Re: L’amour de Dieu et la haine du péché
Publié : lun. 31 mai 2021, 18:39
Merci de prendre le temps de ces messages détaillés, Perlum Pimpum. Vous êtes lu.
Pour l'intelligence de la foi
https://cite-catholique.org/
Serait-ce un petit espace personnel d'inconversion ? Un petit espace sacré ?Trinité :
Merci [Perlum Pimpum] pour le texte masqué, mais il ne m'a pas du tout convaincu![]()
Voici d'abord l'état de l'âme
«Il n'y a pas de ténèbres plus profondes que celles ou elle est plongée; il n'y a rien de si obscur et de si noir qui puisse lui être comparé. Les âmes qui sont en état de péché mortel sont semblables à des eaux noires et infectes.
Qu'il vous suffise de savoir que ce Soleil qui lui donnait tant de splendeur et de beauté et qui se trouve encore au centre d'elle-même, n'y est que comme n'y étant pas; il est éclipsé pour elle. Elle est dans les ténèbres; ce n'est pas la faute du Soleil de justice, qui est au-dedans d'elle pour lui donner l'être, s'il ne l'éclaire pas, mais elle est incapable de recevoir sa lumière. Ce Soleil resplendissant qui se trouve au centre de l'âme ne perd ni son éclat ni sa beauté; il est toujours au dedans de l'âme, et rien ne peut lui ravir sa magnificience.
Après le péché, l'âme est par rapport à ce Soleil divin comme le cristal que l'on expose au soleil matériel après l'avoir recouvert d'un linge très noir; il est évident que le Soleil a beau éclairer, sa lumière ne produit rien sur ce cristal. Une âme qui commet le péché morte recouvre ce miroir (de son âme) d'un épais nuage et le rend très noir.
Elle est privée de tout pouvoir, semblable à une personne qui est complètement liée et attachée, qui a les yeux bandés, qui malgré ses efforts ne peut ni voir, ni marcher, ni entendre, et qui enfin se trouve dans d'épaisses ténèbres. Rien ne lui profite alors ... toutes les bonnes oeuvres qu'elle fait en état de péché mortel ne sauraient lui mériter la gloire du ciel.
Enfin le but de quiconque commet un péché mortel n'est pas de contenter Dieu, mais de plaire au démon. Or le démon n'étant que ténèbres, la pauvre âme devient ténèbres comme lui.
L'enfer
Mais le péché qui a été vaincu par le Christ peut l'être par nous aussi, tant que nous sommes ici-bas, car malgré le voile épais qui la recouvre l'âme reste tout aussi apte à jouir de Sa Majesté, que l'est le cristal à recevoir les rayons de l'astre du jour. Qu'elle retrouve la charité par une humble confession ou par un acte d'amour, et aussitôt elle sera sous l'influence du Soleil divin qui donne vie, lumière et beauté.
Mais si la mort sépare du corps une âme encore chargée du péché, elle ne peut plus désormais se débarrasser de cette «poix du péché» qui est sur le cristal de l'âme. L'âme reste donc éternellement fixée dans l'attitude d'éloignement de Dieu. C'est l'enfer éternel, conséquence normale du péché et de l'immutabilité dans laquelle se trouve fixée l'âme dans l'éternité. Ici-bas, les puissances de l'âme trouvaient dans les biens particuliers une certaine satisfaction qui leur rendait la privation de Dieu peu douloureuse ou même indifférente. Dans l'éternité, il n'est pas de bien en dehors de Dieu. L'âme est dans le vide, et ses puissances faites pour trouver leur repos et leur nourriture en Dieu, souffrent dans ce vide d'une faim et soif profonde et inextinguibles. C'est la peine du dam ou privation de Dieu, peine principale de l'enfer, crée par le péché lui-même et par l'attitude d'opposition qu'il a imposée à l'âme.
Ô âmes rachetées par le sang de Jésus-Christ, comprenez donc l'état ou vous êtes tombées et ayez pitié de vous-mêmes ! Comment est-il possible que, si vous le comprenez, vous ne fassiez aucun effort pour enlever la «poix du péché» qui est sur le cristal de votre âme ? Sachez donc que si vous mourez en cet état, vous ne pourrez jamais jouir de la lumière de ce Soleil divin.
A cette peine du dam s'ajoute la peine du feu qui brûle sans consumer, d'un feu intelligent qui mesure ses ardeurs à la gravité et au nombre des péchés et en varie le point d'application suivant le genre de péché.
Sans doute mon cher Cinci
Sans doute mon cher Cinci
Il est vrai que l'homme est responsable de ses actes.Perlum Pimpum a écrit :De même, la moralité bonne ou mauvaise de cet acte n’est pas la personne, mais elle s’impute à
la personne, car la personne est responsable de ses actes.
Qu'entendez-vous par déterminer ?Perlum Pimpum a écrit :De même encore quant au vice qui, généré par la répétition d’actes mauvais, incline de manière stable à de nouveau mal agir. Le vice est une prédisposition habituelle à mal agir, qui incline la personne à des actes moralement peccamineux, mais il n’est pas la personne qu’il rend vicieuse. Si le vice n’est pas la personne, il la détermine. Il la détermine physiquement, puisqu’il est une habitude prédisposant la personne à agir en le sens qu’il prédispose. Il la détermine donc aussi moralement, puisque les actes auxquels il la porte ont d’eux-mêmes une implication morale.
La personne n'est pas son acte. La personne peut agir avec générosité, mais la personne n'est pas la générosité. On est toujours dans le cadre substance/accident. La personne agit avec amour par accident. De même, pour le péché. La personne peut voler, elle n'est pas pour autant le vol. Elle peut pécher mais elle n'est pas le péché. Elle l'est d'autant moins que le péché n'a pas de substance, c'est un néant. Le péché ne peut être qu'accidentel et non essentiel. Il y a une distance nécessaire qui distingue le péché de la personne, le péché de la partie essentielle liée à Dieu, qui évite toute confusion entre le péché et la source divine. Une part bonne que le péché ne peut atteindre, car profondément liée à Dieu. La personne est-elle davantage ce qu’elle est originellement par l'acte créateur divin ou par le péché qui habite en elle ? Elle est ce qu'elle est, et ce qu’elle est n'est pas ce que le péché ne peut donner. Le péché par sa nature de non-être ne peut donner, ne peut faire devenir, il retire plutôt ce qui est.Perlum Pimpum a écrit :Vote objection méconnaissait donc :
Que le péché est un acte, qui comme tel est quelque chose, un acte, qui s’attribue à la personne à laquelle il se prédique accidentellement. Ce qui relève du non-être, c’est le défaut de rectitude morale de l’acte, non l’acte lui-même. Cet acte peccamineux, en tant qu’il est acte, en tant qu’on l’envisage selon l’exercice, est quelque chose : un accident déterminant accidentellement la personne dont il se prédique par accident.
S'étend au pécheur, à la personne, à son essence ?Perlum Pimpum a écrit :Que c’est parce que l’acte s’attribue à la personne agente que la moralité de cet acte s’impute à la personne : la personne est rendue moralement mauvaise par son acte : la malignité du péché s’étend au pécheur auquel le péché s’impute.
Mais ce qu’elle est accidentellement devenue n'efface pas ce qu’elle est essentiellement.Perlum Pimpum a écrit :Boèce définit la personne comme une substance individuelle de nature rationnelle. Définition qui trouve vite ses limites en matière trinitaire mais qui convient ici. Dire que la personne pécheresse est aimée comme personne mais haïe comme pécheresse, c’est dire la personne est aimée pour ce qu’elle est essentiellement (une personne), et qu’elle est haïe pour ce qu’elle est accidentellement devenue (une pécheresse).