sil20 a écrit :Vu d'ici, Eckhart Tolle résume fort bien ce que Jésus signifiait en déclarant
"Avant qu'Abraham fut, Je suis".
" Vous négligez continuellement l'évidence même : votre sens le plus intime du Je Suis n'a rien à voir avec ce qui se passe dans votre vie, ni avec son contenu. Ce sentiment de Je Suis est uni au Présent. Il est toujours le même. Dans l'enfance et la vieillesse, la santé ou la maladie, le succès ou l'échec, le Je Suis - l'espace du Présent - demeure inchangé en profondeur. Comme vous le confondez habituellement avec le contenu, vous ne le vivez, comme le Présent, que d'une manière faible et indirecte, par le contenu de votre vie. Autrement dit, votre sentiment d'être est obscurci par les circonstances, le flux de votre pensée et les mille choses de ce monde. Le présent est assombri par le temps.
Vous oubliez donc votre enracinement dans l'Être, votre réalité divine, et vous vous perdez dans le monde. La confusion, la colère, la dépression, la violence et le conflit surviennent lorsque les humains oublient qui ils sont.
Pour retourner chez soi, il est facile de se rappeler la vérité :
Je ne suis ni mes pensées, ni mes émotions, ni mes perceptions sensorielles, ni mes expériences. Je ne suis pas le contenu de ma vie. Je suis la Vie. Je suis l'espace dans lequel tout se produit. Je suis la conscience. Je suis le Présent. Je Suis. "
Eckhart Tolle, L'art du calme intérieur
Ainsi, il me semble que le message de Jésus n'est pas
"Je suis Dieu et vous n'êtes que des humains pécheurs" mais plutôt,
"Ce que Je suis vous l'êtes aussi, ce que je fais, vous le ferez. Vous êtes des dieux en devenir. Vous aurez des pérégrinations dans le monde, mais prenez courage, J'ai vaincu le monde et vous pouvez aussi le vaincre."
Accepterez-vous de commenter cet extrait d'Eckhart Tolle ?
"Avant qu'Abraham fut, Je suis. "
Jean, 8, 58
Bonjour sil20,
je trouve très intéressant ce texte que vous citez, je ne suis pas loin d'être tout à fait d'accord avec lui.(Tout du moins, au niveau de ma foi ; ma pratique, elle, laisse tant à désirer pour parvenir à une telle conscience de ce que nous sommes!)
Sa dernière phrase me laisse plus perplexe. Certainement, nous sommes une conscience intemporelle, siégeant dans une temps qui n'a rien à voir avec ce que nous ressentons sur terre, et que nous étouffons par l'attention à nos sens, nos sentiments, les évènements ici-bas. Cependant, je crois que si nos
esprits (car c'est bien de cela dont il s'agit) sont incarnés, ce n'est pas pour rien. Nous sommes esprit, mais nous sommes aussi âme, et corps. Comme nous sommes aussi personnage, et membre de communauté. L'objectif de notre existence étant d'illuminer le dernier de ces états par le premier, en illuminant au passage tous les degrés intermédiaires. Voilà comment je vois les choses "vu d'ici".
A propos de ce que dit Jésus : le problème est que vous formulez des phrases, lourdes de sens et de conséquences, qu'il ne formule pas. Je sais bien qu'on peut invoquer l'incapacité des hommes de son temps d'entendre quoi que ce soit de tel, et qu'il était obligé de se contenter d'ouvrir des pistes, mais c'est, encore une fois, l'évangile de Jean en entier qu'il faut considérer pour tenter de saisir chacune de ses parties.
Or, le préambule de Jean lui-même interdit la confusion pure et simple de la divinité du Christ avec la nôtre, si tant est qu'on puisse parler de "divinité" pour nous, créatures:
Jn1.14 Et le Verbe s'est fait chair et il a habité parmi nous et nous avons vu sa gloire, cette gloire que, Fils unique plein de grâce et de vérité, il tient du Père.
Jn1.18 Personne n'a jamais vu Dieu; Dieu Fils unique, qui est dans le sein du Père, nous l'a dévoilé.
Le Verbe de Dieu, qui vient du sein du Père, a habité parmi nous , et nous ne l'avons pas reconnu. il vient, c'est sûr, pour "illuminer tout homme", de lui nous recevons "grâce sur grâce" : mais, c'est Lui qui donne, et c'est nous qui recevons. Il y a là un mouvement, une source, qu'on ne peut pas ignorer dans le texte.
Jn3.13 Car nul n'est monté au ciel sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l'homme.
Jn5.25 En vérité, en vérité, je vous le dis, l'heure vient et maintenant elle est là où les morts entendront la voix du Fils de Dieu et ceux qui l'auront entendue vivront.
Jn6.40 Telle est en effet la volonté de mon Père: que quiconque voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle; et moi, je le ressusciterai au dernier jour».
Autant de passages qui montrent que Jésus se dit envoyé du Père, mais confié à une tâche qui le rend différent de nous, les hommes.
Jésus vient donc, c'est vrai, pour nous communiquer toute sa grâce, tout ce qu'il est.
Mais une chose le rend irrémédiablement différent de nous, c'est qu'il est, Lui, celui qui donne, de la part du divin, et que nous ne saurions accéder à quoi que ce soit sans Lui. Et c'est une différence fondamentale, qui est de l'ordre de l'acte Créateur.