Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2009-2010)

« Mon âme aspire vers toi pendant la nuit, mon esprit te cherche dès le matin. » (Is 26.9)
Règles du forum
Forum de partage de méditations chrétiennes
etienne lorant
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 13130
Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53

Re: L'Evangile à partager

Message non lu par etienne lorant »

Merci à vous d'être là ! Je salue aussi bien votre présence que votre discrétion !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
Avatar de l’utilisateur
Griffon
Tribunus plebis
Tribunus plebis
Messages : 3122
Inscription : sam. 26 déc. 2009, 20:24

Re: L'Evangile à partager

Message non lu par Griffon »

Merci à tous pour ce partage.
Et à vous, Etienne, de cette heureuse initiative.

Pour moi, les béatitudes sont comme la main tendue par Dieu.
On peut agripper un doigt, être touché par l'autre, mais chaque béatitude ouvre sur une autre et, ensemble, elles forment un tout.
La richesse n'est pas pour les doux. La violence n'est pas le fait des pauvres en esprit ; ceux-ci, on peut les persécuter sans risque, car ils sont doux, justement. Persécutés et pauvres, ils connaissent l'injustice et en souffrent, et donc ils ont soif du royaume de Justice ; et on peut continuer....

Parfois, on lit cela comme un encouragement, surtout dans la traduction de Chouraqui.
Il s'agit avant tout d'un appel : Dieu qui nous invite à prendre sa main. Quelque soit le doigt qu'on agrippe, on aura toute la main.
Il nous serait impossible de vivre par nous même, la douceur, la pauvreté ou la persécution,... Très vite, nous y mettrions un esprit de revendication ou d'orgueil. A ses préférés, Dieu tend l'un ou l'autre de ses "doigts", comme une invitation. On prend ou pas. Mais quel bonheur si on prend.

Comment prendre cette main ?
L'abandon et la reconnaissance, nous dit la petite Thérèse.
L'abandon : c'est facile à comprendre... Mais il faut une sacré dose de Foi.
La reconnaissance : lors de leur première incarcération, on lit dans les actes que les apôtres étaient tout heureux d'avoir été jugé digne de souffrir pour le Christ.
Cette reconnaissance est le signe certain de la présence de l'Esprit.

"Me voici, Seigneur, je viens faire ta volonté" dit Jésus, en notre nom.
Nous pouvons nous laisser faire par Lui.

Que le Seigneur vous bénisse,
Tous,
Griffon.
Jésus, j'ai confiance en Toi,
Jésus, je m'abandonne à Toi.
Mon bonheur est de vivre,
O Jésus, pour Te suivre.
etienne lorant
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 13130
Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53

Les levains et le manque de pain

Message non lu par etienne lorant »

Evangile de Jésus-Christ selon saint Marc 8,14-21.
Les disciples avaient oublié de prendre du pain, et ils n'avaient qu'un seul pain avec eux dans la barque.
Jésus leur faisait cette recommandation : « Attention ! Prenez garde au levain des pharisiens et à celui d'Hérode ! »
Ils discutaient entre eux sur ce manque de pain.
Il s'en aperçoit et leur dit : « Pourquoi discutez-vous sur ce manque de pain ? Vous ne voyez pas ? Vous ne comprenez pas encore ? Vous avez le coeur aveuglé ?
Vous avez des yeux et vous ne regardez pas, vous avez des oreilles et vous n'écoutez pas ? Vous ne vous rappelez pas ?
Quand j'ai rompu les cinq pains pour cinq mille hommes, combien avez-vous ramassé de paniers pleins de morceaux ? » Ils lui répondirent : « Douze.
- Et quand j'en ai rompu sept pour quatre mille, combien avez-vous rempli de corbeilles en ramassant les morceaux ? » Ils lui répondirent : « Sept. »
Il leur disait : « Vous ne comprenez pas encore ? »

Il y a le levain des pharisiens et le levain d'Hérode. Ensuite, tout simplement, il y a le manque de pain dont tous s'inquiètent bien plus que de ces deux levains...

Le levain des pharisiens, c'est la tentation de figer sa foi dans la pratique. C'est, je crois, le fait de se dire: je prie souvent, je participe à un Rosaire régulièrement, je donne à la quête, je me confesse une fois le mois, je communie avec toutes les marques de respect recommandées, je lis des revues, je suis un catholique pratiquant.
Le chrétien qui met sa foi dans ses pratique se persuade qu'ainsi il est "en ordre" et donc que rien ne peut lui arriver. (En réalité, Dieu se "doit" de le protéger - et plus encore, de lui donner la réussite dans toutes ses entreprises.) Pour le reste, les pratiques peuvent être différentes dans le détail, la liturgie aussi, le danger de geler sa foi dans sa pratique demeure pour tous.

Le levain d'Hérode, c'est la tentation du pouvoir. Je ne songe même pas, ici, à ceux qui rêvent de remettre au pouvoir un monarque de droit divin, mais je pointe du doigt le manque d'accueil à l'Evéché - ils sont nombreux encore ceux qui souhaiteraient "servir" d'une manière ou d'une autre, mais que l'on renvoie après les avoir à peine écoutés. Je songe à la querelle qui a opposé les Chanoines - tant et si bien que l'Eucharistie quotidienne à la cathédrale n'est plus que célébrée que par trois prêtres; je songe au Doyen de mon diocèse, qui est connu partout comme "le fossoyeur des paroisses" - car il a mené au pas de charge la fermeture des églises dans les faubourgs de la ville. Il est aussi devenu le responsable de toutes les célébrations "en l'absence de prêtres" (avec une équipe de laïques souvent très "dirigistes" mais absents durant les congés). Je connais beaucoup de sacristines et de jeunes organistes qui se plaignent de subir sa "tyrannie"...

Quant au manque de pain, j'y vois tout simplement le manque de foi. Ou la perte de foi. Au sein même de l'Eglise? Oui, je crois qu'il y a en effet, des fidèles qui quittent leur paroisse car ils n'ont pas trouvé ce qu'ils y cherchaient et ils se découragent. Il y a également des prêtres tellement pris par de grands projets (réouvrir un patro, construire une maison de jeunes avec chapelle au dernier étage, publier un mensuel d'une trentaine de pages où tous peuvent s'exprimer librement...) qu'ils arrivent à l'homélie sans avoir rien prévu. Ils bafouillent quelques mots puis se dépêchent d'achever la célébration, car il y a tant à faire au dehors - SAUF visiter les personnes âgées et les malades !

Jésus reprend donc sévèrement les douze à cause cette crainte qui les a saisis de devoir traverser le lac avec un seul pain à partager. Ils sont responsables - pas seulement devant les hommes, mais d'abord devant Dieu, de donner à tous et à toutes ce dont ils ont besoin. Si l'on est dans l'Eglise visible, on a beaucoup plus de devoirs que de droits...
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
Avatar de l’utilisateur
papillon
Barbarus
Barbarus

Re: Les levains et le manque de pain

Message non lu par papillon »

etienne lorant a écrit :Le levain des pharisiens, c'est la tentation de figer sa foi dans la pratique. C'est, je crois, le fait de se dire: je prie souvent, je participe à un Rosaire régulièrement, je donne à la quête, je me confesse une fois le mois, je communie avec toutes les marques de respect recommandées, je lis des revues, je suis un catholique pratiquant.
Le chrétien qui met sa foi dans ses pratique se persuade qu'ainsi il est "en ordre" et donc que rien ne peut lui arriver.
Ce passage de ce que vous avez écrit remue beaucoup de choses en moi.
"Je suis un catholique pratiquant". Ô combien j'ai eu, autrefois, je l'avoue, du mépris pour ces mots.
"Le chrétien qui met sa foi dans ses pratiques se persuade qu'ainsi il est 'en ordre' ". J'ajouterais que certains se sont crus tellement 'en ordre' qu'ils pouvaient ainsi se permettre un manque flagrant d'amour et de charité envers leur prochain sans problème de conscience, sans se poser trop de questions, parce qu'ils se sentaient 'en ordre' et 'protégés', ayant perdu contact avec le sens véritable de leur pratique religieuse.

La désaffection et la méfiance qu'ont eu certaines personnes pour la religion tient en partie au fait qu'ils ne pouvaient voir Dieu dans les yeux, le coeur et le comportement des 'pratiquants'.
Je ne prétends pas en disant cela que les pratiquants, quelle que soit leur religion, doivent être parfaits ou même exemplaires, non, pas du tout. Ça n'a rien à voir. Mais simplement que la 'forme' de leur pratique religieuse serve à appuyer et exprimer le 'fond' et non à l'usurper. Vous comprenez ce que je veux dire, j'en suis sûre, même si je l'exprime mal.

Je ne vois plus aujourd'hui la pratique religieuse de façon aussi négative, mais ma méfiance et ma répulsion ont été telles que je n'arrive pas encore à m'y remettre vraiment, me sentant toujours menacée par le piège de l'hypocrisie et de la 'bonne conscience'...et par un certain ridicule.
etienne lorant
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 13130
Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53

Re: Les levains et le manque de pain

Message non lu par etienne lorant »

papillon a écrit :Vous comprenez ce que je veux dire, j'en suis sûre, même si je l'exprime mal.
.
Je vous ai très bien compris et votre langage est clair. En réalité, c'est à partir du "comportement standard" de nombreux fidèles (que je regardais depuis le choeur, puisque je servais la messe étant tout jeune), qu'à la longue j'ai développé le sentiment que "S'ils n'y croient pas pourquoi viennent-ils ?" Je me suis réconcilié avec l'Eglise, je participe à des messes en semaines pour lesquelles nous sommes peu nombreux. C'est le dimanche, lorque le prêtre dit: "Dans la charité du Christ, donnez-vous un signe de paix"... que je ressens une forte rétissence : quelques-uns se retournent pour serrer la main, mais d'autres ne le font pas, ou alors ils font un petit signe de tête très discret. Un dimanche de l'année dernière, comme je m'étais rendu dans une église extérieure à ma ville, j'ai trouvé une très belle petite chapelle, au coeur d'un petit village très bien entretenu. Mais à peine la célébration commencée, je m'y senti mal à l'aise. Au moment du "signe de paix", les autres se sont retournés vers ceux qu'ils connaissaient et j'ai eu l'air fin avec mon sourire et à ma main tendue - que personne n'a serrée !
Depuis, j'évite cette paroisse.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
Avatar de l’utilisateur
Kerniou
Mater civitatis
Mater civitatis
Messages : 5183
Inscription : mer. 21 oct. 2009, 11:14
Localisation : Bretagne

Re: Les levains et le manque de pain

Message non lu par Kerniou »

Comme vous avez raison, Etienne, nous avons " plus de devoirs que de droits ". Il est bon de se le rappeler de temps en temps ...
Ce que vous dites à propos du moment du signe de paix, je l'ai constaté en ville. Dans ma campagne, c'est un geste d'attention aux autres. Il arrive que des personnes se déplacent serrer la main ou embrasser qq'un dans la peine. Ce signe prend, alors, tout sa dimension et c'est le contenu qui donne du sens au rite.
Nous savons tous, hélas, combien: " Aimer son prochain comme soi-même " n'est pas facile...
Je vais déborder du sujet, je vous demande de m'en excuser, mais j'avais l'intention de vous faire partager ma journée d'hier. C'était l'anniversaire de notre fille, le premier depuis sa mort. Son frère et son amie nous ont fait la surprise de venir passer cette journée avec nous.
Nous sommes allés à la messe le matin et l'après-midi, nous sommes retournés, pour la première fois, sur la plage où nous avons versé ses cendres dans la mer.
Le temps et le paysage étaient splendides: le vert émeraude de la mer, la pureté du ciel d'azur, le soleil magnifique, la brise légère ...
Plus de gâteau ni de bougies ... une promenade au bord de la mer ...
Sa présence en nous semblait flotter, aussi, alentour et nous immergeait dans La Paix et La Lumière.
Hier fut une belle journée d'anniversaire, merci Seigneur.
Aujourd'hui, l'hiver reprend ses droits: notre fils et sa compagne voyagent sur les routes verglassées de l'est ...
" Celui qui n'aime pas n'a pas connu Dieu , car Dieu est Amour " I Jean 4,7.
etienne lorant
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 13130
Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53

Il faut trancher le noeud gordien

Message non lu par etienne lorant »

Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc 9,22-25.
Jésus disait à ses disciples: "Il faut que le Fils de l'homme souffre beaucoup, qu'il soit rejeté par les anciens, les chefs de prêtres et les scribes, qu'il soit tué, et que, le troisième jour, il ressuscite. "
Il leur disait à tous : « Celui qui veut marcher à ma suite, qu'il renonce à lui-même, qu'il prenne sa croix chaque jour, et qu'il me suive.
Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie pour moi la sauvera.
Quel avantage un homme aura-t-il à gagner le monde entier, si c'est en se perdant lui-même et en le payant de sa propre existence ?

Sombre passage ? Pas vraiment. C'est plutôt un renversement des vérités de ce monde au profit de la vérité de Dieu. Jésus, ici, me rappelle un peu Alexandre et le noeud gordien. Trancher un noeud gordien, c'est résoudre une difficulté de façon brutale, dit le dictionnaire. Voici ce que rapportent les récits autour de la vie d'Alexandre le Grand:

Le nœud gordien tient son nom de Gordios, un paysan qu’un prodige avait rendu célèbre. Un aigle s’était posé sur son char et Gordios s’était alors rendu à la cité pour demander aux devins de lui expliquer la signification de ce présage. Or un oracle venait de prédire aux habitants de cette ville que les guerres dont ils souffraient depuis des années prendraient fin quand apparaîtrait devant leurs portes un homme monté sur un char et que cet homme, ils devaient l’élire roi. Ce fut donc à Gordios qu’échut cet honneur.
Son char fut conservé de nombreuses années dans le temple de Jupiter en raison d’une autre prophétie qui voulait que celui qui parviendrait à détacher le timon du joug deviendrait le maître de l’Asie. Or le nœud d’écorces de cormier qui reliait ces deux éléments, était si compliqué que personne, jamais n’était arrivé à le défaire. Seuls les prêtres en connaissaient le secret : ils se le transmettaient d’une génération à l’autre et remplaçaient le nœud quand l’écorce en était usée.

Alexandre le Grand arrive à Gordion en 333. Il connaissait la prophétie. L’historien Quinte-Curce (Histoires, III, 1,14-18 ) raconte :
« Comme les indigènes affirmaient que, d'après la prédiction d'un oracle, celui qui dénouerait le lien inextricable serait le maître de l'Asie, le désir vint au coeur d'Alexandre de réaliser cette prédiction. [...] La série des noeuds était si compacte que ni la réflexion ni la vue ne permettait de saisir d'où partait cet entrelacement et où il se dérobait. [...] Sans résultat, Alexandre lutta longuement contre le secret de ces noeuds. "Peu importe," dit-il alors, "la façon de les défaire" et de son épée il rompit toutes les courroies, éludant ainsi la prédiction de l'oracle - ou la réalisant.

Cette histoire a inspiré beaucoup d'auteurs. Dans un poème, Alfred de Musset l'évoque comme la solution redoutable de la division entre le corps et l'âme:

Ah ! C’est un grand malheur, quand on a le cœur tendre,
Que ce lien de fer que la nature a mis
Entre l'âme et le corps, ces frères ennemis!
Ce qui m'étonne, moi, c'est que Dieu l'ait permis.
Voilà le nœud gordien qu'il fallait qu'Alexandre
Rompît de son épée et réduisît en cendre.
(Alfred de Musset.)

Pour en revenir à l'Evangile, il est clair pour moi que Jésus propose, mais aussi réclame, un choix catégorique : "Soit vous choisissez la vie en ce monde, soit vous choisissez la vie éternelle et vous prenez chaque jour votre croix pour me suivre." N'aurait-Il pas pu adoucir cette Parole en disant : "Assumez chaque jour votre difficulté de vivre, portez-la comme un fardeau, et suivez-moi ?" Car c''est dans les mots "prendre sa croix chaque jour" que je trouve la même violence que celle employée par Alexandre. Je crois que Jésus veut dire: "Si vous prenez le temps de résoudre d'abord les problèmes existentiels qui vous tracassent et vous accablent vous ne ferez jamais rien en vue de la vie éternelle. Alors, oubliez çà, accepter vous tels que vous êtes, et suivez-moi sans attendre".

A une de mes amies, qui était proche de la conversion, et qui me demandait: "J'ai encore quelques difficultés, mais elles semblent mineures, que dois-je faire ?", j'ai répondu: "Moi aussi, comme j'étais prêt de retourner à l'Eglise, certaines questions se sont posées dont la logique ne semblait pas pouvoir être contredite. Mais j'ai tout simplement mis cela de côté, j'ai suivi mon intuition, et mon intuition disait vraiment: "Celui que veut sauver sa vie - garder son mode de pensée "mondain", avec son absurdité finale mais avec ses plaisirs éphémères - celui-là perdra, mais celui qui perdra sa vie à cause de moi - elle sera beaucoup plus exigente, avec le salut au bout - la sauvera !" Cette amie, je l'ai revue plus tard, un dimanche, à la messe. Quand nous nous sommes retrouvés, au milieu des fidèles qui se pressaient vers la sortie, je l'ai soulevée de terre et nous avons ri de joie. Car dans la vérité, ce qu'on laisse derrière soi n'est rien en comparaison avec le salut éternel.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
Avatar de l’utilisateur
Griffon
Tribunus plebis
Tribunus plebis
Messages : 3122
Inscription : sam. 26 déc. 2009, 20:24

Re: Il faut trancher le noeud gordien

Message non lu par Griffon »

Merci pour ce beau témoignage...

Griffon.
Jésus, j'ai confiance en Toi,
Jésus, je m'abandonne à Toi.
Mon bonheur est de vivre,
O Jésus, pour Te suivre.
Avatar de l’utilisateur
Anne
Prætor
Prætor
Messages : 6923
Inscription : jeu. 21 févr. 2008, 1:05
Conviction : Catholique romaine
Localisation : Provincia Quebecensis

Re: L'Evangile à partager

Message non lu par Anne »

etienne lorant a écrit :Merci à vous d'être là ! Je salue aussi bien votre présence que votre discrétion !
Bon, ne va pas croire que je t'ignore, Étienne!

C'est seulement que j'espérais que l'Esprit m'inspire quelque chose d'à tout le moins aussi intéressant et édifiant à écrire que les autres, ce qui ne semble pas être le cas...
:(

Cependant, les béatitudes, pour moi, sont une source à la fois d'espoir et d'angoisse. Aussi étrange que ça puisse paraître (mais peut-être pas) je me sens très "visée" par une partie de ce qui est dit au sujet des "malheureux" et il y a des jours où je me dis que ça n'augure pas bien pour moi dans l'avenir. De plus, être parmi les "heureux", ici et maintenant, ça l'air tellement pas le "fun"!
:s

Néamoins, il m'arrive des moments où je suis "artisan de paix" ou de joie. Tout au moins, ça jaillit comme des étincelles. Des petites attentions ou de petits cadeaux (comme ce fameux Julien Green! :) ) qui apportent dans la vie des autres une petite douceur qui les aide à continuer encore un peu à travers une période grise ou triste. Ce ne peut qu'être inspiré par l'Esprit, me dis-je, car c'est spontanné.

Comme j'aimerais que ces étincelles soient plus que des étincelles... Si ça pouvait devenir un p'tit feu, et grandir...
"À tout moment, nous subissons l’épreuve, mais nous ne sommes pas écrasés;
nous sommes désorientés, mais non pas désemparés;
nous sommes pourchassés, mais non pas abandonnés;
terrassés, mais non pas anéantis…
".
2 Co 4, 8-10
etienne lorant
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 13130
Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53

Re: L'Evangile à partager

Message non lu par etienne lorant »

AnneT a écrit :Bon, ne va pas croire que je t'ignore, Étienne!

C'est seulement que j'espérais que l'Esprit m'inspire quelque chose d'à tout le moins aussi intéressant et édifiant à écrire que les autres, ce qui ne semble pas être le cas...
:(

Cependant, les béatitudes, pour moi, sont une source à la fois d'espoir et d'angoisse. Aussi étrange que ça puisse paraître (mais peut-être pas) je me sens très "visée" par une partie de ce qui est dit au sujet des "malheureux" et il y a des jours où je me dis que ça n'augure pas bien pour moi dans l'avenir. De plus, être parmi les "heureux", ici et maintenant, ça l'air tellement pas le "fun"!
:s

Néamoins, il m'arrive des moments où je suis "artisan de paix" ou de joie. Tout au moins, ça jaillit comme des étincelles. Des petites attentions ou de petits cadeaux (comme ce fameux Julien Green! :) ) qui apportent dans la vie des autres une petite douceur qui les aide à continuer encore un peu à travers une période grise ou triste. Ce ne peut qu'être inspiré par l'Esprit, me dis-je, car c'est spontanné.

Comme j'aimerais que ces étincelles soient plus que des étincelles... Si ça pouvait devenir un p'tit feu, et grandir...
Ta réponse est la plus sincère, mais aussi la plus humble de toute, c'est certainement pour cela que le Seigneur te réserve encore de grandes grâces... A songer à cela, j'en ai ressenti comme un frisson de printemps !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
etienne lorant
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 13130
Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53

Par l'abstinence et par le geste...

Message non lu par etienne lorant »

Le vendredi après les Cendres


Livre d'Isaïe 58,1-9.
Parole du Seigneur: Crie à pleine gorge! Ne te retiens pas! Que ta voix résonne comme le cor! Dénonce à mon peuple ses fautes, à la maison de Jacob ses péchés.
Ils viennent me consulter jour après jour, ils veulent connaître mes chemins. Comme une nation qui pratiquerait la justice et n'abandonnerait pas la loi de son Dieu, ils me demandent de leur faire justice, ils voudraient que Dieu se rapproche.
« Pourquoi jeûner si tu ne le vois pas ? pourquoi nous mortifier si tu l'ignores ? » Oui, mais le jour où vous jeûnez, vous savez bien trouver votre intérêt, et vous traitez durement ceux qui peinent pour vous.
Votre jeûne se passe en disputes et querelles, en coups de poings sauvages. Ce n'est pas en jeûnant comme vous le faites aujourd'hui que vous ferez entendre là-haut votre voix.
Est-ce là le jeûne qui me plaît ? Est-ce là votre jour de pénitence ? Courber la tête comme un roseau, coucher sur le sac et la cendre, appelles-tu cela un jeûne, un jour bien accueilli par le Seigneur ?
Quel est donc le jeûne qui me plaît ? N'est-ce pas faire tomber les chaînes injustes, délier les attaches du joug, rendre la liberté aux opprimés, briser tous les jougs ?
N'est-ce pas partager ton pain avec celui qui a faim, recueillir chez toi le malheureux sans abri, couvrir celui que tu verras sans vêtement, ne pas te dérober à ton semblable ?
Alors ta lumière jaillira comme l'aurore, et tes forces reviendront rapidement. Ta justice marchera devant toi, et la gloire du Seigneur t'accompagnera.
Alors, si tu appelles, le Seigneur répondra ; si tu cries, il dira : « Me voici. »

Psaume 51(50),3-4.5-6.18-19.
Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour, selon ta grande miséricorde, efface mon péché.
Lave-moi tout entier de ma faute, purifie-moi de mon offense.
Oui, je connais mon péché, ma faute est toujours devant moi.
Contre toi, et toi seul, j'ai péché, ce qui est mal à tes yeux, je l'ai fait. Ainsi, tu peux parler et montrer ta justice, être juge et montrer ta victoire.
Si j'offre un sacrifice, tu n'en veux pas, tu n'acceptes pas d'holocauste.
Le sacrifice qui plaît à Dieu, c'est un esprit brisé ; tu ne repousses pas, ô mon Dieu, un coeur brisé et broyé.

Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 9,14-15.
Les disciples de Jean Baptiste s'approchent de Jésus en disant : « Pourquoi tes disciples ne jeûnent-ils pas, alors que nous et les pharisiens nous jeûnons ? »
Jésus leur répondit : « Les invités de la noce pourraient-ils donc faire pénitence pendant le temps où l'Époux est avec eux ? Mais un temps viendra où l'Époux leur sera enlevé, et alors ils jeûneront.




Les trois textes de ce jour se rejoignent, et il est bon de les citer tous. En plus, ils ont un point commun: la miséricorde divine qui est toujours proche de nous et qui n'attend de nous qu'un geste qui manifeste notre "filiation divine". Je songe ici à cet autre Parole de Jésus:

Lequel d'entre vous donnerait une pierre à son fils qui lui demande du pain ?
ou un serpent, quand il lui demande un poisson ?
Si donc, vous qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus votre Père qui est aux cieux donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui les lui demandent !
Donc, tout ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous, faites-le pour eux, vous aussi, voilà ce que dit toute l'Écriture : la Loi et les Prophètes (Matt 7,7-12)

Jésus constate sans adoucir son propos que nous sommes "mauvais" - mais tout en étant mauvais, il nous a été donné d'être capable de bonnes choses. Et, dès lors, il suffit de vouloir pour autrui ce que nous voudrions pour nous-mêmes et d'agir en conséquence. Dans l'Evangile de ce jour, le Seigneur répond aux Pharisiens et aux disciples de Jean « Les invités de la noce pourraient-ils donc faire pénitence pendant le temps où l'Époux est avec eux ? Mais un temps viendra où l'Époux leur sera enlevé, et alors ils jeûneront."

Comme je laisse ces divers éléments de discours pénétrer en moi, je me dis finalement que nous sommes toujours au temps de la noce, en même temps que nous jeûnons. Nous sommes comme des orphelins, mais nous avons la capacité de vouloir le bien d'autrui. C'est ainsi que nous marchons, d'un pied sur l'autre, d'un manque à un don. Notre besoin d'être aimé de Dieu, de nous justifier, de nous sanctifier, nous pousse à répondre à ses commandements; il nous force à modifier nos priorités pour accomplir ce qui nous est demandé. N'attendons donc pas une approbation immédiate de nos bonnes actions, mais accomplissons les toujours dans le secret, car le secret fait partie du jeûne et le jeûne nous prépare au grand banquet des Noces de l'Agneau ! Finalement, c'est très beau, ce passage, c'est très fort. Accomplir des gestes de miséricorde dans le secret, rompre des jougs qui sont à notre portée, c'est vraiment susciter l'amour du Père. Aujourd'hui, je veux prier : "Accorde-moi, Seigneur, d'accomplir quelque bien, et que je garde ma bouche close, afin que ce bien soit comme dans la graine dans la bonne terre, comme le levain minuscule jeté au milieu de la pâte...
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
etienne lorant
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 13130
Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53

Re: Il faut trancher le noeud gordien

Message non lu par etienne lorant »

etienne lorant a écrit :Je crois que Jésus veut dire: "Si vous prenez le temps de résoudre d'abord les problèmes existentiels qui vous tracassent et vous accablent vous ne ferez jamais rien en vue de la vie éternelle. Alors, oubliez çà, acceptez vous tels que vous êtes, et suivez-moi sans attendre".

Suis-je bête ! La nuit dernière, je me suis réveillé et l'histoire de l'épée d'Alexandre m'a rappelé quelque chose... mais oui, bien sûr :

- dans l'Evangile " Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée.
(Matt 10:34) - qui précise que l'homme aura pour ennemi les gens de sa maison - rupture complète avec les "traditions de famille"
- dans l'épître aux Hébreux ensuite: "Car la parole de Dieu est vivante, efficace, plus tranchante qu’une épée quelconque à deux tranchants, pénétrante jusqu’à partager âme et esprit, jointures et mœlles; elle juge les sentiments et les pensées du cœur. Nulle créature n’est cachée devant lui, mais tout est nu et découvert aux yeux de celui à qui nous devons rendre compte " (Héb. 4:11-12)

Les Ecritures se répondent souvent l'une à l'autre, avec un peu de patience (ou en employant un moteur de recherche) il est toujours possible d'enrichir sa lecture, ou d'obtenir une explication d'un passage qu'on n'a pas bien saisi... c'est parce que l'Ecriture est vivante - Alleluia !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
Avatar de l’utilisateur
coeurderoy
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 5771
Inscription : sam. 31 mai 2008, 19:02
Localisation : Entre Loire et Garonne

Re: L'Evangile à partager

Message non lu par coeurderoy »

etienne lorant a écrit :Merci à vous d'être là ! Je salue aussi bien votre présence que votre discrétion !
Bonsoir Etienne,

semaine très chargée...et je ne me découvre cité dans ton message que ce soir...

Comme Anne il m'arrive d'être très troublé...suis-je artisan de paix, suis-je pauvre avec mes plaintes et mes revendications ? M'arrive-t-il de savoir me réjouir de telle ou telle "petite" persécution ?

Cette paix qui ne règne pas toujours dans nos propres familles me touche beaucoup : le Chrétien est un autre Christ ! et là...nous sommes si loin, si loin du divin modèle. Mais j'aimerais, en vieillissant, devenir cet être assez pacifié pour porter la Paix du Christ aux coeurs troublés, inquiets...
En ce premier dimanche de Carême il y avait vêpres et adoration du Saint Sacrement dans ma paroisse et j'ai vraiment pu rendre grâce pour nos prêtres, porteurs de cette Paix que le monde ignore...Devenir nous aussi des ostensoirs vivants, rayonnants le Christ et , là où il y a la discorde, la haine, répandre la joie, le pardon, l'amour...Ce n'est pas un rêve pieux car certains le font alors cela doit être possible, oui, j'ai désormais l'audace de le croire !

Et pardon pour ce retard (je suis absent la semaine prochaine mais essaierai de lire les messages à mon retour...)
Saint et joyeux Carême Etienne !
"Le coeur qui rayonne vaut mieux que l'esprit qui brille"

Saint Bernard de Clairvaux
etienne lorant
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 13130
Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53

Le choix de Dieu et la promesse

Message non lu par etienne lorant »

Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 16,13-19.
Jésus était venu dans la région de Césarée-de-Philippe, et il demandait à ses disciples : « Le Fils de l'homme, qui est-il, d'après ce que disent les hommes ? »
Ils répondirent : « Pour les uns, il est Jean Baptiste ; pour d'autres, Élie ; pour d'autres encore, Jérémie ou l'un des prophètes. »
Jésus leur dit : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? »
Prenant la parole, Simon-Pierre déclara : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant ! »
Prenant la parole à son tour, Jésus lui déclara : « Heureux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n'est pas la chair et le sang qui t'ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux.
Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l'emportera pas sur elle.
Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. »

Ce n'est pas Jésus seul qui a choisi Pierre, mais le Père a manifesté son bon plaisir en parlant par la bouche de Pierre. Est-ce que nous rendons bien compte de ce que cela signifie ? Pas seulement du point de vue de la fondation de l'Eglise et de la primauté de Pierre mais beaucoup plus simplement encore: parce que depuis ce moment, Dieu parlera aux hommes par la bouche de ses prêtres.

Naturellement les prêtres n'énoncent pas, à chaque homélie, des perles spirituelles (loin s'en faut: j'ai entendu parfois des digressions qui démarraient comme des moteurs de fusées, mais qui échouaient lamentablement sur des "bafouilles" de circonstances)? Mais il ne faut pas pour autant se boucher les oreilles. Dans un petit livres sur "les conversions inespérées", un homme raconte que, d'un seul coup, tout a changé en lui à cause d'un mot de son curé au cours d'une homélie. Ce dernier, flatté, se montre très curieux de savoir quel mot bien choisi qu'il avait en tête a frappé son paroissien à ce point - et l'autre lui répond: "Ben, c'est quand vous avez dit: "Je tourne la page." "Et sur le moment que vous avez tourné la page de votre sermon, Jésus a tourné la mienne en même temps dans ma vie: je ne suis plus le même homme, je suis guéri de tout mon passé..."

C'est évidemment un cas tout à fait particulier. Cependant, plusieurs mystiques rapportent comment le Seigneur leur avait dit, en privé: "Ne vous inquiétez pas; ce que je vous ai dit votre confesseur vous le confirmera mot pour mot". Dans le Petit Journal de saint Faustine, j'ai lu que la soeur avait profité d'un moment de pause pour aller contempler le Christ dans une chapelle - mais Jésus lui avait rappelé l'obéissance: elle devait être avec les autres en récréation. Ainsi, Dieu parle aussi par la voix des supérieurs dans l'Eglise et il faut obéir.

Une phrase peut susciter beaucoup de commentaires. Au sujet de l'Eglise, le Seigneur déclare: "la puissance de la Mort ne l'emportera pas sur elle". Or, nous voyons partout la puissance de la mort à l’œuvre, et pourtant nous voulons vivre, nous sommes faits pour la vie, pour la lumière et l’espérance ! Et ce désir de vie et de bonté reçoit de Dieu une promesse : la puissance de la mort ne l’emportera pas contre mon Église.
Comme de nombreuses dents doivent grincer dans les "Ténèbres extérieures" ! Car en dépit des massacres opérés par les Romains, en dépit de certains papes qui furent corrompus et indignes, en dépit de la révolution et de l' "esprit des Lumières", en dépit des déportations sous Hitler et Staline, en dépit des dérives qui ont suivi le Concile Vatican II... l'Eglise demeure.

A peine quelques minutes après avoir été choisi par Jésus pour être le pasteur des brebis, Pierre va être tenté par le démon et voudra empêcher Jésus de monter à Jérusalem - et il se fait traiter de "Satan". Pourtant, quelle que soit la puissance des forces des ténèbres, l'Amour de Dieu l'emporte toujours à la fin.
A cela, à l'Amour du Christ, le démon n'a pas accès. Quelle conclusion j'en tire: moi, je vais passer, mais l'Eglise demeura. En elle dès à présent, j'ai mon avant-goût d'éternité.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
etienne lorant
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 13130
Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53

La tentation du Christ

Message non lu par etienne lorant »

Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc 4,1-13.
Après son baptême, Jésus, rempli de l'Esprit Saint, quitta les bords du Jourdain ; il fut conduit par l'Esprit à travers le désert
où, pendant quarante jours, il fut mis à l'épreuve par le démon. Il ne mangea rien durant ces jours-là, et, quand ce temps fut écoulé, il eut faim.
Le démon lui dit alors : « Si tu es le Fils de Dieu, ordonne à cette pierre de devenir du pain. »
Jésus répondit : « Il est écrit : Ce n'est pas seulement de pain que l'homme doit vivre. »
Le démon l'emmena alors plus haut, et lui fit voir d'un seul regard tous les royaumes de la terre.
Il lui dit : « Je te donnerai tout ce pouvoir, et la gloire de ces royaumes, car cela m'appartient et je le donne à qui je veux.
Toi donc, si tu te prosternes devant moi, tu auras tout cela. »
Jésus lui répondit : « Il est écrit : Tu te prosterneras devant le Seigneur ton Dieu, et c'est lui seul que tu adoreras. »
Puis le démon le conduisit à Jérusalem, il le plaça au sommet du Temple et lui dit : « Si tu es le Fils de Dieu, jette-toi en bas ;
car il est écrit : Il donnera pour toi à ses anges l'ordre de te garder ;
et encore : Ils te porteront sur leurs mains, de peur que ton pied ne heurte une pierre. »
Jésus répondit : « Il est dit : Tu ne mettras pas à l'épreuve le Seigneur ton Dieu. »
Ayant ainsi épuisé toutes les formes de tentations, le démon s'éloigna de Jésus jusqu'au moment fixé.

Le démon a bien épuisé toutes les formes de tentation: la première est pour la chair. N'est-ce pas la plus commune des tentations ? Mais heureux qui s'en rend maître. Car on a beau cesser de fumer, la chair n'est pas vaincue pour autant, elle prend des compensations dans l'alcool et la nourriture. Et qu'on lui réduise ces compensations, elle rebondit sur une foule de sucreries qui vous gâtent les dents - c'est en tout cas mon expérience ! Evidemment, avant mon rendez-vous chez le dentiste début mars, j'ai le temps de méditer la réponse du Seigneur ! Il dit: "Ce n'est pas seulement de pain que l'homme doit vivre", mais aussi de la Parole qui le rendra libre de tous les besoins humains : "" Je suis le Pain de Vie ; celui qui vient à moi n’aura pas faim ; celui qui croit en moi jamais n’aura soif." En effet à quoi bon avoir de quoi vivre (les aliments) si on ne sait ni pourquoi ni pour qui vivre ?

La deuxième tentation est celle du pouvoir. Voici certainement la Royauté que les Pharisiens attendaient. Et celle qui s'instaurera à la seconde venue du Christ, lorsqu'Il viendra sur les nuées... Le démon n'hésite pas à exiger en échange du pouvoir, que Jésus se prosterne devant lui. Comment le diable aurait-il pu concevoir ce qui se passait à cet instant ? Quelle est cette créature qui ressemble à un homme et qui ne lui cède pas, après quarante jours de jeûne dans le désert ? La réponse de Jésus lui en dit plus: Tu te prosterneras devant le Seigneur ton Dieu, et c'est lui seul que tu adoreras."

Dès lors la troisième tentation est de l'ordre de l'orgueil. Ici encore, je crois que le démon ne peut pas s'imaginer que la puissance de Dieu puisse se manifester dans une aussi grande humilité. Il va chercher un obscur passage de l'Ecriture et propose au Fils de l'homme de manifester sa divinité d'emblée, en faisant irruption dans le Temple comme le prophète Malachie l'avait écrit: "Je vais vous envoyer mon ange, qui préparera ma voie devant ma face; et aussitôt apparaître dans son Temple le Dominateur que vous cherchez, le messager de l'alliance que vous désirez"

Après la réponse de Jésus, le démon de peut que se retirer - mais seulement jusqu'au temps fixé. Cet homme est de chair, et le diable ne s'avoue pas vaincu, il est sûr d'avoir sa revanche. Elle sera ce que l'on sait... et lorsque l'on songe à cela, on a quelques frissons car c'est aujourd'hui à l'Eglise et à ses membres que le diable s'en prend, car nous serons exposés à sa haine jusqu'au jugement dernier...
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
Répondre

Qui est en ligne ?

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 6 invités