Re: Répondre à : C'est au théiste à prouver, pas à l'athée
Publié : jeu. 13 avr. 2023, 12:12
Bonjour Christian,
II - Sur l’impossibilté que Dieu soit le sujet d’une autre science que la doctrine sacrée.
1. La distinction de l'objet matériel et de l'objet formel de la foi théologale.
Le jugement de crédibilité est atteint dans la connaissance certaine que Dieu vérace existe et est l'auteur de la révélation chrétienne. L'existence et la véracité de Dieu (première classe des préambules de a foi) peuvent être connues avec certitude, par le biais d'une démonstration apodictique ou/et par celui d'un jugement surnaturel d'inclination. De même, c'est par jugement surnaturel d'inclination que nous percevons la divinité du christianisme, le fait que le Dieu vrai et vérace est l'auteur de la Révélation chrétienne (seconde classe des préambules de la foi). Par le jugement de crédibilité ainsi atteint, nous savons que les articles de foi sont vrais, parce que nous savons que celui qui en atteste est Dieu vrai et vérace. Le jugement de crédibilité, antécédent à l'acte de foi, en fournit le motif : le motif de la foi, son objet formel quo, c'est l'autorité de Dieu révélant. Suite au jugement de crédibilité, l'acte de foi. Nous croyons vrai tout ce que Dieu révèle au motif qu'il nous le révèle. Le jugement de crédibilité, portait déjà sur l'existence de Dieu. Mais les affirmations divines relatives à l'existence de Dieu relèvent aussi de la doctrine sacrée, en tant qu'elles sont reçues à la lumière de la foi théologale. Dans la mesure où l'existence de Dieu est une vérité formellement révélée, c'est un objet matériel de la foi : une vérité à croire.
2. L'objet et sujet de la doctrine sacrée relèvent chacun de l'objet matériel de la foi théologale.
La doctrine sacrée est conçue comme science de la foi subalternée à la science de Dieu. Cette science part de ses propres principes, les vérités formellement et explicitement révélées, pour arriver à ses propres conclusions, les vérités formellement et implicitement révélées.L'ensemble de ces vérités relève donc de la doctrine sacrée. (1) Les conclusions de la doctrine sacrée sont constitutives de l'objet de cette science. Ces conclusions relèvent de l'explicitation théologique des vérités de foi formellement et implicitement révélées. On peut donc simultanément désigner ces conclusions de la doctrine sacrée comme ressortant de la foi (puisqu'elles sont formellement révélées) et de l'intelligence de la foi (puisqu'elles ne sont qu'implicitement révélées jusqu'à ce que l'intelligence atteigne par mode scolastique ou mystique à leur explicitation véritable). Dit autrement, l'opposition du sujet et de l'objet d'une science, qui est celle du principe à ses conclusions, est en la doctrine sacrée celle départageant les vérités révélées selon qu'elles le soient de manière formelle-explicite ou formelle-implicite. (2) Le premier des principes de la doctrine sacrée est son sujet. Quant à ses principes, qui relèvent seulement de la foi, lequel est absolument premier, et constitutif du sujet de cette science ? En tant que la doctrine sacrée est subalternée à la science que Dieu a de Lui-même, elle reçoit de Dieu son sujet. Mais Dieu ne nous a pas révélé son essence : le sujet de la doctrine sacrée est donc Dieu comme existant, Dieu sous le rapport de son existence, l'existence-même de Dieu, les autres vérités formellement et explicitement révélées s'analysant : soit comme des attributs essentiels de cet exister, en tant qu'il est réellement identique à son essence ; soit comme des modes personnels réellement distincts d'être cet exister trinitaire.
3. L’impossibilité que Dieu soit le sujet d’une science philosophique tient à la distinction opérée entre le sujet et l’objet d’une science.
Si vous acceptez de dire que le sujet d’une science est ce qu’elle en connaît immédiatement avant toute déduction, pour faire des conclusions déduites des objets de cette science, est impossible que Dieu puisse être le sujet d’une science philosophique. Si à l’inverse vous optez pour une terminologie en laquelle « sujet » puisse aussi désigner les conclusions, il vous faudra dire, relativement à la métaphysique, que son « sujet matériel » est l’être, c.-à-d. tout ce qui est à un titre quelconque, vous restant ensuite à préciser qu’elle est son « sujet formel », la raison formelle sous laquelle cette science envisage l’ensemble de ses sujets matériels. Et là de trois choses l’une. (1) Soit vous dites que la métaphysique a pour sujet l’être en tant qu’être (= a pour sujet matériel l’être envisagé sous la raison formelle d’être), auquel cas Dieu ne peut aucunement être le sujet formel de cette science (la théologie naturelle ne sera qu’une partie de la métaphysique conçue comme une ontologie - restant à préciser le sens de ce dernier vocable), et vous voilà, sous une terminologie différente, affirmer ce que je vous affirme. (2) Soit vous dites que Dieu est le sujet formel de cette science (la métaphysique conçue comme théologie naturelle dont l’ontologie est une partie secondaire), ce alors même que vous n’y saurez que « Dieu est » qu’au terme d’une déduction partant de principes préalables, vous exposant lors au reproche d’absurdité (subalternation de la métaphysique comme théologie naturelle à une science philosophique supérieure). (3) Soit vous pensez trouver une autre branche à l’alternative, auquel cas laquelle ?
Cordialement.
II - Sur l’impossibilté que Dieu soit le sujet d’une autre science que la doctrine sacrée.
1. La distinction de l'objet matériel et de l'objet formel de la foi théologale.
Le jugement de crédibilité est atteint dans la connaissance certaine que Dieu vérace existe et est l'auteur de la révélation chrétienne. L'existence et la véracité de Dieu (première classe des préambules de a foi) peuvent être connues avec certitude, par le biais d'une démonstration apodictique ou/et par celui d'un jugement surnaturel d'inclination. De même, c'est par jugement surnaturel d'inclination que nous percevons la divinité du christianisme, le fait que le Dieu vrai et vérace est l'auteur de la Révélation chrétienne (seconde classe des préambules de la foi). Par le jugement de crédibilité ainsi atteint, nous savons que les articles de foi sont vrais, parce que nous savons que celui qui en atteste est Dieu vrai et vérace. Le jugement de crédibilité, antécédent à l'acte de foi, en fournit le motif : le motif de la foi, son objet formel quo, c'est l'autorité de Dieu révélant. Suite au jugement de crédibilité, l'acte de foi. Nous croyons vrai tout ce que Dieu révèle au motif qu'il nous le révèle. Le jugement de crédibilité, portait déjà sur l'existence de Dieu. Mais les affirmations divines relatives à l'existence de Dieu relèvent aussi de la doctrine sacrée, en tant qu'elles sont reçues à la lumière de la foi théologale. Dans la mesure où l'existence de Dieu est une vérité formellement révélée, c'est un objet matériel de la foi : une vérité à croire.
2. L'objet et sujet de la doctrine sacrée relèvent chacun de l'objet matériel de la foi théologale.
La doctrine sacrée est conçue comme science de la foi subalternée à la science de Dieu. Cette science part de ses propres principes, les vérités formellement et explicitement révélées, pour arriver à ses propres conclusions, les vérités formellement et implicitement révélées.L'ensemble de ces vérités relève donc de la doctrine sacrée. (1) Les conclusions de la doctrine sacrée sont constitutives de l'objet de cette science. Ces conclusions relèvent de l'explicitation théologique des vérités de foi formellement et implicitement révélées. On peut donc simultanément désigner ces conclusions de la doctrine sacrée comme ressortant de la foi (puisqu'elles sont formellement révélées) et de l'intelligence de la foi (puisqu'elles ne sont qu'implicitement révélées jusqu'à ce que l'intelligence atteigne par mode scolastique ou mystique à leur explicitation véritable). Dit autrement, l'opposition du sujet et de l'objet d'une science, qui est celle du principe à ses conclusions, est en la doctrine sacrée celle départageant les vérités révélées selon qu'elles le soient de manière formelle-explicite ou formelle-implicite. (2) Le premier des principes de la doctrine sacrée est son sujet. Quant à ses principes, qui relèvent seulement de la foi, lequel est absolument premier, et constitutif du sujet de cette science ? En tant que la doctrine sacrée est subalternée à la science que Dieu a de Lui-même, elle reçoit de Dieu son sujet. Mais Dieu ne nous a pas révélé son essence : le sujet de la doctrine sacrée est donc Dieu comme existant, Dieu sous le rapport de son existence, l'existence-même de Dieu, les autres vérités formellement et explicitement révélées s'analysant : soit comme des attributs essentiels de cet exister, en tant qu'il est réellement identique à son essence ; soit comme des modes personnels réellement distincts d'être cet exister trinitaire.
3. L’impossibilité que Dieu soit le sujet d’une science philosophique tient à la distinction opérée entre le sujet et l’objet d’une science.
Si vous acceptez de dire que le sujet d’une science est ce qu’elle en connaît immédiatement avant toute déduction, pour faire des conclusions déduites des objets de cette science, est impossible que Dieu puisse être le sujet d’une science philosophique. Si à l’inverse vous optez pour une terminologie en laquelle « sujet » puisse aussi désigner les conclusions, il vous faudra dire, relativement à la métaphysique, que son « sujet matériel » est l’être, c.-à-d. tout ce qui est à un titre quelconque, vous restant ensuite à préciser qu’elle est son « sujet formel », la raison formelle sous laquelle cette science envisage l’ensemble de ses sujets matériels. Et là de trois choses l’une. (1) Soit vous dites que la métaphysique a pour sujet l’être en tant qu’être (= a pour sujet matériel l’être envisagé sous la raison formelle d’être), auquel cas Dieu ne peut aucunement être le sujet formel de cette science (la théologie naturelle ne sera qu’une partie de la métaphysique conçue comme une ontologie - restant à préciser le sens de ce dernier vocable), et vous voilà, sous une terminologie différente, affirmer ce que je vous affirme. (2) Soit vous dites que Dieu est le sujet formel de cette science (la métaphysique conçue comme théologie naturelle dont l’ontologie est une partie secondaire), ce alors même que vous n’y saurez que « Dieu est » qu’au terme d’une déduction partant de principes préalables, vous exposant lors au reproche d’absurdité (subalternation de la métaphysique comme théologie naturelle à une science philosophique supérieure). (3) Soit vous pensez trouver une autre branche à l’alternative, auquel cas laquelle ?
Cordialement.