@Salésienne
Me viennent alors ces questions :
- quels sont les motifs reçus comme "valables" pour ne plus donner naissance à d'autres enfants ? Car, si le couple n'a aucun souci matériel ou financier, aucun problème de santé, et que la situation familiale (parents, beaux-parents) est acceptable, la femme peut donner naissance tous les 10 mois en moyenne !
Est-il acceptable de ne plus couloir concevoir, simplement par souci de l'intimité du couple et pour ne pas être des parents trop vieux pour nos enfants majeurs par la suite ?
Oui, oui, cent fois oui, ces motifs sont valables : tout simplement parce que la question n'est pas seulement "d'avoir" des enfants, le souci de l'Église n'est pas nataliste ni purement biologique ! Mais "avoir" des enfants, c'est en prendre la responsabilité - cela n'implique pas que la naissance, loin de là, ce n'est pas moi qui vais vous l'apprendre à vous, chez nous le premier n'est même pas encore né ! -,
mais avoir des enfants implique de le nourrir, implique son éducation, de vivre avec lui de telle sorte qu'il apprenne à connaître Dieu -
or tout cela nécessite du temps, de s'investir dans une relation, une relation à nourrir et entretenir chaque jour,
et tout cela limite forcément le nombre d'enfants.
En fait, je dirais que le nombre d'enfants que peut avoir un couple est limité un peu de la même sorte que le nombre d'unions qu'il peut se permettre est limité :
. parce qu'une réelle union entre les époux, pour être réellement une union non seulement des corps mais de l'âme, de l'intention, de l'attention, de l'esprit, de tout l'être, pour être tout cela nécessite forcément un état d'esprit favorable, reposé, dispos, du temps, de la préparation
forcément cela limite le nombre d'unions - et le diktat médiatique actuel du "le plus de relations sexuelles possibles le plus gratifiantes possibles" est une aberration qui ne peut amener que la frustration, l'épuisement, et des relations purement mécaniques ou de surface.
. de même, mais sur un autre plan, un enfant nécessite tant de préparation, de temps passé, d'attention, de souci, qu'on ne peut en multiplier le nombre à l'infini.
(qu'on ne s'abuse pas sur mon propos : je ne suis pas en train d'accuser les familles nombreuses d'indécence : j'illustre simplement le fait que 12 enfants, ce n'est pas pour tout le monde, qu'il n'y a pas de nombre d'enfants idéal parce que justement la question essentielle ça n'est
PAS le nombre)
Voilà pourquoi il est légitime d'espacer les naissances même si physiquement et financièrement on pourrait avoir des enfants plus souvent (quoique, physiquement, hein... ce n'est pas parce que l'utérus est prêt que le reste du corps suivrait et tiendrait le coup) : parce qu'il faut aussi prendre en compte le temps passé à éduquer les enfants déjà nés.
La question n'est donc pas du tout simplement "sommes nous physiquement et financièrement aptes à soutenir une nouvelle grossesse", mais "pouvons-nous accueillir et éduquer un enfant supplémentaire ?" (un peu de la même façon qu'à l'école on n'est pas censé remplir une classe du nombre d'élèves maximal qu'elle peut contenir : c'est d'abord de la capacité morale et intellectuelle de la maîtresse d'école ou du maître d'école qu'il faut tenir compte ! Sinon il va se suicider, le prof, si on lui donne une classe remplie à craquer...)
Voilà aussi pourquoi il est légitime de prendre en compte, comme vous le dites, la vie du couple : pouvoir continuer à se ménager des temps d'intimité, des moments à deux, du temps pour soi : si on ne le peut plus, alors on n'en pourra plus, le couple éclate, s'effondre, d'ailleurs chacun dans ce cas s'effondre de son côté, ce qui est encore pire, et ça n'aura servi à rien, dans ce cas, d'avoir des tonnes d'enfants puisqu'on n'aura rien pu en faire une fois la famille effondrée et implosée.
Mais il n'y a pas de liste de critères valables : c'est l'honnêteté, la droite raison, et aussi la confiance en Dieu, qui doivent guider le choix, qui reste de la responsabilité de chaque parent.
Voilà aussi pourquoi il est absurde de dire (comme on l'entend parfois) combien d'enfants on prévoit d'avoir (que ce soit pour dire "j'en aurais douze et ils auront le nom des apôtres" ou "houlàlà moi j'en aurais que trois") : parce que de tout cela on ne décide évidemment que cas par cas, au fur et à mesure, puisque la situation et les personnes évoluent et qu'on ne peut prévoir à 20 ans dans quel état et quelle situation on sera, plus tard, après 3 ou 10 naissances.
Si, à un moment donné, en prenant en compte toute la situation comme on vient de le décrire, on se rend compte que trois semble raisonnablement indépassable, et bien alors ce sera trois.
(le paradis ce n'est pas la CAF : ils n'abaissent pas les critères d'admission en fonction du nombre d'enfants)