Les chrétiens d'Orient, ces martyrs oubliés
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jean_droit
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Re: Manifestations en France pour les chrétiens du Moyen Ori
Le Salon beige continue à publier des photographies sur les manifestations.
A Paris et à Nantes.
Après Toulouse et Lyon.
Mais, au total, cela fait peu de choses.
A Bordeaux ? A Marseille ? A Strasbourg ?
Dans mon diocèse j'ai entendu parler de rien, mais je me trompe peut être. J'espère me tromper.
Lors de la messe dominicale le prêtre a vraiment fait le service minimum. La prière universelle du CEF a été lue avec quelques mots avant.
Rien dans le sermon.
Aucune référence à vendredi prochain. Aucune explication de ce qui se passe au Moyen Orient.
A-t-on déjà choisi entre la fraternité avec l'Islam et le sort des chrétiens du Moyen Orient ?
A Paris et à Nantes.
Après Toulouse et Lyon.
Mais, au total, cela fait peu de choses.
A Bordeaux ? A Marseille ? A Strasbourg ?
Dans mon diocèse j'ai entendu parler de rien, mais je me trompe peut être. J'espère me tromper.
Lors de la messe dominicale le prêtre a vraiment fait le service minimum. La prière universelle du CEF a été lue avec quelques mots avant.
Rien dans le sermon.
Aucune référence à vendredi prochain. Aucune explication de ce qui se passe au Moyen Orient.
A-t-on déjà choisi entre la fraternité avec l'Islam et le sort des chrétiens du Moyen Orient ?
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jean_droit
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Re: Manifestations en France pour les chrétiens du Moyen Ori
Deux réactions intéressantes lues sur le Forum catholique.
Il faut, tout de même, souligner la différence des estimations du nombre de personnes présentes à Paris.
5.000 dit le Salon Beige, 2.000 est-il dit ici puis "quelques centaines" d'un internaute désabusé.
Il faut faire aussi attention aux photographies qui sont souvent volontairement trompeuses mais qui en disent plus qu'un long discours.
Vu la taille du parvis de Notre Dame 2.000 me semble un chiffre raisonable.
Et vous, quel est votre témoignage ?
Il faut, tout de même, souligner la différence des estimations du nombre de personnes présentes à Paris.
5.000 dit le Salon Beige, 2.000 est-il dit ici puis "quelques centaines" d'un internaute désabusé.
Il faut faire aussi attention aux photographies qui sont souvent volontairement trompeuses mais qui en disent plus qu'un long discours.
Vu la taille du parvis de Notre Dame 2.000 me semble un chiffre raisonable.
Et vous, quel est votre témoignage ?
J'étais sur le Parvis de la cathédrale de Paris. Il y avait environ 2000 manifestants.
On a vu beaucoup de personnalité de droite: Yves Pozzo di borgo, Rachida Dati (sans doute la plus pro-chrétienne de la bande), Nathalie Kosciusko-Morizet (un peu chahutée), Pierre-Yves Bournazel (UMP XVIIIème), Nathalie Fanfant (UMP XXème), Roger Karoutchi, Claude Goasgen, député-maire du XVIème, Jean-Christophe Fromantin, député-maire de Neuilly-sur-Seine.
Il y avait aussi le très contesté Patrick Klugman (PS), pourtant dans sa délégation d'adjoint à Madame le maire de Paris, François Pupponi, député-maire de Sarcelles (PS), refuge des Assyro-Chaldéens entre tous.
Le Grand Rabbin de Paris était de la partie. Pour les juifs le Nûn d'infamie rappelle trop l'étoile jaune de sinistre mémoire. De plus, les séfarades revivent par projection leur exil définitif de 1962.
Beaucoup de Latins se sont mêlés avec les Mésopotamiens. Un beau moment de fraternité sous le regard de Notre Dame, mère de toute consolation.
L'oraison dominicale a été récité en araméen après une minute de silence en mémoire de nos (bien trop) nombreux saints martyrs de ces dernières années.
J'étais aussi à Notre-Dame de Paris.
J'aurais aimé qu'il y eût 2000 personnes mais je n'en ai dénombré que quelques centaines. C'était très peu sur le grand parvis.
Il y avait beaucoup de jeunes chaldéens, quelques drapeaux.
Je n'ai rencontré sur place qu'un ami, ce qui laisse à penser que tous les autres étaient occupés ailleurs (je rencontre généralement quantité de gens sur ce genre de manifestations).
On peut donc dire sans se tromper que nos milieux tradis se sont très peu mobilisés pour cette manifestation.
Je suis plein d'espoir, c'était la première et mal médiatisée.
J'ajoute quand même à votre liste que quelques personnes de l'état major LMPT étaient présentes, entre autres Ludovine de La Rochère.
A 20:00 il y avait encore des chaldéens sur le parvis, manifestement très motivés. Aidons-les.
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jean_droit
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Re: Manifestations en France pour les chrétiens du Moyen Ori
Sur Aléteia il y a deux articles sur les manifestations en faveur des chrétiens du Moyen Orient.
D'abord la réaction de certains élus lors de la manifestation de Paris :
http://www.aleteia.org/fr/international ... 28/07/2014
Puis un article sur le silence des autorités françaises :
http://www.aleteia.org/fr/international ... 28/07/2014
D'abord la réaction de certains élus lors de la manifestation de Paris :
http://www.aleteia.org/fr/international ... 28/07/2014
Puis un article sur le silence des autorités françaises :
http://www.aleteia.org/fr/international ... 28/07/2014
"Eux aujourd'hui, nous demain", "Stop au massacre des Chrétiens d'Orient", Génocides 1915-2014, l'histoire se répète. Occident réveillez-vous". Derrière les messages des banderoles, chacun pouvait ressentir la sincérité des émotions et des prières de celles et ceux rassemblés devant Notre-Dame de Paris pour exprimer leur soutien aux chrétiens d'Orient.
Tous se posent la même question : que faut-il donc faire pour que les autorités françaises sortent de leur silence et soient fidèles au rôle historique que la France a toujours eu au fil des siècles : protéger les Chrétiens d'Orient ?
Pour l'instant, le silence de l'Occident et de la France est assourdissant, alors que les djihadistes de l'Etat Islamique poursuivent impunément leur épuration religieuse systématique en Irak. Alors que l'ONU a parlé de "crime contre l'humanité", L'Elysée et le Quai d'Orsay demeurent aux abonnés absents.
Après un premier Flashmob près de l'assemblée nationale puis un rassemblement de plus de 500 personnes samedi à Lyon, en présence du Cardinal Barbarin à la veille de son départ pour l'Irak, ce dimanche, c'était au tour de Paris de manifester devant Notre-Dame son soutien aux chrétiens persécutés. Plus de 2000 personnes s'y sont retrouvées sur l'esplanade, les politiques, principalement de l'opposition, s'étant succédés pour affirmer leur volonté de faire enfin bouger la France.
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etienne lorant
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Députés belges en faveur des chrétiens irakiens
Les députés cdH Georges Dallemagne et Vanessa Matz demandent, dans un communiqué diffusé lundi, une condamnation ferme par la Belgique des exactions commises en Irak par le groupe radical sunnite EIIL contre les communautés chrétiennes de ce pays. Ils "s'étonnent que cette condamnation n'ait toujours pas eu lieu" et appellent à une aide humanitaire d'urgence. Les deux députés se disent "profondément choqués par les persécutions, l'exode forcé, la confiscation des biens et la destruction de lieux de culte des chrétiens de Mossul. Il s'agit clairement de crimes contre l'humanité qui, non seulement touchent ces communautés, mais affectent violemment les valeurs et la paix du monde".
Les personnes déplacées par les exactions "manquent de tout (nourriture, vêtements, logement...) puisqu'elles ont dû fuir précipitamment sans rien emporter", soulignent M. Dallemagne et Mme Matz, demandant une aide pour les populations qui ont fui à Erbil, une petite centaine de kilomètres à l'est dans le Kurdistan irakien.
Ils plaident aussi pour que la Belgique mette la situation des chrétiens d'Irak à l'ordre du jour du prochain Conseil Affaires étrangères de l'Union européenne "afin que l'Europe exprime une condamnation ferme". Des sanctions devraient également être prises à l'égard de tout pays ou groupe soutenant l'EIIL (interdiction du commerce, de visa, gels des avoirs), estiment-ils.
Les deux élus appellent aussi "la population belge à soutenir les représentants en Belgique des communautés syriaques, chaldéennes, araméennes, coptes, arméniennes, maronites, melkites... qui acheminent de l'aide humanitaire sur place".
http://www.lalibre.be/actu/politique-be ... 04f7d9c559
Les personnes déplacées par les exactions "manquent de tout (nourriture, vêtements, logement...) puisqu'elles ont dû fuir précipitamment sans rien emporter", soulignent M. Dallemagne et Mme Matz, demandant une aide pour les populations qui ont fui à Erbil, une petite centaine de kilomètres à l'est dans le Kurdistan irakien.
Ils plaident aussi pour que la Belgique mette la situation des chrétiens d'Irak à l'ordre du jour du prochain Conseil Affaires étrangères de l'Union européenne "afin que l'Europe exprime une condamnation ferme". Des sanctions devraient également être prises à l'égard de tout pays ou groupe soutenant l'EIIL (interdiction du commerce, de visa, gels des avoirs), estiment-ils.
Les deux élus appellent aussi "la population belge à soutenir les représentants en Belgique des communautés syriaques, chaldéennes, araméennes, coptes, arméniennes, maronites, melkites... qui acheminent de l'aide humanitaire sur place".
http://www.lalibre.be/actu/politique-be ... 04f7d9c559
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
Re: Députés belges en faveur des chrétiens irakiens
lire à ce propos :
http://philochristos.com/2014/07/27/le- ... s-dorient/
L'auteur est protestant et exprime son indignation de chrétien face à ceux qui se taisent.
http://philochristos.com/2014/07/27/le- ... s-dorient/
L'auteur est protestant et exprime son indignation de chrétien face à ceux qui se taisent.
Re: Députés belges en faveur des chrétiens irakiens
Des "responsables" protestants lui ont répondus bien mollement
http://actualitechretienne.wordpress.co ... -sen-foot/
http://actualitechretienne.wordpress.co ... -sen-foot/
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Cinci
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Re: Manifestations en France pour les chrétiens du Moyen Ori
René Guitton résume :
- "... l'une des raison de ce silence, de cet oubli, est la marginalisation progressive des minorités chrétiennes dont le poids démographique et politique ne cesse de faiblir. Parce qu'ils ont émigré ou émigrent massivement, parce que leur nombre va en s'amenuisant, parce qu'ils soutiennent faute de mieux les pouvoirs en place -estimant qu'ils sont préférables à l'avénement de régimes fondamentalistes - les chrétiens d'Orient ne jouent pratiquement plus aucun rôle politique dans leurs pays respectifs.
Ainsi sont-ils confrontés à un cercle vicieux : les chrétiens sont marginalisés parce que chrétiens, et l'on parle moins d'eux parce qu'is sont marginalisés.
Ce premier constat est aggravé par le fait que les persécutions contre les chrétiens ne rentrent pas dans le cadre habituel d'une dénonciation des atteintes aux droits de l'homme. Pour une raison simple : les chrétiens, en Occident du moins, peinent à associer les idées de chrétienté et de minorité. La défense des droits de l'homme est née de la lutte pour la protection des minorités religieuses ou ethniques jadis persécutées. Les juifs, les noirs ou les musulmans en Europe et en Amérique, entrent dans ce schéma. La mobilisation en leur faveur est d'autant plus grande qu'elle fait figure d'expiation pour le rôle joué par les Églises dans le développement de l'antisémitisme, de la traite négrière ou de la conquête coloniale (avec sa vision souvent dévalorisante pour les musulmans). En Occident, prendre la défense des chrétiens serait assimilé à prendre la défense de la majorité.
L'Occident de plus en plus déchristianisé, peine à imaginer que les chrétiens puissent être persécutés parce que chrétiens, car être chrétien, selon un raccouci fréquent, c'est être du côté du pouvoir.
L'idée qu'il puisse y avoir des chrétiens orientaux est peu répandue. Ceux qui ne l'ignorent pas en donnent souvent une lecture trop réductrice, qui vise à faire de ces chrétiens d'Orient une sorte d'appendice du christianisme occidental ou la conséquence de l'expansion coloniale. Les chrétiens orientaux ne sont pas considérés comme un élément autochtone mais comme une pièce rapportée. On oublie que le christianisme est né en Orient et qu'il s'y développait bien avant que l'Europe ne devienne presque totalement chrétienne. Du point de vue occidental, les persécutions dont souffrent les chrétiens dans cet ailleurs lointain ne viseraient pas le christianisme en tant que tel, mais le fait qu'il serait l'émanation de l'Occident. Et, puisque le christianisme est majoritaire ici, il ne peut prétendre au statut de minorité là-bas.
Un tel raisonnement revient à nier implicitement la soufrance des minorités chrétiennes et freine toute mobilisation en leur faveur. Dans le même temps ces mobilisations sont contrariées parce que potentiellement contre-productives : ériger les minorités chrétiennes en "protégées" de l'Occident pourrait les exposer davantage. Cette crainte doit-elle, pour autant, nous exonérer de toute considération, n'ouvre-t-elle pas le champs à l'obscuranisme ?"
Source : René Guitton, Ces chrétiens qu'on assassine, p.18
http://www.rene-guitton.fr/ces-chretien ... ssine.html
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Cinci
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Re: Manifestations en France pour les chrétiens du Moyen Ori
À la fin de son ouvrage, René Guitton donne un petit exemple de la "guerre des nerfs" mises en place juste dans un pays comme ... comme le Liban. On ne parle même pas de l'Irak encore.
- Rapport sur le Liban, établi en 1985 par l'Ordre de Malte
"A une phase d'escarmouches et d'incidents mettant en cause des représentants ou institutions spécifiques de la communauté chrétienne succèdent une phase d'agitation et de "mise en condition" de la communauté musulmane, assortie de rumeurs et d'une stratégie de la tension entretenue par des comités islamiques. Ce processus est dès lors suivi par une phase de négociations et de promesses solennelles faites aux mandataires chrétiens, de garanties et de sauvegarde de leurs personnes et de leurs biens, en échange du désarmement de tout élément de résistance, et d'abdication partielle ou totale de leurs compétences et de leurs pouvoirs.
Ce désarmement et cette renonciation des chrétiens une fois obtenus, intervient alors, sans aucun signe prémonitoire et même sans que soient recherchés des prétextes, une phase de violence, d'élimination physique, de destructions matérielles, de profanations et de volonté irréductible d'éradication totale de toute présence chrétienne ...
A l'issue de cette phase de tueries et de destructions succèdent, en une troublante association, des initiatives de nature ''non militaire'' qui, toutes, tendent au rejet et à la complète dépossession des rares chrétiens qui auraient survécu. Cette phase comporte en outre un accaparement systématique, dont les auteurs recherchent à l'évidence à obtenir toutes les apparences légales, de tous les biens meubles et immeubles des chrétiens.
Entrent dans la composition de cette méthodologie d'éradication :
- l'utilisation de rumeurs alarmistes, contradictoires, entrecoupées de démentis fulgurants infligés par les faits et visant à affoler et à désespérer la population chrétienne de toute possibilité autre que la fuite.
- le dosage de crimes de sang, répartis géographiquement selon une progression méthodique, et dont l'exemplarité est liée à des degrés de sauvagerie inouie et à un choix prémédité quant à l'âge des victimes, quant aux circonstances des meurtres [...]
- la mise en œuvre d'offres incessantes, de la part d'émissaires islamo-progressistes et druzes, de rachat - à des prix dérisoires - des biens fonciers et immobiliers de la communauté chrétienne, démarches assorties de menaces voilées ...
- l'utilisation de ''leurres rentables'' pour les islamo-progressistes, tant au niveau de leur relation publique que de leur but final d'éviction totale des chrétiens. Exemple : on appelle solennellement les chrétiens à retourner dans leurs maisons. On les assiste. On fait venir des journalistes du monde arabe et occidental qui accréditent l'image de "tolérance" souhaitée et assurent à l'opération la publicité nécéssaire. Encouragés par ces signes d'apaisement, des chrétiens plus nombreux rejoignent leurs coreligionnaires et ce qu'ils pensent pouvoir récupérer de leurs biens. La tuerie intervient alors, et l'effet recherché est atteint : aucune illusion n'est plus permise aux chrétiens des zones voisines et ils optent pour une renonciation définitive."
R. Guitton, ibid., p. 310
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Cinci
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Re: Manifestations en France pour les chrétiens du Moyen Ori
... et il semble que des chrétiens du Liban se seront plaint du manque de support de la France en particulier, à partir des année 1970, à partir de l'époque de la guerre civile. Le rôle de la France depuis l'époque des Croisades, pratiquement, consistait normalement à voler au secours des chrétiens au Liban. Ce n'est plus vrai de nos jours.
- "... il convient de remonter le temps à grandes enjambées, certes, pour éclairer l'imbroglio libanais et pour expliquer les raisons de la relation particulière qui lie les chrétiens du Liban à la France. Entre eux, la tradition d'amitié et de coopération date des croisades [...] les maronites ayant réservé un accueil aux croisés relativement bon. [...]
En 1649, Paris a accordé des Lettres patentes aux maronites, Lettres renouvelées en 1737 par Louis XV, leur assurant une protection spéciale. Dès lors, la France s'est attribué le rôle de protectrice des chrétiens du Liban, et c'est vers elle que les maronites se tournent quand ils se sentent menacés. Cela a été le cas en 1860, quand des anciens alliés des chrétiens, les druzes, se sont révoltés et les ont massacrés. [...]
En 1858, une "grande peur" parcourut la montagne libanaise. Les paysans chrétiens se soulevèrent, brûlant château et demeures des riches propriétaires jusqu'à l'intervention du patriarche maronite. Il parvint à convaincre les grands féodaux de renoncer à leurs privilèges et d'abolir la perception de droits injustes. La victoire obtenue par les paysans chrétiens, entraîna leurs concitoyens druzes et musulmans. A leur tour ces derniers se révoltèrent, et l'insurrection prit une tournure religieuse. Ce n'était plus uniquement les grands féodaux chrétiens qui étaient menacés mais tous les chrétiens. En moins de deux mois, 22 000 d'entre eux furent massacrés, 75 000 prirent la fuite et 560 églises furent détruites. L'affaire connut un large retentissement international. [...]
Toutes ces actions contribuèrent à créer un climat émotionnel en faveur des chrétiens libanais, qui permit à Napoléon III d'envoyer sur place, en dépit des réticences des Ottomans et des Anglais, un contingent de soldats. Celui-ci rétablit l'ordre dans la montagne libanaise [...]
L'affaire de 1860 a marqué un tournant dans l'histoire des chrétiens libanais. L'explosion de violences dont ils furent les victimes de la part des druzes et des musulmans, leur confirma que ces deux communautés voulaient les neutraliser, et l'envoi du corps expéditionnaire français les persuada que l'Occident était le meilleur garant de leur sécurité. Pour les chrétiens du Liban, l'instauration du mandat français sur le Liban et la Syrie en 1920, après la chute de l'empire ottoman, fut une bénédiction. [...]
Parce qu'ils ont le souvenir des interventions françaises, les chrétiens libanais estiment avoir souscrit à une sorte de "police d'assurance" auprès de la communauté internationale. Quoi qu'il arrive, celle-ci, et la France en particulier, viendra toujours à leur secours et garantira leur statut. D'où la formidable colère des chrétiens du Liban, envers leurs coreligionnaires européens et français, pour l'abandon dont ils estiment avoir été les victimes durant leurs guerres, entre 1970 et 1990. ''
Sourde : R. Guitton, op. cit., p. 176
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Cinci
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Re: Manifestations en France pour les chrétiens du Moyen Ori
Toujours Guitton :
- "... en septembre 1983, les Israéliens [qui occupaient le sud-Liban depuis juin 1982 dans le cadre de l'opération "Paix en Galilée''] se sont retirés de la montagne libanaise, là ou vivaient 120 000 chrétiens. En quelques jours, 17 000 maisons appartenant à des chrétiens ont été détruites, ainsi que 120 églises, couvents et écoles. Près de 1500 chrétiens ont été massacrés dans des conditions particulièrement atroces.
Certains furent égorgés, d'autres placés sur des fers rougis, quelques uns ont eu les membres sciés à vif, plusieurs ont été décapités. Pendant que les uns tuaient, les autres détruisaient systématiquement les maisons, les jardins et les vergers, dans le but d'empêcher le retour des fugitifs." (p.186)
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Re: Manifestations en France pour les chrétiens du Moyen Ori
Entrevue sur Rfi de Mgr Gollnisch, directeur général de L'Oeuvre d'Orient, sur les chrétiens d'Orient (27-07-2014) :
Extrait :
Extrait :
En entier : Les chrétiens d'Orient sont la seule minorité a ne pas avoir pris les armesEt quel avenir alors pour ces chrétiens d’Irak ? Est-il envisageable de les faire venir en Europe, par exemple ?
Non, ce n’est pas l’objet. Je pense que ce sont d’abord des Irakiens. Ce sont des Irakiens qui sont extrêmement attachés à leur pays. Et par conséquent, ce n’est pas une perspective. C’est un peu comme si on disait : il y a des problèmes en France, on va dire aux Français de quitter la France. Ce n’est pas une perspective. Ce n’est pas une solution. D’autant qu’il y a d’autres minorités, aussi bien en Irak qu’en Syrie. Donc si c’est les chrétiens qui s’en vont, ce sont les autres minorités qui devront partir un jour. Et ça veut dire que chaque pays va se refermer sur son identité majoritaire.
Ce tel système conduit à une guerre. Nous en avons eu l’expérience en Europe. On a cru faire la paix en laissant chaque pays avec sa majorité nationale, son identité nationale, cela a conduit à la guerre. Par conséquent, l’enjeu au-delà de l’aspect ecclésial pour les chrétiens, l’enjeu c’est aussi de construire des pays dans lesquels les minorités peuvent exister et les membres de cette minorité, avoir la citoyenneté pleine et entière.
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Re: Manifestations en France pour les chrétiens du Moyen Ori
Irak
"... en 1977-1978, plusieurs villages chrétiens du nord de l'Irak ont été détruits par les Peshmergas, les combattants kurdes. De nombreuses églises et autres édifices religieux, certains vieux de plusieurs siècles, furent incendiés, dont le monastère de Mar Khnana, édifié au VIIe siècle, le monastère Saint- Georges construit vers l'an 800, ainsi que le monastère Mar Qayyomah.
Dès 1980, la situation des chrétiens vivant dans le nord de l'Irak a gravement empiré. Considérés par certains extrémistes kurdes comme des auxiliaires du régime, les chrétiens des montagnes ont été la cible de multiples attaques, provoquant leur départ massif vers Bagdad et une très nette diminution de leur influence dans le nord du pays.
En 1988, l'armée irakienne a décidé de créer un vaste no man's land afin de priver les rebelles kurdes de toute possibilité de se ravitailler auprès des populations locales, entraînant la destruction de centaines de villages musulmans, chrétiens ou mixtes. Durant cette opération des populations furent massacrées à l'aide de gaz toxiques utilisés par l'armée contre les rebelles et leurs complices, l'un des crimes retenus par la justice irakienne pour justifier la condamnation à mort et l'exécution de Saddam Hussein.
L'intensification des combats a accentué l'émigration vers Bagdad des populations chrétiennes du Nord, transplantées du jour au lendemain dans une ville ou il n'y avait pas à proprement parler de tradition multiséculaire de coexistence entre chrétiens et musulmans.
[...]
DEPUIS LA CHUTE
La chute de Saddam Hussein s'est traduite par une aggravation sans précédent de la situation des chrétiens d'Irak. L'hémorragie avait déjà vidé le pays de plusieurs milliers d'entre eux, mais, à partir de mars 2003 et, en quelques années, leur nombre a diminué de moitié, passant de 800 000 à 400 000, et tout laisse à penser que cet exode n'en est qu'à ses débuts.
[...]
La nouvelle constitution hâtivement formée le 24 octobre 2005 par 78% des électeurs, n'a pas institué un Irak laïc, contrairement aux vœu nourri par les chrétiens. Si la constitution contient des dispositions relatives à la liberté de culte et de conscience, à l'égalité de tous devant la loi ou à la protection des minorités, son article 2 stipule : On ne peut approuver aucune loi qui soit en contradiction avec les lois de l'islam. Aux yeux des chrétiens, cela signifie légaliser la charia comme fondement de la législation irakienne, une atteinte grave à leurs droits, au point que Mgr Sako déclara : "Ce texte rétablit la charia, il donne aux femmes un statut mineur, rend impossible toute conversion de l'islam vers une autre religion et relègue les chrétiens au statut de minorité ethnique."
Marginalisés au sein du nouvel Irak, les chrétiens ont eu à subir les agissements des mouvements de résistance chiites ou sunnites, contre les autorités irakiennes ou étrangères. Depuis 2004, les violences antichrétiennes visant spécifiquement les chrétiens en tant que groupe sont innombrables. La communauté chrétienne de la capitale est l'objet de menaces qui circulent de manière insistante : les femmes chrétiennes qui sortiraient non voilées seraient aspergées de vitriol.
Le 3 juin 2007 , des crimes particulièrement odieux ont été perpétrés à Mossoul. Le père Rahgid Aziz Ganni et trois sous-diacres ont été enlevés à la sortie d'une messe célébrée dans l'église du Saint-Esprit. La voiture dans laquelle ils circulaient a été interceptée par un groupe de miliciens et les quatre hommes ont été abattus. Détail macabre, leurs dépouilles sont restées exposées de longues heures, les meurtriers ayant fait croire qu'ils avaient disposé sous les corps des explosifs censés éclater au moindre mouvement.
En octobre 2007, c'est au tour de deux autres prêtres d'être enlevés par des hommes armés. "Nous sommes devenus une marchandise", me confie par e-mail, l'un de mes correspondants irakiens réfugié en Syrie. "Le cours du chrétien est en hausse en Irak ! de petits malfrats qui se prétendent de zélés fondamentalistes, enlèvent des chrétiens, sachant que les leurs vont payer une rançon". Les autorités ecclésiastiques ont eu beau multiplier les avertissements à l'effet qu'elles ne céderaient pas à ce chantage, cela n'a pas empêcher les ravisseurs de poursuivre leurs prises d'otages, et de considérer les chrétiens comme des comptes de banque ambulants.
Les violences ont eu tendance à s'amplifier en 2008 [...] le 6 janvier plusieurs attentats ont touché les églises et les institutions chrétiennes de Mossoul et de Bagdad. Le caractère simultané de ces attaques fait songer à un plan prémédité pour pousser les chrétiens au départ. A Mossoul, l'église de la Vierge-Marie, l'église Saint-Paul, le couvent des sœurs dominicaines et l'orphelinat tenue par des sœurs chaldéennes ont été la cible d'attentats à la bombe. Trois jours plus tard, le 9 janvier 2008, à Kirkouk, la cathédrale chaldéenne du Sacré-Coeur, l'église syrienne catholique Saint-Éphrem et d'autres églises encore subissaient également des attentats. Le pire était cependant à venir avec l'assassinat le 13 mars de l'archevêque chaldéen de Mossoul Mgr Paulos Rahho, âgé de 65 ans. Ce prélat au franc parler et au sourire lumineux, avait été enlevé le 29 février 2008 par des inconnus. Quelques jours auparavant, il avait évoqué, devant une délégation de Pax Christi venue de France, les menaces qui pesaient sur lui. Il avait reçu la visite d'étranges personnages qui exigeaient le versement par l'Église de 500 000 dollars, faute de quoi les fidèles seraient pris à partie. Il les avait poliment éconduits, leur affirmant qu'il avait fait vœu de pauvreté. Mgr Rahho a payé de sa vie son refus du chantage.
Un mois après sa mort, un autre prêtre, le père Youssef Abdel Aboudi, âgé de 48 ans, a été assassiné en plein cœur de Bagdad dans des conditions particulièrement atroces, égorgé sous les yeux de sa femme et de ses enfants. Et combien d'autres meurtres, persécutions, conversions forcées à l'islam sous la menace d'égorgement ? combien d'échanges entre la vie et la mort conditionnés au don d'une fille ou d'une sœur en épouse à un musulman ?
Le responsable de l'œuvre d'Orient, Mgr Philippe Brizard a déclaré :
L'irak a déjà connu une première purification ethnico-religieuse avec le départ de la quasi-totalité de ses juifs, elle est en passe d'en connaître une seconde, religieuse, celle-ci, avec sa communauté chrétienne qui a de nouveau été atteinte le 31 octobre 2010 en l'église Notre-Dame-du-Salut à Bagdad.
L'édifice a été pris d'assaut en pleine messe dominicale. [...] Le père Ta'er continuait de célébrer. Il fut exécuté sur l'autel de ses prières, puis à leur tour sa mère et son frère. Les innocents gamins n'ont pas davantage trouvé grâce aux yeux des assassins. Quelques parents ont tenté, en vain, de traîner leurs enfants à l'abri dans la sacristie en barricadant la porte de l'intérieur. Les agresseurs ont alors gravi l'escalier par la terrasse de l'église, comme s'ils connaissaient parfaitement les lieux, et par les fenêtres en hauteur, ils ont continué de semer la mort, jetant des grenades dans la pièce. Comme si cette fureur ne suffisait pas, ils ont ensuite mitraillé le système d'air conditionné, pour que le gaz, en s'échappant, asphyxie les fidèles tout proche. L'attaque avait été préparée, sans aucun doute, avec la complicité ou la complaisance de certains policiers qui auraient dû tenir le barrage de protection dressé dans la rue.
Source : René Guitton, p. 232
"... en 1977-1978, plusieurs villages chrétiens du nord de l'Irak ont été détruits par les Peshmergas, les combattants kurdes. De nombreuses églises et autres édifices religieux, certains vieux de plusieurs siècles, furent incendiés, dont le monastère de Mar Khnana, édifié au VIIe siècle, le monastère Saint- Georges construit vers l'an 800, ainsi que le monastère Mar Qayyomah.
Dès 1980, la situation des chrétiens vivant dans le nord de l'Irak a gravement empiré. Considérés par certains extrémistes kurdes comme des auxiliaires du régime, les chrétiens des montagnes ont été la cible de multiples attaques, provoquant leur départ massif vers Bagdad et une très nette diminution de leur influence dans le nord du pays.
En 1988, l'armée irakienne a décidé de créer un vaste no man's land afin de priver les rebelles kurdes de toute possibilité de se ravitailler auprès des populations locales, entraînant la destruction de centaines de villages musulmans, chrétiens ou mixtes. Durant cette opération des populations furent massacrées à l'aide de gaz toxiques utilisés par l'armée contre les rebelles et leurs complices, l'un des crimes retenus par la justice irakienne pour justifier la condamnation à mort et l'exécution de Saddam Hussein.
L'intensification des combats a accentué l'émigration vers Bagdad des populations chrétiennes du Nord, transplantées du jour au lendemain dans une ville ou il n'y avait pas à proprement parler de tradition multiséculaire de coexistence entre chrétiens et musulmans.
[...]
DEPUIS LA CHUTE
La chute de Saddam Hussein s'est traduite par une aggravation sans précédent de la situation des chrétiens d'Irak. L'hémorragie avait déjà vidé le pays de plusieurs milliers d'entre eux, mais, à partir de mars 2003 et, en quelques années, leur nombre a diminué de moitié, passant de 800 000 à 400 000, et tout laisse à penser que cet exode n'en est qu'à ses débuts.
[...]
La nouvelle constitution hâtivement formée le 24 octobre 2005 par 78% des électeurs, n'a pas institué un Irak laïc, contrairement aux vœu nourri par les chrétiens. Si la constitution contient des dispositions relatives à la liberté de culte et de conscience, à l'égalité de tous devant la loi ou à la protection des minorités, son article 2 stipule : On ne peut approuver aucune loi qui soit en contradiction avec les lois de l'islam. Aux yeux des chrétiens, cela signifie légaliser la charia comme fondement de la législation irakienne, une atteinte grave à leurs droits, au point que Mgr Sako déclara : "Ce texte rétablit la charia, il donne aux femmes un statut mineur, rend impossible toute conversion de l'islam vers une autre religion et relègue les chrétiens au statut de minorité ethnique."
Marginalisés au sein du nouvel Irak, les chrétiens ont eu à subir les agissements des mouvements de résistance chiites ou sunnites, contre les autorités irakiennes ou étrangères. Depuis 2004, les violences antichrétiennes visant spécifiquement les chrétiens en tant que groupe sont innombrables. La communauté chrétienne de la capitale est l'objet de menaces qui circulent de manière insistante : les femmes chrétiennes qui sortiraient non voilées seraient aspergées de vitriol.
Le 3 juin 2007 , des crimes particulièrement odieux ont été perpétrés à Mossoul. Le père Rahgid Aziz Ganni et trois sous-diacres ont été enlevés à la sortie d'une messe célébrée dans l'église du Saint-Esprit. La voiture dans laquelle ils circulaient a été interceptée par un groupe de miliciens et les quatre hommes ont été abattus. Détail macabre, leurs dépouilles sont restées exposées de longues heures, les meurtriers ayant fait croire qu'ils avaient disposé sous les corps des explosifs censés éclater au moindre mouvement.
En octobre 2007, c'est au tour de deux autres prêtres d'être enlevés par des hommes armés. "Nous sommes devenus une marchandise", me confie par e-mail, l'un de mes correspondants irakiens réfugié en Syrie. "Le cours du chrétien est en hausse en Irak ! de petits malfrats qui se prétendent de zélés fondamentalistes, enlèvent des chrétiens, sachant que les leurs vont payer une rançon". Les autorités ecclésiastiques ont eu beau multiplier les avertissements à l'effet qu'elles ne céderaient pas à ce chantage, cela n'a pas empêcher les ravisseurs de poursuivre leurs prises d'otages, et de considérer les chrétiens comme des comptes de banque ambulants.
Les violences ont eu tendance à s'amplifier en 2008 [...] le 6 janvier plusieurs attentats ont touché les églises et les institutions chrétiennes de Mossoul et de Bagdad. Le caractère simultané de ces attaques fait songer à un plan prémédité pour pousser les chrétiens au départ. A Mossoul, l'église de la Vierge-Marie, l'église Saint-Paul, le couvent des sœurs dominicaines et l'orphelinat tenue par des sœurs chaldéennes ont été la cible d'attentats à la bombe. Trois jours plus tard, le 9 janvier 2008, à Kirkouk, la cathédrale chaldéenne du Sacré-Coeur, l'église syrienne catholique Saint-Éphrem et d'autres églises encore subissaient également des attentats. Le pire était cependant à venir avec l'assassinat le 13 mars de l'archevêque chaldéen de Mossoul Mgr Paulos Rahho, âgé de 65 ans. Ce prélat au franc parler et au sourire lumineux, avait été enlevé le 29 février 2008 par des inconnus. Quelques jours auparavant, il avait évoqué, devant une délégation de Pax Christi venue de France, les menaces qui pesaient sur lui. Il avait reçu la visite d'étranges personnages qui exigeaient le versement par l'Église de 500 000 dollars, faute de quoi les fidèles seraient pris à partie. Il les avait poliment éconduits, leur affirmant qu'il avait fait vœu de pauvreté. Mgr Rahho a payé de sa vie son refus du chantage.
Un mois après sa mort, un autre prêtre, le père Youssef Abdel Aboudi, âgé de 48 ans, a été assassiné en plein cœur de Bagdad dans des conditions particulièrement atroces, égorgé sous les yeux de sa femme et de ses enfants. Et combien d'autres meurtres, persécutions, conversions forcées à l'islam sous la menace d'égorgement ? combien d'échanges entre la vie et la mort conditionnés au don d'une fille ou d'une sœur en épouse à un musulman ?
Le responsable de l'œuvre d'Orient, Mgr Philippe Brizard a déclaré :
- "La France a des responsabilités dans la région. la pire situation est celle des chrétiens qui n'ont pas de point de chute. Il y a actuellement des groupes importants de chrétiens dans le désert de Syrie. Il faut espérer que tout cela ne va pas se terminer comme pour les Arméniens."
L'irak a déjà connu une première purification ethnico-religieuse avec le départ de la quasi-totalité de ses juifs, elle est en passe d'en connaître une seconde, religieuse, celle-ci, avec sa communauté chrétienne qui a de nouveau été atteinte le 31 octobre 2010 en l'église Notre-Dame-du-Salut à Bagdad.
L'édifice a été pris d'assaut en pleine messe dominicale. [...] Le père Ta'er continuait de célébrer. Il fut exécuté sur l'autel de ses prières, puis à leur tour sa mère et son frère. Les innocents gamins n'ont pas davantage trouvé grâce aux yeux des assassins. Quelques parents ont tenté, en vain, de traîner leurs enfants à l'abri dans la sacristie en barricadant la porte de l'intérieur. Les agresseurs ont alors gravi l'escalier par la terrasse de l'église, comme s'ils connaissaient parfaitement les lieux, et par les fenêtres en hauteur, ils ont continué de semer la mort, jetant des grenades dans la pièce. Comme si cette fureur ne suffisait pas, ils ont ensuite mitraillé le système d'air conditionné, pour que le gaz, en s'échappant, asphyxie les fidèles tout proche. L'attaque avait été préparée, sans aucun doute, avec la complicité ou la complaisance de certains policiers qui auraient dû tenir le barrage de protection dressé dans la rue.
Source : René Guitton, p. 232
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Cinci
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Re: Manifestations en France pour les chrétiens du Moyen Ori
Palestine
Vidéo :
http://www.bing.com/videos/search?q=chr ... 6279031FF0
C'est sans compter l'autre dossier : tous ceux qui feraient remarquer comment les chrétiens à Gaza seraient en fâcheuse posture.
"... rares, très rares sont les chrétiens qui évoquent ne serait-ce que de manière allusive, la forte pression exercée sur eux par des spéculateurs immobiliers musulmans, proches de l'autorité palestinienne. Ces spéculateurs lorgnent sur les biens appelés à changer de mains, et tiennent pour acquis, sans retenue, le départ des chrétiens. Leurs biens immobiliers sont systématiquement sous-évalués et rachetés, parfois à des prix dérisoires.
La marginalisation croissante des chrétiens à Jérusalem-Est ou en Cisjordanie est aussi la conséquence d'un malaise grandissant. Ils sentent confusément qu'ils n'ont plus leur place dans la société palestinienne, une société qui les acceptait jusque-là mais qui se montre aujourd'hui moins tolérante et moins ouverte à l'idée de la coexistence, en son sein, de différentes religions.
A Bethléem, le Hamas a réalisé un très bon score aux élections municipales et ses sympathisants s'efforcent de faire régner un ordre moral qui irrite les chrétiens. Leurs épouses sont prises à partie si elles sortent non voilées ou si elles portent des robes jugées "indécentes". Dans les restaurants et les cafés, l'alcool est banni, et chaque Ramadan est l'occasion d'incidents entre musulmans et chrétiens. Parce que le silence est chez eux une seconde nature, les chrétiens de Cisjordanie n'aiment guère aborder le sujet.
[...]
Les chrétiens de Cisjordanie savent qu'ils risquent de faire les frais d'une éventuelle réconciliation entre le Fatah et le Hamas, réconciliation qui se traduirait par une islamisation plus grande des institutions politiques palestiniennes. Pourtant, ils estiment que le Hamas est un moindre mal comparé à d'autres mouvements qui gagnent du terrain en Cisjordanie. C'est le cas d'un mystérieux Hizb al Tahir - parti de la libération - proche de la mouvance d'Al-Quaïda, dont le programme prévoit le rétablissement du Califat sur le monde.
La mort ou l'exil
La situation des chrétiens de Cisjordanie, pour préoccupante qu'elle soit, paraît enviable à côté de celle de leurs coreligionnaires installés à Gaza : environ 3500 personnes, dont 3200 orthodoxes et 200 catholiques. Depuis le retrait israélien de 2005, et la prise de pouvoir par le Hamas local, Gaza, l'un des territoires les plus densément peuplés au monde, a été inexorablement asphyxié par le blocus économique et financier [...] Fin 2008. début 2009, ce cycle infernal a précipité la région dans un chaos d'une violence jamais atteinte. Les tirs et les bombardements n'ont fait aucune distinction entre civils et militaires, entre chrétiens et musulmans. Les chrétiens de Gaza sont confrontés aux mêmes difficultés que leurs compatriotes musulmans, à ceci près qu'ils subissent en plus le fait d'être une minorité sur les terres du Hamas. Ces islamistes souhaitent l'instauration d'un régime théocratique musulman [...]
A l'exception du Saint-Siège et des institutions catholiques, des associations ou fondations telles l'Oeuvre d'Orient ou Pax Christi, le sort des chrétiens de Gaza n'intéresse personne. Rares, très rares sont ceux qui connaissent leur existence sur ce territoire considéré à tort comme exclusivement musulman.
[...]
La présence des chrétiens y est fort ancienne comme l'atteste le monastère de Deir al Ballah, le monastère des dattes, le plus ancien lieu de culte chrétien en Palestine, édifié avant la construction du Saint-Sépulcre. Ce monastère a d'ailleurs été saccagé, tout comme l'une des quatre églises de Gaza, lors de la prise du pouvoir par le Hamas, le 15 juin 2007. Le sac des lieux de culte chrétiens a été un élément ordinaire des manifestations de joie marquant l'expulsion de l'Autorité palestinienne, soupçonnée d'être aux mains d'incroyants ou de musulmans renégats.
Jadis, en 1994, Yasser Arafat avait acheté un terrain pour édifier à Gaza, l'une à côté de l'autre, une mosquée et une église qui devaient symboliser la coexistence harmonieuse des chrétiens et des musulmans. La mosquée a été construite rapidement, mais les fondations de l'église n'ont pas été creusée.
Depuis son arrivée au pouvoir, le Hamas, soucieux de son image, a pris soin d'afficher un comportement exemplaire envers les chrétiens de Gaza. L'ex-Premier ministre palestinien, Ismaïl Haniyeh, a ainsi reçu les responsables chrétiens la veille des fêtes de Noël 2007 et leur a accordé des crédits pour l'illumination des églises. [...]
Toutefois, le Hamas se montre incapable d'enrayer les agissements de factions fondamentalistes dissidentes, telle l'"armée de l'islam", qui se réclame d'Al-Quaïda. Certains de ces groupes sont à l'origine de l'enlèvement et du meurtre, en octobre 2007, d'un employé de la Holy Bible Society, exécuté de plusieurs balles dans la tête. Des institutions chrétiennes ont été la cible d'attentats, tout comme de nombreux commerces appartenant à des chrétiens : librairies, cafés Internet, restaurant, etc. Gaza est une cage dont les chrétiens aimeraient bien pouvoir définitivement s'évader".
Guitton, p. 117
Vidéo :
http://www.bing.com/videos/search?q=chr ... 6279031FF0
C'est sans compter l'autre dossier : tous ceux qui feraient remarquer comment les chrétiens à Gaza seraient en fâcheuse posture.
"... rares, très rares sont les chrétiens qui évoquent ne serait-ce que de manière allusive, la forte pression exercée sur eux par des spéculateurs immobiliers musulmans, proches de l'autorité palestinienne. Ces spéculateurs lorgnent sur les biens appelés à changer de mains, et tiennent pour acquis, sans retenue, le départ des chrétiens. Leurs biens immobiliers sont systématiquement sous-évalués et rachetés, parfois à des prix dérisoires.
La marginalisation croissante des chrétiens à Jérusalem-Est ou en Cisjordanie est aussi la conséquence d'un malaise grandissant. Ils sentent confusément qu'ils n'ont plus leur place dans la société palestinienne, une société qui les acceptait jusque-là mais qui se montre aujourd'hui moins tolérante et moins ouverte à l'idée de la coexistence, en son sein, de différentes religions.
A Bethléem, le Hamas a réalisé un très bon score aux élections municipales et ses sympathisants s'efforcent de faire régner un ordre moral qui irrite les chrétiens. Leurs épouses sont prises à partie si elles sortent non voilées ou si elles portent des robes jugées "indécentes". Dans les restaurants et les cafés, l'alcool est banni, et chaque Ramadan est l'occasion d'incidents entre musulmans et chrétiens. Parce que le silence est chez eux une seconde nature, les chrétiens de Cisjordanie n'aiment guère aborder le sujet.
[...]
Les chrétiens de Cisjordanie savent qu'ils risquent de faire les frais d'une éventuelle réconciliation entre le Fatah et le Hamas, réconciliation qui se traduirait par une islamisation plus grande des institutions politiques palestiniennes. Pourtant, ils estiment que le Hamas est un moindre mal comparé à d'autres mouvements qui gagnent du terrain en Cisjordanie. C'est le cas d'un mystérieux Hizb al Tahir - parti de la libération - proche de la mouvance d'Al-Quaïda, dont le programme prévoit le rétablissement du Califat sur le monde.
La mort ou l'exil
La situation des chrétiens de Cisjordanie, pour préoccupante qu'elle soit, paraît enviable à côté de celle de leurs coreligionnaires installés à Gaza : environ 3500 personnes, dont 3200 orthodoxes et 200 catholiques. Depuis le retrait israélien de 2005, et la prise de pouvoir par le Hamas local, Gaza, l'un des territoires les plus densément peuplés au monde, a été inexorablement asphyxié par le blocus économique et financier [...] Fin 2008. début 2009, ce cycle infernal a précipité la région dans un chaos d'une violence jamais atteinte. Les tirs et les bombardements n'ont fait aucune distinction entre civils et militaires, entre chrétiens et musulmans. Les chrétiens de Gaza sont confrontés aux mêmes difficultés que leurs compatriotes musulmans, à ceci près qu'ils subissent en plus le fait d'être une minorité sur les terres du Hamas. Ces islamistes souhaitent l'instauration d'un régime théocratique musulman [...]
A l'exception du Saint-Siège et des institutions catholiques, des associations ou fondations telles l'Oeuvre d'Orient ou Pax Christi, le sort des chrétiens de Gaza n'intéresse personne. Rares, très rares sont ceux qui connaissent leur existence sur ce territoire considéré à tort comme exclusivement musulman.
[...]
La présence des chrétiens y est fort ancienne comme l'atteste le monastère de Deir al Ballah, le monastère des dattes, le plus ancien lieu de culte chrétien en Palestine, édifié avant la construction du Saint-Sépulcre. Ce monastère a d'ailleurs été saccagé, tout comme l'une des quatre églises de Gaza, lors de la prise du pouvoir par le Hamas, le 15 juin 2007. Le sac des lieux de culte chrétiens a été un élément ordinaire des manifestations de joie marquant l'expulsion de l'Autorité palestinienne, soupçonnée d'être aux mains d'incroyants ou de musulmans renégats.
Jadis, en 1994, Yasser Arafat avait acheté un terrain pour édifier à Gaza, l'une à côté de l'autre, une mosquée et une église qui devaient symboliser la coexistence harmonieuse des chrétiens et des musulmans. La mosquée a été construite rapidement, mais les fondations de l'église n'ont pas été creusée.
Depuis son arrivée au pouvoir, le Hamas, soucieux de son image, a pris soin d'afficher un comportement exemplaire envers les chrétiens de Gaza. L'ex-Premier ministre palestinien, Ismaïl Haniyeh, a ainsi reçu les responsables chrétiens la veille des fêtes de Noël 2007 et leur a accordé des crédits pour l'illumination des églises. [...]
Toutefois, le Hamas se montre incapable d'enrayer les agissements de factions fondamentalistes dissidentes, telle l'"armée de l'islam", qui se réclame d'Al-Quaïda. Certains de ces groupes sont à l'origine de l'enlèvement et du meurtre, en octobre 2007, d'un employé de la Holy Bible Society, exécuté de plusieurs balles dans la tête. Des institutions chrétiennes ont été la cible d'attentats, tout comme de nombreux commerces appartenant à des chrétiens : librairies, cafés Internet, restaurant, etc. Gaza est une cage dont les chrétiens aimeraient bien pouvoir définitivement s'évader".
Guitton, p. 117
Re: Manifestations en France pour les chrétiens du Moyen Ori
Je dis ça mais c'est peut être pas possible.
Ils pourraient pas rassembler tout les chretiens du moyen orient dans une ou plusieurs ville que pour eux ?
Le choc des communauté serait moins flagrant avec l'islam.
Ils pourraient pas rassembler tout les chretiens du moyen orient dans une ou plusieurs ville que pour eux ?
Le choc des communauté serait moins flagrant avec l'islam.
Re: Manifestations en France pour les chrétiens du Moyen Ori
aur15 a écrit :Je dis ça mais c'est peut être pas possible.
Ils pourraient pas rassembler tout les chretiens du moyen orient dans une ou plusieurs ville que pour eux ?
Le choc des communauté serait moins flagrant avec l'islam.
Non je ne crois pas que ce soit la bonne solution car on fabriquerait encore une fois des formes de camps qui seraient ciblés pour destruction par les fanatiques.
Quand aux actions politiques elles sont peu médiatisées ou peu existantes car d' une part les journalistes ne peuvent pas se rendre sur place et il ne faut pas oublier que nous sommes dans une société d 'opportunisme mercantile exacerbé et donc placée sous le régime du buzz ,des lobbies et que tout les reste dépend ensuite de l'épaisseur du costume des hommes politiques , de leur idéologie sans parler de leur intérêt à faire telle ou telle action par rapport aux sondages à venir ....Le reste à mon avis (tout personnel qui n 'engage que moi ) ils s' en moquent...Donc ..
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