Suliko a écrit :Pardonnez-moi si je ne comprends pas. Si j'étais mariée et que j'éprouvais de tels sentiments, je les réprimerais de toutes mes forces.
Et vous croyez que ce serait facile, sans heurt, sans souffrance ?
Suliko a écrit : Je ne peux pas vous dire si j'y arriverais, mais en tout cas, je suis persuadée que l'on ne peut pas être véritablement heureux en étant polyamoureux. Ce n'est même pas une certitude qui se base sur des arguments, mais plutôt sur une réflexion sur la nature humaine.
Ma réflexion sur la nature humaine me persuade du contraire. Vous savez, vous (vous tous) me faites une impression curieuse : c'est comme si je me rendais dans un magasin de fruits et légumes censé contenir tous les fruits et légumes de la Terre, et réputé pour cela, et que, m'adressant à une vendeuse pour lui demander tout simplement des pommes, elle me regarde, l'air choqué, en me disant :
"— Mais nous ne vendons pas de pommes ici, nous vendons tous les fruits et légumes, mais qu'est-ce qui vous fait croire que nous vendrions des pommes ?
— Ben, les pommes sont des fruits, c'est un fait très banal !
— Mais non non non, ce ne sont pas des fruits, voyons ! Où avez-vous déniché une idée pareille ?"
Puis, examinant une à une les caractéristiques de la pomme en les comparant avec les caractéristiques générales des fruits, je lui montrerais par A+B que la pomme est un fruit, et elle me répondrait : "Non non, ce n'est pas possible, ce n'est pas un fruit !"
Là c'est un peu pareil, vous avez, au sein de votre religion, tous les éléments pour comprendre le polyamour. Il suffit de les agencer logiquement. Et pourtant, vous persistez à voir cela d'un œil étonné et désapprobateur !
Je répète quels sont ces éléments :
1) L'amitié est une communion spirituelle
2) L'hylémorphisme est vrai : donc tout acte possède un aspect spirituel et un aspect corporel.
=> par conséquent, toute communion spirituelle doit s'incarner dans une communion corporelle et inversement.
3) Communier corporellement avec une personne du sexe opposé implique des relations "sexuées". => par conséquent, l'amitié avec une personne du sexe opposée implique des relations "sexuées".
Suliko a écrit : La différence est que la prostitution est une activité mauvaise, pour le client comme pour la prostituée.
Je ne suis pas convaincu, mais je ne vais pas lancer ici un sujet sur la prostitution.
Suliko a écrit :Ce n'est pas le cas de la fidélité au sein d'un mariage monogame.
Si par fidélité vous entendez exclusivité, alors je pense que si, c'est quelque chose de mauvais, ou en tout cas de moins bon que le polyamour, au moins pour certaines personnes. Mais je ne suis pas loin de penser qu'il y a une culture (assez récente somme toute si j'en crois Norbert Elias) de honte du corps et de la sexualité qui y est pour beaucoup dans la valorisation de l'exclusivité, mais que si ce voile culturel se déchirait, ce serait pour un plus grand épanouissement réel des gens.
Suliko a écrit : Et je ne parle pas là qu'en terme d'épanouissement personnel. En fait, ce qui peut nous paraître plus épanouissant sur le court terme ne l'est pas forcément. Il ne faut donc pas se fier sur de tels sentiments pour mener sa vie.
Je peux retourner cette remarque dans l'autre sens : ce n'est pas parce que la monogamie stricte peut paraître la plus épanouissante sur le court terme que c'est forcément le cas.
Suliko a écrit : Voici un article pour vous en convaincre :
polyamour.info/-C-/Ce-que-les-professionnels-en-psychologie-devraient-savoir/
Merci pour ce lien. J'ai lu cet article. Le problème, c'est que même si j'avais été convaincue par les arguments présentés,
Quelles sont vos objections aux études citées ?
Suliko a écrit : la chose la plus fondamentale est oubliée: Dieu. On n'y parle que d'épanouissement, de bonheur, mais c'est tout. Comprenez que cela ne peut me satisfaire, puisque je crois qu'il y a quelque chose de plus que cette vie terrestre si courte, que l'on ne peut mettre Dieu de côté comme cela, sans conséquences...
C'est un article de psychologie, pas de théologie. Ne mélangez pas les genres ! Il y a des polyamoureux chrétiens et très investis dans leur paroisse si vous voulez savoir.
Suliko a écrit :Bien évidemment. Cependant l'effort d'être fidèle a une raison bien précise.
Laquelle ? (je pars toujours du principe que vous dites "fidélité" pour dire "exclusivité", étant entendu que je suis favorable à la fidélité, mais que cette dernière n'implique pas nécessairement l'exclusivité, sauf s'il s'agit d'être fidèle à un engagement d'exclusivité, évidemment).
Suliko a écrit :Le polyamour n'étant jamais qu'une amitié intégrale, vous comprendrez que votre remarque tombe un peu à plat... Il est plus difficile de renoncer à avoir des amis qu'à en avoir. Oui, et alors ?
Je ne comprends pas cette notion d'amitié intégrale...On ne couche généralement pas avec ses amis, non?
Qui vous parle de coucher (= avoir des relations sexuelles) avec ses amis ? Je parle de tendresse physique, de se câliner, de se caresser, de se blottir, de s'embrasser, etc. avec ses amis.
Suliko a écrit :Moi je trouve plus généreux de ne pas s'interdire d'aimer plusieurs personnes.
Mais c'est que vous donnez au mot "aimer" une signification bien précise. Nul besoin de tromper pour aimer. Les plus grands saints n'aimaient-ils pas infiniment mieux que nous autres?
Il n'y a pas tromperie, si tous les intéressés sont informés et consentants. La tromperie, par définition, c'est quand on s'engage à X et qu'on fait non-X. Si je m'engage à coucher avec tout le monde mais que je ne couche finalement qu'avec une personne, c'est de la tromperie.