Oh… Ne serait-il pas dommage de s’arrêter à un constat d’incohérences et d’incompatibilité ?
Merci cher Trinité pour votre attention continue au récit biblique de la création qui ne s’arrête pas, heureusement, à nos compréhensions immédiates.
La science humaine, dans toutes ses disciplines, nous fait découvrir toujours mieux ce qu’est et ce que fut la réalité terrestre.
Il me paraît vain de douter ou de contredire ce qui est raisonnablement démontré par la science moderne.
Mais, personnellement, je suis tellement convaincu de l’inspiration divine de l’Ecriture Sainte et du récit de la création en particulier que je lui attribue a priori tous les attributs de la vérité y compris sur le plan historique. Mais, cette vérité historique ne nous est révélée que dans des écrits d’hommes avec toutes les approximations et les autres caractéristiques historiques des hommes qui en ont été les auteurs humains.
Je suis convaincu qu’il faut exclure avec la même détermination toutes les contradictions injustifiées des connaissances scientifiques raisonnablement certaines. Refuser de comprendre un récit biblique en contradiction avec les connaissances scientifiques. Mais aussi refuser de contredire un récit biblique avec les connaissances scientifiques.
Lorsque je ressens une contradiction entre, d’une part, une interprétation ou une compréhension d’un texte biblique, et, d’autre part, une connaissance scientifique, c’est mon interprétation ou ma compréhension que je remets en cause mais non la connaissance scientifique qui me paraît établie.
Il me semble que l’enseignement de l’Eglise a toujours suivi cette orientation. Elle n’a jamais accepté une contradiction entre la foi et la raison ou la science. Mais, la science ne sait pas tout et l’étendue de ses connaissances est limitée par les réalités observables auxquelles elle a accès.
Ce que la science connaît du passé historique est évidemment très limité, mais l’Eglise a toujours respecté ce qu’elle nous prouve déjà.
Il en va de même des six « jours » de la création dont je pense que le récit primitif n’a pas été inventé par un scribe hébreu du dernier millénaire avec Jésus-Christ, ni par Moïse qui a pu le reprendre dans un écrit plus global du Pentateuque qui lui est attribué par la Tradition, mais a été, à de multiples reprises, écrit, copié, réécrit, traduit, tout au long d’une transmission orale, mais aussi écrite, ininterrompue.
Déjà du temps d’Abraham, dans le pays des Sumériens, la place de l’écrit était très importante et ce n’est pas par une conviction chronologique fantaisiste qu’un récit ancien a pu penser que les « plantes » du troisième jour précèdent la planète terre créée le quatrième jour, ou que la lumière du soleil aurait été créée le premier jour avant le soleil lui-même. Non, ils n’ont pas imaginé une photosynthèse sans soleil.
Soyons très prudents avec un récit qui, à défaut d’être dicté directement du ciel ou inventé par un scribe imaginatif, a dû faire l’objet, aux débuts de l’écriture, de premières versions imagées dont nous devons éviter les interprétations trop rapides à partir des concepts plus précis des traductions ultérieures.
Je ne vais pas reprendre ici les détails d’une possible lecture historique développée dans d’autre sujets et, notamment, des réflexions du 10 septembre 2009 dans le sujet intitulé « Interprétation de la Genèse » et du 31 décembre 2009 dans le sujet intitulé « La Bible et l’Univers » :
http://www.cite-catholique.org/viewtopi ... 8me#p94433
http://www.cite-catholique.org/viewtopi ... me#p108855
Ce ne sont que des hypothèses pour montrer que, même d’un strict point de vue scientifique, il ne faut pas affirmer trop vite des contradictions qui ne résultent pas du texte lui-même mais d’une manière de les comprendre.
Mais, en bref, dans les limites d’interprétation que permettent les connaissances scientifiques autant que l’enseignement de l’Eglise, je reçois a priori les jours de la Genèse en pensant :
Pour le premier jour, à la lumière que Saint Jean nous décrit au début de son évangile et non à la lumière du soleil ;
Pour le deuxième jour, à la distinction du monde spirituel (les eaux d’en haut) et du monde matériel (les eaux d’en bas) ;
Pour le troisième jour, à l’apparition de la vie biologique elle-même dans son principe (les végétaux de l’image du texte primitif ou du mot initial qui l’a traduite ne doivent pas être compris dans le sens restrictif des végétaux terrestres que nous connaissons) ;
Pour le quatrième jour, à l’apparition de notre univers dans lequel notre terre, créée pour l’humain dans lequel Dieu lui-même va s’incarner, est l’essentiel (même si elle n’est qu’un minuscule élément dans notre univers, parmi peut-être bien d’autres) ;
Pour le cinquième jour, à l’apparition des premiers êtres autonomes dans les eaux et dans les airs ;
Pour le sixième jour, à l’apparition des êtres autonomes sur la terre.
Dans cette compréhension, il n’y a rien de contraire à la science moderne.