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Re: Rubrique étymologie : origine des mots de tous les jours

Publié : ven. 31 oct. 2008, 8:17
par DavidB
Balade, j'imagine qu'il y a un lien avec le verbe Catiner, non? Le connaissez-vous, ce verbe?

Re: Rubrique étymologie : origine des mots de tous les jours

Publié : ven. 31 oct. 2008, 9:30
par Balade
Bonjour David, :)

Il est joli, le mot "catiner" ... mais il n'existe pas en France et n'a,
semble-t-il, jamais existé. :( C'est un mot qui est en usage au
Québec uniquement et là où ont été déportés/ ont émigré les Acadiens.

"Catiner" signifie câliner, bercer dans ses bras et jouer à la poupée.
C'est un dérivé de "catin", mot qui signifie "poupée" au Québec,
mais pas en France. Par contre, dans de nombreuses provinces
de la France d'autrefois, les petites filles donnaient très souvent
le nom de "Catin" à leur poupée, diminutif affectueux de "Catherine".
A mon humble avis, on a là la raison pour laquelle les Québecois
appellent une poupée une "catin". :)

Re: Rubrique étymologie : origine des mots de tous les jours

Publié : sam. 01 nov. 2008, 8:23
par Balade
BONNE FETE DE LA TOUSSAINT A TOUS ! :)

Aujourd'hui, une petite difficulté grammaticale :

Doit-on dire eau bénie ou eau bénite ?

44. BENIE / BENITE

En effet, voici une question spirituelle ! Quand dira-t-on
eau bénie ou eau bénite ? Eh bien, cela va dépendre de
celui qui l’aura consacrée et des conditions de la bénédiction.

Je m’explique :

Le latin benedictus a donné l’ancien français beneїte, devenu le
français moderne « bénit », ayant perdu son t final comme les
autres participes passés en i. En d’autres termes, « béni » est le
participe passé normal du verbe bénir. Il signifie "placer sous la
protection de Dieu, du destin, du pouvoir", etc (un peuple béni).

D’où les nombreux emplois dérivés : un été béni, des jours bénis, un
(pardon) cul béni ... Si l’eau que je consomme ou dans laquelle je me
baigne est vraiment délicieuse, je pourrai dire : Ah, voilà une eau bénie !

Le participe passé « béni » a pu garder son t final ... Dans quel cas ?
Eh bien, quand il était influencé par le latin benedictus, c’est-à-dire
en contexte religieux strict. Par suite, « bénit » avec un t final signifie :
qui a reçu la consécration du prêtre selon les rites prescrits.

On pourra dire et dire seulement : du pain ou un rameau bénit (avec t final)
et au féminin, en faisant entendre la consonne : une médaille, une hostie
et de l’eau bénite
.

Cette distinction intéressante, bénite par le prêtre, bénie par les autres,
et qui s’explique bien, a été clairement établie par Emile Littré dans son
dictionnaire. Il est amusant de rappeler que le grand lexicographe était
également un farouche anti-clérical !

A bientôt pour un nouveau mot ! :ciao:

Re: Rubrique étymologie : origine des mots de tous les jours

Publié : dim. 02 nov. 2008, 20:03
par Balade
Bonjour ! :ciao:

Ajourd'hui, l'expression suivante :

45. PORTION CONGRUE / REDUIRE A LA PORTION CONGRUE

Bien que très souvent employée, l’origine de cette expression n’est plus
guère connue. Elle signifie "ressources minimes", "tout juste suffisant".
La toute première édition du dictionnaire de l'Académie française de
1694 en donne la définition suivante :

On appelle portion congruë la somme que les gros decimateurs
sont obligez de fournir ou de suppléer aux Curez qui n'ont pas
assez de revenu pour desservir leurs Cures.


En effet, sous l’Ancien Régime, c’est-à-dire de la fin du moyen âge
à la Révolution française, parmi les nombreuses taxes que payaient
les paysans, il y avait la dîme, qui était destinée au clergé.

L'idée d'un impôt pour l'entretien du clergé se trouve dans l’Ancien
Testament (la Genèse) et était déjà appliquée par les Juifs, qui reversaient
la dixième partie de leurs revenus aux Lévites en charge du service divin.

Chez les Chrétiens, cette dîme (du latin decima, dixième) n'était pas perçue
directement par les curés (le bas clergé) mais par de « gros décimateurs »
(du latin decimator, celui qui perçoit la dîme), c’est-à-dire le haut-clergé.

Le haut-clergé reversait donc aux curés des paroisses, décimateurs de droit,
une partie des « grosses dîmes » sous la forme d’une pension annuelle appelée
« portion congrue », qui, comme son nom l'indique, devait permettre aux
prêtres de vivre convenablement, car telle est bien la signification du mot
congru, issu du latin congruus qui veut dire "adéquat", "qui convient".

Image

Comme ladite pension était calculée au plus près, pour assurer juste
le nécéssaire, elle est vite devenue un symbole de revenus faibles.
C’est ainsi que l’adjectif congru a pris le sens de “réduit”, “minimum”
voire mesquin, que nous lui connaissons désormais.

En somme, un "curé à portion congrue", c’était un curé qui touchait
le SMIC de l’époque ! :)

A demain pour un nouveau mot ! :ciao:

Re: Rubrique étymologie : origine des mots de tous les jours

Publié : lun. 03 nov. 2008, 1:40
par estofinado
Bonjour

Puisque ce lundi vient de commencer. En ce qui concerne l'IBM 620, c'est certes l'un des premiers ordinateur de petite taille, mais en aucun cas un ordinateur personnel, ne serait ce que par la complexité de la programmation de l'époque. quand IBM a lancé le langage de programmation RPG, en français GAP (générateur automatique de programme), l'argument de vente était il n'est plus nécessaire d'écrire des programmes, il suffit de les décrire. Le RPG et ce qui va avec m'ayant bien nourri pendant des années, je trouve cet argument amusant, ainsi que le fait que des personnes connaissant quelques logiciels de bureautique se proclament informaticiens.

Pour faire aussi un raccord avec le dimanche, qui commencerait ou finirait la semaine, l'un des progiciel avec lequel j'ai travaillé, JD Edwards, permet d'opter pour l'un ou l'autre au moment de son installation. Les jours de la semaine sont codés de 1 (lundi) à 6 (samedi), si le dimanche finit la semaine, il est codé 7, s'il la commence, il est codé 0.

Une petite colle pour finir, comment détermine-t-on les numéros de semaine des calendriers et agendas ?

Que Dieu accorde une bonne nuit à ceux qui vont se coucher, ou sont déjà au lit.
Estofinado

Re: Rubrique étymologie : origine des mots de tous les jours

Publié : lun. 03 nov. 2008, 8:10
par Balade
Bonjour estofinado, :ciao:

(Votre avatar est adorable ! J'aime les chats, moi aussi :coeur:)

Merci pour ces informations d'autant plus précieuses qu'elles
émanent d'un professionnel de l'informatique (comme vous
voyez, j'ai consulté votre profil ) :)
estofinado a écrit : En ce qui concerne l'IBM 620, c'est certes l'un des premiers ordinateurs
de petite taille, mais en aucun cas un ordinateur personnel, ne serait
ce que par la complexité de la programmation de l'époque.
IBM dit avoir qualifié le 610 d'ordinateur personnel dans le sens
où la machine pouvait être utilisée par une seule et unique
personne, qu'elle était aisément transportable et pouvait être
installée chez soi, dans son bureau, contrairement aux premiers
ordinateurs électroniques de taille colossale qui occupaient une
pièce entière et dont l'exploitation nécessitait une équipe de
plusieurs personnes.

IBM présice encore que le 610 était entièrement contrôlé par
un clavier, ce qui n'était pas le cas des ordinateurs antérieurs.

Apparemment, la programmation n'entrait pas en ligne de
compte dans la définition ...
estofinado a écrit : Une petite colle pour finir, comment détermine-t-on
les numéros de semaine des calendriers et agendas ?
Dites, dites ! :)

Image

Re: Rubrique étymologie : origine des mots de tous les jours

Publié : mar. 04 nov. 2008, 22:19
par Balade
Bonjour !

Aujourd’hui, le mot BRAGUETTE.

46. BRAGUETTE

L’histoire de la langue a suivi les évolutions techniques de la mode, en
particulier celle du costume.

Un bon exemple en est, si vous me permettez, la braguette, laquelle,
jusqu’à la fin du XVIIème siècle, était tout autre chose qu’aujourd’hui.

Le latin braca a donné d’une part la braie, qui est le pantalon du
moyen âge, sorte de caleçon long ; d’autre part, la brague, la culotte.

Une braguette, c’est donc une petite culotte, ou plutôt, une sorte de poche
de forme triangulaire attachée à ses deux extrémités supérieures par des lacets.

Image

On le voit bien par les tableaux de l’époque : il s’agit d’une poche ajoutée
aux chausses. Elle est essentiellement et ostensiblement masculine :

Image

La braguette a suivi l’évolution du costume masculin. A partir de la fin du
XVIIème siècle, elle n’est plus une pièce de ce costume, mais une ouverture
dans la culotte ou dans le pantalon de l’homme.

Le mot braguette a ensuite connu une double évolution contradictoire.
D’une part, une neutralisation, puisqu’on peut parler de braguette pour
un pantalon féminin. D’autre part, une spécialisation, puisque braguette
désigne par métonimie le sexe et le comportement sexuel de l’homme.

A la fin du XIXème siècle, on qualifiait de braguetteur un séducteur sans
manières. Et aujourd’hui aux Antilles, on nomme plaisamment allocations
braguette
ce que l’administration appelle dignement … les allocations familiales.

A bientôt pour un nouveau mot ! :ciao:

Re: Rubrique étymologie : origine des mots de tous les jours

Publié : mer. 05 nov. 2008, 20:21
par Balade
Bonjour ! :ciao:

Aujourd'hui, l'expression suivante :

47. A PIED D’ŒUVRE

Quelle est l’origine de cette expression ? Je vais vous surprendre. La réponse
passe par la distinction du masculin et du féminin.

Le mot neutre singulier latin opus avait comme pluriel opera. En bas latin, ce
dernier terme avait été pris pour un féminin singulier. Il est à l’origine du mot français
œuvre, lequel est naturellement féminin : une œuvre d’art, de bonnes œuvres

Il est néanmoins deux emplois d’œuvre au masculin en français :

Le premier, quoiqu'ancien et alchimique, « le grand œuvre », n’a pas mes faveurs.
Il s’emploie pour désigner la production complète d’un écrivain ou d’un compositeur.
Ainsi, à côté des œuvres complètes de Voltaire, on aurait par exemple, l’œuvre
complète de Gabriel Fauré ... Ça me paraît très affecté.

Beaucoup plus naturel, et remontant au XVème siècle, l’emploi d’œuvre au masculin
en architecture : le « gros œuvre » désigne l’ensemble des travaux comprenant les
fondations, les murs, la toîture.

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Et pour un architecte, hors d’œuvre ne signifie pas "assiette de crudités ou de
charcuterie" mais hors bâtiment. Par exemple, un escalier qui fait saillie à l’extérieur
des murs est hors d’œuvre. Si sa cage est à l’intérieur, il est dans l’œuvre.

Image

D’où l’expressionà pied d’œuvre, qui signifie "à l’endroit même où l’on bâtit, à portée
des matériaux", à pied d’œuvre … Cette expression courante a pris le sens de "être
sur les lieux où l’on doit agir", par exemple : le bataillon est à pied d’œuvre.

Plus récemment, elle a pris la signification "être prêt à agir" : je commence
la rédaction d’un ouvrage, je suis à pied d’oeuvre.

Eh bien, vous aussi, chers lecteurs, vous voilà à pied d’œuvre pour employer
aisément cette expression !

A demain pour un nouveau mot ! :ciao:

Re: Rubrique étymologie : origine des mots de tous les jours

Publié : ven. 07 nov. 2008, 19:06
par Balade
Bonjour ! :ciao:

Ajourd'hui, le mot BAHUT.

48. BAHUT

Le mot bahut est d’un emploi particulièrement vivace en français.
Au départ, ce terme, sans doute d’origine germanique, désignait
un gros coffre de bois au couvercle solide, servant au transport.

Très vite, le sens de coffre est passé à celui de meuble de bonne
dimension dans lequel on rangeait le linge, des objets du ménage,
la vaisselle ("un bahut normand").

Ce meuble rustique a servi de support pour de nombreux emplois
figurés qui traduisent la vitalité de la langue, car les emplois
évoluent très vite.

Si depuis le XIXème siècle, on utilise le mot bahut pour désigner
un collège ou un lycée, le fait-on encore pour désigner le ventre?
S’en jeter un dans le bahut, taper sur un bahut … Je ne le
crois pas.

Dand les années cinquante, il semble que bahut avait le sens
de "taxi". Dans Zazie dans le métro, Raymond Queneau fait
dire à sa jeune héroïne : « Il est rien moche, son bahut ! ».
Il s’agit du taxi de Charles.

A l’heure actuelle, il semble que la langue revienne à l’idée de
gros meuble meuble, voire, à celle de transport. Un bahut, pour
moi, c’est d’abord un camion …

Mais mon préféré est l’admirable verbe transbahuter (déménager,
déplacer), qui est un véritable ressourcement de la langue. Car
sur les mauvaises routes du moyen âge, dans de solides bahuts,
on transbahutait à qui mieux mieux ses armes, ses possessions,
ses vivres ...

A demain pour un nouveau mot ! :ciao:

Re: Rubrique étymologie : origine des mots de tous les jours

Publié : dim. 09 nov. 2008, 18:39
par Balade
Bonjour, :ciao:

Aujourd’hui, l’origine d’une superstition :

49. SUPERSTITION LIÉE AU NOMBRE 13 / VENDREDI 13

Saviez-vous qu’en Amérique du nord, il n’existe pratiquement pas de chambre
n°13 dans les hôtels, pas de 13ème étage dans les bâtiments, ni de place n°13
dans les avions ?

Image

S’il est vrai que les peuples anglo-saxons ont toujours eu la réputation d’être
superstitieux, on se demande ce qu'a pu faire le nombre 13 pour être si mal aimé !

L'origine de cette superstition remonte au moins à la mythologie nordique de l'ère
pré-chrétienne :

A Walhalla, au cours d'un banquet auquel 12 divinités avaient été conviées.
Loki, dieu de la guerre et du mal, fit irruption dans la salle, élevant à 13 le nombre
des convives. On voulut le chasser ; une violente dispute éclata et Balder, le dieu
le plus aimé de tous, trouva la mort.

Il s'agit là de la plus ancienne référence écrite à la malédiction qui plane sur le
nombre 13. Née en Scandinavie, la superstition s'étendit bientôt à toute l'Europe.
A l'aube de l'ère chrétienne, elle était donc bien ancrée dans tout le bassin
méditerranéen. Elle allait trouver un nouveau souffle avec le repas le plus célèbre
de l'histoire de l'humanité, la Cène, où le Christ et ses apôtres étaient 13 autour
d'une table. Vingt-quatre heures après, Jésus était crucifié.

VENDREDI 13

Pour expliquer la crainte qu'inspire ce jour, les spécialistes se sont penchés
sur les événements désastreux dont il fut, semble-t-il, le théâtre.

D'après la tradition, ce fut un vendredi 13 que le diable tenta Eve et Adam avec
le fruit défendu, que Caïn tua son frère Abel, que l'arche de Noé fut lancée sur
les flots, qu'une confusion de langues frappa la tour de Babel, que le temple de
Salomon fut détruit, que le roi Hérode massacra les Innocents (enfants) et que
le Christ mourut sur la croix.

En France, il semble que ce soit un massacre qui fut à l'origine de la mauvaise
presse du vendredi 13 :

Le vendredi 13 octobre 1307, sur ordre du roi Philippe le Bel qui voulait renflouer
les caisses vides de la couronne et se débarrasser de ses créanciers, tous les
Templiers de France sont arrêtés le même jour sur tout le territoire, sous une
fausse accusation, et leurs biens sont confisqués. Les prisonniers Templiers, un
ordre religieux et militaire créé lors des croisades, furent torturés puis exécutés.

D’après la légende, le grand maître des Templiers Jacques de Molay aurait proféré
sur le bûcher : Vous serez tous maudits, jusqu’à la treizième génération !
Une succession de malheurs s’abattit ensuite sur la famille royale.

L'Académicien Maurice Druon immortalisera et popularisera cet événement dans
son roman Les Rois maudits... Ce massacre va rester dans la mémoire collective
du peuple français, mais aussi européen, et va donner naissance à cette croyance
autour d'un vendredi 13 maléfique.

Photo ci-dessous : Enluminures représentant l'éxécution des moines Templiers.

Image

Mais la véritable origine de la superstition semble se situer dans une légende
nordique : "Vendredi" était l'autre nom de Frigga (Freyja), la reine des déesses.
Lorsque les tribus nordiques et germaniques se convertirent au christianisme,
Frigga fut bannie, envoyée au sommet d'une montagne et considérée comme
sorcière.

On raconta alors que chaque vendredi, Frigga convoquait 11 sorcières, plus le diable
(ils se retrouvaient donc à 13), pour comploter de mauvais tours contre les hommes.
Durant de nombreux siècles en Scandinavie, le vendredi fut connu comme le "Sabbat
des sorcières".

Image

Si le nombre 13 est surtout craint en Amérique du nord, ce n'est pas le cas ailleurs.
Ainsi en Italie, c'est le chiffre 17 qui est associé à la malchance : en chiffres romains,
17 s'écrit XVII ; ce chiffre est l'anagramme de VIXI, qui signifie en latin "j'ai vécu",
interprété, par extension, comme "je suis mort".

Les Japonais et les Chinois ont, quant à eux, une peur bleue du chiffre 4 car une
des manières de prononcer ce chiffre est une homonymie (= mot ayant la même
prononciation ou orthographe qu'un autre) de la mort. Pour les Espagnols et les
habitants d'Amérique latine, c’est le mardi 13 qui porte malheur.

Enfin, il est à noter qu'il n’existe aucune preuve écrite de la crainte du vendredi 13
avant le début du XIXe siècle, ce qui a conduit un grand nombre d’érudits à
soutenir que cette peur ne serait née qu’au XXe siècle et n’aurait pris de l’ampleur
que par l’écho des médias !

A demain ! :ciao:

Re: Rubrique étymologie : origine des mots de tous les jours

Publié : dim. 09 nov. 2008, 23:06
par Fée Violine
D'après la tradition, ce fut un vendredi 13 que le diable tenta Eve
et Adam avec le fruit défendu, que Caïn tua son frère Abel, que
l'arche de Noé fut lancée sur les flots, qu'une confusion de langues
frappa la tour de Babel, que le temple de Salomon fut détruit, que
le roi Hérode massacra les Innocents (enfants) et que le Christ
mourut sur la croix.
pour les premiers de ces événements, on peut dire ce qu'on veut, il n'y a aucun document historique.
Mais la mort du Christ a eu lieu, vraisemblablement, le vendredi 7 avril 30, donc rien à voir avec le 13.
Les deux destructions du Temple, on connaît la date (en août) : les deux fois c'était le 9 Av, qui correspond à notre mois d'août mais comme ce n'est pas le même calendrier que nous, ça ne tombe pas toujours le même jour.
Le 9 Av nous commémorons la destruction du Temple
La journée du 9 Av (ticheâ bé av) commémore la destruction du 1er Temple il y a 2587 ans (-586) et la destruction du second Temple il y a 1931 ans environ (vers 68 ou 70).
(trouvé sur un site juif)

Quant à la légende des dieux germaniques, on la retrouve dans l'histoire de la Belle au Bois Dormant, avec l'arrivée de la 13ème fée qui entraîne des malheurs.

Re: Rubrique étymologie : origine des mots de tous les jours

Publié : sam. 15 nov. 2008, 18:23
par Fée Violine
hou hou, Balade ? Le feuilleton est fini ? :(

Re: Rubrique étymologie : origine des mots de tous les jours

Publié : sam. 15 nov. 2008, 22:55
par Zvjezdana62
Bonsoir :)

Savez-vous peut-être Balade s.v.p. d’où vient la superstition quant aux chats noirs ?

P.S.
Je n’ai pas lu ce topique dès le début, il est assez grand. Alors si le sujet a été déjà abordé auparavant, mes excuses.

cordialement

Re: Rubrique étymologie : origine des mots de tous les jours

Publié : lun. 24 nov. 2008, 10:18
par Balade
Fée Violine a écrit :hou hou, Balade ? Le feuilleton est fini ? :(
Le feuilleton continue, Fée Violine ! J'étais occupée. :)
Zvjezdana62 a écrit : Savez-vous peut-être Balade s.v.p. d’où vient la superstition quant aux chats noirs ?
P.S. Je n’ai pas lis ce topique dès le début, il est assez grand. Alors si l’argument a
été déjà abordé auparavant mes excuses.
D'accord, Zvijezdana, je parlerai bientôt de la superstition des chats noirs. :)

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Bonjour à tous ! :ciao:

Aujourd'hui, des expressions autour du mot chandelle :

50. DEVOIR UNE FIERE CHANDELLE A QUELQU'UN

Qui pourrait bien se réjouir de recevoir une chandelle pour service rendu à autrui ?
Vous vous en doutez, cette expression est trompeuse ! Faisons la lumière sur
son origine.

Devoir une fière chandelle à quelqu’un dérive de l’expression "devoir une belle
chandelle à Dieu "ou "devoir une belle chandelle à la Vierge".

Dans la tradition catholique, il est coutume d'aller brûler une chandelle (chandelle
devient cierge dès lors qu’on parle de culte religieux) dans une église pour obtenir
une grâce ou en reconnaissance de l'aide divine apportée.

On brûlait également un cierge pour la personne à laquelle on était redevable : on
lui devait donc une fière chandelle à aller faire brûler à l’église en son honneur.
Le terme fière est à prendre ici au sens de "beau, grand, remarquable" (un fier
navire, un fier équipage, une fière cité
) ; "fier" renforce l'idée de reconnaissance.

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Mais cette reconnaissance coûtait de l’argent. Avant l’avènement de l’électricité, on utilisait,
pour s’éclairer, des lampes à huile puis, par la suite, des chandelles. La chandelle était un objet
indispensable, mais cher et taxé et qu’on utilisait avec parcimonie.

Dans les campagnes, les ménages fabriquaient leurs propres chandelles. Les habitants des villes
achetaient les leurs auprès d’un chandelier ou d’un cirier, deux métiers d'autrefois. Si les pauvres
s'éclairaient aux chandelles, les nobles, eux, utilisaient des bougies, produit de luxe directement
importé de la ville de Bougie (actuelle Béjaia) en Kabylie.

Mais quelle était la différence entre une chandelle et une bougie, me direz-vous. Eh bien,
la chandelle était fabriquée avec du suif (= graisse animale) : elles avaient la fâcheuse
tendance à puer, à s’affaisser et à produire beaucoup de fumée en brûlant, inconvénients
que n’avait pas la bougie, laquelle était faite avec de la cire d’abeille.

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On comprend mieux, par suite, d’autres expressions :

LE JEU N'EN VAUT PAS LA CHANDELLE

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Les joueurs de cartes et autre jeux d’argent, qui se réunissaient en soirée devaient
s'éclairer à la chandelle. Si la mise était trop petite, on considérait qu'il valait mieux ne
pas la jouer car elle ne valait même pas l'usure des chandelles qui aurait été nécessaire
pour mener la donne à son terme. Ou bien encore, les gains étaient si faibles qu’ils ne
couvraient pas le prix de la chandelle qui avait éclairé la partie.

Il était d'ailleurs d'usage, dans les endroits modestes, que les participants laissent
quelque argent en partant pour dédommager l’hôte du coût de cet éclairage. Cette
expression, apparue au XVIe siècle, est restée sous sa forme actuelle.

BRULER LA CHANDELLE PAR LES DEUX BOUTS

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Apparue au XVIème siècle, cette expression signifiait "gaspiller des choses
qui ont de la valeur", "gaspiller et dépenser de toutes les façons possibles".
Le sens n’a pas changé.

FAIRE DES ECONOMIES DE BOUTS DE CHANDELLES

C'est une référence au personnel de maison qui autrefois récupérait les bouts
de chandelles qui n'avaient pas brûlé mais qui étaient inutilisables, afin de les
revendre à un cirier. Ce dernier refondait les bouts et fabriquait une chandelle
neuve ...

C’est aussi ce que fit Voltaire ! Invité chez le roi de Prusse Frédéric II, le philosophe
prenait tous les soirs au salon deux énormes chandeliers, pour, disait-il, s'éclairer
jusqu'à sa chambre. Une fois dans sa chambre, il éteignait les chandeliers, récupérait
les chandelles et allait les revendre le lendemain ... Le célèbre écrivain avait, on le
sait, la réputation d'être pingre … Ainsi, faire des économies de bout de chandelle
signifie "faire des économies dérisoires".

A présent, chers lecteurs, vous savez pourquoi il ne fallait pas brûler la chandelle
par les deux bouts
, et que pour éviter de devoir faire des économies de bouts de
chandelles
, mieux valait quitter la table quand le jeu n'en valait pas la chandelle
… Vous me devez bien une fière chandelle ! :)

A bientôt ! :ciao:

Re: Rubrique étymologie : origine des mots de tous les jours

Publié : lun. 24 nov. 2008, 20:58
par Zvjezdana62
D'accord, Zvijezdana, je parlerai bientôt de la superstition des chats noirs.
Merci d'avance Balade. Le sujet m'intéresse vraiment.