DA95 a écrit :Et encore pour que ce soit encore plus clair.
Il nous faut faire attention à la différence entre fonction et signification. Paul VI dans l’encyclique humanné vitae ne parle pas de deux fonctions inhérentes à cet acte, mais, à la suite de Gaudium et Spes, de deux significations. Ainsi un rapport sexuel peut fort bien garder une signification procréatrice sans pour autant avoir une fonction reproductive. C’est le cas d’un rapport entre époux inféconds par exemple que ce soit de façon temporaire ou définitive.
Bonjour DA95,
J'avoue que j'ai du mal à voir comment une signification qui ne correspondrait pas à une fonction, une finalité, au moins naturelle, pourrait ne pas être que purement sociologique, lexicale... Mon opinion est le suivant :
- Ou bien une signification correspond en fait au constat d'une fonction ou d'une finalité naturelle, qui donc, par définition, ne dépend pas de notre volonté libre, et en ce cas, je comprends qu'on en tienne compte pour agir, puisque c'est une donnée qui va conditionner notre action, qui fait partie des conditions initiales pour agir. C'est pourquoi, par exemple, je suis contre le dit "mariage homosexuel" : je constate que la biologie s'oppose à ce que deux personnes de même sexe puissent concevoir ensemble un enfant, or je vois le mariage comme une institution qui, entre autres choses, vise le renouvellement des générations et le bien des enfants, par conséquent, il doit être réservé aux types de relations interpersonnelles propres à engendrer. Si, par exemple, il était possible de faire des enfants avec une personne du même sexe, ou si, un jour, cela venait à être possible (et souhaitable), alors mon opinion aurait été différent ou deviendrait différent.
- Ou bien une signification ne correspond pas au constat d'une fonction ou d'une finalité naturelle, par conséquent, elle ne peut correspondre qu'à une convention sociale, que je ne suis dès lors nullement tenu de respecter, au moins à partir du moment où cette convention sociale porte sur la vie privée (et c'est bien là ce dont il s'agit, relativement à la contraception, car si les débats sont souvent publics, les ébats sont généralement privés

). En effet, de telles conventions sont purement arbitraires car instituées/décrétées par le jeu de quelques volontés libres, qui n'ont aucune légitimité pour contraindre ma volonté libre personnelle au-delà de ce qui est nécessaire pour défendre le Droit. L'arbitraire sociétal n'est ni infaillible (il peut déclarer légal des propositions contraires au Droit naturel), ni donc immuable, ni universel (il varie d'une société à l'autre), etc.
Si une signification n'est ni biologique, ni sociologique, alors qu'est-elle pour m'imposer (ne serait-ce qu'en conscience) un code de conduite ?
Répondre que cette signification serait mystique - donc incompréhensible à la raison - me satisferait quelque part, mais cela reviendrait à reconnaître quand même que l'incompréhension du séculariste - qui n'a donc pas la foi - est légitime. Ce qui était précisément l'objet de ce fil de discussion :
Je pense que ce qui dérange Damas Drive, ce n'est pas tant que Dieu se soucie de cet acte, c'est plutôt que le soucis de Dieu relativement à cet acte semble si déconnecté du réel (en termes de conséquences sur soi et les autres). Par exemple : on peut bien comprendre que Dieu s'oppose au viol, parce que ça peut avoir des graves conséquences... Idem pour la sodomie, l'uro-scato, le sado-masochisme, etc.
Mais c'est vrai que pour nous autres, sécularistes au sens large (athées, agnostiques, déistes, etc.), on a du mal à comprendre pourquoi Dieu semble condamner si fortement la contraception en général, alors que prima facies, ça ne semble avoir aucune conséquence concrète
Mais peut-être que pour vous, ce qui est mystique fait partie du "réel concret". En ce cas, autant pour moi à nouveau, mais j'excluais cette dimension de mon interrogation car la condamnation morale de la contraception par l'Église semble différente du respect du carême ou de la prescription de la communion eucharistique. Il semble bien que cette condamnation comporte une visée universelle et donc propre - au moins dans sa visée - à être reçue par chacun (athées y compris), en raison, ce qui exclue le domaine mystique qui dépasse par nature la raison. Si je me suis trompé, et que la condamnation de la contraception relève d'une pure exigence de la foi catholique, veuillez alors m'en excuser.
Bien cordialement.