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Re: Service des filles et processions

Publié : sam. 02 janv. 2010, 18:41
par philémon.siclone
antioche a écrit :Allons Philémon, ressaisissez-vous ! D'habitude vous êtes plus tenace, que se passe-t-il ?

Seriez-vous déjà démotivé, un 2 janvier ?

Allez, revenez.
Je ne quitte pas le forum !!!

Mais oui, je déserte cette discussion, parce que j'en ai marre de ces débats du niveau de l'école maternelle où l'on ramène tout à la petite guéguerre entre filles et garçons, et que ceux qui osent dire quelque chose se font traiter de machos et de pervers sexuels. Je suis désolé, mais on ne peut pas discuter dans ces conditions. Et puis, je n'en saisis pas l'intérêt surtout.

Re: Service des filles et processions

Publié : sam. 02 janv. 2010, 20:13
par antioche
Sincèrement je préfère cette réponse. Au fait, je ne vous ai pas souhaité la bonne année. Soyez en paix et heureux en 2010.

Re: Service des filles et processions

Publié : sam. 02 janv. 2010, 23:57
par Anne
Comme souvent, cher Philémon, vous décrivez les réactions des autres sans vous apercevoir que vous avez exactement les mêmes ou, pis, que vous projetez! Mais comme ce sont les vôtres, elles sont tellement plus acceptables! :siffle:

Vous devriez peut-être méditer sur votre rapport aux femmes en général, cher syclone...

Freud aurait un plaisir fou à vous lire!
:diable:

Ou peut-être pas... :sonne:



Cher Paul Victor, j'aime bien votre PCQMTM! :rire:

Cependant, je ne suis pas certaine que ces mêmes PCQMTM qui passent leur temps à regarder et à critiquer sans rien faire d'autre que de contribuer au réchauffement de l'air de la planète (oui, Philémon, je pense en particulier à vous: nul besoin de "paranoïer" cette fois) soit si catholique que ça!
;)

Et merci de prier pour mon âme damnée d'avance: elle en a bien besoin!
J'ai encore "flambé" l'indulgence que j'étais allée me gagner à Rome cet automne... <soupir>
:bocal:

Décidément, je n'en sors pas... Je crois que je vais aller rejoindre gérardh dans son "groupe"...
Y ont l'air pas mal moins "crispés".

Quoique je ne suis pas certaine qu'il serait heureux de me voir débarquer!
;)

Re: Service des filles et processions

Publié : dim. 03 janv. 2010, 2:03
par philémon.siclone
@ Antioche : merci et bonne année à vous.

@ Anne : bonne année. Comprenez également qu'en me sommant de vous révéler ce que je fais de bien pour l'Eglise, vous m'obligez à prendre la posture de celui qui doit se justifier, en faisant la liste de ses bonnes actions. Cette posture n'est tout simplement pas possible, puisque Jésus a enseigné : "dites que vous êtes un serviteur inutile [au lieu d'étaler vos bonnes actions en public en les faisant passer pour de soi-disant "témoignages" (comme ils disent), comme c'est la mode à votre époque]". De plus, je pense qu'on ne va pas demander à 300 fidèles de tous faire quelque chose de concret au service de la paroisse en dehors du denier du culte, c'est absurde. Et le fidèle qui ne fait rien de concret n'est pas un sous-chrétien qui mérite d'être plus méprisé que celui qui fait ceci ou cela. Je vous rappelle également l'exemple de Marie Madeleine et de Marthe. Je trouve que l'activisme qui s'est imposé depuis le dernier concile est assez suspect, et ne laisse pas sa juste place à l'attitude contemplative, à laquelle le fidèle a quand même droit. Quant à aller voir Freud, oui peut-être. Sachez simplement, comme le dit Renaut, que : "nos âmes sont tordues, voilà pourquoi nous péchons". [Nos hameçons tordus]

Bonne année, cordialement !

Re: Service des filles et processions

Publié : dim. 03 janv. 2010, 2:17
par Sofia
Bonjour,
désolée d'arriver comme une fleur dans vos disputes, mais je me pose une question. Les derniers messages (je n'ai pas lu tout le fil) font le lien entre refus de laisser servir les filles et machisme. Mais il me semble que pendant très très longtemps, les filles n'ont pas eu le droit de servir à l'autel : l'Église a t-elle eu un comportement machiste pendant tout ce temps ? Cette interdiction n'était-elle liée qu'aux mœurs de l'époque (mœurs que l'Église aurait suivi, donc), ou y avait-il d'autres raisons, peut-être obsolètes aujourd'hui, de ne faire appel qu'à des garçons ? Et si oui, pourquoi ces raisons ne sont plus "valables" de nos jours ?

Bien à vous.

Re: Service des filles et processions

Publié : dim. 03 janv. 2010, 3:02
par Anne
Pouvez pas dire que je suis pas accomodante, Philémon!

C'est effacé, mais ça va avoir l'air bizarre avant votre demande!
:sonne:

Mais... Soyons sans crainte: le ridicule ne nous tuera pas!
;)

Re: Service des filles et processions

Publié : dim. 03 janv. 2010, 3:21
par philémon.siclone
Bon merci, Anne.
J'appuie toujours trop vite sur "Envoyer".

Re: Service des filles et processions

Publié : dim. 03 janv. 2010, 3:49
par Anne
philémon.siclone a écrit :@ Antioche : merci et bonne année à vous.

@ Anne : bonne année. Comprenez également qu'en me sommant de vous révéler ce que je fais de bien pour l'Eglise, vous m'obligez à prendre la posture de celui qui doit se justifier, en faisant la liste de ses bonnes actions. Cette posture n'est tout simplement pas possible, puisque Jésus a enseigné : "dites que vous êtes un serviteur inutile [au lieu d'étaler vos bonnes actions en public en les faisant passer pour de soi-disant "témoignages" (comme ils disent), comme c'est la mode à votre époque]". De plus, je pense qu'on ne va pas demander à 300 fidèles de tous faire quelque chose de concret au service de la paroisse en dehors du denier du culte, c'est absurde. Et le fidèle qui ne fait rien de concret n'est pas un sous-chrétien qui mérite d'être plus méprisé que celui qui fait ceci ou cela. Je vous rappelle également l'exemple de Marie Madeleine et de Marthe. Je trouve que l'activisme qui s'est imposé depuis le dernier concile est assez suspect, et ne laisse pas sa juste place à l'attitude contemplative, à laquelle le fidèle a quand même droit. Quant à aller voir Freud, oui peut-être. Sachez simplement, comme le dit Renaut, que : "nos âmes sont tordues, voilà pourquoi nous péchons". [Nos hameçons tordus]

Bonne année, cordialement !
J'ai effacé ma première réponse à votre premier jet, mais je garde quand même ces commentaires au sujet de vos commentaires:

* Les droits sont assortis de responsabilités: on peut critiquer les actions des autres, mais quand on a rien à montrer de mieux, peut-être faudrait-il s'abstenir.

* Marie écoutait les enseignements de Jésus, mais cette chère Marthe les a nourris tous les deux, ce qui est pratique lorsqu'on veut continuer à discuter. Je rappelle cependant que l'active Marthe a professé sa foi de manière éclatante lors de la première mort de son frère, démontrant ainsi qu'elle pouvait peut-être faire deux choses à la fois!

* On peut mettre bien des torts sur le dos de Vatican II, mais notre rythme de vie effréné est beaucoup plus responsable de notre manque d'instrospection je pense...

* Pour ce qui est des bonnes actions, personne ne nous demande de les afficher ou non. On peut cependant donner des exemples afin d'inspirer, peut-être, les autres. "C'est vrai! Moi aussi, je pourrais faire ça!" Croyez bien que le but n'est nullement de se "vanter", et c'est bien dommage si c'est perçu de cette manière!

Notre but à tous est, je crois pouvoir l'affirmer, d'aider nos églises à continuer à vivre. Car, qu'on le veuille ou non, plusieurs sont en bien mauvaise santé et elles ont besoin de toute l'aide dont elles peuvent disposer, même si c'est celles des femmes toutes imparfaites qu'elles soient!

Je continue de nous souhaiter une forte dose de Saint Esprit pour 2010!
;)

Re: Service des filles et processions

Publié : dim. 03 janv. 2010, 11:13
par Christophe
AnneT a écrit :Cher Paul Victor, j'aime bien votre PCQMTM! :rire:
Plus Compliqué Que Moi Tu Meurs ?

Re: Service des filles et processions

Publié : dim. 03 janv. 2010, 13:31
par archi
AnneT a écrit :* Les droits sont assortis de responsabilités: on peut critiquer les actions des autres, mais quand on a rien à montrer de mieux, peut-être faudrait-il s'abstenir.

* Marie écoutait les enseignements de Jésus, mais cette chère Marthe les a nourris tous les deux, ce qui est pratique lorsqu'on veut continuer à discuter. Je rappelle cependant que l'active Marthe a professé sa foi de manière éclatante lors de la première mort de son frère, démontrant ainsi qu'elle pouvait peut-être faire deux choses à la fois!

* Pour ce qui est des bonnes actions, personne ne nous demande de les afficher ou non. On peut cependant donner des exemples afin d'inspirer, peut-être, les autres. "C'est vrai! Moi aussi, je pourrais faire ça!" Croyez bien que le but n'est nullement de se "vanter", et c'est bien dommage si c'est perçu de cette manière!
Chère Anne.

Personne n'a dit qu'être actif dans l'Eglise faisait de vous une mauvaise chrétienne. Ni que vous n'avez pas à dire ce que vous faites pour ne pas en inspirer d'autres, du moment que ce n'est pas un argument pour dire: "moi je suis un bon chrétien, qui ai plus le droit de parler que les autres". Mais vous avez manifestement tendance à faire de l'activisme l'essentiel de la vie chrétienne. C'est faux. La vie chrétienne, c'est avant tout garder la Foi qui nous a été transmise, recevoir l'Esprit Saint, et sur le plan de l'activité extérieure, elle passe par le respect des obligations morales et par le devoir d'état: pour un ministre qui a donné sa vie à l'Eglise, le devoir d'état est d'être un bon ministre, pour un laïc, c'est (si je ne m'abuse) de tenir sa place dans la société en général et dans son métier en particulier, en agissant de façon morale et chrétienne; être un bon époux ou une bonne épouse, un bon père ou une bonne mère de famille, s'il/elle est marié(e) et s'il/elle a des enfants.

Le bénévolat est quelque chose de récent. Il est certainement nécessaire dans l'Eglise d'aujourd'hui, et s'engager bénévolement est donc une bonne action, ni plus, ni moins. Mais il ne faut pas oublier qu'on ne s'engage bénévolement que quand on en a les moyens: temps, opportunité, etc... Tout le monde n'est pas égal sur ce plan-là, beaucoup n'ont pas le temps ou l'occasion ou la situation qui va bien. Il ne vous appartient donc pas de juger si quelqu'un pourrait voire devrait donner plus de son temps à l'activité de l'Eglise, de même qu'il ne vous appartient pas de juger si la participation de quelqu'un est suffisante ou pas.

Dans tous les cas, les discussions sur un forum n'ont pas à être un concours de celui qui en fait le plus (ce qui n'est d'ailleurs en rien une garantie que ça soit bien ou mal fait). Il ne s'agit pas de vouloir "gagner" ce concours, ça ne glorifierait que notre ego, et c'est justement ça qui est à éviter. Voilà pourquoi je pense qu'on ne DOIT pas demander comme vous le faites à un intervenant de justifier de son "engagement", et qu'on ne doit pas dire soi-même ce qu'on fait quand ça aboutit à un concours de celui qui en fait le plus (c'est pour ça que, par le passé, j'ai refusé de vous répondre sur ce point, et je maintiens ma position).

Que ces remarques ne vous empêchent pas d'apporter des contributions intéressantes par ailleurs (et vous le faites).

Bonne année également,
archi.

Re: Service des filles et processions

Publié : dim. 03 janv. 2010, 15:18
par philémon.siclone
Sofia a écrit :Bonjour,
désolée d'arriver comme une fleur dans vos disputes, mais je me pose une question. Les derniers messages (je n'ai pas lu tout le fil) font le lien entre refus de laisser servir les filles et machisme. Mais il me semble que pendant très très longtemps, les filles n'ont pas eu le droit de servir à l'autel : l'Église a t-elle eu un comportement machiste pendant tout ce temps ? Cette interdiction n'était-elle liée qu'aux mœurs de l'époque (mœurs que l'Église aurait suivi, donc), ou y avait-il d'autres raisons, peut-être obsolètes aujourd'hui, de ne faire appel qu'à des garçons ? Et si oui, pourquoi ces raisons ne sont plus "valables" de nos jours ?

Bien à vous.
N'espérez pas obtenir la moindre réponse. Ce débat est avant tout émotionnel. L'échange d'idées et d'arguments n'y a pas sa place.

Cordialement et bon dimanche !

Re: Service des filles et processions

Publié : dim. 03 janv. 2010, 20:03
par Sofia
Bonjour Philémon, et bon dimanche.
J'aimerai avoir une réponse, tout de même. Je comptais un peu sur vous (pour le côté "anti") et sur AnneT et Paul Victor (les "pro").
Mais je refuse de désespérer :p , au contraire j'espère que quelqu'un saura me répondre et aura la gentillesse de le faire.

Bien à vous.

Re: Service des filles et processions

Publié : lun. 04 janv. 2010, 2:28
par Anne
Christophe a écrit :
AnneT a écrit :Cher Paul Victor, j'aime bien votre PCQMTM! :rire:
Plus Compliqué Que Moi Tu Meurs ?
Ça aussi! :rire:

Re: Service des filles et processions

Publié : lun. 04 janv. 2010, 3:24
par philémon.siclone
Sofia a écrit :Bonjour Philémon, et bon dimanche.
J'aimerai avoir une réponse, tout de même. Je comptais un peu sur vous (pour le côté "anti") et sur AnneT et Paul Victor (les "pro").
Mais je refuse de désespérer :p , au contraire j'espère que quelqu'un saura me répondre et aura la gentillesse de le faire.

Bien à vous.
Sofia, je ne suis pas tout à fait un anti (ma position est plus nuancée que ça, mais peu importe).

La raison principale que vous cherchez a été donnée par un des premiers intervenants : c'est au service d'autel que se préparent les vocations sacerdotales. Et de toute façon, le service d'autel est lié au sacerdoce.

Donc, à moins de vouloir d'un sacerdoce féminin, rien ne nécessite à tout prix la présence de filles au service d'autel. Par contre, si cette pratique se développait, l'Eglise serait fatalement confrontée un jour ou l'autre à la question du sacerdoce féminin. Et d'ailleurs, je crois que c'est justement là que veulent en venir, sans le reconnaître, ceux qui cherchent à imposer la participation des filles au service d'autel.

Car le service d'autel étant lié de toute façon au sacerdoce, cela n'a pas beaucoup plus de sens de ne pas permettre le sacerdoce féminin que l'accès des filles au service d'autel. Les raison sont exactement les mêmes.

Ce que je reproche aux militants hystériques et fanatiques qui s'excitent comme des malades en conspuant tout le monde pour obtenir satisfaction, à savoir faire entrer les filles au service d'autel, c'est de nous prendre pour des billes quant à leurs réelles intentions. Qu'au moins ils aient l'honnêteté de reconnaître que c'est bien le sacerdoce féminin qu'ils ont en tête, et qu'on en discute. Plutôt que de chercher à contourner le problème pour nous placer demain devant le fait accompli.

En fait c'est ça la vraie question : doit-on ou non ordonner les femmes ? Si oui, la question du service d'autel ne se pose plus. Si non, elle ne se pose pas davantage. Si les femmes ne doivent pas être prêtres, pourquoi les filles s'occuperaient-elles du service d'autel ? Mais si les filles font le service d'autel, pourquoi alors les femmes ne devraient pas être prêtres ? Les deux questions sont liées.

Re: Service des filles et processions

Publié : lun. 04 janv. 2010, 4:20
par Laurent L.
Bonjour,
désolée d'arriver comme une fleur dans vos disputes, mais je me pose une question. Les derniers messages (je n'ai pas lu tout le fil) font le lien entre refus de laisser servir les filles et machisme. Mais il me semble que pendant très très longtemps, les filles n'ont pas eu le droit de servir à l'autel : l'Église a t-elle eu un comportement machiste pendant tout ce temps ? Cette interdiction n'était-elle liée qu'aux mœurs de l'époque (mœurs que l'Église aurait suivi, donc), ou y avait-il d'autres raisons, peut-être obsolètes aujourd'hui, de ne faire appel qu'à des garçons ? Et si oui, pourquoi ces raisons ne sont plus "valables" de nos jours ?

Bien à vous.
J'ai cherché la définition de "machisme".
wikipedia a écrit :Le machisme, avec ses dérivés « machiste » et « macho », désigne la tendance de certains hommes à mettre en avant leur virilité, allant de pair avec leur croyance que les femmes leur seraient inférieures dans tous les domaines ou dans les domaines prestigieux, pensant ainsi qu'il est logique qu'elles soient cantonnées aux tâches subalternes.

Le machisme implique souvent la phallocratie (seuls les hommes décident ou ont le pouvoir de décider dans les domaines les plus importants) et implique de la misogynie.
Pour tenter de répondre à votre question : au lieu de parler du service d'autel (qui déchaîne les passions et est visiblement sujet à controverse), autant parler du sacrement de l'ordre. Clairement, l'Église ne confie pas les mêmes tâches aux hommes et aux femmes, puisque le sacrement de l'ordre est réservé aux seuls hommes et qu'une femme ordonnée prêtre serait excommuniée latae sententiae, tout comme l'évêque l'ayant ordonnée :
[+] Texte masqué
LETTRE APOSTOLIQUE
ORDINATIO SACERDOTALIS
DU PAPE
JEAN-PAUL II
SUR L'ORDINATION SACERDOTALE
EXCLUSIVEMENT RÉSERVÉE
AUX HOMMES



Vénérables Frères dans l'épiscopat,

1. L'ordination sacerdotale, par laquelle est transmise la charge, confiée par le Christ à ses Apôtres, d'enseigner, de sanctifier et de gouverner les fidèles, a toujours été, dans l'Église catholique depuis l'origine, exclusivement réservée à des hommes. Les Églises d'Orient ont, elles aussi, fidèlement conservé cette tradition.

Lorsque, dans la Communion anglicane, fut soulevée la question de l'ordination des femmes, le Pape Paul VI, fidèle à sa charge de gardien de la Tradition apostolique et désireux de lever un nouvel obstacle placé sur le chemin qui mène à l'unité des chrétiens, rappela à ses frères anglicans la position de l'Église catholique: «Celle-ci tient que l'ordination sacerdotale des femmes ne saurait être acceptée, pour des raisons tout à fait fondamentales. Ces raisons sont notamment: l'exemple, rapporté par la Sainte Écriture, du Christ qui a choisi ses Apôtres uniquement parmi les hommes; la pratique constante de l'Église qui a imité le Christ en ne choisissant que des hommes; et son magistère vivant qui, de manière continue, a soutenu que l'exclusion des femmes du sacerdoce est en accord avec le plan de Dieu sur l'Église»(1).

Mais, la question ayant été débattue même parmi les théologiens et dans certains milieux catholiques, le Pape Paul VI demanda à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi d'exposer et de clarifier la doctrine de l'Église sur ce point. Ce fut l'objet de la Déclaration Inter insigniores, que le Pape lui-même approuva et ordonna de publier(2).

2. La Déclaration reprend et développe les fondements de cette doctrine, exposés par Paul VI, et conclut que l'Église «ne se considère pas autorisée à admettre les femmes à l'ordination sacerdotale»(3). À ces raisons fondamentales, le même document ajoute d'autres raisons théologiques qui mettent en lumière la convenance de cette disposition divine et il montre clairement que la pratique suivie par le Christ n'obéissait pas à des motivations sociologiques ou culturelles propres à son temps. Comme le précisa plus tard le Pape Paul VI, «la véritable raison est que le Christ en a disposé ainsi lorsqu'il a donné à l'Église sa constitution fondamentale et l'anthropologie théologique qui a toujours été observée ensuite par la Tradition de cette même Église»(4).

Dans la Lettre apostolique Mulieris dignitatem, j'ai moi-même écrit à ce sujet: «En n'appelant que des hommes à être ses Apôtres, le Christ a agi d'une manière totalement libre et souveraine. Il l'a fait dans la liberté même avec laquelle il a mis en valeur la dignité et la vocation de la femme par tout son comportement, sans se conformer aux usages qui prévalaient ni aux traditions que sanctionnait la législation de son époque»(5).

En effet, les Évangiles et les Actes des Apôtres montrent bien que cet appel s'est fait selon le dessein éternel de Dieu: le Christ a choisi ceux qu'il voulait (cf. Mc 3,13-14; Jn 6,70) et il l'a fait en union avec le Père, «par l'Esprit Saint» (Ac 1,2), après avoir passé la nuit en prière (cf. Lc 6,12). C'est pourquoi, pour l'admission au sacerdoce ministériel(6), l'Église a toujours reconnu comme norme constante la manière d'agir de son Seigneur dans le choix des douze hommes dont il a fait le fondement de son Église (cf. Ap 21,14). Et ceux-ci n'ont pas seulement reçu une fonction qui aurait pu ensuite être exercée par n'importe quel membre de l'Église, mais ils ont été spécialement et intimement associés à la mission du Verbe incarné lui-même (cf. Mt 10,1.7-8; 28,16-20; Mc 3,13-16; 16,14-15). Les Apôtres ont fait de même lorsqu'ils ont choisi leurs collaborateurs(7), qui devaient leur succéder dans le ministère(8). Dans ce choix se trouvaient inclus ceux qui, dans le temps de l'Église, continueraient la mission confiée aux Apôtres de représenter le Christ Seigneur et Rédempteur(9).

3. D'autre part, le fait que la très sainte Vierge Marie, Mère de Dieu et Mère de l'Église, n'ait reçu ni la mission spécifique des Apôtres ni le sacerdoce ministériel montre clairement que la non-admission des femmes à l'ordination sacerdotale ne peut pas signifier qu'elles auraient une dignité moindre ni qu'elles seraient l'objet d'une discrimination; mais c'est l'observance fidèle d'une disposition qu'il faut attribuer à la sagesse du Seigneur de l'univers.

La présence et le rôle de la femme dans la vie et dans la mission de l'Église, bien que non liés au sacerdoce ministériel, demeurent absolument nécessaires et irremplaçables. Comme l'a observé la Déclaration Inter insigniores, «l'Église souhaite que les femmes chrétiennes prennent pleinement conscience de la grandeur de leur mission: leur rôle sera capital aujourd'hui, aussi bien pour le renouvellement et l'humanisation de la société que pour la redécouverte, parmi les croyants, du vrai visage de l'Église»(10). Le Nouveau Testament et l'ensemble de l'histoire de l'Église montre abondamment la présence, dans l'Église, de femmes qui furent de véritables disciples et témoins du Christ, dans leurs familles et dans leurs professions civiles, ainsi que dans la consécration totale au service de Dieu et de l'Évangile. «L'Église, en effet, en défendant la dignité de la femme et sa vocation, a manifesté de la gratitude à celles qui, fidèles à l'Évangile, ont participé en tout temps à la mission apostolique de tout le Peuple de Dieu, et elle les a honorées. Il s'agit de saintes martyres, de vierges, de mères de famille qui ont témoigné de leur foi avec courage et qui, par l'éducation de leurs enfants dans l'esprit de l'Évangile, ont transmis la foi et la tradition de l'Église»(11).

D'autre part, c'est à la sainteté des fidèles que se trouve totalement ordonnée la structure hiérarchique de l'Église. Voilà pourquoi, rappelle la Déclaration Inter insigniores, «le seul charisme supérieur, qui peut et doit être désiré, c'est la charité (cf. 1 Co 12-13). Les plus grands dans le Royaume des Cieux, ce ne sont pas les ministres, mais les saints»(12).

4. Bien que la doctrine sur l'ordination sacerdotale exclusivement réservée aux hommes ait été conservée par la Tradition constante et universelle de l'Église et qu'elle soit fermement enseignée par le Magistère dans les documents les plus récents, de nos jours, elle est toutefois considérée de différents côtés comme ouverte au débat, ou même on attribue une valeur purement disciplinaire à la position prise par l'Église de ne pas admettre les femmes à l'ordination sacerdotale.

C'est pourquoi, afin qu'il ne subsiste aucun doute sur une question de grande importance qui concerne la constitution divine elle-même de l'Église, je déclare, en vertu de ma mission de confirmer mes frères (cf. Lc 22,32), que l'Église n'a en aucune manière le pouvoir de conférer l'ordination sacerdotale à des femmes et que cette position doit être définitivement tenue par tous les fidèles de l'Église.


Priant pour vous, Vénérables Frères, et pour tout le peuple chrétien, afin que vous receviez constamment l'aide divine, j'accorde à tous la Bénédiction apostolique.

Du Vatican, le 22 mai 1994, solennité de la Pentecôte, en la seizième année de mon pontificat.

(1) Cf. PAUL VI, Réponse à la lettre de Sa Grâce le Très Révérend Dr Frederick Donald Coggan, Archevêque de Cantorbery, sur le ministère sacerdotal des femmes, 30 novembre 1975: AAS 68 (1976), pp. 599-600: «Your Grace is of course well aware of the Catholic Church's position on this question. She holds that it is not admissible to ordain women to the priesthood, for very fundamental reasons. These reasons include: the example recorded in the Sacred Scriptures of Christ choosing his Apostles only from among men; the constant practice of the Church, which has imitated Christ in choosing only men; and her living teaching authority which has consistently held that the exclusion of women from the priesthood is in accordance with God's plan for his Church» (p. 599).

(2) Cf. CONGRÉGATION POUR LA DOCTRINE DE LA FOI, Déclaration Inter insigniores sur la question de l'admission des femmes au sacerdoce ministériel, 15 octobre 1976: AAS 69 (1977), pp. 98-116.

(3) Ibid., p. 100.

(4) PAUL VI, Allocution Il ruolo della donna nel disegno di Dio, 30 janvier 1977: Insegnamenti, vol. XV, 1977, p. 111. Cf. aussi JEAN-PAUL II, Exhortation apostolique Christifideles laici, 30 décembre 1988, n. 51: AAS 81 (1989), pp. 393-521; Catéchisme de l'Église catholique, n. 1577.

(5) Lettre apostolique Mulieris dignitatem, 15 août 1988, n. 26: AAS 80 (1988), p. 1715

(6) Cf. Const. dogm. Lumen gentium, n. 28; Décret Presbyterorum ordinis, n. 2.

(7) Cf. 1 Tm 3,1-13; 2 Tm 1,6; Tt 1,5-9.

(8) Cf. Catéchisme de l'Église catholique, n. 1577.

(9) Cf. Const. dogm. Lumen gentium, nn. 20-21.

(10) CONGRÉGATION POUR LA DOCTRINE DE LA FOI, Déclaration Inter insigniores, n. 6: AAS 69 (1977), pp. 115-116

(11) Lettre apostolique Mulieris dignitatem, n. 27: AAS 80 (1988), p. 1719

(12) CONGRÉGATION POUR LA DOCTRINE DE LA FOI, Déclaration Inter insigniores, n. 6: AAS 69 (1977), p. 115
;
CONGRÉGATION POUR LA DOCTRINE DE LA FOI

DECRET GENERAL
concernant le délit d’attentat à
l’ordination sacrée d’une femme



Dans le but de défendre la nature et la validité du sacrement de l’Ordre, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, en vertu de la faculté spéciale qui lui a été accordée par l’autorité suprême de l’Eglise (cf. can. 30 du Code de Droit Canonique), en Session Ordinaire du 19 décembre 2007, a décrété:

Restant sauves les dispositions du can. 1378 du Code de Droit Canonique, soit celui qui attente à conférer l’ordre sacré à une femme, soit la femme qui attente à recevoir l’ordre sacré, encourt l’excommunication latae sententiae réservée au Siège Apostolique.

S’il s’avère que celui qui attente à conférer l’ordre sacré à une femme ou la femme qui attente à recevoir l’ordre sacré était un fidèle sujet au Code des Canons des Eglises Orientales, restant sauves les dispositions du can. 1443 dudit Code, cette personne sera puni par une excommunication majeure, dont la rémission est réservée au Siège Apostolique (cf. can. 1423 du Code des Canons des Eglises Orientales).

Ce décret entre immédiatement en vigueur avec sa publication sur L’Osservatore Romano.


William Cardinal LEVADA
Préfet
L'Église est-elle machiste, selon la définition de wikipedia ? Si l'on considère que l'ordre est un "domaine prestigieux" et que le laïcat et la consécration religieuse féminine sont des "tâches subalternes", alors oui, l'Église est machiste.

Si l'on considère au contraire que :
compendium, 71. Quel rapport entre l’homme et la femme Dieu a-t-il établi? a écrit :
L’homme et la femme ont été créés par Dieu dans une égale dignité en tant que personnes humaines et, en même temps, dans une complémentarité réciproque en tant qu’homme et femme. Dieu les a voulus l’un pour l’autre, pour une communion de personnes. Ensemble, ils sont aussi appelés à transmettre la vie humaine, formant dans le mariage « une seule chair » (Gn 2,24) et à dominer la terre comme « intendants » de Dieu.
et que :
ibid. 177. Qui sont les fidèles? a écrit :
Les fidèles sont ceux qui, incorporés au Christ par le Baptême, sont établis membres du peuple de Dieu. Rendus participants, selon leur condition propre, aux fonctions sacerdotale, prophétique et royale du Christ, ils sont appelés à exercer la mission confiée par Dieu à l’Église. Entre eux, demeure une véritable égalité en raison de leur dignité de fils de Dieu.
alors, l'Église ne saurait être machiste.

Toutefois, il est vrai que :
ibid. a écrit :178. Comment le peuple de Dieu est-il composé?

Dans l’Église, par institution divine, il y a les ministres sacrés, qui ont ont reçu le sacrement de l’Ordre et qui forment la hiérarchie de l’Église. Les autres sont appelés laïcs. Des uns et des autres sont issus des fidèles qui se consacrent à Dieu de façon particulière par la profession des conseils évangéliques : la chasteté dans le célibat, la pauvreté et l’obéissance.

179. Pourquoi le Christ a-t-il institué la hiérarchie ecclésiastique?


Le Christ a institué la hiérarchie ecclésiastique en vue de la mission de paître le peuple de Dieu en son nom; et c’est pourquoi il lui a donné l’autorité. La hiérarchie est composée des ministres sacrés : Évêques, prêtres, diacres. Par le sacrement de l’Ordre, les Évêques et les prêtres agissent, dans l’exercice de leur ministère, au nom et dans la personne du Christ-Tête. Les diacres servent le peuple de Dieu dans la diaconie (service) de la parole, de la liturgie et de la charité.

181. Pourquoi le ministère ecclésial a-t-il aussi un caractère personnel?

Le ministère ecclésial a aussi un caractère personnel, parce que, en vertu du sacrement de l’Ordre, chacun est responsable devant le Christ, qui l’a personnellement appelé en lui confiant une mission.

182. Quelle est la mission du Pape?

Le Pape, Évêque de Rome et successeur de saint Pierre, est principe perpétuel et visible, et fondement de l’unité de l’Église. Il est le vicaire du Christ, la Tête du collège des Évêques et le pasteur de toute l’Église, sur laquelle il a, par institution divine, un pouvoir plénier, suprême, immédiat et universel.
Ainsi donc, l'Église est phallocrate, selon la définition ci-dessus. Elle ne l'est pas selon cette autre définition : http://www.larousse.fr/dictionnaires/fr ... atie/60104. Elle n'est pas non plus machiste selon cette définition : http://fr.wiktionary.org/wiki/machisme.

Tout dépend donc de votre définition du machisme, de la phallocratie, de la misogynie, etc. :) .

Je me permets de transposer votre phrase "Cette interdiction n'était-elle liée qu'aux mœurs de l'époque" dans le cas du sacerdoce. Je dirais "non" car le sacerdoce n'est pas une simple mesure disciplinaire (voir passage colorié dans le spoiler) : ça fait partie de la "constitution divine de l'Église", nous dit ce même passage.

Quant aux servants d'autels, ils n'ont pas le sacrement de l'ordre. La nouvelle liturgie donne une plus grande part aux laïcs ; les éventuelles raisons de la permission du service d'autel féminin ont été évoquées précédemment, je crois : liturgie plus ouverte aux laïcs, moins "cléricale" (on a supprimé dans la plupart des églises les clôtures de chœur) ; manque de candidats garçons, peut-être ?. Reste la question du lien entre service d'autel et sacerdoce évoquée précédemment, toujours d'actualité, puisque rappelée récemment par Rome.

J'espère avoir au moins en partie répondu à vos attentes :).