Re: La communion dans la main
Publié : lun. 04 juil. 2016, 19:00
C'est le genre de vieux débat dont on a déjà traité en long, en large et en travers sur le forum.
Ils ne sont pas totalement inutile non plus, puisqu'il m'ont personnelement convaincu.
Je dirais d'ailleurs que le problème n'est pas temps sur le fait qu'une forme soit objectivement supérieure à l'autre. Le problème, c'est que la communion dans la main telle qu'elle se fait en France ne suit absolument pas les préceptes de l'Eglise ancienne. Dans l'Eglise ancienne en recevait bel et bien, il me semble, l'euchariste dans la main (et c'est largement en référence à cette période qu'elle a été ré-indroduite) ; mais on ne la portait surtout pas dans la bouche avec son autre main (cela aurait été "commander au sacrement") et on la consommait en portant ses lèves dans la paume ou le prêtre avait déposé le Saint des Saints pour consommer les espèces en lèchant sa main pour éviter que des particules saintes ne se perdent. Apparament on tendait en dessous un linge consacré, comme cela se fait encore en orient, remplissant globalement le rôle de la patène dans la tradition latine.
A noter d'ailleurs que l'usage de la patène de communion, tout en étant virtuellement inconnu en France, est totalement obligatoire (cf. redemptionis sacramentum).
Le problème de ce genre de débat est à mon avis que ceux qui communient dans les mains (comme moi avant) se sentent attaqués et jugés dans leur pratique.
Bref, avant de vouloir critiquer la pratique de la communion dans la main par principe, on pourrait critiquer sa forme actuelle, qui donnerait une attaque cardiaque à à peu près n'importe quel catholique de nos deux millénaires d'histoire chrétienne, que ce soit ceux de l'Eglise antique et ses martyrs eucharistique, celle des Pères et sa terreur devant le Mystère, l'ère médiévale et ses hymnes vibrants ou Trente et ses "dévotes" communions.
Le Christ a permis une chose inimaginable : il a déchiré le voile du Temple et a laissé la Présence Réelle dans les saintes éspèces être livrée sacrificiellement dans les nouveaux temples de la nouvelle alliance que sont nos corps. Il n'y a pas de meilleure préparation à la communion que la méditation sur le Saint des Saints du Temple de l'Ancien Testament, dans lequel ne pénétrait qu'une fois l'an le seul grand prêtre terrorisé, murmurants en continue ses prières rituelles et couvert du sang des sacrifices pour faire expiation pour les péchés d'Israël.
Il a de beaux passages de L'imitation de Jésus Christ là-dessus.
Aujourd'hui, le voile a été déchiré, et la Gloire absolue des cieux, le Saint des Saints, le Créateur du Ciel et de la Terre, se donne à nous dans Sa grâce infinie pour brûler sur les autels de nos âmes et nous donner la Vie.
Que j'ai pu prendre le Créateur de l'Univers dans mes mains, reçu d'un homme en jean basket qui avait l'air de s'ennuyer, et le porter à mes lèvres de mon propre chef, en lui commandant, me semble aujourd'hui d'une absurdité totale. Non pas que le recevoir à genoux, sur un banc de communion évoquant la Sainte Table, avec un prêtre l'offrant sur ma langue et un acolyte ou un diacre tenant la patène consacré sous ma bouche me rende d'un seul coup digne, mais cette façon de faire a au moins le mérite de vagument souligner une indignité totale, immense, de l'homme qui n'est rien face au Saint Sacrement de l'Autel. Et on n'apprécie d'autant plus l'humilié absolue du Christ lorsque l'on nous rappelle qui Il est et vers qui Il va : nous, des pécheurs.
Et lorsque l'on voit aujourd'hui qu'une grande partie des catholiques ne croient plus à la présence réelle, lorsque moi je fais remarquer à ma mère : "As-tu le sentiment à la messe de Saint Pierre [notre paroisse] que c'est le Créateur de l'Univers qui passe de mains en mains" et qu'en haussant les épaule, elle me répond avec un sourire railleur "évidemment que non", je m'interroge, légitimement je crois, sur une pratique qui au départ considérée comme une exception, s'est érigée en norme.
Je sens que ces propos vont sembler terriblement condescendantes et pleine de jugement à ceux qui communie ordinairement debout dans la main, mais je les supplie humblement de n'en rien faire. Je ne me juge pas coupable moi-même lorsque je faisais cela comme cela.
Héraclius -
Ils ne sont pas totalement inutile non plus, puisqu'il m'ont personnelement convaincu.
Je dirais d'ailleurs que le problème n'est pas temps sur le fait qu'une forme soit objectivement supérieure à l'autre. Le problème, c'est que la communion dans la main telle qu'elle se fait en France ne suit absolument pas les préceptes de l'Eglise ancienne. Dans l'Eglise ancienne en recevait bel et bien, il me semble, l'euchariste dans la main (et c'est largement en référence à cette période qu'elle a été ré-indroduite) ; mais on ne la portait surtout pas dans la bouche avec son autre main (cela aurait été "commander au sacrement") et on la consommait en portant ses lèves dans la paume ou le prêtre avait déposé le Saint des Saints pour consommer les espèces en lèchant sa main pour éviter que des particules saintes ne se perdent. Apparament on tendait en dessous un linge consacré, comme cela se fait encore en orient, remplissant globalement le rôle de la patène dans la tradition latine.
A noter d'ailleurs que l'usage de la patène de communion, tout en étant virtuellement inconnu en France, est totalement obligatoire (cf. redemptionis sacramentum).
Le problème de ce genre de débat est à mon avis que ceux qui communient dans les mains (comme moi avant) se sentent attaqués et jugés dans leur pratique.
Bref, avant de vouloir critiquer la pratique de la communion dans la main par principe, on pourrait critiquer sa forme actuelle, qui donnerait une attaque cardiaque à à peu près n'importe quel catholique de nos deux millénaires d'histoire chrétienne, que ce soit ceux de l'Eglise antique et ses martyrs eucharistique, celle des Pères et sa terreur devant le Mystère, l'ère médiévale et ses hymnes vibrants ou Trente et ses "dévotes" communions.
Le Christ a permis une chose inimaginable : il a déchiré le voile du Temple et a laissé la Présence Réelle dans les saintes éspèces être livrée sacrificiellement dans les nouveaux temples de la nouvelle alliance que sont nos corps. Il n'y a pas de meilleure préparation à la communion que la méditation sur le Saint des Saints du Temple de l'Ancien Testament, dans lequel ne pénétrait qu'une fois l'an le seul grand prêtre terrorisé, murmurants en continue ses prières rituelles et couvert du sang des sacrifices pour faire expiation pour les péchés d'Israël.
Il a de beaux passages de L'imitation de Jésus Christ là-dessus.
Aujourd'hui, le voile a été déchiré, et la Gloire absolue des cieux, le Saint des Saints, le Créateur du Ciel et de la Terre, se donne à nous dans Sa grâce infinie pour brûler sur les autels de nos âmes et nous donner la Vie.
Que j'ai pu prendre le Créateur de l'Univers dans mes mains, reçu d'un homme en jean basket qui avait l'air de s'ennuyer, et le porter à mes lèvres de mon propre chef, en lui commandant, me semble aujourd'hui d'une absurdité totale. Non pas que le recevoir à genoux, sur un banc de communion évoquant la Sainte Table, avec un prêtre l'offrant sur ma langue et un acolyte ou un diacre tenant la patène consacré sous ma bouche me rende d'un seul coup digne, mais cette façon de faire a au moins le mérite de vagument souligner une indignité totale, immense, de l'homme qui n'est rien face au Saint Sacrement de l'Autel. Et on n'apprécie d'autant plus l'humilié absolue du Christ lorsque l'on nous rappelle qui Il est et vers qui Il va : nous, des pécheurs.
Et lorsque l'on voit aujourd'hui qu'une grande partie des catholiques ne croient plus à la présence réelle, lorsque moi je fais remarquer à ma mère : "As-tu le sentiment à la messe de Saint Pierre [notre paroisse] que c'est le Créateur de l'Univers qui passe de mains en mains" et qu'en haussant les épaule, elle me répond avec un sourire railleur "évidemment que non", je m'interroge, légitimement je crois, sur une pratique qui au départ considérée comme une exception, s'est érigée en norme.
Je sens que ces propos vont sembler terriblement condescendantes et pleine de jugement à ceux qui communie ordinairement debout dans la main, mais je les supplie humblement de n'en rien faire. Je ne me juge pas coupable moi-même lorsque je faisais cela comme cela.
Héraclius -