Re: Saints dominicains
Publié : dim. 04 sept. 2011, 22:57
24 août Servante de Dieu Francisca del Espiritu-Santo Fuentes, née en 1647 à Manille (Philippines), + 24 août 1711 à Manille.
Francisca, fille de Don Simon de Fuentes, Espagnol, et de Doña Ana Maria del Castillo y Tamayo, métisse espagnole de Manille, reçut une bonne éducation et épousa un gentilhomme qui mourut peu après. Elle se consacra alors à la prière et au service des pauvres et des malades de la ville. Dans une vision, elle vit saint François et saint Dominique et se prosterna devant saint Dominique. Elle devint donc tertiaire dominicaine en 1682 sous le nom de Francisca de l’Esprit Saint. En 1686, Francisca, María Ana de Fuentes (sa soeur), Antonia de Jesús Esquerra et Sebastiana Salcedo demandèrent l’autorisation de vivre ensemble une vie de prière et de pratique des vertus, tout en continuant leur apostolat social. Le Maître général de l’Ordre approuva leur requête en janvier 1688, mais le directeur du Tiers Ordre, Fr. Juan de Santa María, qui leur était favorable, fut nommé ailleurs, et à sa place fut nommé Fr. Juan de Santo Domingo, qui était contre et le projet fut laissé de côté. Francisca et ses compagnes furent profondément effrayées, mais Sebastiana prophétisa qu’elle et Antonia ne vivraient pas assez pour le voir, mais que le Beaterio serait réalisé. Peu à peu Francisca mûrit spirituellement, et son désir de servir le prochain ne cessait de grandir. Son désir de réaliser le Beaterio grandissait aussi, au point qu’un jour après la confession, elle aborda encore le sujet avec le Frère Juan. Il lui reprocha son impatience mais bravement elle lui dit : “ Père prieur, le Beaterio sera établi, et Votre Révérence le verra”. Il devint alors un puissant supporter du projet. Sous sa direction, Mère Francisca et ses compagnes vécurent d’abord dans la maison de Mère Antonia de Esguerra qui était morte. En 1696, le Beaterio Sainte Catherine de Sienne fut formellement établi avec Fr. Juan de Santo Domingo, alors Provincial, président, et Mère Francisca prieure. Les autres sœurs étaient Mère Maria et Mère Rosa de Santa Maria. Mais en 1703, l’archevêque de Manille voulut mettre le Beaterio sous sa juridiction : conflit, il excommunie Francisca et met les autres soeurs sous interdit. Pour éviter le scandale, les soeurs enlevèrent leur habit et avec l’aide du gouverneur général et des frères dominicains, elles partirent deux ans en « exil » au collège Sainte Potentienne. Francisca souffrit le plus parmi ces épreuves, mais avec courage elles espéraient le jour de la victoire. Vu que l’opposition au Beaterio était en partie une question d’argent, une importante aide vint d’un tertiaire dominicain, Don Juan de Escaño y Cordova, qui en 1704 assura aux béates un revenu annuel de 2000 pesos (somme considérable) par l’intermédiaire de la Province. Le moment du triomphe arriva en 1706 quand après des négociations, leur adversaire l’archevêque Camacho changea de coeur et manifesta de la sympathie aux béates. Avec l’aide du gouverneur général et des dominicains, Mère Francisca et sa soeur revinrent à leur maison d’origine, ayant repris l’habit et la règle. L’autorisation de l’archevêque est datée du 26 mars 1706. Il y avait à cette époque 15 soeurs espagnoles, dont 1 novice, et aussi des sœurs converses et une postulante. La même année, le Beaterio ouvrit un collège qui admettait des Espagnoles, des métisses et des indigènes, leur apprenant religion, lire, écrire, arithmétique, musique, broderie, art des fleurs etc. La grande épreuve étant passée, Francisca continua avec ardeur sa poursuite de la perfection spirituelle, pour elle et ses filles. En brave et forte femme, elle gouverna le Beaterio avec prudence et fidélité à la Règle, faisant de l’eucharistie le centre de la vie spirituelle de la communauté. Le Beaterio n’ayant pas de chapelle avec le Saint Sacrement, elle dut demander aux frères du collège Saint Jean de Latran de construire un corridor reliant le Beaterio à leur chapelle. Épuisée par les mortifications et les travaux, elle tomba malade et souffrit avec résignation et humilité pendant des mois, édifiant chacun. Elle mourut, laissant comme vivant témoignage de son amour de Dieu et du prochain le Beaterio Santa Catalina de Siena, qui est maintenant la Congrégation des soeurs dominicaines de Sainte Catherine de Sienne. Elle fut enterrée dans la chapelle Saint Jean de Latran. Béatification en cours.
25 août Pedro Vásquez, dominicain espagnol, et ses compagnons, martyrs à Shinbara au Japon en 1624. Ils furent brûlés vifs pour la foi du Christ.
25 août Bx Vicente Álvarez Cienfuegos (Villamejín, Asturies, 29 avril 1863 –Madrid 25 août 1936). Son frère José fut aussi dominicain. Il commença ses études au couvent de Corias (Cangas del Narcea, Asturies), ordonné prêtre à Oviedo le 18 septembre 1866. Il enseigna la philosophie et la théologie à Corias, organisa la résidence de dominicains à Cádiz, puis fut professeur à Salamanque. En 1900 il revint à Oviedo pour se remettre d’une maladie. Sa vocation littéraire commence à donner des fruits et il commence à être reconnu pour ses œuvres poétiques publiées dans des revues religieuses. Auteur de : Le saint rosaire et ses indulgences (1902); la brochure Bref compendium des principaux devoirs, privilèges et indulgences de la V.O.T. de Saint Dominique, et Patronato de vocaciones dominicas (1915).
Le 18 juillet 1936 éclate la Guerre civile, le 22 août il est arrêté et emmené à la tchéca de la rue Montesquinza (Madrid), il meurt martyr.
Béatifié en 2007, avec 497 autres martyrs espagnols du 20ème siècle.
Bx Luis Urbano Lanaspa (Saragosse 3 juin 1882- Valence 25 août 1936).
Il entra au petit séminaire à 14 ans, prit l'habit dominicain à 16 ans à Padron (La Corogne), puis étudia dans les couvents de Corias (Asturies) et de Salamanque. Il fut ordonné prêtre en 1906 et fit un doctorat de physique à Madrid. C'était un homme de science qui aimait l'observation et la spéculation intellectuelle alliées au sens des réalités de son époque, elles-mêmes éclairées par la doctrine catholique. En 1912, pour restaurer la province dominicaine d'Aragon (après les lois anti-religieuses du tournant du siècle), il s'établit à Valence. Il y déploya ses qualités de prêcheur, de professeur, de directeur de conscience et de promoteur d'oeuvres sociales tout en collaborant à des revues scientifiques. En tant qu'orateur du légat pontifical, il fit un long voyage au Chili, au Pérou et en Équateur, à l'issue duquel il reçut le titre de prêcheur général de l' Ordre dominicain. Il reçut aussi le titre de prêcheur du roi. Il fonda le Collège Saint-Joachim et la polyclinique Saint-Vincent-Ferrer. Il était conscient de l'urgence des problèmes sociaux en Espagne et du péril socialiste. En même temps il forma de brillantes générations de jeunes Dominicains.
Le 19 juin 1936 au début de la guerre, comme ses confrères il dut abandonner son couvent et il se réfugia dans une famille amie. Le 23 juin, les autorités républicaines qui avaient eu connaissance de sa situation le consignèrent à demeure en attendant un avis de détention. Il se résigna et se confia au Seigneur. On vint le chercher au matin du 25 août et il fut fusillé dans la soirée. Sa dépouille repose depuis 1942 dans la basilique Saint-Vincent-Ferrer à Valence. Béatifié en 2001.
26 août Bx Jacques de Bevagna (Giacomo Bianconi), Bevagna (Ombrie) 7 mars 1220 - † id. 15 août 1301. Sa naissance fut, selon la tradition, accompagnée de signes : trois étoiles apparurent dans le ciel, dont chacune avait la forme d’un dominicain. Elles brillèrent toute la nuit et le matin de sa naissance. Ce matin-là, des enfants criaient en voyant ces étoiles: « Allons à l’école, allons à l’école, car les maîtres sont déjà nés ». Effectivement, trois saints et savants dominicains naquirent à cette époque : Jacques, Ambroise Sansedoni, et Thomas d’Aquin. Il entre à 16 ans chez les dominicains de Spolète. Sa solide formation théologique fit de lui un théologien hautement capable, qui s’opposa aux nicolaïtes en Ombrie et y fit disparaître cette hérésie. On dit que comme il priait devant un crucifix, il fut arrosé de sang et il lui fut dit : Ce sang doit être pour toi le signe du salut. Il fonda alors à Bevagna un couvent dominicain dont il fut le premier prieur, et montra l’exemple de la pénitence et de la foi zélée. Il composa le Miroir de l’humanité de Jésus et le Miroir des pécheurs ou le Jugement dernier sur tous. À l’approche de la mort, il demanda à ses frères de l’eau fraîche, la changea en vin et mourut en laissant ses frères surpris et joyeux. Culte confirmé en 1672.
27 août quatre tertiaires dominicains martyrs au Japon en 1624 :
Bx François Kurobioye de Tchicoungo, catéchiste ;
Bx Caius de Corée (Caïus Jiyémon). Ancien bonze coréen, il se convertit et s'enfuit au Japon, où, devenu tertiaire dominicain et catéchiste, il aida les frères de l'Ordre. Il mourut martyr à Nagasaki, brûlé vif pour avoir confessé le Christ ;
Bses Madeleine Kiyota et Françoise ;
on décapita aussi les enfants de ces martyrs, âgés de 3 à 25 ans, mais ils ne sont pas béatifiés.
27 août Bx Pedro Ibañez Alonso (né le 27 avril 1892, à Fuentes de Nava, Palencia, + le 27 août 1936, à Madrid) et José María López Carrillo (né le 14 février 1892, à Alcalá la Real, Jaén, + le 27 août 1936, à Madrid), martyrs, béatifiés en 2007.
29 août Bx Constantino Fernández Álvarez (La Vecilla, 7 février 1907 - Cuart de Poblet, 29 août 1936 ) et Francisco Monzón Romeo (né 1912- Hijar, Teruel, 1936), martyrs, béatifiés en 2001.
30 août João Vicente, dit Maître Jean (Lisbonne 1380 – Viseu 30 août 1463), évêque de Lamego et Viseu, fondateur de la Congrégation des chanoines séculiers de saint Jean l’Évangéliste. Il étudie la médecine à Lisbonne, le droit à Bologne; il enseigna à l’université de Lisbonne pendant 7 ans. Il fut aussi le plus grand médecin du royaume, nommé par le roi Édouard 1er de Portugal. Homme de confiance du roi, il accompagne en Flandres l’infante Isabel, fille de Joan 1er, qui devait se marier avec le duc de Bourgogne Philippe le Bon. Il réforme l’Ordre Orde de Crist et en fut visiteur, à l’instance de l'infant Enric, duc de Viseu.
Il entre au couvent dominicain de Benfica. À Lisbonne, avec Martim Lourenço et Afonso Nogueira, il pose en 1420 les bases pour former une nouvelle communauté de chanoines, pour remédier à la dégradation morale et sociale du clergé et de la société de l’époque. L'habit bleu des chanoines fit que l’évêque fondateur fut appelé « l’évêque bleu ».
Il fut nommé évêque de Lamego le 7 mai 1432 et, entre 1446 et 1463, évêque de Viseu, où il mourut en réputation de sainteté et fut enseveli dans la cathédrale
30 août Bx Nicasio Romo Rubio, né en 1891, martyr en 1936, béatifié en 2007.
31 août Vble Kolumba (Elisabeth Franziska) Weigl, Munich 8 mars 1713, † Griesstätt (Bavière) 31 août 1783.
Deuxième enfant d’un distillateur de Munich (Franz Paul Weigl, appelé à Munich le « père des pauvres »), dès l’enfance elle a des visions. À l’âge d’1 an, elle perd sa mère Ursula, elle est élevée par une servante pieuse et de 7 à 14 ans par les demoiselles anglaises. À 15 ans elle perd aussi son père, vécut quelques années dans la famille du secrétaire de l’hôpital du Saint Esprit, Johann Paul Beck. Comme c’était une riche héritière, elle eut des prétendants, mais elle décide d’entrer chez les dominicaines d’Altenhohenau près de Griesstätt, où sa tante est moniale. Elle prend l’habit à 17 ans en août 1730, sous le nom de sœur Kolumba. Vers la fin de son noviciat, à la fête de l’Exaltation de la Croix 1731, elle reçoit les stigmates. Elle mène une vie d’humilité, de prière, de sacrifice et de pénitence. Elle participe aux souffrances du Crucifié, elle a d’innombrables visions de la vie de Jésus et un attrait particulier pour son ange gardien. Certains de ses contemporains avaient des doutes sur l’authenticité de ses expériences mystiques. Critiquée par ses sœurs, soupçonnée d’être menteuse et sorcière, elle fut aussi traitée sévèrement par les supérieurs de l’Ordre et par ses confesseurs. En 1745 eut lieu une enquête sur sa plaie du côté, qui fut reconnue véritable. Une expertise théologique confirma cela en 1770. En 1774 elle est élue prieure pour trois ans. Après sa mort elle est enterrée dans la chapelle du monastère. Son culte commença rapidement (ex-votos de 1791). Même après la sécularisation du monastère et la fermeture de l’église, son souvenir resta vivant. En 1925 Faulhaber cardinal archevêque de Munich dit que l’église du monastère est "encore inondée par les vertus de la bienheureuse Kolumba". Depuis 1923 il y a de nouveau des dominicaines dans le monastère. Attributs : la croix avec les cinq plaies du Christ. http://www.heiligenlexikon.de/Stadler/K ... Weigl.html
31 août Bx Miguel Menéndez García, José María Palacio Montes, Isidro Ordoñez Díez, prêtres; Pedro Vega Ponce et Cristóbal Iturriaga-Echevarría Irazola, religieux; Josefina Ventureta Sauleda Paulis, moniale ; martyrs le 31 août 1936 à El Pinar de Lada, de Sama de Langreo. Béatifiés en 2007.
Miguel, né à San Julián de Quintana, près de Belmonte (Asturies) le 29 juin 1885, baptisé le 1er juillet ; enfant, il gardait les bêtes; orphelin de père à 12 ans, un oncle prêtre l’initie aux études et à 14 ans l’inscrit comme externe à l’école apostolique de Corias; il fait profession à Corias le 12 octobre 1902. On l’envoie étudier la philosophie à Padrón (La Coruña), la théologie à Salamanque, où il est ordonné prêtre le 18 juillet 1909. Il enseigne ensuite au collège de Vergara (Guipúzcoa) pendant 12 ans, apprécié par les collègues, les élèves et les parents. En 1923 il est nommé à Corias, puis à Salamanque, où il est maître des novices et des étudiants. En juillet 1929 il est recteur de Vergara, servant louablement la communauté pendant deux triennats. Ensuite il est nommé professeur à l’école apostolique de Corias. C’est là que le surprend la révolution. Il est incarcéré dans le couvent même avec d’autres religieux de la communauté; après de terribles tortures, subies là et à Sama de Langreo, où il fut transféré avec d’autres religieux de la communauté le 19 août 1936.
José, né à Bimenes, près de Nava (Asturies) le 9 novembre 1901, baptisé le 10; orphelin de père quand il était enfant, il est élevé par son grand-père; à 11 ans il entre à l’école apostolique de Corias; il fait profession le 11 novembre 1917, étudie la philosophie, puis la théologie à Salamanque ; prêtre le 6 juin 1925. Devient lecteur, nommé à l’école apostolique de Las Caldas de Besaya; en 1926 il fait son service militaire à Larache, puis enseigne à Corias et à Salamanque. Il publie un Manuel sur la propriété, qui fut très remarqué, et écrivit des articles dans les revues La Vie Surnaturelle et La Science thomiste. Pour refaire ses forces à la fin de l’année scolaire 1935-36, on l’envoie à Corias, bien qu’il pressente qu’il va à la mort. Il subit la prison et le martyre dans les mêmes circonstances que le P. Miguel.
Isidro, né à Campohermoso (León) le 15 mai 1909, baptisé le lendemain; confirmé à Aviados (León) en 1914; élève à l’école apostolique de Corias en 1920; profession le 16 août 1926, études de philosophie. Il fait la théologie à Salamanque, est ordonné le 10 juillet 1932, célèbre sa première messe au sanctuaire Notre-Dame de Montesclaros (Santander) le 16 juillet 1932. Il finit ses études à Salamanque, il est nommé assistant du maître des novices et sacristain. Ensuite il est nommé professeur (de latin, rhétorique et histoire universelle) et procurateur à l’école apostolique de Corias.
Incarcéré avec d’autres religieux de la communauté dans le réfectoire des apostoliques; puis emmenés à Sama de Langreo entre insultes, menaces, travaux forcés et coups fréquents. La conduite des religieux jusqu’à la mort fut très exemplaire, supportant avec une profonde humilité tous les malheurs, priant fréquemment le rosaire, se confessant, confessant leurs compagnons de captivité. Son cadavre fut jeté dans un puits de mine.
Pedro, né à Mayorga de Campos (Valladolid) le 26 juillet 1902, baptisé le lendemain; confirmé en 1906. De famille très pauvre, il travailla durement pour survivre dans son enfance, il ne put donc pas aller à l’école, il ne savait même pas lire. La fréquentation des moniales dominicaines de Mayorga fut déterminante pour sa vocation. Il entra au couvent de Corias comme frère coopérateur et prit l’habit le 31 mars 1935; il fut approuvé à l’unanimité pour faire sa profession religieuse, mais la révolution l’empêcha de la réaliser. Arrêté en qualité de religieux, il eut le même sort que ses compagnons déjà mentionnés.
Cristobal, né et baptisé à Abadiano (Vizcaya) le 11 juillet 1915, confirmé en 1919; enfant très pieux, il clarifie sa vocation au contact des moniales dominicaines d’Elorrio (Vizcaya); en 1927 il entre à l’école apostolique de Las Caldas de Besaya (Santander) mais, devant la difficulté des études, il demande à devenir frère coopérateur; profession à Saint Étienne de Salamanque le 9 décembre 1934. Nommé à Corias où, entre autres, il est chargé de la boulangerie; les gens qui l’ont connu le tenaient pour un saint religieux, d’une extraordinaire exemplarité. Il subit prison, tortures et martyre avec ses compagnons.
Buenaventura, née le 30 juillet 1885 à Sant Pol de Mar (Barcelone), baptisée le 5 août, première communion le 23 mai 1897, étudie au collège des dominicaines de l’Anunciata dans son village natal. Catéchiste, spécialement parmi les enfants pauvres, elle pensa entrer chez les Filles de la Charité, mais finalement entra en 1905 au monastère barcelonnais de Montesión, aujourd’hui à Esplugues de Llobregat. Elle fut successivement infirmière, chantre, procuratrice, prieure et maîtresse des novices. Le 19 juillet 1936, avec les autres soeurs, elle dut quitter le monastère et trouver un refuge ; elle aurait pu se réfugier dans son village natal, dans sa famille, mais préféra rester avec les autres sœurs et s’occuper d’elles. Le matin du 31 août, elle fut arrêtée et soumise à un pénible interrogatoire de 12 heures; ils exigeaient entre autres qu’elle révèle le domicile du chapelain et des autres sœurs, mais elle ne dénonça personne. À bout de force, elle s’écria à un moment donné : "Je n’en peux plus. Donnez-moi un peu d’eau, je brûle!" Ils la servirent, pour qu’elle continue à parler. À la nuit tombante, voyant dans la rue une automobile qui attendait pour l’emmener, elle demanda : "Si vous devez me tuer, pourquoi ne le faites-vous pas ici même?" Mais le martyre continua. Le lendemain on trouva son cadavre dans l’hippodrome. Elle avait 51 ans. C’est la première dominicaine espagnole contemplative béatifiée.
Francisca, fille de Don Simon de Fuentes, Espagnol, et de Doña Ana Maria del Castillo y Tamayo, métisse espagnole de Manille, reçut une bonne éducation et épousa un gentilhomme qui mourut peu après. Elle se consacra alors à la prière et au service des pauvres et des malades de la ville. Dans une vision, elle vit saint François et saint Dominique et se prosterna devant saint Dominique. Elle devint donc tertiaire dominicaine en 1682 sous le nom de Francisca de l’Esprit Saint. En 1686, Francisca, María Ana de Fuentes (sa soeur), Antonia de Jesús Esquerra et Sebastiana Salcedo demandèrent l’autorisation de vivre ensemble une vie de prière et de pratique des vertus, tout en continuant leur apostolat social. Le Maître général de l’Ordre approuva leur requête en janvier 1688, mais le directeur du Tiers Ordre, Fr. Juan de Santa María, qui leur était favorable, fut nommé ailleurs, et à sa place fut nommé Fr. Juan de Santo Domingo, qui était contre et le projet fut laissé de côté. Francisca et ses compagnes furent profondément effrayées, mais Sebastiana prophétisa qu’elle et Antonia ne vivraient pas assez pour le voir, mais que le Beaterio serait réalisé. Peu à peu Francisca mûrit spirituellement, et son désir de servir le prochain ne cessait de grandir. Son désir de réaliser le Beaterio grandissait aussi, au point qu’un jour après la confession, elle aborda encore le sujet avec le Frère Juan. Il lui reprocha son impatience mais bravement elle lui dit : “ Père prieur, le Beaterio sera établi, et Votre Révérence le verra”. Il devint alors un puissant supporter du projet. Sous sa direction, Mère Francisca et ses compagnes vécurent d’abord dans la maison de Mère Antonia de Esguerra qui était morte. En 1696, le Beaterio Sainte Catherine de Sienne fut formellement établi avec Fr. Juan de Santo Domingo, alors Provincial, président, et Mère Francisca prieure. Les autres sœurs étaient Mère Maria et Mère Rosa de Santa Maria. Mais en 1703, l’archevêque de Manille voulut mettre le Beaterio sous sa juridiction : conflit, il excommunie Francisca et met les autres soeurs sous interdit. Pour éviter le scandale, les soeurs enlevèrent leur habit et avec l’aide du gouverneur général et des frères dominicains, elles partirent deux ans en « exil » au collège Sainte Potentienne. Francisca souffrit le plus parmi ces épreuves, mais avec courage elles espéraient le jour de la victoire. Vu que l’opposition au Beaterio était en partie une question d’argent, une importante aide vint d’un tertiaire dominicain, Don Juan de Escaño y Cordova, qui en 1704 assura aux béates un revenu annuel de 2000 pesos (somme considérable) par l’intermédiaire de la Province. Le moment du triomphe arriva en 1706 quand après des négociations, leur adversaire l’archevêque Camacho changea de coeur et manifesta de la sympathie aux béates. Avec l’aide du gouverneur général et des dominicains, Mère Francisca et sa soeur revinrent à leur maison d’origine, ayant repris l’habit et la règle. L’autorisation de l’archevêque est datée du 26 mars 1706. Il y avait à cette époque 15 soeurs espagnoles, dont 1 novice, et aussi des sœurs converses et une postulante. La même année, le Beaterio ouvrit un collège qui admettait des Espagnoles, des métisses et des indigènes, leur apprenant religion, lire, écrire, arithmétique, musique, broderie, art des fleurs etc. La grande épreuve étant passée, Francisca continua avec ardeur sa poursuite de la perfection spirituelle, pour elle et ses filles. En brave et forte femme, elle gouverna le Beaterio avec prudence et fidélité à la Règle, faisant de l’eucharistie le centre de la vie spirituelle de la communauté. Le Beaterio n’ayant pas de chapelle avec le Saint Sacrement, elle dut demander aux frères du collège Saint Jean de Latran de construire un corridor reliant le Beaterio à leur chapelle. Épuisée par les mortifications et les travaux, elle tomba malade et souffrit avec résignation et humilité pendant des mois, édifiant chacun. Elle mourut, laissant comme vivant témoignage de son amour de Dieu et du prochain le Beaterio Santa Catalina de Siena, qui est maintenant la Congrégation des soeurs dominicaines de Sainte Catherine de Sienne. Elle fut enterrée dans la chapelle Saint Jean de Latran. Béatification en cours.
25 août Pedro Vásquez, dominicain espagnol, et ses compagnons, martyrs à Shinbara au Japon en 1624. Ils furent brûlés vifs pour la foi du Christ.
25 août Bx Vicente Álvarez Cienfuegos (Villamejín, Asturies, 29 avril 1863 –Madrid 25 août 1936). Son frère José fut aussi dominicain. Il commença ses études au couvent de Corias (Cangas del Narcea, Asturies), ordonné prêtre à Oviedo le 18 septembre 1866. Il enseigna la philosophie et la théologie à Corias, organisa la résidence de dominicains à Cádiz, puis fut professeur à Salamanque. En 1900 il revint à Oviedo pour se remettre d’une maladie. Sa vocation littéraire commence à donner des fruits et il commence à être reconnu pour ses œuvres poétiques publiées dans des revues religieuses. Auteur de : Le saint rosaire et ses indulgences (1902); la brochure Bref compendium des principaux devoirs, privilèges et indulgences de la V.O.T. de Saint Dominique, et Patronato de vocaciones dominicas (1915).
Le 18 juillet 1936 éclate la Guerre civile, le 22 août il est arrêté et emmené à la tchéca de la rue Montesquinza (Madrid), il meurt martyr.
Béatifié en 2007, avec 497 autres martyrs espagnols du 20ème siècle.
Bx Luis Urbano Lanaspa (Saragosse 3 juin 1882- Valence 25 août 1936).
Il entra au petit séminaire à 14 ans, prit l'habit dominicain à 16 ans à Padron (La Corogne), puis étudia dans les couvents de Corias (Asturies) et de Salamanque. Il fut ordonné prêtre en 1906 et fit un doctorat de physique à Madrid. C'était un homme de science qui aimait l'observation et la spéculation intellectuelle alliées au sens des réalités de son époque, elles-mêmes éclairées par la doctrine catholique. En 1912, pour restaurer la province dominicaine d'Aragon (après les lois anti-religieuses du tournant du siècle), il s'établit à Valence. Il y déploya ses qualités de prêcheur, de professeur, de directeur de conscience et de promoteur d'oeuvres sociales tout en collaborant à des revues scientifiques. En tant qu'orateur du légat pontifical, il fit un long voyage au Chili, au Pérou et en Équateur, à l'issue duquel il reçut le titre de prêcheur général de l' Ordre dominicain. Il reçut aussi le titre de prêcheur du roi. Il fonda le Collège Saint-Joachim et la polyclinique Saint-Vincent-Ferrer. Il était conscient de l'urgence des problèmes sociaux en Espagne et du péril socialiste. En même temps il forma de brillantes générations de jeunes Dominicains.
Le 19 juin 1936 au début de la guerre, comme ses confrères il dut abandonner son couvent et il se réfugia dans une famille amie. Le 23 juin, les autorités républicaines qui avaient eu connaissance de sa situation le consignèrent à demeure en attendant un avis de détention. Il se résigna et se confia au Seigneur. On vint le chercher au matin du 25 août et il fut fusillé dans la soirée. Sa dépouille repose depuis 1942 dans la basilique Saint-Vincent-Ferrer à Valence. Béatifié en 2001.
26 août Bx Jacques de Bevagna (Giacomo Bianconi), Bevagna (Ombrie) 7 mars 1220 - † id. 15 août 1301. Sa naissance fut, selon la tradition, accompagnée de signes : trois étoiles apparurent dans le ciel, dont chacune avait la forme d’un dominicain. Elles brillèrent toute la nuit et le matin de sa naissance. Ce matin-là, des enfants criaient en voyant ces étoiles: « Allons à l’école, allons à l’école, car les maîtres sont déjà nés ». Effectivement, trois saints et savants dominicains naquirent à cette époque : Jacques, Ambroise Sansedoni, et Thomas d’Aquin. Il entre à 16 ans chez les dominicains de Spolète. Sa solide formation théologique fit de lui un théologien hautement capable, qui s’opposa aux nicolaïtes en Ombrie et y fit disparaître cette hérésie. On dit que comme il priait devant un crucifix, il fut arrosé de sang et il lui fut dit : Ce sang doit être pour toi le signe du salut. Il fonda alors à Bevagna un couvent dominicain dont il fut le premier prieur, et montra l’exemple de la pénitence et de la foi zélée. Il composa le Miroir de l’humanité de Jésus et le Miroir des pécheurs ou le Jugement dernier sur tous. À l’approche de la mort, il demanda à ses frères de l’eau fraîche, la changea en vin et mourut en laissant ses frères surpris et joyeux. Culte confirmé en 1672.
27 août quatre tertiaires dominicains martyrs au Japon en 1624 :
Bx François Kurobioye de Tchicoungo, catéchiste ;
Bx Caius de Corée (Caïus Jiyémon). Ancien bonze coréen, il se convertit et s'enfuit au Japon, où, devenu tertiaire dominicain et catéchiste, il aida les frères de l'Ordre. Il mourut martyr à Nagasaki, brûlé vif pour avoir confessé le Christ ;
Bses Madeleine Kiyota et Françoise ;
on décapita aussi les enfants de ces martyrs, âgés de 3 à 25 ans, mais ils ne sont pas béatifiés.
27 août Bx Pedro Ibañez Alonso (né le 27 avril 1892, à Fuentes de Nava, Palencia, + le 27 août 1936, à Madrid) et José María López Carrillo (né le 14 février 1892, à Alcalá la Real, Jaén, + le 27 août 1936, à Madrid), martyrs, béatifiés en 2007.
29 août Bx Constantino Fernández Álvarez (La Vecilla, 7 février 1907 - Cuart de Poblet, 29 août 1936 ) et Francisco Monzón Romeo (né 1912- Hijar, Teruel, 1936), martyrs, béatifiés en 2001.
30 août João Vicente, dit Maître Jean (Lisbonne 1380 – Viseu 30 août 1463), évêque de Lamego et Viseu, fondateur de la Congrégation des chanoines séculiers de saint Jean l’Évangéliste. Il étudie la médecine à Lisbonne, le droit à Bologne; il enseigna à l’université de Lisbonne pendant 7 ans. Il fut aussi le plus grand médecin du royaume, nommé par le roi Édouard 1er de Portugal. Homme de confiance du roi, il accompagne en Flandres l’infante Isabel, fille de Joan 1er, qui devait se marier avec le duc de Bourgogne Philippe le Bon. Il réforme l’Ordre Orde de Crist et en fut visiteur, à l’instance de l'infant Enric, duc de Viseu.
Il entre au couvent dominicain de Benfica. À Lisbonne, avec Martim Lourenço et Afonso Nogueira, il pose en 1420 les bases pour former une nouvelle communauté de chanoines, pour remédier à la dégradation morale et sociale du clergé et de la société de l’époque. L'habit bleu des chanoines fit que l’évêque fondateur fut appelé « l’évêque bleu ».
Il fut nommé évêque de Lamego le 7 mai 1432 et, entre 1446 et 1463, évêque de Viseu, où il mourut en réputation de sainteté et fut enseveli dans la cathédrale
30 août Bx Nicasio Romo Rubio, né en 1891, martyr en 1936, béatifié en 2007.
31 août Vble Kolumba (Elisabeth Franziska) Weigl, Munich 8 mars 1713, † Griesstätt (Bavière) 31 août 1783.
Deuxième enfant d’un distillateur de Munich (Franz Paul Weigl, appelé à Munich le « père des pauvres »), dès l’enfance elle a des visions. À l’âge d’1 an, elle perd sa mère Ursula, elle est élevée par une servante pieuse et de 7 à 14 ans par les demoiselles anglaises. À 15 ans elle perd aussi son père, vécut quelques années dans la famille du secrétaire de l’hôpital du Saint Esprit, Johann Paul Beck. Comme c’était une riche héritière, elle eut des prétendants, mais elle décide d’entrer chez les dominicaines d’Altenhohenau près de Griesstätt, où sa tante est moniale. Elle prend l’habit à 17 ans en août 1730, sous le nom de sœur Kolumba. Vers la fin de son noviciat, à la fête de l’Exaltation de la Croix 1731, elle reçoit les stigmates. Elle mène une vie d’humilité, de prière, de sacrifice et de pénitence. Elle participe aux souffrances du Crucifié, elle a d’innombrables visions de la vie de Jésus et un attrait particulier pour son ange gardien. Certains de ses contemporains avaient des doutes sur l’authenticité de ses expériences mystiques. Critiquée par ses sœurs, soupçonnée d’être menteuse et sorcière, elle fut aussi traitée sévèrement par les supérieurs de l’Ordre et par ses confesseurs. En 1745 eut lieu une enquête sur sa plaie du côté, qui fut reconnue véritable. Une expertise théologique confirma cela en 1770. En 1774 elle est élue prieure pour trois ans. Après sa mort elle est enterrée dans la chapelle du monastère. Son culte commença rapidement (ex-votos de 1791). Même après la sécularisation du monastère et la fermeture de l’église, son souvenir resta vivant. En 1925 Faulhaber cardinal archevêque de Munich dit que l’église du monastère est "encore inondée par les vertus de la bienheureuse Kolumba". Depuis 1923 il y a de nouveau des dominicaines dans le monastère. Attributs : la croix avec les cinq plaies du Christ. http://www.heiligenlexikon.de/Stadler/K ... Weigl.html
31 août Bx Miguel Menéndez García, José María Palacio Montes, Isidro Ordoñez Díez, prêtres; Pedro Vega Ponce et Cristóbal Iturriaga-Echevarría Irazola, religieux; Josefina Ventureta Sauleda Paulis, moniale ; martyrs le 31 août 1936 à El Pinar de Lada, de Sama de Langreo. Béatifiés en 2007.
Miguel, né à San Julián de Quintana, près de Belmonte (Asturies) le 29 juin 1885, baptisé le 1er juillet ; enfant, il gardait les bêtes; orphelin de père à 12 ans, un oncle prêtre l’initie aux études et à 14 ans l’inscrit comme externe à l’école apostolique de Corias; il fait profession à Corias le 12 octobre 1902. On l’envoie étudier la philosophie à Padrón (La Coruña), la théologie à Salamanque, où il est ordonné prêtre le 18 juillet 1909. Il enseigne ensuite au collège de Vergara (Guipúzcoa) pendant 12 ans, apprécié par les collègues, les élèves et les parents. En 1923 il est nommé à Corias, puis à Salamanque, où il est maître des novices et des étudiants. En juillet 1929 il est recteur de Vergara, servant louablement la communauté pendant deux triennats. Ensuite il est nommé professeur à l’école apostolique de Corias. C’est là que le surprend la révolution. Il est incarcéré dans le couvent même avec d’autres religieux de la communauté; après de terribles tortures, subies là et à Sama de Langreo, où il fut transféré avec d’autres religieux de la communauté le 19 août 1936.
José, né à Bimenes, près de Nava (Asturies) le 9 novembre 1901, baptisé le 10; orphelin de père quand il était enfant, il est élevé par son grand-père; à 11 ans il entre à l’école apostolique de Corias; il fait profession le 11 novembre 1917, étudie la philosophie, puis la théologie à Salamanque ; prêtre le 6 juin 1925. Devient lecteur, nommé à l’école apostolique de Las Caldas de Besaya; en 1926 il fait son service militaire à Larache, puis enseigne à Corias et à Salamanque. Il publie un Manuel sur la propriété, qui fut très remarqué, et écrivit des articles dans les revues La Vie Surnaturelle et La Science thomiste. Pour refaire ses forces à la fin de l’année scolaire 1935-36, on l’envoie à Corias, bien qu’il pressente qu’il va à la mort. Il subit la prison et le martyre dans les mêmes circonstances que le P. Miguel.
Isidro, né à Campohermoso (León) le 15 mai 1909, baptisé le lendemain; confirmé à Aviados (León) en 1914; élève à l’école apostolique de Corias en 1920; profession le 16 août 1926, études de philosophie. Il fait la théologie à Salamanque, est ordonné le 10 juillet 1932, célèbre sa première messe au sanctuaire Notre-Dame de Montesclaros (Santander) le 16 juillet 1932. Il finit ses études à Salamanque, il est nommé assistant du maître des novices et sacristain. Ensuite il est nommé professeur (de latin, rhétorique et histoire universelle) et procurateur à l’école apostolique de Corias.
Incarcéré avec d’autres religieux de la communauté dans le réfectoire des apostoliques; puis emmenés à Sama de Langreo entre insultes, menaces, travaux forcés et coups fréquents. La conduite des religieux jusqu’à la mort fut très exemplaire, supportant avec une profonde humilité tous les malheurs, priant fréquemment le rosaire, se confessant, confessant leurs compagnons de captivité. Son cadavre fut jeté dans un puits de mine.
Pedro, né à Mayorga de Campos (Valladolid) le 26 juillet 1902, baptisé le lendemain; confirmé en 1906. De famille très pauvre, il travailla durement pour survivre dans son enfance, il ne put donc pas aller à l’école, il ne savait même pas lire. La fréquentation des moniales dominicaines de Mayorga fut déterminante pour sa vocation. Il entra au couvent de Corias comme frère coopérateur et prit l’habit le 31 mars 1935; il fut approuvé à l’unanimité pour faire sa profession religieuse, mais la révolution l’empêcha de la réaliser. Arrêté en qualité de religieux, il eut le même sort que ses compagnons déjà mentionnés.
Cristobal, né et baptisé à Abadiano (Vizcaya) le 11 juillet 1915, confirmé en 1919; enfant très pieux, il clarifie sa vocation au contact des moniales dominicaines d’Elorrio (Vizcaya); en 1927 il entre à l’école apostolique de Las Caldas de Besaya (Santander) mais, devant la difficulté des études, il demande à devenir frère coopérateur; profession à Saint Étienne de Salamanque le 9 décembre 1934. Nommé à Corias où, entre autres, il est chargé de la boulangerie; les gens qui l’ont connu le tenaient pour un saint religieux, d’une extraordinaire exemplarité. Il subit prison, tortures et martyre avec ses compagnons.
Buenaventura, née le 30 juillet 1885 à Sant Pol de Mar (Barcelone), baptisée le 5 août, première communion le 23 mai 1897, étudie au collège des dominicaines de l’Anunciata dans son village natal. Catéchiste, spécialement parmi les enfants pauvres, elle pensa entrer chez les Filles de la Charité, mais finalement entra en 1905 au monastère barcelonnais de Montesión, aujourd’hui à Esplugues de Llobregat. Elle fut successivement infirmière, chantre, procuratrice, prieure et maîtresse des novices. Le 19 juillet 1936, avec les autres soeurs, elle dut quitter le monastère et trouver un refuge ; elle aurait pu se réfugier dans son village natal, dans sa famille, mais préféra rester avec les autres sœurs et s’occuper d’elles. Le matin du 31 août, elle fut arrêtée et soumise à un pénible interrogatoire de 12 heures; ils exigeaient entre autres qu’elle révèle le domicile du chapelain et des autres sœurs, mais elle ne dénonça personne. À bout de force, elle s’écria à un moment donné : "Je n’en peux plus. Donnez-moi un peu d’eau, je brûle!" Ils la servirent, pour qu’elle continue à parler. À la nuit tombante, voyant dans la rue une automobile qui attendait pour l’emmener, elle demanda : "Si vous devez me tuer, pourquoi ne le faites-vous pas ici même?" Mais le martyre continua. Le lendemain on trouva son cadavre dans l’hippodrome. Elle avait 51 ans. C’est la première dominicaine espagnole contemplative béatifiée.