Bonjour,
Aujourd’hui, l’origine d’une superstition :
49. SUPERSTITION LIÉE AU NOMBRE 13 / VENDREDI 13
Saviez-vous qu’en Amérique du nord, il n’existe pratiquement pas de chambre
n°13 dans les hôtels, pas de 13ème étage dans les bâtiments, ni de place n°13
dans les avions ?
S’il est vrai que les peuples anglo-saxons ont toujours eu la réputation d’être
superstitieux, on se demande ce qu'a pu faire le nombre 13 pour être si mal aimé !
L'origine de cette superstition remonte au moins à la mythologie nordique de l'ère
pré-chrétienne :
A Walhalla, au cours d'un banquet auquel 12 divinités avaient été conviées.
Loki, dieu de la guerre et du mal, fit irruption dans la salle, élevant à 13 le nombre
des convives. On voulut le chasser ; une violente dispute éclata et Balder, le dieu
le plus aimé de tous, trouva la mort.
Il s'agit là de la plus ancienne référence écrite à la malédiction qui plane sur le
nombre 13. Née en Scandinavie, la superstition s'étendit bientôt à toute l'Europe.
A l'aube de l'ère chrétienne, elle était donc bien ancrée dans tout le bassin
méditerranéen. Elle allait trouver un nouveau souffle avec le repas le plus célèbre
de l'histoire de l'humanité, la Cène, où le Christ et ses apôtres étaient 13 autour
d'une table. Vingt-quatre heures après, Jésus était crucifié.
VENDREDI 13
Pour expliquer la crainte qu'inspire ce jour, les spécialistes se sont penchés
sur les événements désastreux dont il fut, semble-t-il, le théâtre.
D'après la tradition, ce fut un vendredi 13 que le diable tenta Eve et Adam avec
le fruit défendu, que Caïn tua son frère Abel, que l'arche de Noé fut lancée sur
les flots, qu'une confusion de langues frappa la tour de Babel, que le temple de
Salomon fut détruit, que le roi Hérode massacra les Innocents (enfants) et que
le Christ mourut sur la croix.
En France, il semble que ce soit un massacre qui fut à l'origine de la mauvaise
presse du vendredi 13 :
Le vendredi 13 octobre 1307, sur ordre du roi Philippe le Bel qui voulait renflouer
les caisses vides de la couronne et se débarrasser de ses créanciers, tous les
Templiers de France sont arrêtés le même jour sur tout le territoire, sous une
fausse accusation, et leurs biens sont confisqués. Les prisonniers Templiers, un
ordre religieux et militaire créé lors des croisades, furent torturés puis exécutés.
D’après la légende, le grand maître des Templiers Jacques de Molay aurait proféré
sur le bûcher :
Vous serez tous maudits, jusqu’à la treizième génération !
Une succession de malheurs s’abattit ensuite sur la famille royale.
L'Académicien Maurice Druon immortalisera et popularisera cet événement dans
son roman
Les Rois maudits... Ce massacre va rester dans la mémoire collective
du peuple français, mais aussi européen, et va donner naissance à cette croyance
autour d'un vendredi 13 maléfique.
Photo ci-dessous : Enluminures représentant l'éxécution des moines Templiers.
Mais la véritable origine de la superstition semble se situer dans une légende
nordique : "Vendredi" était l'autre nom de Frigga (Freyja), la reine des déesses.
Lorsque les tribus nordiques et germaniques se convertirent au christianisme,
Frigga fut bannie, envoyée au sommet d'une montagne et considérée comme
sorcière.
On raconta alors que chaque vendredi, Frigga convoquait 11 sorcières, plus le diable
(ils se retrouvaient donc à 13), pour comploter de mauvais tours contre les hommes.
Durant de nombreux siècles en Scandinavie, le vendredi fut connu comme le "Sabbat
des sorcières".
Si le nombre 13 est surtout craint en Amérique du nord, ce n'est pas le cas ailleurs.
Ainsi en Italie, c'est le chiffre 17 qui est associé à la malchance : en chiffres romains,
17 s'écrit XVII ; ce chiffre est l'anagramme de VIXI, qui signifie en latin "j'ai vécu",
interprété, par extension, comme "je suis mort".
Les Japonais et les Chinois ont, quant à eux, une peur bleue du chiffre 4 car une
des manières de prononcer ce chiffre est une homonymie (= mot ayant la même
prononciation ou orthographe qu'un autre) de la mort. Pour les Espagnols et les
habitants d'Amérique latine, c’est le mardi 13 qui porte malheur.
Enfin, il est à noter qu'il n’existe aucune preuve écrite de la crainte du vendredi 13
avant le début du XIXe siècle, ce qui a conduit un grand nombre d’érudits à
soutenir que cette peur ne serait née qu’au XXe siècle et n’aurait pris de l’ampleur
que par l’écho des médias !
A demain !
