philémon.siclone a écrit :Ce que je conteste, c’est le fait de faire remonter cette « nation » à la Belgique antique, ce qui me semble complètement farfelu.
C'est pourtant dans l'Antiquité que naît le concept de nation ("natio" en latin).
La "natio" antique me paraît vraiment très éloignée de la nation moderne. Il ne faut pas oublier que le même mot signifiait également "naissance". La "natio" est le lieu d'où l'on est "natif". Autrement dit, la nation antique est simplement une ville, une cité, à une époque où l'entité politique est justement la cité. Rome est une cité-état, à l'origine, cité qui finira par dominer sur d'autres cités. D'autres empires antiques avaient été aussi à l'origine des cités-états. On n'est donc pas dans le concept moderne de la nation en tant que pays rassemblant une multitudes de cités et des régions diverses à l'intérieur d'un même espace géographique fermé par une frontière.
Anima nostra sicut passer erepta est de laqueo venantium
Laqueus contritus est, et nos liberati sumus
Notre âme s'est échappée comme un passerau du filet de l'oiseleur,
Le filet s'est rompu, et nous avons été délivrés.
Ps. 123
Hors c'est là sans doute quelque chose de souhaitable et de souhaité pour les thuriféraires du mondialisme et leurs laquais européistes, mais certainement pas pour les vieilles nations européennes.
... ummm ... mais les thuriféraires du mondialisme n'étaient pas tellement en faveur du démembrement de la Yougoslavie à la fin des annés quatre-vingt-dix, comme je pourrais difficilement voir comment des commissaires européens à Bruxelles seraient en faveur aussi du démembrement de la Belgique. Multiplier les frontières ne me sembleraient pas un avantage pour les laquais européistes. Les laquais aimeraient mieux aucune véritable frontière idéalement. Ils voudraient que ''la Belgique'' soit tout le continent européen, de l'Atlantique à l'Oural. Mais c'est vrai que certaines vieilles nations européennes pourraient faire dérailler le plan théoriquement. C'est un peu pour cela sans doute si le nationalisme a si mauvaise presse en France depuis des années.
En fait, les anciens nationalismes sont diabolisés (celui de 1792, celui de Charles de Gaulle, la franchouillardise au chanteur Sardou « au pilori ! ») Et vive le nouveau qui est plus vert ! Par contre, le nationalisme de Bisdent ne va pas ni contre la marche des commissaires ni contre ce que l'Église trouverait correcte. Nul n'est contre le maintien de la Belgique dans l'opinion, et puis celle des laquais européistes aussi; non mais si vous voulez.
Les mondialistes, les laquais de la banque et autres amateurs de gros machins, en Amérique, ils seraient tous en défaveur d'un démembrement du Canada par exemple.
[...]
- Bisdent, recevez l'onction au nom d'une Europe-Unie.
Les seuls Belges s'exprimant principalement en français et les seuls Belges s'exprimant principalement en flamand que je connaisse qui ne s'entendent pas sur des questions communautaires sont des politiciens.
Merci pour l'info. C'est bon à savoir. Quand on ne se trouve pas sur place il est difficile des fois d'avoir une appréciation juste de la situation réelle sur le terrain. Il reste quand même étonnant, Bisdent, qu'un parti politique qu'on dirait être ''nationaliste flammand'' puisse en arriver à pouvoir causer autant d'obstruction dans la vie politique du pays, tenant compte d'une relation pas si mauvaise somme toute entre les Belges.
Est-ce dû au mode de fonctionnement du parlementarisme en Belgique ? le fractionnement des partis ?
Qu'est-ce qui distingue réellement la partie wallonne de la partie flammande en Belgique ? la géographie ?
Faudrait nous dire d'où vient cette différence de langues parlées en Belgique. Il serait intéressant de savoir depuis quand une partie des Belges auront le Français comme langue maternelle, la contexture qui aura fait en sorte que le Français soit devenu comme la langue indigène sur place mais non pas partout de tout évidence. C'est comme si une partie du territoire belge actuel avait dû être sous le coup du rayonnement d'une puissance française voisine, et sur une période de temps suffisamment longue. C'est par contact entre les populations, ou bien c'est l'élite en Belgique qui se sera mise spontanément au Français un moment donné, et qui ensuite aura imposé cette langue d'une certaine manière (?)
philémon.siclone a écrit :Autrement dit, la nation antique est simplement une ville, une cité, à une époque où l'entité politique est justement la cité.
Non. Dans l'exemple que je vous cite, la "natio" des Bataves n'est ni une ville, ni une cité. C'est une tribu qui préexiste à l'arrivée des Romains et qui n'existe plus par après dans les structures impériales, mais dont le nom continue à être employé par la population de base. Ce que je vous dit des bataves pourrait être développé également pour les Ubiens (existe avant l'arrivée des Romains ; ceux-ci créent à cet endroit une nouvelle cité, la Colonia Claudia Ara Agrippinensis ; les Ubiens n'existent plus dans les structures administratives impériales, mais les ressortissants de l'ancienne tribu des Ubiens continueront à se réclamer de la "natio" ubienne pendant plus de 3 siècles. Il n'y a pas besoin de cadre étatique indépendant pour que la population de base se revendique d'une nation (qui a forcément un lien avec la naissance, mais pas avec la cité au sens romain du terme) au sens large.
Bisdent
Je maintiendrai l'honneur, la foy, la loi de Dieu, du Roy, de mes amis et moy.
Bonjour Bisdent.
Donc la majorité des Belges sont contre un démantèlement de leur pays.
Pourquoi ne pas faire une votation populaire? Vous seriez fixé.
-Heureux êtes-vous quand on vous insultera, qu'on vous persécutera, et qu'on dira faussement contre vous toute sorte d'infamie à cause de moi.
-Soyez dans la joie et l'allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux : c'est bien ainsi qu'on a persécuté les prophètes, vos devanciers.
(Mt 5:11et12)
Sincèrement: bon courage, Bisdent, car votre interlocuteur ne va pas cesser de vous renvoyer la balle, c'est sa méthode...
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
En tant qu'enseignant, j'ai l'habitude de ce genre de choses...
Sinon, pour répondre à Unsimplehomme, le référundum n'est pas prévu dans la loi en Belgique. Il reste toutefois la possibilité d'une consultation populaire. Ca ne n'est passé qu'au moment de la Question Royale, au début des années 50, quand on a posé la question de savoir si les Belges étaient favorables ou non au retour du Roi Léopold III, en exil depuis la fin de la guerre, la régence étant assurée pendant ce temps par son frère le Prince Charles. Cette consultation populaire ayant donné lieu à des prémisses de guerre civile, et à des combats de rue entre proléopoldistes et antiléopoldistes plus aucune autre consultation populaire n'a jamais été proposée en Belgique.
Mais sinon, sans en arriver à un référundum ou à une consultation populaire, la presse lance régulièrement de petits sondages à deux sous : "Etes-vous pour ou contre le maintien de la Belgique unitaire". Tous les sondages présentent toujours une large majorité de personnes attachées à l'unité de leur pays et contre toute forme de séparatisme.
Il ne faudrait pas croire que tous les gens qui ont voté pour la NVA (indépendantistes flamands), souhaitent la fin de la Belgique. Pourtant c'est bien dans le programme de ce parti, le premier de Flandre en importance. Pour vous donner un exemple parlant, le comte d'Udekem d'Acoz, l'oncle de la princesse Mathilde, épouse de l'héritier du trône, avoue ses sympathie pour la NVA, alors que ce parti est ouvertement antiroyaliste, antibelge, antinoble, etc. Mais c'est sur d'autres points du programme que le comte a été séduit... Malheureusement, ils sont nombreux ceux qui ne souhaitent pas la fin de la Belgique à avoir contribué au renforcement des séparatistes, car ils avaient l'avantage d'avoir un programme assez exhaustif et parlant pour la majorité de la population.
Bisdent
Je maintiendrai l'honneur, la foy, la loi de Dieu, du Roy, de mes amis et moy.
Pourtant c'est bien dans le programme de ce parti, le premier de Flandre en importance
Ce n'est pas l'impression qu'on aurait pu retirer d'un précédent vidéo. Néanmoins, le parti est premier en importance en fait. Mais l'article de la sécession dans le programme n'est peut-être pas capital. Ou alors l'article n'est pas tellement pris au sérieux par de nombreux Belges qui vont appuyer le mouvement pour diverses raisons pas nécéssairement liées.
philémon.siclone a écrit :Autrement dit, la nation antique est simplement une ville, une cité, à une époque où l'entité politique est justement la cité.
Non. Dans l'exemple que je vous cite, la "natio" des Bataves n'est ni une ville, ni une cité. C'est une tribu qui préexiste à l'arrivée des Romains et qui n'existe plus par après dans les structures impériales, mais dont le nom continue à être employé par la population de base. Ce que je vous dit des bataves pourrait être développé également pour les Ubiens (existe avant l'arrivée des Romains ; ceux-ci créent à cet endroit une nouvelle cité, la Colonia Claudia Ara Agrippinensis ; les Ubiens n'existent plus dans les structures administratives impériales, mais les ressortissants de l'ancienne tribu des Ubiens continueront à se réclamer de la "natio" ubienne pendant plus de 3 siècles. Il n'y a pas besoin de cadre étatique indépendant pour que la population de base se revendique d'une nation (qui a forcément un lien avec la naissance, mais pas avec la cité au sens romain du terme) au sens large.
Et où vivait cette tribu ? Dans les arbres ? Pas de cité sans tribu, et pas de tribu sans cité. A la limite, dans le cas d'une tribu nomade, la notion de cité peut s'appliquer à la tribu elle-même. La notion de cité est abstraite, elle ne renvoie pas nécessairement à des murs en dur et à des maisons en pierre. La cité est d'abord la réunion des citoyens. Le camp des Hébreux durant leur traversée au désert, avec ses différents quartiers très organisés, son Temple sous la tente, forme une cité à part entière. La cité se confond avec la nation.
Au reste, le phénomène que vous décrivez s'est produit de partout, pas seulement en Belgique. Par ex., au sujet de Paris, les récentes découvertes faites à Nanterre laissent penser que la ville principale des Parisii était précisément Nanterre (où l'on a retrouvé les ateliers monétaires gaulois d'avant la conquête romaine, et les restes d'une grosse cité administrative), et non Lutèce qui n'était qu'une bourgade (où l'on n'a jamais retrouvé de vestiges antérieurs à la Guerre des Gaules). Les Romains installent ensuite leur camp à Lutèce, où il n'y avait rien, qui devient progressivement la nouvelle ville principale possédant les organes administratifs, et les édifices publics. Et comme l'illustre l'histoire de ste Genneviève, Nanterre est restée une ville importante encore pendant longtemps, et cette même histoire semble également illustrer une migration progressive vers la nouvelle ville des Parisii.
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Ps. 123
philémon.siclone a écrit :Autrement dit, la nation antique est simplement une ville, une cité, à une époque où l'entité politique est justement la cité.
Non. Dans l'exemple que je vous cite, la "natio" des Bataves n'est ni une ville, ni une cité. C'est une tribu qui préexiste à l'arrivée des Romains et qui n'existe plus par après dans les structures impériales, mais dont le nom continue à être employé par la population de base. Ce que je vous dit des bataves pourrait être développé également pour les Ubiens (existe avant l'arrivée des Romains ; ceux-ci créent à cet endroit une nouvelle cité, la Colonia Claudia Ara Agrippinensis ; les Ubiens n'existent plus dans les structures administratives impériales, mais les ressortissants de l'ancienne tribu des Ubiens continueront à se réclamer de la "natio" ubienne pendant plus de 3 siècles. Il n'y a pas besoin de cadre étatique indépendant pour que la population de base se revendique d'une nation (qui a forcément un lien avec la naissance, mais pas avec la cité au sens romain du terme) au sens large.
D'après les anthropologues, une "ethnie" rassemble un peuple qui partage la même langue, la même religion, la même culture (j'ai découvert ça en m'intéressant au Rwanda, où Tutsi et Hutu appartiennent à la même ethnie, contrairement à ce qu'on croit, puisqu'ils ne diffèrent ni par la langue, ni par la religion, ni par la culture). Donc, dans le cas des anciens Gaulois (qu'ils soient celtes, belges ou aquitains), l'ethnie (qui est une notion très moderne) est beaucoup plus large que la "natio" (attention, je ne dis pas que tous les Gaulois d'alors forment une seule et même ethnie, puisque justement les Belges parlaient une autre langue, etc.). La "natio" comme l'entendent les Romains, c'est simplement le patelin local, quoi, la tribu du coin, avec son roitelet, ses faubourgs, « ses hameaux, ses lieux-dits, ses cités, avec leurs châteaux forts, leurs églises, leurs plages, qui n'ont qu'un seul point faible et c'est être habités par des gens qui regardent le reste avec mépris du haut de leurs remparts, la race des chauvins, des porteurs de cocardes, les imbéciles heureux qui sont nés quelque part, empalés une fois pour toutes sur leur clocher, qui vous montrent leurs tours, leurs musées, leur mairie, vous font voir du pays natal jusqu'à loucher, qu'ils sortent de Paris ou de Rome ou de Sète, ou du diable vauvert ou de Zanzibar, ou même de Montcuq il s'en flattent mazette, les imbéciles heureux qui sont nés quelque pas. C'est pas un lieu commun, celui de leur naissance, ils plaignent de tout cœur les pauvres malchanceux, les petits maladroits qui n'eurent pas la présence d'esprit de voir le jour chez eux, et quand sonne le tocsin sur leur bonheur précaire, contre les étrangers tous plus ou moins barbares, ils sortent de leur trou pour mourir à la guerre, les imbéciles heureux qui sont nés quelque part. » Je n’irai pas jusqu’au dernier couplet, mais voilà en gros, à mon avis, ce qu’était la « natio » vue par le promeneur romain visitant ces contrées gauloises (celtes, belges et aquitains) peuplées de pèquenots et autres cul-terreux [ Inutile | Cordialement, Cgs ]. Et moi, je dis : vive Jules qui nous a apporté la civilisation et le latin. C’est juste mon point de vue et mon sentiment, on peut ne pas être d’accord. Pas la peine de m’insulter.
Et il y a une dose de provoc' et de décalage dans ce que je viens de dire (je dis ça pour ceux qui prennent la mouche pour un rien). N'y voyez pas un quelconque mépris à l'égard de "nozancêtres les gaulois !" J'expose simplement ce que j'imagine être le sentiment du Romain de l'époque.
Dernière modification par philémon.siclone le mer. 08 sept. 2010, 23:44, modifié 1 fois.
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Ps. 123
Bah faudrait savoir : un coup vous parlez de la "nation belge" dans l'antiquité, réunissant tous les peuples entre Rhin et Seine, un autre coup vous dites que la nation se réduit à la tribu, comme les Bataves, les Rèmes, etc. Faudrait choisir. Ou c'est l'un ou c'est l'autre.
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Le filet s'est rompu, et nous avons été délivrés.
Ps. 123
Vous qui aimez vous mettre à la place du Romain, je vous répète ce qu'ils écrivent : natio Belgarum, natio Batavorum, natio etc. Si ce qu'écrivent les Romains ne correspond pas à votre vision de la natio, ne jetez pas la pierre aux Romains.
Bisdent
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