C'est parce que je pense qu'Il affirme son Essence que je ne vois pas de contradiction à dire que Dieu crée par le même acte qu'il est Dieu, autrement dit Dieu ne se réduit ni à être, ni à créer qui relèvent de son intelligibillité.
Je comprends où se situe la mésentente.
Il n'y a pas d'acte d'être chez Dieu, au sens d'un passage de l'acte à la puissance. Il y a une pure actualité de son être, car il est l'Être.
Dit autrement :
Dieu ne se réduit effectivement pas
à être, il
n'est pas un
étant : ce qui est.
Il est. Il est l'Être. Nous rentrons dans le domaine de l'imprononçable. Nous ne pouvons pas ne pas penser quelque chose comme
étant ceci, étant cela etc.
Dieu est l'Être, Dieu est Créateur etc.
Or, ça n'est pas cela. Dire que Dieu est l'Être n'est grammaticalement pas juste, mais nous n'avons pas d'autres moyens de le dire !
Dire qu'il est l'Être "actuellement", sans passage d'une puissance d'être l'Être à l'actualité d'être l'Être, c'est dire qu'il n'y a rien de "transitif" chez Dieu : lorsque nous disons Dieu est l'Être, il faut penser qu'il n'y a là pas de "passage" d'un état à un autre, pas de devenir.
Dès lors, effectivement, Dieu ne peut se réduire
à être. Il EST au sens fort et grammaticalement impensable pour nous.
Pour le dire dans vos mots : Dieu n'est pas Dieu par un acte, cela suppose une transivité, un passage de la puissance d'être Dieu à son actualité, il EST.
Dès lors, là où vous ne voyez pas de contradiction (entre l'acte de Dieu d'être ce qu'il est et l'acte de créer), je vois une imprécision dans ce que c'est qu'être pour Dieu.
Mais au final, nous sommes d'accord en ce qui concerne l'acte de créer lorsque vous n'y voyez pas une réduction de Dieu à cet acte.
J'ai conscience de tout ce que mon propos a de brouillon, aussi je vous invite à partir de ce que vous avez saisi de cette tartine indigeste pour continuer la discussion
