@ Ren'
Assister à une messe défigurée par une liturgie débridée me paraît relever de l'héroïsme le plus pur. Si vous êtes plus endurant que moi, tant mieux pour vous. Mais je ne possède pas cette qualité, du moins pas dans le contexte liturgique. L'assistance à la messe n'a pas à être un exploit sportif ou une performance pénitentielle quelconques. Si on va à la messe dans cette idée, c'est peut-être qu'on se trompe sur la nature même de la messe.
Il y a une chose que vous négligez dans votre raisonnement. Relisez donc le message de Pati : dans n'importe quelle synagogue, on retrouve toujours le même office, à la virgule près, qui est donc célébré partout de la même façon. C'était ainsi dans l'Eglise catholique jusqu'à la réforme liturgique. Il y avait
unicité et
intemporalité. Et il est bien évident que dans de telles conditions, il n'y a aucune raison d'aller dans la paroisse voisine où le curé est plus sympa, ou dans telle autre où l'orgue joue mieux, ou encore dans je ne sais quelle communauté nouvelle. Chaque paroisse est une "nef", une "Barque de Pierre" en miniature, laquelle barque se duplique à l'infini à travers toutes les paroisses existantes. Mais depuis la réforme liturgique, que se passe-t-il : on laisse libre cours à l'improvisation la plus totale, on casse l'unité de l'Eglise, et surtout on rompt le lien avec la tradition. Chaque paroisse n'est plus une duplication de la barque de Pierre, mais plutôt une salle des fêtes dédiée à l'originalité de ses organisateurs. Mais on ne va pas à la messe pour célébrer l'inventivité et l'originalité des divers participants. L'attitude de consommateur commence donc avec cette réforme liturgique qui donne licence absolue aux équipes d'animation liturgique qui font exactement comme il leur plaît, selon leur goût et leur fantaisie, et se servent de la messe pour célébrer leur petite personne. Et il faudrait en passer par là pour arriver à Dieu, il faudrait adorer des créatures, le veau d'or, et adorer Dieu en même temps ? Beaucoup s'en sentent incapables, parce qu'il y a là-dedans un gros HIC qui gêne l'âme, laquelle flaire quelque chose d'anormal, une véritable anomalie quasi insupportable. Ce n'est pas un simple caprice qui conduit ces fidèles à s'expatrier, à FUIR ! C'est une vraie impossibilité spirituelle, qui interdit au plus profond de son âme de s'associer à ce qui ne semble être qu'un culte rendu aux idoles. Le retournement de l'autel est à lui seul tout un symbole.
Quant aux retraites spirituelles, elles ne servent pas à se "soulager" des insuffisances de la messe réformée. Si l'on est dans cette idée, il me semble qu'il y a quelque chose de grave qui cloche au plan spirituel.
Enfin, j'ai l'impression que vous faites une grande confusion quant au champ d'application des préceptes évangéliques. "Reconcilie-toi avec tes frères", et "Aimez vos ennemis", cela se rapporte à notre vie de tous les jours, ainsi qu'à notre prière personnelle, à notre vie chrétienne au sens large. Si l'on se rend dans une messe "barbare" qui nous choque et nous scandalise dans la seule idée de nous "réconcilier" avec nos "ennemis" (savoir les gens qui assistent à ce type de messe), c'est encore une fois que l'on se trompe sur la nature de cette célébration, ainsi que sur la nature de la réconciliation (qui peut avoir lieu n'importe où n'importe quand, lorsqu'il s'agit de pardonner dans son coeur pour les offenses reçues). D'ailleurs, quel que soit le type de messe à laquelle on se rend, on trouve toujours des "inopportuns" qui nous agacent sur le moment, donc toute messe est, de toute façon, l'occasion d'une réconciliation, alors pourquoi en rajouter en s'imposant en plus tout le tralala infernal dont est capable la liturgie réformée ? Le ressourcement dont vous parliez n'a pas lieu seulement lors des retraites spirituelles, mais il doit surtout avoir lieu à travers toute notre vie sacramentelle. C'est précisément lors de la messe et de la prière que l'on s'extrait du monde pour retrouver la présence du Christ, lequel nous donne la force nécessaire d'aller ensuite vers nos frères et éventuellement nos ennemis qui sont dans le monde. Les dernières paroles de la messe en portent tout le sens : "Allez". Par ces mots, le fidèle est envoyé en mission dans le monde au nom du Christ.
Voilà une autre habile tentative pour se déculpabiliser à peu de frais... Transformer les personnes abandonnées en coupables grâce à une généralisation abusive !
Si vous ne voyez pas ce que cette façon de présenter les choses a de choquant, je vous plains.
J'aimerais simplement que m'expliquiez très précisément en quoi j'abandonne ces personnes. J'avoue que je ne saisis pas bien la pertinence du raisonnement, lequel m'évoque ces tyrans qui veulent vous contraindre à subir leurs caprices, menaçant de vous accuser d'abandon en cas de refus. Etre chrétien, ce n'est pas obéir à des chantages, me semble-t-il. Faire le jeu des pathologies n'apporte en rien la guérison. Le chrétien n'est pas quelqu'un qui se laisse bouffer ! Il doit avant tout être un témoin de la vérité. Je ne sais plus quel est cette sainte, veuve, qui n'hésita pas à enjamber le corps de son fils pour entrer au couvent. Ce fils qui ne pouvait pas se séparer de sa mère, s'était étalé à terre sur le passage de sa mère, la mettant au défi de lui passer sur le corps. Mais la sainte n'a pas tenu compte de ce chantage idiot, et passa outre.
Ne confondez-vous pas entre vraie et fausse charité ?