Si Dieu est amour, comment devons-nous regarder l'amour entre personnes du même sexe ?

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Kerygme
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Re: Si Dieu est amour, comment devons-nous regarder l'amour entre personnes du même sexe ?

Message par Kerygme »

Bonjour Patatedouce,
patatedouce a écrit : mar. 28 juil. 2026, 14:22 Et en tant que diacre, que pensez-vous de la question : Si Dieu est amour, comment devons-nous regarder l'amour entre personnes du même sexe ?

Vous n'êtes pas obligé de répondre.
C'est délicat de répondre car il y a en effet le diacre, dont une réponse malhabile pourrait être perçue comme engageant l'Église, et puis il y a l'individu qui, par son expérience personnelle de vie, peut ne pas être entièrement aligné sur une réponse qui ne serait que légaliste.

Mais j'invite toujours mon interlocuteur à sortir de sa position, souvent émotionnelle sur ce sujet, en faisant appel à la raison mais en utilisant un autre péché comme référence (vol, adultère, etc...). Que chacun s'essaye à l'exercice en se plaçant sous le regard de Dieu et en reformulant, par exemple : Si Dieu est amour, comment devons-nous regarder deux personnes adultères mais qui s'aiment ?

Puis à se tourner, non vers son affect mais, vers les docteurs de l'Église tels que saint Thomas d'Aquin et saint Augustin et ce qu'ils ont dits sur la Charité. Dont l'extrême résumé serait : la charité chrétienne aime la personne, parce qu’elle est “capable de bonheur”, mais rejette le péché, parce que le péché s’oppose à Dieu et fait obstacle au bien.

Somme théologique : II-II, Q. 25 - De l'objet de la Charité).
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Re: Si Dieu est amour, comment devons-nous regarder l'amour entre personnes du même sexe ?

Message par peter »

J'apprécie beaucoup votre réponse, Kerygme, et particulièrement votre rappel que la charité aime toujours la personne tout en rejetant le péché.

Je me permets toutefois une petite réflexion sur l'exemple de l'adultère. Je comprends l'intention : montrer que le simple fait de s'aimer ne suffit pas à rendre moralement juste une relation.

Cependant, je crains que cette comparaison puisse être mal reçue. L'adultère implique une rupture d'un engagement matrimonial et une trahison envers un conjoint, alors qu'une relation fidèle entre deux personnes du même sexe est d'une autre nature. Beaucoup risquent donc de voir cette comparaison comme un rapprochement entre deux réalités différentes, ce qui pourrait fermer le dialogue avant même qu'il ne commence.

Peut-être que le fond de votre raisonnement gagnerait à être illustré par un autre exemple, qui mettrait davantage en évidence le principe moral sans donner l'impression d'assimiler ces deux situations.
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Re: Si Dieu est amour, comment devons-nous regarder l'amour entre personnes du même sexe ?

Message par peter »

Il me semble qu'avant d'aller plus loin, il faudrait peut-être revenir à une question plus fondamentale : qu'est-ce qu'un péché ?

Le même acte extérieur peut ne pas avoir la même valeur morale aux yeux de Dieu, parce que Dieu voit le cœur, l'intention, la liberté et la connaissance de chacun.

Dieu nous donne des commandements comme des balises qui indiquent le chemin du bien. Mais lui seul connaît parfaitement la situation de chaque personne. Il voit ce que nous ne voyons pas : les blessures, les conditionnements, la liberté réelle et la lumière que chacun a reçue.

C'est pourquoi je crois que nous devons être prudents avant de porter un jugement sur une personne. Nous pouvons reconnaître ce que l'Évangile enseigne, mais le jugement du cœur appartient à Dieu seul.
« Ne jugez pas selon les apparences, mais portez un juste jugement » (Jean 7,24).
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Kerygme
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Re: Si Dieu est amour, comment devons-nous regarder l'amour entre personnes du même sexe ?

Message par Kerygme »

Bonjour Peter,
peter a écrit : mer. 29 juil. 2026, 15:26 Je comprends l'intention : montrer que le simple fait de s'aimer ne suffit pas à rendre moralement juste une relation.
Merci de l'avoir relevé car c'était bien le but, il est évident que dès qu'on gratte un peu on trouve forcément des défauts.
Il s'agit de ne pas tomber non plus dans une forme de rhétorique, qu'on pourrait percevoir comme une manipulation, en la complétant avec trop de détails pour la rendre plus incontournable.
Selon moi, cet exercice de décalage émotionnel permet de trouver en soi une juste piste de réflexion que les passions peuvent galvauder; cela marche pour moi-même ;)
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Re: Si Dieu est amour, comment devons-nous regarder l'amour entre personnes du même sexe ?

Message par lintrus »

Kerygme a écrit : ven. 17 juil. 2026, 9:43 Je ne partage pas ce début de réflexion qui ne peut que dévier puisque le raisonnement de départ n'est pas exact et qu'il n'est pas dans la ligne de l'Église. Désolé mais je ne suis pas passé depuis quelques temps, et je n'ai pas encore lu la suite ; je peux donc être en décalage avec la discussion à ce jour.
Je ne peux que me plaindre et m’attrister de ce que vous écrivez là, diacre Kérygme ; à savoir que vous n’auriez pas lu la suite même du message ainsi commencé et auriez estimé que cette simple phrase suffisait pour mériter un tel jugement : « pas dans la ligne de l’Eglise ». Et cela sans même préciser que c’est du moins votre avis personnel.
Depuis vos premières contributions ici, il y a eu plusieurs posts avant le mien que vous nous laissez supposer avoir lus, ce qui demande du temps. Pourquoi n’avoir pas pris celui de lire en entier le mien avant de porter un jugement aussi sévère et sans avoir cherché à l’ajuster? Cela ne me semble pas trés respectueux, ni charitable. Même si de tempérament sanguin ou colérique, vou auriez eu une envie irrépressible de réagir, personne n’attendait à ce point votre réaction et vous pouviez vous donner le temps nécessaire pour l’élargir au moins à l’ensemble de mon post et gagner en pertinence, à moins que seul vous importait de donner votre propre avis tel qu’il vous est apparu et sans plus de discernement avisé et prudent.
Vous écrivez ensuite
Kerygme a écrit : ven. 17 juil. 2026, 9:43 Les animaux sont crées avec leur instinct, et c'est justement car ils obéissent à ces instincts qu'ils sont en accord avec la Création de Dieu puisqu'ils agissent selon leur nature, selon ce pour quoi ils ont été créés.
L'homme lui a une intelligence et une volonté, à l'image de Dieu. Sa nature est d'être capable de Dieu, et mettre ses instincts dans un argumentaire est donc erroné car sa nature profonde est de ne pas tomber dans les instincts animaliers. Ainsi la reproduction est prolongement de l'acte divin en faisant de l'homme un pro-créateur, et non seulement un acte instinctif de survie de l'espèce.
La première chose qui m’interpelle, c’est que vous faites fi du sujet qui est celui de l’homosexualité (ce que vous aviez déjà fait dans votre premier post - car j’ai évité de faire ce que je vous reproche !).
La seconde, c’est ce que vous entendez par « mettre les instincts de l’homme dans un argumentaire ». Ces instincst constituant une indéniable réalité de fait, en quoi ne pourrions-nous pas utiliser leur existence pour argumenter ? Sans quoi l’argumentaire risquerait au contraire d’être « hors sol », et d’autre part cette existence étant bien voulue par Dieu, elle renvoie encore à Sa volonté.
Ici, vous me semblez mettre en opposition la loi naturelle, et la grâce. L’instinct de l’homme étant le sien, il est porteur d’une humanité que n’a pas l’animal et qui s’implique quand il lui donne droit, évidemment. Le reste de mon post me semblait contenir cette précision implicite, même si en effet, il a pu d‘abord vous engager à le prendre comme vous l’aviez spontanément perçu par le début de la suite où j’écrivais que « c’est nous qui avons associé l’amour à cet instinct », ce qui est une façon de les séparer – mais c’était pour répondre à Peter qui avait écrit
Sorti de ce contexte, il est possible de croire que je les séparais, mais en réalité c’est vous surtout qui le faitees et le faisiez déjà. Dans votre premier post que je rappelle ici par clarté :
Kerygme a écrit : ven. 17 juil. 2026, 9:43 Dieu est amour » ne peut être réduit à l'éros, quand on dit que Dieu est amour on se réfère forcément à "Agapè"; et cela change tout.
Malheureusement en français, on va utiliser le même mot pour dire : j'aime Dieu ou j'aime le chocolat. Alors que dans le grec ancien il y a plusieurs mots qui définissent des formes graduelles d'amour :
· éros : l'amour passionné, sensuel et romantique
· storgē : l'amour familial, l'affection parentale.
· philia : l'amour platonique, l'amitié et la camaraderie.
· agapè : l'amour altruiste, divin, inconditionnel.
Dans Deus Caritas Est, le pape Benoît XVI explique que le terme éros sert à indiquer un amour souvent qualifié de mondain, et qu’on l’associe volontiers à l’idée d’un amour “ascendant”. L’encyclique souligne aussi que, dans l’histoire religieuse et philosophique, éros peut être pensé comme un amour qui cherche son bonheur et sa possession (c’est pourquoi on le met parfois en contraste avec un amour plus “désintéressé”).
Le même texte indique que agapè désigne l’amour “fondé et façonné par la foi” : un amour “descendant”, avec une dimension d’offrande (le texte parle aussi de l’opposition “oblatif”/sacrificiel). Autrement dit : l’amour agapè ne se contente pas du désir du bien chez l’autre ; il se donne, se tourne vers l’autre, et cherche son vrai bien jusque dans le don. Concrètement, quand l’amour devient agapè, il cesse d’être seulement “à la recherche de soi” et devient souci réel du bien de l’autre : il devient renoncement et peut aller jusqu’au sacrifice.
Parce que l’agapè rejoint le Christ de manière sacramentelle et communautaire, il n’est pas un amour “privé” : la communion attire “hors de soi” vers le Seigneur et vers l’unité avec tous. Benoît XVI relie explicitement l’agapè à l’Eucharistie : l’agapè de Dieu vient “corporellement” pour continuer son œuvre “en nous et par nous”.
C'est un comble pour une langue, qui se veut une langue de l'amour, d'être si pauvre en mots pour définir l'Amour.
Et qui peut s’interpréter dans le sens où vous metteriez en opposition Eros et Agape (eros représentant la pulsion et comprenant celle homosexuelle, vu le contexte !) alors que dans cette encyclique au contraire le pape Benoît cherche à les réunir !
Vous sous-entendez que l’agapè “change tout” au sens où elle remplacerait l’éros en l’opposant radicalement. Or il ne s’agit pas de faire deux amours incompatibles, mais de reconnaîtres que seul le rapprochement de l’éros et de l’agapè permet d’atteindre la vérité complète de l’amour humain. Il s’agit précisément d’éviter de mettre en opposition des dimensions de l’amour, qui se tient dans une seule réalité dont on obtient un caricature si on l’ampute d’une dimension essentielle.
Si Benoît XVI distingue “éros” (souvent “ascendant”, “possessif”) et “agapè” (don, sacrifice, “descendant”), il affirme aussi qu’ils ne peuvent pas être séparés complètement : l’éros véritable contient un élément d’agapè, et l’agapè véritable contient aussi un élément d’éros réceptif. Donc, si votre discours aboutit à : “agapè = bon, éros = mauvais/à rejeter”, alors il ne suit pas fidèlement la finalité de Deus caritas est (qui tend à éviter une antithèse caricaturale).
En outre, l’Église n’affirme pas que la limitation lexicale interdit la nuance doctrinale. Certaines langues n’ont pas de mot pour désigner directement l’amour, et elles s’en sortent souvent mieux que les autres pour en parler (c’est le principe même de la théologie apophatique transposé).Vous ne pouvez pas transformer une distinction de “langage” en opposition de “réalités”, comme si agapè devait “annuler” l’éros.
La distinction éros/agapè, chez Benoît XVI, sert d’abord à corriger une caricature : l’idée que le christianisme “détruit” l’amour humain parce qu’il serait hostile au désir. Benoît XVI répond que la séparation radicale des deux dimensions n’est pas la bonne grille.
Vous semblez vous dire : “puisque Dieu est agapè, l’autre dimension (éros) devient négligeable ou simplement suspecte”. Cet argument ne tient pas logiquement à l’intérieur même de la ligne de l’encyclique.
Par ailleurs vous « plaquez » là une théorie qui ne tranche pas, par elle-même, des points qui relèvent d’une autre couche de la théologie morale, concernant par exemple quel type d’amour une action concrète exprime (don de soi, ou appropriation, ou recherche utilitaire), ou comment la grâce guérit et ordonne les tendances sans annuler la vérité du bien humain et pourquoi l’Église juge certains actes incompatibles avec la charité authentique.
La doctrine catholique relie explicitement l’amour à une obéissance concrète (la charité “garde les commandements” et “fait demeurer” dans l’amour) et non à une vision théologique spéculative comme vous en proposez.

En bref : si votre distinction entre éros et agapè peut éclairer la structure de l’amour, elle ne remplace pas l’évaluation morale concrète que la charité exige en restant fondée et façonnée par la vérité du bien. L’usage que vous en faites laisse entendre que l’homosexuel seul sacrifierait l’agapé à l’eros (ou que ce serait péché aussi dans le mariage, à cela répondra le second point que je vais mettre en spoiler), ce qui serait faux et discriminatoire. Vous déplacez en outre le problème qui au lieu d’être celui d’une conformité à la volonté de Dieu devient une opposition surtout “directionnelle” (Dieu → individu) et vers une logique “intention → forme”.
Vous me direz que c’était en réponse à Peter, mais puisque vous n’en tenez pas compte dans votre lecture pour la rendre critique, pourquoi le devrions-nous quand nous vous lisons ?

Je suis bien d’accord et la suite de mon post l’indiquait clairement me semble–t-il, sur le fait que l’homme n’est pas réductible à un “instinct animal”, et que la sexualité humaine est ordonnée à des biens plus hauts que la simple reproduction biologique. A raison, vous avez voulu souligner que la différence sexuelle et la complémentarité sont orientées vers les biens du mariage et l’épanouissement de la famille, mais ai-je dit le contraire ? La sexualité n’est pas seulement un mécanisme, mais une réalité intime et personnelle, à ce titre même spirituelle – aspect sur lequel vous insistez. Et à l’opposé, la condamnation de l’homosexualité par le magistère n’est pas faite selon le principe que “l’instinct y est absent, donc c’est faux ».
Ici je me corrige moi-même, et j’ai regretté après coup beaucoup de maladresses dans mon post, mais me disais que je les corrigerai si... Or je ne m’attendais pas à une critique de la nature de la vôtre...
J’ai sans doute eu tort d’opposer instinct et concupiscence, ce qui était mon idée de départ par laquelle je croyais proposer une résolution à un problème resté latent dans l’échange du fil. Le Catéchisme ne présente pas l’acte homosexuel principalement comme “concupiscence de l’instinct”, mais comme désordre moral intrinsèque des actes, et comme appel à la chasteté. Il le formule ainsi : la tendance est “objectivement désordonnée” et constitue pour beaucoup une , épreuve; ils doivent être aidés à vivre la volonté de Dieu.

L’objection que me ferait cette ligne que vous invoquez de l’Eglise serait que si un langage comme le mien peut s’utiliser pour parler de la vie morale en général, l’argument perdrait en rigueur si l’axe central devenait “c’est concupiscence donc forcément mauvais”, plutôt que “l’acte ne correspond pas à la vérité de la sexualité ordonnée au bien de l’union conjugale”.
Mais elle a un corollaire : que ce soit dans l’homosexualité ou l’hétérosexualité, l’instinct et la concupiscence se mélangent alors, mais c’est oublier que l’offre de chasteté avec rapports sexuels est impossible pour l’homosexuel. Lequel peut vouloir élever des enfants, et ce qui prouve son « innocence » c’est qu’il devra pour cela souvent en adopter (car il sera incapable d’engrosser une femme !) L’homosexuel devrait renoncer à tout amour de forme conjugale (fidélité, assistance, etc.) car son eros à lui n’est pas compatible et comment y renoncer puisqu’il en est partie prenante ?
De fait l’Église motive surtout l’acte par la loi morale naturelle et par le fait que les actes homosexuels sont intrinsèquement désordonnés - non par un diagnostic seulement fondé sur l’instinct. Autrement dit, s’il peut se dire que la finalité de l’acte conjugal n’est pas celle-là, affirmer que l’“instinct” ne joue pas, et en déduire que ce serait forcément “une singerie”, n’est pas correct vis à vis des homosexuels. Je n’aurais pas dû dire que dans l’acte homosexuel il n’y a “que” du simulacre et “aucun amour” car si nous jugeons moralement l’acte, nous ne devons pas en conclure que toute recherche affective serait pure imposture.
Peu importe la raison qui les a conduits à « en être » – je pense pour une femme qui se sentirait lesbienne (la remarque de Prodigal m’a paru fort pertinente) à si son père battait son épouse, et qu’elle a été violée étant adolescente par plusieurs hommes..., à un jeune homme ayant eu ne serait-ce que des fantasmes d’inceste avec sa mère, qui en aura refoulé une forte culpabilité et qui ne subira pas une castration œdipienne correcte à cause d’un père trop mou ou distrait, absent (adultère ?) etc. – il entre probablement dans leur dérive une part d’instinct naturel et c’est pourquoi ce n’est pas si simple.
Si votre propos fait et faisait appel à plus de théologie, il ne portait pas sur le sujet vraiment et restait comme ici de nature très spéculative, ne justifiant pas l’interdit moral concernant la sexualité. Je comprends donc parfaitement la remarque de Patate Douce, qui avait bien fait de rappeler auparavant dans quel contexte de souci pastoral nous devons nous tenir, même si ici le débat est plus en retrait et entre nous.
Or votre contestation rapide et que je ressens comme épidermique ici m’affligerait car en mettant de côté la sexualité elle ne fait pas cette distinction et vaut aussi pour les hétérosexuels : la condamnation que vous portez implicitement (agape contre Eros) se retrouve ici amplifiée, et votre position aurait de quoi désespérer et faire se sentir coupable une jeunesse qui ne parviendrait pas à contrôler ses pulsions et se masturberait, en lui faisant les tenir pour mauvaises (à moins qu’il se dise par un réflexe de survie que Dieu n’est pas en cause puisqu’il s’agit d’instinct, auquel cas elle se refusera à vous écouter puisque la grâce serait en opposition avec la réalité de son vécu).
Il est trop facile de dire seulement que l’homophilie n’est pas un péché en soi, cela ne règle pas la question pour eux mais les abandonne avec.
Sans doute que votre pensée n’allait pas jusque là, mais votre propos (tout comme le mien par d’autres lacunes...) si ! Votre évocation de l’amour trinitaire, l’usage du thème de la déification (theosis) peuvent certes inspirer, mais pas tout le monde et la loi naturelle doit suffire (ils n’ont pas valeur de preuve morale) pour convaincre, même s’il convient pour cela de faire appel à des principes normatifs, qui’ils soient philosophiques ou disciplinaires (Révélation).
D’un point de vue pastoral, et poussée par les médias, l’Église insiste désormais sur le respect de la dignité de la personne, le refus des discriminations injustes, et la nécessité de mettre en oeuvre un accompagnement pour aider à accepter et accomplir la volonté de Dieu. Ce qui est difficile quand il lui faut rappeler et défendre que l’inclination homosexuelle est “objectivement désordonnée” et que celui ou celle qui l’éprouve peut, de ce seul fait, se sentir discriminé : un hétérosexuel aura toujours le secours du mariage comme remède à la concupiscence, lui/elle non.
C’est un peu comme si votre vie dépendait d’un régime alimentaire, où l’on vous interdirait tout ce que vous aimez et vous autoriserait tout ce que vous détestez, sous peine de mort ! Comment ressentiriez-vous la chose ? ... Et les grands discours sur la grandeur du mariage ?
Certains ont reproché au pape François d’avoir « autorisé » le mariage gay, autrement dit de s’être montré favorable à un encadrement juridique et légal : ce qui évitera la tentation du viol (fort présente quand l’homosexualité était un délit) et offrira, à défaut de mieux proposer et pour éviter toute hypocrisie, « la voie du publicain ». Quant à savoir si un Pacs aurait pu y suffire, c’est une autre question purement civile et souvent traitée pour la symbolique... Or le Président qui en France présidait à l’époque, n’avait pas lui-même une grande idée du mariage, qu’il soit civique ou religieux 
Un jeune élevé dans la vraie foi et qui s’apercevrait ado qu’il est homosexuel, s’il parvient à adopter le comportement et la vision que lui propose actuellement l’Eglise (qui a longtemps « ramé «  et n’en a pas encore trouvée de véritable, c’est comme pour la question des divorcés sa pastorale est en évolution et n’a pas encore atteint sa pleine efficacité) aura fait preuve d’une résilience hors du commun et résolu une situation personnelle d’abandon par Dieu dont seuls certains grands saints se sont montrés capables. Et s’il perd la foi mais en garde la morale (en dehors de son homosexualité) tout en laissant tranquille l’Eglise et ses membres, il vaudra mieux que bien des cathos qui auront adopté au mieux contraception et bien d’autres compromis.
Aussi difficile que cela soit, nous ne devons pas faire de la nature un adversaire de Dieu et puisque vous êtes sorti du contexte de l’homosexualité et entendez prendre soin de la ligne de l’Eglise, je vous invite à relire les points 100 et 101 de Una caro, dernière parution du magistère traitant de l’unicité du mariage, et qui disent :
100. Dans le même ouvrage, Wojtyła élargit la réflexion sur la monogamie avec un développement original sur la finalité unitive de la sexualité, laquelle devient une expression et une maturation de cette donnée objective qu’est l’unité matrimoniale, propriété essentielle du mariage. C’est pourquoi il rejette avec force la thèse rigoriste qu’il considère comme propre aux visions “manichéennes” ou “ultra-spiritualistes”. Selon cette thèse, « le Créateur se sert de l’homme et de la femme, ainsi que de leurs rapports sexuels, pour assurer l’existence de l’espèce homo. Ainsi utilise-t-Il les personnes comme des moyens ». Dans ce seul contexte, avec cette mentalité, le plaisir sexuel deviendrait tolérable. Karol Wojtyła soutient au contraire qu’« il n’est pas incompatible avec la dignité objective des personnes que leur amour conjugal comporte une “jouissance” sexuelle. […] Il existe une joie conforme à la nature de la tendance sexuelle, et en même temps à la dignité des personnes ; dans le domaine étendu de l’amour entre l’homme et la femme, elle découle de l’action commune, de la compréhension mutuelle, et de l’accomplissement harmonieux des buts choisis ensemble. Cette joie, ce frui, peut provenir aussi bien du plaisir multiforme créé par la différence des sexes que de la volupté sexuelle que donnent les rapports conjugaux […], à condition que leur amour se développe à partir de l’impulsion sexuelle ».
101. Dans son effort pour éviter l’extrémisme rigoriste, qui exclut en définitive la finalité unitive de la sexualité dans le mariage, Wojtyła explique que l’autre peut être véritablement aimé en tant que personne et, en même temps, être pleinement désiré. « L’amour de concupiscence et celui de bienveillance diffèrent entre eux, mais pas au point de s’exclure l’un l’autre : une personne peut en désirer une autre comme un bien pour elle-même, mais elle peut en même temps lui désirer du bien indépendamment du fait qu’elle soit un bien pour elle » En reconnaissant l’intégralité de la personne et de ses besoins, il faut également admettre que l’amour réciproque requiert de nombreuses autres expressions, et pas seulement la sexualité : « Si, par contre, ce que les deux personnes apportent dans l’amour est uniquement, ou surtout, la concupiscence cherchant la jouissance et le plaisir, alors la réciprocité elle-même sera dépourvue des caractéristiques » qui offrent la stabilité au mariage (l’amour vertueux, la confiance, les dons désintéressés, etc.).
Je dois préciser que ce document aura commencé par rappeler que la vie maritale (former un couple homme/femme) est la manière normale de se sanctifier. Votre citation sur Mathieu oublie de préciser que cet appel de Jésus ne vise que certaines personnes et en réponse à une appréhension quant à la faisabilité dans la durée de cette « manière », défi qu’à présent les homosexuels se sentent prêts à relever – certes à leur manière. Ce verset ne dispense pas en effet du discernement sur la conformité concrète de la conduite à la volonté de Dieu (ce qui en effet dépasse une simple direction intentionnelle).
saint Thomas nous aura expliqué que certains éléments de la loi dite naturelle peuvent ne pas avoir la même force d’obligation selon qu’ils sont ou non “sanctionnés” par une loi divine ou humaine - ce qui suggère précisément que la loi divine clarifie et ordonne, au lieu de “contrarier” la nature de façon radicale.
Autrement dit : même si les inclinations comportent un désordre, la grâce ne “remplace” pas la nature ; elle élève et guérit pour conduire à la volonté de Dieu. Si pour une personne son homophilie est naturelle, il y aurait contradiction à dire que la seule façon de l’élever supposerait de la contrarier (à moins d’en sacrifier l’Eros). Et si elle n’est pas naturelle, alors il faudrait adopter le point de vue adopté par le pape François d’une cause d’ordre psychiatrique et qui a tant fait jasé (quand il y a délit, les tribunaux humains estiment qu’il n’y a plus responsabilité. Or les tribunaux ecclésiaux eux se mettent en grève en invoquant parfois le for interne...) Quoi d’autre ?
Ce que personellement je reproche à cette « psychiatrie », c’est de créer des statuts censés nous rassurer mais dans lesquels sont enfermés à vie les personnes, car la guérison n’est pas envisagée. Or si des personnes se découvrent tardivement homosexuelles, aprés parfois un mariage hétéro et avoir eu des enfants, pourquoi le chemin contraire ne serait-il pas possible ?
Vous dites encore :
Kerygme a écrit : ven. 17 juil. 2026, 9:43 Au sens catholique l'amour homosexuel n'est pas remis en doute, mais il devrait être tourné vers la Charité, c'est à dire l'amour de Dieu en premier. Et si ce couple est chrétien, à vivre cet amour "selon Dieu" en unissant leurs difficultés à la Croix du Christ pour s'aimer chastement. Alors un amour homosexuel chaste est chemin de sainteté.
Mais si, cet amour est remis en cause puisqu’on le prive de son eros pour lui permettre d’exister !
Et si je trouve votre exemple ci-dessous quelque peu problèmatique :
Kerygme a écrit : ven. 17 juil. 2026, 9:43 Vous allez trouver la comparaison osée, et c'est volontaire, mais un père peut battre ses enfants tout en les aimant. Si le fond ou l'intention sont là, la forme en est bien dévoyée. Est-ce de l'amour "selon Dieu" ou avec "Dieu au centre" ?
Ce n’est pas pour sa distinction entre l’intention et la forme, mais parce que l’enjeu de l’homosexualité se trouve bien dans le fait que si la personne passe à l’acte, ce n’est pas qu’elle sera battue mais elle ira en enfer (ne retirer son consentement que par principe et pour ne pas y aller, est-ce « valable » ‘en esprit et en vérité’ ?) Or la Bible (Proverbes) prône bien et à plusieurs reprises la pratique du châtiment corporel dans l’éducation des enfants. Ce qui leur évitera pire (Deutéronome 21, 18-21) et c’est pourquoi, ne nous voilons pas la face, l’Eglise l’a pratiquée par le passé et ne sait pas encore trop bien par quoi le remplacer.
Et tant que j’y suis, je vais indiquer en spoiler 2 autres articles de ce document qui me semblent fort intéressants, vu que je n’ai qu’à les recopier et qu’ils apportent un éclairage lumineux sur une question ayant suscité bien des débats au sein de la tradition récente, sur l’ordre à donner aux fins du mariage :
[+] Texte masqué
43. Il convient maintenant de rappeler également la pensée théologique et pastorale de saint Alphonse-Marie de Liguori qui présente l’union et le don mutuel des époux de manière intégrale (y compris les relations sexuelles), comme des fins intrinsèques essentielles, tandis qu’il considère la procréation comme une fin intrinsèque, mais accidentelle. Il soutient donc que « l’on peut considérer trois fins dans le mariage : les fins intrinsèques essentielles, les fins intrinsèques accidentelles et les fins accidentelles extrinsèques. Les fins intrinsèques essentielles sont au nombre de deux : le don réciproque avec l’obligation de satisfaire le devoir [c’est-à-dire les rapports sexuels] et le lien indissoluble. Les fins intrinsèques accidentelles sont également au nombre de deux : la génération de la progéniture et le remède à la concupiscence ».
44. Saint Alphonse fait également référence à des fins extrinsèques, telles que le plaisir, la beauté et bien d’autres, qui sont licites. De cette manière, le saint Docteur de l’Église tente d’enrichir la vision du mariage afin de développer une approche pastorale qui aide les époux à vivre leur union d’une manière plus riche et plus stimulante. Il est permis de désirer le mariage également en raison de l’attirance particulière pour l’une de ces fins extrinsèques, car, à condition que les fins principales ne soient pas exclues, cela « n’est pas un désordre ».
J’aurais sans doute bien d’autres choses à dire et j’ai été fort décousu, mais cette polémique subrepticement soulevée (que je ne peux qualifier d’inutile, sans quoi je n’y aurais pas participé) et que je me suis efforcé de rehausser et pour ne pas me défausser, m’ennuie au plus haut point. Votre statut de diacre, tel que vous le présentez et vous en faites (à tort à mon avis) un scrupule, peut expliquer pas mal de choses.
Or j’aurais préféré que par exemple à la question soulevée ici par Peter (et il y en a pas mal de semblables à résoudre dans la situation présente, et j’ai apprécié la ténacité avec laquelle il a su maintenir sa question de fond)
peter a écrit : sam. 27 juin 2026, 14:26 Une question de réflexion

L'Ancien Testament montre aussi que certaines réalités, comme la polygamie, ont été tolérées pendant un temps avant qu'une compréhension plus profonde du dessein de Dieu sur le mariage ne se développe.

Cela soulève une question théologique qui mérite réflexion :

Dans quelle mesure notre compréhension du mariage, de la sexualité et de certaines questions morales peut-elle encore être approfondie aujourd'hui, tout en demeurant fidèle à l'Évangile ?

Je ne prétends pas avoir la réponse. Je suis simplement en recherche et je trouve cette réflexion intéressante.
Aprés qu’il ait repris son propre et premier propos et pour réactualiser et recentrer sa question après plusieurs échanges et avant que vous n’interveniez... Or il y défend en quelque sorte un droit à la licence et la rend permise pour une fin supérieure : si tant soit peu que la conversation devait se poursuivre, cela méritait mieux que le silence !
et à laquelle j’ai répondu en lui proposant dans mon dernier paragraphe ma propre issue de secours car sa proposition est une des voies de sortie à laquelle il est possible et normal de penser (c’était le motif premier de mon intervention) mais qui se termine à mon sens en impasse - j’aurais souhaité que d’autres et pourquoi pas vous, y joignez votre propre façon d’en sortir au lieu de rester dans autre chose d’assez convenu et qui ne va pas au coeur du sujet..
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Re: Si Dieu est amour, comment devons-nous regarder l'amour entre personnes du même sexe ?

Message par lintrus »

peter a écrit : mer. 22 juil. 2026, 9:14 Plus j'y réfléchis, plus je me dis que les commandements de Dieu ne sont pas seulement des règles à respecter. Ils sont peut-être avant tout une invitation à entrer dans sa manière d'aimer.

Quand on aime profondément quelqu'un, on ne cherche pas seulement à lui obéir. On cherche à aimer ce qu'il aime, parce que son bonheur devient aussi le nôtre.

Prenons un exemple. Dieu crée le monde en six jours et se repose le septième. Puis il invite l'homme à sanctifier ce jour. Je n'y vois pas seulement un ordre à exécuter, mais une invitation à partager quelque chose avec Lui, à entrer dans son rythme, dans sa communion.

C'est pourquoi je continue à me demander si le cœur du problème moral n'est pas d'abord la qualité de l'amour. Est-ce que ce que je fais me rapproche de la manière d'aimer de Dieu ? Est-ce que cela me conduit à aimer davantage Dieu et mon prochain, ou est-ce que cela me replie sur moi-même ?

Je ne prétends pas avoir la réponse définitive. J'essaie simplement de comprendre pourquoi Dieu donne certains commandements. Je suis convaincu qu'ils ne sont pas arbitraires. Ils expriment quelque chose de son cœur et de son amour, et c'est cela que je cherche à découvrir.

« Les commandements ne sont pas donnés pour satisfaire le besoin d'autorité de Dieu. Ils sont donnés pour nous apprendre à entrer dans sa manière d'aimer. »

« Si vous m'aimez vraiment, vous désirerez naturellement entrer dans ce que j'aime. »
C'est ça, rentrer en relation.
Bonjour Peter,
Je ne pensais pas vous répondre bien que votre retour m’a agréablement surpris, car vous y défendez une position qui est aussi la mienne et que je ne crois pas vous avoir suggérée. Je voulais vous en laisser l’honneur et l’initiative.
Mais puisque j’interviens encore ici, alors je m’en crois tenu et vous dit « oui ». Mais je ne reviendrai probablement pas sur ce fil car je ne veux ni donner droit ni tirer à moi la règle qui veut que le dernier qui a parlé a raison.
Oui, car dire sur cet exemple qui est ici le sujet, que « c’est une abomination », ce n’est pas donner un avis moral, mais exprimer un goût ! Et si celui qui l’exprime est aussi notre créateur, alors ce goût doit se refléter dans toute sa création et aussi en nous, et s’en éloigner c’est lui poser un problème.
Il y eut de sa part la solution du déluge, mais ensuite il promit de n’y plus recourir. Et finalement, il s‘incarna pour mieux nous comprendre « de l’intérieur » et nous montrer comment de cet intérieur se rendre « compatible » avec Lui, dont nous aurons eu une mauvaise idée.
Pour le dire autrement, c’est ouvrir une voie qui est celle de la contrition parfaite. L’autre voie est bancale, et ici il ne s’agit plus de discuter d’intention, mais de l’orientation que l’on donne à sa vie et des efforts mis en oeuvre pour qu’elle rejoigne Son goût, de façon sincère et non « forcée ».
Il se peut que nous ayons un « goût » différent, tout à fait involontairement, et sans tomber dans l’explication donnée par l’épître aux Romains, que nous ayons à en porter la croix toute notre vie, à laquelle viendront s’ajouter toutes les considérations que d’autres pourront avoir et faire et qui seront souvent hors sujet ou biaisées, pour nous mettre sur le dos une responsabilité qui n’est pas la nôtre.
Nous devrons le supporter, souvent en silence, et malgré tout porter cette injuste croix de départ et qui nous posera un énorme dilemme.
Accepter d’avoir mauvais goût et chercher comment y remédier sera le travail de peut-être toute une vie. Chercher à Lui plaire malgré tout : sur tous les autres points où cela nous sera possible se montrer exemplaire, pardonner de façon sincère tant nous saurons ce que c’est de ne pas l’être soi-même (alors même qu’à la base nous nous en sentirions innocent) et ne jamais renoncer. Si l’illusion d’une convenance est impossible à donner, alors choisir comment nous en distinguer de sorte à ce que cela soit le plus bénin possible et n’empêche pas l’amour. Et la solution en l’occurence d’un mariage gay, si elle n’est pas en théorie la meilleure elle n’en est pas la plus mauvaise ni la plus désespérante, devrait-elle se savoir provisoire car imparfaite.
Il y a la prière du publicain...
En attendant que l’Eglise trouve un protocole efficace et honnête de guérison, car c’est son rôle et à quoi servent les sacrements et la prédication !
Bref, cela se joue au concret et au jour le jour, pas dans de grandes spéculations doctrinales mais par des impulsions discrètes du Saint-Esprit que nous entendrons - et parfois non.
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Re: Si Dieu est amour, comment devons-nous regarder l'amour entre personnes du même sexe ?

Message par Kerygme »

lintrus a écrit : jeu. 30 juil. 2026, 8:41 Je ne peux que me plaindre et m’attrister de ce que vous écrivez là,
Je parlais de ne pas avoir lu tout le fil et non votre message.
Mais pour le coup ma lecture de votre réponse s'arrêtera aux deux premiers paragraphes, car vous avez déjà détourné le sens de mon propos.
Le reste a été une lecture en diagonale emplie d'accusations et d'assertions restrictives et souvent erronées.

Ce qui importait ce n'était pas votre propos mais que le lecteur en recherche ne soit pas embarqué dans une réflexion qui, partant d'un postulat non catholique (l'homme animal instinctif contraire à la définition de la personne au sens catholique, voir CEC 357+), ne peut qu'aboutir à une conclusion catholiquement erronée. On a beau être en rubrique philosophie, le but de ce forum est "pour l'intelligence de la foi".

Ne pas le recevoir est votre droit, j'exerce le mien de pointer ce qui est erroné.
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Re: Si Dieu est amour, comment devons-nous regarder l'amour entre personnes du même sexe ?

Message par peter »

Mes chers amis,

Je vois que ce sujet a suscité beaucoup de réflexions et de débats. Je ne crois pas que mon rôle soit de dire qui a raison ou qui a tort, mais plutôt de permettre à chacun d'exprimer sa pensée avec respect.

Permettez-moi de vous partager une petite parabole.

La parabole des deux conducteurs

Deux hommes achètent exactement la même voiture neuve.

Le premier ne connaît rien à la mécanique. Pour lui, c'est simplement une voiture : il tourne la clé, appuie sur l'accélérateur et roule.

Le second est un passionné de mécanique. Il connaît chaque pièce du moteur, comprend le fonctionnement de la transmission, reconnaît le moindre bruit anormal et apprécie des détails que l'autre ne remarquera jamais.

Pourtant, ils conduisent exactement la même voiture.

Mais leur expérience n'est pas la même.

L'un voit seulement une voiture.

L'autre voit toute l'intelligence qui se cache derrière sa conception.

Il en est peut-être de même dans notre relation avec Dieu.

Deux personnes peuvent poser extérieurement le même geste, mais Dieu voit ce que nous ne voyons pas : la connaissance, la conscience, l'intention, la liberté, les blessures et tout le chemin parcouru par chacun.

Nous jugeons souvent les actes. Dieu, lui, connaît aussi le conducteur.

Et je me demande si plus une personne comprend le dessein de Dieu, plus elle découvre la beauté de ses commandements. Peut-être qu'avec le temps, ce qui nous semblait d'abord être une simple règle devient peu à peu une lumière qui nous fait comprendre pourquoi Dieu nous demande telle ou telle chose.

C'est peut-être cette compréhension que nous sommes tous en train de chercher.
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Re: Si Dieu est amour, comment devons-nous regarder l'amour entre personnes du même sexe ?

Message par Kerygme »

Bonjour peter,
peter a écrit : jeu. 30 juil. 2026, 10:06 Permettez-moi de vous partager une petite parabole.
J'aime bien votre parabole mais comme toute analogie elle a ses imperfections (vous comprenez mon allusion ;) )
Le tuning est une chose, mais pour le garagiste il s'agit d'une préoccupation quand on veut modifier artisanalement le moteur ou un organe de sécurité.
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Re: Si Dieu est amour, comment devons-nous regarder l'amour entre personnes du même sexe ?

Message par peter »

:
Kerygme a écrit : jeu. 30 juil. 2026, 10:25 Bonjour peter,
peter a écrit : jeu. 30 juil. 2026, 10:06 Permettez-moi de vous partager une petite parabole.
J'aime bien votre parabole mais comme toute analogie elle a ses imperfections (vous comprenez mon allusion ;) )
Le tuning est une chose, mais pour le garagiste il s'agit d'une préoccupation quand on veut modifier artisanalement le moteur ou un organe de sécurité.
:) J'ai bien compris l'allusion !

Mais je crois que ma parabole parlait moins de modifier la voiture que de la comprendre.

Le premier conducteur roule sans trop se poser de questions.

Le second admire le travail de l'ingénieur qui l'a conçue. Plus il en découvre le fonctionnement, plus il comprend pourquoi certaines pièces sont là et pourquoi on ne peut pas les modifier sans risquer de déséquilibrer l'ensemble.

Je me demande s'il n'en est pas un peu de même avec les commandements de Dieu. Plus nous comprenons le dessein du Créateur, moins nous les voyons comme des contraintes arbitraires et plus nous découvrons leur cohérence et leur beauté.

les commandements ne sont pas des règles arbitraires ; ils sont les indications du Fabricant pour que son œuvre fonctionne selon le but pour lequel elle a été conçue.

Jésus dit :

« Si vous m'aimez, vous garderez mes commandements » (Jean 14,15).

Il ne dit pas : « Obéissez sans comprendre. » Toute la révélation biblique montre progressivement pourquoi les commandements sont donnés : ils sont ordonnés à la vie, à la communion avec Dieu et au bien de l'homme.

le manuel n'est pas un livre de punitions, c'est le guide du Fabricant pour que son œuvre fonctionne selon sa véritable finalité. C'est une manière positive de présenter les commandements, qui invite davantage à les comprendre qu'à les subir.
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Re: Si Dieu est amour, comment devons-nous regarder l'amour entre personnes du même sexe ?

Message par Gaudens »

Bonjour aux intervenants de ce fil.

Je ne suis pas sûr d’avoir tout compris de vos argumentations respectives :

Peter m’a paru reprendre systématiquement en boucle sa question initiale (toujours en l’assortissant d’une réserve du type « je ne sais pas, c’est une question, je cherche encore » .Sa « ténacité » (comme dit Lintrus) m’a donné l’impression d’une insistance visant à ce que de guerre lasse, on finisse par lui dire que , bien sûr, cet amour est bien une manifestation de l’Amour divin comme une autre « . Disant cela je fais peut être une interprétation indue en me mettant abusivement dans son for interne. Ce n’était donc qu’une impression mais en fait je ne vois pas bien où il voudrait en venir.

En fait, je n’ai pas non plus compris que l’opposition entre Kérygme et Lintrus se focalise sur la question de l’instinct :je suis bien certain que cet instinct n’est pas nié par Kérygme même s’il va bien au-delà en mettant la volonté de l’homme au service de celle de Dieu , ce que, très probablement Lintrus ne nie pas non plus. Où donc se situe donc l’opposition ? Voir ci-dessous le post de Lintrus :
Ilm’a donné l’impression dJe suis bien d’accord et la suite de mon post l’indiquait clairement me semble–t-il, sur le fait que l’homme n’est pas réductible à un “instinct animal”, et que la sexualité humaine est ordonnée à des biens plus hauts que la simple reproduction biologique. A raison, vous avez voulu souligner que la différence sexuelle et la complémentarité sont orientées vers les biens du mariage et l’épanouissement de la famille, mais ai-je dit le contraire ? La sexualité n’est pas seulement un mécanisme, mais une réalité intime et personnelle, à ce titre même spirituelle – aspect sur lequel vous insistez. Et à l’opposé, la condamnation de l’homosexualité par le magistère n’est pas faite selon le principe que “l’instinct y est absent, donc c’est faux ».
Evidemment, Kérygme s’est exprimé de façon rapide mais le lisant depuis des années je peux assurer qu’un prétendu caractère « sanguin » de sa part n’est pas avéré ..

Ce que je ne comprends pas, par ailleurs, est la dernière phrase de Lintrus au sujet de l’éros non reconnu.
Kerygme a écrit : ↑ven. 17 juil. 2026, 9:43 Au sens catholique l'amour homosexuel n'est pas remis en doute, mais il devrait être tourné vers la Charité, c'est à dire l'amour de Dieu en premier. Et si ce couple est chrétien, à vivre cet amour "selon Dieu" en unissant leurs difficultés à la Croix du Christ pour s'aimer chastement. Alors un amour homosexuel chaste est chemin de sainteté.
Mais si, cet amour est remis en cause puisqu’on le prive de son eros pour lui permettre d’exister !
J’ai en effet bien apprécié (malgré nos différents récents !) le long mais profond et clair développement de Lintrus , réconciliant eros et agapé dans la suite de Saint Jean Paul II mais la conclusion qu’il pourrait en tirer n’est pas claire ni à quoi se réfère l’ »issue de secours’ qu’il préconiserait , pas plus de celle de Peter qui ne me parait rien préconiser et en particulier pas une quelconque "licence": :
peter a écrit : ↑sam. 27 juin 2026, 14:26 Une question de réflexion

L'Ancien Testament montre aussi que certaines réalités, comme la polygamie, ont été tolérées pendant un temps avant qu'une compréhension plus profonde du dessein de Dieu sur le mariage ne se développe.

Cela soulève une question théologique qui mérite réflexion :

Dans quelle mesure notre compréhension du mariage, de la sexualité et de certaines questions morales peut-elle encore être approfondie aujourd'hui, tout en demeurant fidèle à l'Évangile ?

Je ne prétends pas avoir la réponse. Je suis simplement en recherche et je trouve cette réflexion intéressante.
Aprés qu’il ait repris son propre et premier propos et pour réactualiser et recentrer sa question après plusieurs échanges et avant que vous n’interveniez... Or il y défend en quelque sorte un droit à la licence et la rend permise pour une fin supérieure : si tant soit peu que la conversation devait se poursuivre, cela méritait mieux que le silence !
et à laquelle j’ai répondu en lui proposant dans mon dernier paragraphe ma propre issue de secours car sa proposition est une des voies de sortie à laquelle il est possible et normal de penser (c’était le motif premier de mon intervention) mais qui se termine à mon sens en impasse –

Et malheureusement, l’assertion finale de Lintrus me parait bien problématique et étrangère à ses fines réflexions .
Et la solution en l’occurence d’un mariage gay, si elle n’est pas en théorie la meilleure elle n’en est pas la plus mauvaise ni la plus désespérante, devrait-elle se savoir provisoire car imparfaite.
Pour finir, je me demande si nous ne pourrions pas nous limiter à dire que ,bien entendu, deux personnes homosexuelles peuvent s’aimer dans une certaine dignitié, fidélité,etc…( pensez au Cousin Pons et à son compagnon Schmuke dans la nouvelle de Balzac) mais qu’en effet les pratiques homosexuelles son t pécheresses car inadaptées à la nature de notre être telle que le Créateur l’a voulue.
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Re: Si Dieu est amour, comment devons-nous regarder l'amour entre personnes du même sexe ?

Message par peter »

J'aimerais préciser ma démarche, afin qu'il n'y ait aucune ambiguïté.

Depuis le début de cette discussion, je ne cherche ni à contester l'enseignement de l'Église, ni à obtenir une quelconque permission, ni à défendre une position particulière.

Je cherche avant tout à comprendre.

Il y a une vérité dont, personnellement, j'ai la certitude : Dieu est amour. Ce n'est pas, pour moi, une simple opinion ou une hypothèse. C'est le fondement même de ma foi.

À partir de cette certitude, une question me poursuit :

Si deux personnes du même sexe s'aiment sincèrement, vivent dans la fidélité, le respect, le don de soi et expriment aussi cet amour par leur intimité, pourquoi cet acte est-il considéré comme un péché ?

Je ne pose pas cette question pour remettre en cause l'Église. Je cherche à comprendre la cohérence entre cette certitude que Dieu est amour et l'enseignement moral de l'Église.

Autrement dit, j'aimerais comprendre en quoi l'expression charnelle de cet amour serait incompatible avec le dessein de Dieu.

Je ne cherche pas une réponse fondée uniquement sur l'autorité. Je cherche à comprendre le raisonnement, le sens profond et la logique qui conduisent à cette conclusion.

Si Dieu demande quelque chose d'aussi exigeant, je suis convaincu que ce n'est jamais de manière arbitraire. Il doit y avoir une vérité et un bien profond que je ne perçois pas encore pleinement.

C'est cette vérité que je cherche, avec respect et sans idée préconçue.
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Re: Si Dieu est amour, comment devons-nous regarder l'amour entre personnes du même sexe ?

Message par Ombiace »

Bonjour peter
peter a écrit : ven. 31 juil. 2026, 5:46 Autrement dit, j'aimerais comprendre en quoi l'expression charnelle de cet amour serait incompatible avec le dessein de Dieu.
Il conviendrait peut-être de décentrer la question de cet élan charnel, et de la recentrer sur Dieu, avec la suivante :

"En quoi l'expression charnelle de cet élan serait elle compatible avec le dessein de Dieu ?".

Cela aurait le mérite, peut-être, de davantage placer celui qui s'interroge dans une dynamique de subordination au dessein de Dieu, là où, dans votre manière d'aborder le problème, je ne vois pas le même souci d'aimer Dieu de tout son cœur, de toute son intelligence, de toute son âme, selon ce que demande le 1er commandement.
Dernière modification par Ombiace le ven. 31 juil. 2026, 7:36, modifié 1 fois.
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Re: Si Dieu est amour, comment devons-nous regarder l'amour entre personnes du même sexe ?

Message par patatedouce »

peter a écrit : ven. 31 juil. 2026, 5:46 Dieu est amour.
Cette affirmation me paraît un peu réductrice, car tout dépend de la manière dont on définit l'amour. S'il ne s'agissait que de procurer une sensation agréable à court terme, donner de la drogue à quelqu'un ou ne jamais rien refuser à un enfant relèverait de l'amour. Or, l'amour ne se résume manifestement pas à cela.
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Re: Si Dieu est amour, comment devons-nous regarder l'amour entre personnes du même sexe ?

Message par Kerygme »

Bonjour Gaudens,

Heureux de vous recroiser même si ce n'est que par forum interposé.
Gaudens a écrit : jeu. 30 juil. 2026, 17:12 En fait, je n’ai pas non plus compris que l’opposition entre Kérygme et Lintrus se focalise sur la question de l’instinct :je suis bien certain que cet instinct n’est pas nié par Kérygme même s’il va bien au-delà en mettant la volonté de l’homme au service de celle de Dieu , ce que, très probablement Lintrus ne nie pas non plus. Où donc se situe donc l’opposition ? Voir ci-dessous le post de
Ce n'était pas une opposition mais une rectification.
Nous avons connu sur ce même forum des réponses fleuves permettant d'y noyer des assertions discutables, au sens de la doctrine catholique. J'en ai relevée une et j'ai circonscrit ma réponse à ce point uniquement :
Dieu, qui est amour, nous a créés avec un corps et des instincts, dont celui de reproduction.
L’argument n'était pas faux dans son idée de base, mais ne l'était pas en tant qu'assertion servant à monter une dialectique.
Un postulat de départ erroné n'a jamais mené à une juste conclusion.

Pour qu'elle le fut il aurait été nécessaire d'apporter certaines précisions sur ce point précis, telles que :

- Il ne suffit pas de dire qu'il y a un instinct de reproduction, en morale catholique on distingue l’inclination naturelle et la signification morale de l’acte. Mettre en avant l'instinct est donc réduire l'homme à une animalité, c'est donc réduire la procréation à la seule inclination naturelle.
Gaudium et Spes rappelle que l’homme, blessé par le péché, éprouve des mouvements rebelles dans le corps : donc l’instinct n’est pas une boussole morale suffisante à lui seul.

- la doctrine précise aussi que l’amour conjugal a une double signification inséparable : don mutuel des époux (unitive) et capacité à engendrer une vie (procréative). On ne peut donc réduire l'amour d'un couple, et ce quelle que soit son orientation, à la seule signification unitive.


Me concernant, voici la grande question sous jacente à une telle assertion : de qui suis-je le témoin ? De moi-même en rendant témoignage à ma tolérance ou indirectement par le manque de tolérance d'autrui ? Ou c'est à la Vérité que je dois rendre témoignage; par mes propos de baptisé mais aussi par la nécessité de corriger ou redresser des biais ? Autrement nous ne sommes que dans le verbiage pour défendre notre vérité.
L'Église ne nous appartient pas mais c'est nous qui appartenons à l'Église, c'est donc à nous de comprendre sa ligne (qui n'a rien de personnel contrairement à une autre accusation) car sa préoccupation n'est pas la sexualité mais le chemin de sainteté qu'elle nous fait emprunter.

Alors oui, Dieu est Amour (≠ de amour) et nous avons un corps, et la sexualité humaine est ordonnée à la vie ; mais l’Église ajoute que les "impulsions" doivent être situées dans l’ordre moral et que la procréation appartient à la logique de l’acte conjugal vécu selon le dessein de Dieu. Le reste est souvent petits arrangements avec notre conscience, notre pèlerinage terrestre n'invite pas à nous contenter de l'éros mais à nous élever vers l'Agapè.

A titre personnel je n'ai rien contre les homosexuel(le)s mais ce n'est pas pour autant que je dis "c'est bien, tant que vous vous aimez". J'explicite la position catholique en me gardant de promettre le paradis ou l'enfer, cela seul Dieu le sait. Et si je n'utilise pas le conditionnel c'est parce que ce n'est pas du théorique, j'ai abordé ce sujet avec quelques collaboratrices (concernant leurs enfants) et qui m'attendaient de pied ferme; au final elles ont compris le décryptage qui leur a été fait et cela me surprend toujours que cela se passe souvent mieux qu'en en discutant avec d'autres catholiques.

Par contre dans les échanges numériques, je sais que c'est un sujet qui en appelle tellement aux émotions sensibles que cela débouche souvent sur des diatribes enflammées et des amours propres froissés. C'est la seconde lecture que je fais du sujet.

Merci de vous être engagé dans ma défense Gaudens, salutations fraternelles.
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