...
inadmissible en toutes les circonstances, peu importe les raisons alléguées, les justification. Il prend à témoin pour cela "la lumière de l'Évangile". Il nous dit que Dieu serait contre le principe même du recours à une telle mesure judiciaire par une autorité légitime.
C'est ce que vous appelez une affabulation de ma part ? Une médisance ?
Si vous voulez continuer à échanger avec moi, cher Prodigal, vous allez devoir vous excuser. Je suis bien gentil, mais je ne suis pas non plus votre paillasson sur lequel s'essuyer les pieds. Je ne crois pas vous avoir jamais manqué de respect, je vous demanderais de faire de même.
et
Pour vos accusations outrées ... Non plus !
Il n'est aucune accusation "outrée" dans le fait de signaler que la posture de notre présent pape sur le sujet vient contredire complètement, entièrement, la doctrine qui aura toujours été celle de l'Église catholique romaine. Son affirmation n'est pas conciliable avec aucune déclaration des anciennes figures d'autorité dans l'Église portant sur ce même sujet.
Le libelle de son correctif ne se réfère pas non plus, vous remarquerez, à la tradition de l'Église. Il vient juste l'annuler, la tradition. "...
on est de plus en plus conscient"; "...
s'est répandue une nouvelle compréhension"
Des preuves ? Vous voulez des preuves que les anciens papes disaient juste le contraire ? Tout le monde connaît le point de vue de Thomas d'Aquin. Personne n'ignore que Pie XII se sera déjà exprimé en faveur de la peine capitale, pour les mêmes raisons que ses prédécesseurs. Il ne me servirait à rien de devoir refaire ici tout le travail qui a déjà été fait par d'autres.
Pie XII
https://w2.vatican.va/content/pius-xii/ ... logia.html
(voir le 4e ou 5e paragraphe à partir du bas )
ou
[...] Aucun pape de saint Pierre à Benoît XVI n’a jamais nié la légitimité en principe de la peine capitale, et de nombreux papes ont explicitement affirmé sa légitimité, allant même jusqu’à dire que c’était une question d’orthodoxie catholique fondamentale. Par exemple, le pape saint
Innocent Ia dit que nier la légitimité de la peine capitale serait contraire à l’autorité biblique, même « l’autorité du Seigneur » lui-même. Le pape
Innocent III exigeait des adhérents de l’hérésie vaudoise, comme condition pour la réconciliation avec l’Église et la preuve de leur orthodoxie, d’affirmer la légitimité en principe de la peine capitale. Le pape
saint Pie V a promulgué le Catéchisme romain, qui stipule que :
Un autre type de mise à mort légitime appartient aux autorités civiles, à qui est confié le pouvoir de la vie et de la mort, par l’exercice juridique et judicieux dont ils punissent les coupables et protègent l’innocent. L’utilisation juste de ce pouvoir, loin d’impliquer le crime de meurtre, est un acte d’obéissance primordiale à ce Commandement qui interdit le meurtre.
https://www.cqv.qc.ca/le_pape_francois_ ... admissible
encore
Le Catéchisme de doctrine chrétienne de 1912 publié par le pape saint Pie X dit dans le cadre de la discussion du cinquième commandement : « Il est licite de tuer [...] lors de la mise en œuvre, par ordre de l’autorité suprême, d’une peine de mort en punition d’un crime ». Le pape Pie XII a enseigné qu’« il est réservé [...] à l’autorité publique de priver le criminel du bénéfice de la vie quand déjà, par son crime, il s’est privé du droit de vivre ». (sur la même page web du lien ci-dessus)
encore
L ’Église affirme que l’Écriture est infaillible, en particulier lorsqu’elle enseigne à propos de questions de Foi et de morale. Le premier concile du Vatican enseigne que l’Écriture doit toujours être interprétée dans le sens où l’Église l’a traditionnellement comprise, et en particulier qu’elle ne peut jamais être interprétée dans un sens contraire à la compréhension unanime des Pères de l’Église. [Vatican I, Session 3, chapitre 2, paragraphes 6-9 et Canon 2, paragraphe 4; Dei Verbum, No 11, CÉC, No 107]
Bref, si jamais quelqu'un semble pratiquer le libre-examen au sens péjoratif du terme par-ici, ce quelqu'un semblerait plutôt être celui qui occupe le premier fauteuil d'honneur dans le diocèse de Rome. Je suis désolé de vous dire cela. Mais c'est bien mon impression.
Même
Dei Verbum signalera que le magistère n'est pas au-dessus de la révélation biblique, mais à son service et pour exposé ce qui fut transmis. Et quant à la compréhension des Écritures, celles-ci doivent l'être en fonction de la tradition de toute l'Église. Toute l'Église (= Pères apostoliques, Pères de l'Église, saint Augustin, Thomas d'Aquin, etc.) Ce n'est non pas le seul et unique évêque occupant un fauteuil d'honneur à Rome qui dispose d'une sorte de droit divin pour réinventer la tradition selon ses goûts, la mode du moment ou pour faire plaisir à des dirigeants ses contemporains.
Donner une meilleure compréhension d'une donnée de foi ce n'est pas contredire celle-ci, développer ce qu'il y a déjà dans la tradition de l'Église ce n'est pas annuler la tradition.
Ce que le pape François veut faire dire à l'Église sur le sujet contredit à 100% ce que tout le monde aura déjà dit avant lui. C'est semblable au fait que s'Il venait dire 'l'Église enseigne que le vol n'est pas un péché", ou "qu'Il y aurait un mal intrinsèque dans le fait qu'un baptisé puisse être excommunié, ce serait là une mesure judiciaire inadmissible, contraire à la dignité humaine."