Re: La théologie d'Arnaud Dumouch est-elle fiable ?
Publié : mer. 11 sept. 2013, 15:21
C'est dans la IIa IIae traité du blasphème : les 6 blasphèmes contre l'Esprit.
Pour l'intelligence de la foi
https://cite-catholique.org/
Il semble que nous retrouvions là le péché par malice.1857 Pour qu’un péché soit mortel trois conditions sont ensemble requises : " Est péché mortel tout péché qui a pour objet une matière grave, et qui est commis en pleine conscience et de propos délibéré "
Le texte du CEC porte la question au niveau du repentir alors que Thomas semblait s'arrêter sur l'acte.Il n’y a pas de limites à la miséricorde de Dieu, mais qui refuse délibérément d’accueillir la miséricorde de Dieu par le repentir rejette le pardon de ses péchés et le salut offert par l’Esprit Saint (cf. DeV 46). Un tel endurcissement peut conduire à l’impénitence finale et à la perte éternelle.
prodigal a écrit :Ily a quelque chose que je ne comprends pas, et qui ne me semble pas "coller", dans l'assimilation du péché contre l'Esprit au refus de repentance.
En effet, on ne peut pas, en même temps, à la fois pécher et se repentir. On le peut en des temps différents, même séparés par des intervalles très courts. On peut aussi pécher et se sentir mal à l'aise, en souffrir, mais ce n'est pas se repentir.
Donc, la seule différence entre le péché contre l'Esprit et le péché "ordinaire" serait que dans ce dernier cas on ne se repent pas mais on ne manifeste pas clairement son refus de se repentir, alors que dans le premier on ajouterait au péché une sorte de proclamation en forme de défi.
Il me semble qu'à ce compte, la plupart des péchés seraient des péchés contre l'Esprit. Ceci me paraît d'une part entrer en contradiction avec le caractère infini de la miséricorde divine, qui peut rattraper les pécheurs les plus endurcis, et d'autre part négliger la force de la parole du Christ, qui distingue radicalement le péché contre l'Esprit des autres péchés, si graves que soient ceux-ci.
Le blasphème contre l'Esprit est le péché mortel "parfaitement accompli", sans aucune ignorance ni faiblesse.prodigal a écrit :Soit. En effet, j'ai trop simplifié la question.
Néanmoins ma perplexité demeure, en deux points.
Le premier rejoint mon message précédent, et d'autres interventions. Quelle différence entre le péché contre l'Esprit et n'importe quel péché poussé à son maximum de gravité?
Non : il y a des péchés mortel (de faiblesse et d'ignorance par ex) qui ne sont pas des blasphème contre l'Esprit.prodigal a écrit : Encore une fois, j'ai peur qu'une identification du péché contre l'Esprit au péché mortel n'en vienne à nier le caractère infini de la miséricorde divine, et n'atténue à l'excès la force des paroles du Christ.
Les damnés réclament la vision de Dieu, mais à titre de D'AMOUR DE CONVOITISE : Ils savent, dans leur parfaite lucidité, que seul ce bien qu'ils convoitent pourrait combler leur désir égoïste de bien-être.prodigal a écrit : Le second est qu'on voit mal comment un péché qui reviendrait à commetttre le mal absolu pourrait être commis en pleine maîtrise et en parfaite lucidité. Cela supposerait quelqu'un dont le bonheur tiendrait à la damnation éternelle, ce qui est contradictoire.
Pour la définition du blasphème contre l'Esprit, voici :Jean 5, 43 je viens au nom de mon Père et vous ne m'accueillez pas ; qu'un autre vienne en son propre nom, celui-là, vous l'accueillerez.
EtMatthieu 12, 31 Aussi je vous le dis, tout péché et blasphème sera remis aux hommes, mais le blasphème contre l'Esprit ne sera pas remis.
Matthieu 12, 32 Et quiconque aura dit une parole contre le Fils de l'homme, cela lui sera remis; mais quiconque aura parlé contre l'Esprit Saint, cela ne lui sera remis ni en ce monde ni dans l'autre.
Les personnes qui calculent ainsi ont à mon avis un esprit qui n'est pas fait pour comprendre ce qu'est la miséricorde pour raisonner ainsi et en abuser."Je pèche. Je me repent et me confesse à l'heure de ma mort et hop ! Je suis sauvé !"
Donc nous devons FUIR LE PÉCHÉ, par peur NON DU CHRIST mais de NOUS-MÊMES !"Ce n'est que ça le Christ ? :mrgreen: "
à quoi Bernadette a répondu en riant : "Mais oui, madame, ce n'est que ça!". Et cela m'a frappé car je me suis dit que beaucoup d'entre nous, chrétiens fervents et secrètement assez sûr de notre salut, nous réagirons peut-être de la même façon FACE A LA SAINTE VIERGE, QUI EST la plus petite (d'où sa royauté au Ciel)."Ce n'est que cela Bernadette ? :oups: ..."
... une volonté devenue mauvaise.... plutôt qu'un acte grave accompli sans circonstances atténuantes, le péché contre l'Esprit serait d'abord une attitude. Vous la définissez [Arnaud] comme le refus absolu de l'humilité et de l'amour. Ne peut-on y voir aussi l'endurcissement du coeur, qui refuse de reconnaître la présence de l'Esprit qui souffle où il veut, donc une forme de fermeture? Pécher contre l'Esprit serait alors vouloir empêcher ses manifestations, voire les persécuter. Par exemple, le grand inquisiteur du célèbre conte de Dostoievski commettrait le péché contre l'Esprit.
Je n'éprouve pourtant pas ce sentiment d'indifférence. Veuillez me croire que je me sens concerné, et pas qu'un petit peu. Si l'on ne s'enfonce pas facilement dans un péché irrémissible ni non plus de manière instantanée, les situations concrètes qui y correspondent restent ces péchés commis qui jalonnent le chemin, qui en accompagnent la marche.... le péché contre l'Esprit, qui ne pourrait guère être commis qu'en des circonstances exceptionnelles, à tel point que l'on pourrait à bon droit ne pas se sentir concerné, et ne pas voir de situation concrète qui lui corresponde.