touriste a écrit :Pour ce qui est des relations avec votre sœur, j'ai du mal à comprendre pour quelle raison vous lui imposez votre présence (pardonnez-moi d'être aussi terre-à-terre). Elle n'a pas du tout obligation de fréquenter des gens qu'elle ne veut pas voir ou quelle n'aime pas pour des raisons qui lui sont propres, même s'il existe des liens du sang. Cela arrive dans les meilleures familles. Si elle ne veut pas de vous, laissez-la vivre en paix; croyez-moi, le bonheur de chacun en dépend. Il s'agit là d'une décision qui fait mal.
Angegardien
Ma sœur vit sa vie en paix, rassurez-vous. Nous n'avons plus aucun contact depuis plus d'une année. Nous ne nous rencontrons ni à Pâques, ni à Noël, ni à Nouvel An, ni aux anniversaires. La souffrance n'est pas chez elle mais chez moi. J'ai été ainsi fait que j'aime mes sœurs et moi non plus je n'y peux rien. J'ai bien essayé de les chasser de moi, mais en vain. Nous avons de bons souvenirs: nous avons voyagé ensemble plusieurs fois, je l'ai initiée à l'informatique, je lui fait passer le permis de conduire, il fut une époque pas si lointaine où nous prenions un repas ensemble chaque semaine. Nous nous mutuellement des services, etc.
Oh, je sais que cela arrive dans les meilleures familles - et c'est l'Adversaire qui l'a voulu ainsi: promouvoir l'individualisme, c'est perdre les hommes et les femmes à la fin. Tout se passe bien aussi longtemps que l'on a de l'argent dans les poches, que l'on vit en couple et qu'on n'est pas malade. Mais lorsque l'on se retrouve seul, que l'on tombe malade, la liberté totale des choix devient soudain très pesante - et constitue pour certain(e)s - traduisez: beaucoup, la source de leur dépression de leur désespérance, de leur alcoolisme, etc.
Bien qu'ayant ma vie, j'ai toujours eu "l'esprit de famille". Il n'y a plus personne pour moi, mais pour moi, tous sont, ici dans mon cœur, tous et toutes (les sœurs, les enfants, les petits-enfants, les cousins, etc.). Les repas pour les communions et les mariages étaient occasions de retrouvailles bien fêtées ! Bref, ils demeurent dans mon cœur - de manière désormais douloureuse, cette fois, mais j'assume.
Depuis la semaine dernière, en étant présent à la maison de repos deux fois par jour, j'ai rencontré un homme de mon âge qui se nomme Bernard - lui aussi catholique. Il rend de multiples services, car le personnel est surchargé, et il semblerait que je vais suivre sa voie lorsque ma mère ne sera plus. Je n'aurai plus de famille perso, mais je resterai au service de la famille. Il y a bien un "esprit" de la famille. Ils se trouve que l’Église aussi fait la promotion de la famille contre l’œuvre du Menteur.
Pour conclure, au sujet de cette maison, les lois en France ne sont pas les mêmes qu'ici. Mes parents étaient maris en communauté de bien. Mon père décédé, ma mère a hérité de tout. La maison lui appartient aussi longtemps qu'elle vivra. Pour l'instant, j'y habite seul et je l'entretiens seul, mais sans avoir jamais dû verser un loyer. Au bout de trois années sans loyer, si aucune des parties n'a fait connaître un désaccord à cette situation, elle est considérée comme acquise : je suis devenu "usufruitier-par-le-fait-même" et nous en sommes à la fin de la quatrième année.
Théoriquement, au décès de la propriétaire, ma mère, mes sœurs auront la nue-propriété, et moi l'usufruit. C'est-à-dire que je perds ma part de la valeur de la maison, mais je peux y demeurer. Dans la pratique, je me vois bien partir ... pourvu que je trouve quelque chose à ma convenance (bien situé pour mon travail, ni trop grand ni trop petit, etc.) Et la maisons sera alors vendue. Comme vous le voyez, il n'y a pas de solution "toute simple" à ces questions.