OK. Nous sommes dans une impasse.
Nous sommes plusieurs à tenter de vous expliquer la foi catholique, et en particulier la notion de sacrement, qui n'est pas simple si on veut la comprendre en profondeur (ou si on veut se défaire de fausses idées que l'on a à son sujet).
Vous nous répondez en sous-entendant que vous connaissez déjà tout cela, et que nous n'avons rien compris au christianisme et aux écritures.
Je n'ai jamais eu l'intention de vous convertir, mais je pensais que vous désiriez comprendre.
Dans la mesure où vous savez déjà tout, il me semble inutile de continuer.
2 notes, quand même :
- oui, les textes proposés par Cinci sont "dans la droite ligne du concile de Trente". Pour des textes présentant la doctrine catholique, ça me semble quand même un minimum, le contraire serait plutôt inquiétant.
- pour essayer de répondre à votre texte présentant votre vision du baptême, j'ai commencé à reprendre ce qui est enseigné dans l'Eglise depuis... le départ. Je peux affirmer, et démontrer (comme bien des gens l'ont fait avant moi), textes à l'appui, que la doctrine de l'Eglise est constante, et que le concile de Trente n'a fait qu'en fournir une nième formulation, exprimée de manière répondant aux besoins et de l'époque. Autrement dit, ce n'est pas le concile de Trente qui déclare "les gens comme vous" anathèmes (ce sont vos mots, pas les miens) : vous l'étiez déjà, en réalité.
Par exemple, voici ce que le pape Etienne écrivait en 256 aux Eglises d'Orient :
Etienne, qui se vante de détenir par succession la chaire de Pierre, n'est animé d'aucun zèle contre les hérétiques, puisqu'il leur accorde un pouvoir de grâce non pas petit mais grand, de sorte qu'il dit et qu'il assure que par le sacrement du baptême ils effacent les souillures du vieil homme, qu'ils pardonnent les anciens péchés de mort, qu'ils font des fils de Dieu par la régénération céleste, et qu'ils renouvellent par la sanctification du bain divin en vue de la vie éternelle.
Et voici ce que statuait le concile d'Arles en 314 :
Can. 9 (8). A propos des Africains qui pratiquent une règle qui leur est propre, celle de rebaptiser, il a été décidé que si quelqu'un vient de l'hérésie à l'Eglise, on l'interroge sur le symbole, et que si on voit avec certitude qu'il a été baptisé dans le Père et le Fils et l'Esprit Saint, on lui impose seulement les mains pour qu'il reçoive l'Esprit Saint. Mais si, interrogé, il ne répond pas en proclamant cette Trinité qu'on le rebaptise.
Le baptême n'est pas qu'un peu d'eau sur le front, ni même un bon bain à la rivière. C'est oublier un peu vite l'onction, qui fait de chacun de nous un christ.
En 385, le pape Sirice écrivait à l'évêque de Tarragone en lui rappelant la nécessité du baptême pour le salut :
Sans vouloir cependant amoindrir le respect sacré qui s'attache à Pâques, Nous prescrivons d'administrer sans délai le baptême aux enfants qui, du fait de leur âge, ne peuvent pas encore parler, ou aux personnes qui se trouvent dans une nécessité quelconque de recevoir le saint baptême, de peur qu'il ne s'ensuive un détriment pour nos âmes si, par suite de notre refus de la fontaine du salut à ceux qui le désiraient, certains mourants venaient à perdre le Royaume et la vie. Quiconque de même se trouve menacé d'un naufrage, d'une invasion ennemie, ou de quelque maladie mortelle, qu'il soit admis, aussitôt qu'il le demande, au bénéfice de la régénération sollicitée. L'erreur jusqu'ici dans ce domaine doit suffire ; à présent que tous les prêtres s'en tiennent à la règle susdite, s'ils ne veulent pas être arrachés à la solidité du roc apostolique sur lequel le Christ a construit toute l'Eglise.
Pendant le concile de Chalcédoine en 458 (que je croyais accepté par la Réforme, je suppose que ça doit dépendre des mouvements réformés), les pères conciliaires exprimaient à l'évêque Nicétas :
Car ceux qui ont reçu le baptême d'hérétiques alors qu'auparavant ils n'avaient pas été baptisés, ne doivent être confirmés que par l'invocation de l'Esprit Saint et l'imposition des mains, car ils n'ont reçu que la forme du baptême sans la vertu de la sanctification. Et cette règle, comme vous le savez, nous prescrivons qu'elle doit être observée dans toutes les Eglises, à savoir que le bain une fois reçu ne doit être violé par aucune réitération puisque l'apôtre dit : " Un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême " Ep 4,5. Leur ablution ne doit être altérée par aucune réitération, mais, nous l'avons dit, seule la sanctification par l'Esprit Saint doit être invoquée, afin que ce que nul ne reçoit chez les hérétiques, on le reçoive des prêtres catholiques.
On le voit encore une fois : le baptême ne se limite pas à des ablutions rituelles.
Mais l'idée que le baptême ne serait qu'un peu d'eau, un rituel humain qu'on ferait parce que le Christ l'a ordonné, que l'on doit donc obéir, mais que c'est la foi qui sauve, et que le baptême ne serait donc qu'un "test" de cette foi, cette idée ne date pas de la réforme. Nombreux sont ceux qui ont pensé ainsi. Par exemple, le Concile de Rome, au 8e siècle, avait encore besoin (j'ignore face à quelle hérésie, il faut que je regarde) de rappeler :
Tous ceux qui disent que ceux qui sont renés de la source du très saint baptême en croyant au Père et au Fils et au Saint-Esprit, ne sont pas également lavés du péché originel, qu'ils soient anathèmes
On le voit clairement exprimé : le baptême est une renaissance, et il lave du péché originel.
Vous qui connaissez les écritures probablement mieux que moi, il devrait vous être facile de vérifier par vous-même que tout ceci correspond parfaitement à ce qui était enseigné par St Paul, St Pierre, et même par Jésus Lui-même.
Mais bon, vous avez déjà répondu à tout cela, n'est-ce pas ?
Gerardh a écrit :Les dons de l’Esprit sont distribués librement par le SE à tel ou tel, chrétien, qu’il soit ecclésiastique ou non, cela sans intervention humaine.
Si vous ne percevez l'Eglise que comme un groupe humain, évidemment, vous avez raison. C'est bien pour cela que je m'attendais à ce qu'on doive aussi parler de ce qu'est l'Eglise. Car l'Eglise, c'est beaucoup plus qu'un rassemblement d'hommes. Et un sacrement, c'est beaucoup plus qu'une "intervention humaine".
La Réforme, en choisissant de s'appuyer sur les seules écritures, et en se coupant de la tradition, a énoncé des théories qui s'oppose à ce qui a toujours été tenu pour vrai dans l'Eglise... et qui évidemment, s'appuie sur les mêmes écritures. C'est donc 1500 ans d'histoire que la Réforme considère comme nulle et non avenue.
En pleine semaine de prière pour l'unité des chrétiens, j'avoue que ça me fiche un coup. Je n'avais pas encore réalisé à quel point le fossé entre nous était grand.