Bonjour à tous et à toutes frères et sœurs en Jésus-Christ !
Parler de l'Eucharistie c'est forcément se poser la question de la présence réelle ( ou pas ), de son sacrifice ( ou pas ), et de la doctrine de la transsubstantation. Bien sûr aussi, on ne peut passer à côté de la juste interprétation des Saintes Écritures que cela suppose. Ici, j’aborderai dans ce traité, la présence réelle que nos frères Protestants croient que nous avons inventé ! Je démontrerai que cette doctrine a toujours été crûe et enseignée dans l’Église et que son véritable inventeur est Jésus-Christ lui-même !!!
Pour ce faire, j’utiliserai 2 sources :
1.0 - Les Saintes Écritures.
2.0 - Les témoignages d’écrivains de l’Église reconnus par la justesse de leur enseignements, la sainteté de leur vie et qui pour les premiers siècles sont appelés Pères de l’Église.
J’espère que toi qui cherche, tu seras ouvrir ton cœur mais aussi ton intelligence, pour peut-être découvrir le bien-fondé de cette admirable doctrine qu’est l’Eucharistie : rencontre intime d’amour entre toi et Dieu lui-même !
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1.0 Ce que nous disent les Saintes Écritures
1.1 Question d’interprétation
« Ceci est mon corps », « Qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle.. » et « Car ma chair est vraiment une nourriture ... » ici, il est bel et bien question d’interprétation de ce que Dieu veut nous dire au travers sa Divine Parole écrite. Est-ce si simple que cela d’interpréter la signification réelle de l’institution de l’eucharistie en Matthieu 26, 26-28 et des paroles de Jésus en Jean 6, 48-59 par exemple ? Selon le principe Protestant de la «Sola Scriptura» oui ! Car la Parole de Dieu n’a pas besoin d’interprète parce qu’elle s’interprète d’elle-même. Martin Luther, le fondateur du Protestantisme n’avait-il pas dit : « que même un enfant de 9 ans pouvait interpréter la Bible ... ». Mais il n’en fut malheureusement pas ainsi ... Après seulement quelques décennies suivant le début de la « Réforme » Protestante, Saint-Bellarmin rapporte que déjà à son époque (au 16e siècle), qu’on avait publié un livre dans lequel on rapportait deux cents interprétations ou distorsions hérétiques des paroles : « Ceci est mon corps » !!! Donc, pas toujours si simple que cela d’interpréter la Parole de Dieu, n’est-ce pas ! Cela suppose donc nécessairement un interprète autorisé, mais cela c’est une autre histoire et qui doit être traitée à part.
1.2 L’interprétation de l’Église Catholique, celle qui aura bientôt 2,000 ans « dans le corps » !
Eh ! oui, en tant que membre à part entière de cette Église, c’est à sa compréhension de la fraction du pain (l’Eucharistie ) que j’adhère ! Il ne s'agit pas de ma compréhension particulière mais de celle de mon Église, en cela elle est importante pour moi, et j’y suis fidèle, et ce du meilleur de ma compréhension. Je suis conscient qu’en expliquant la compréhension de l’Église, il se peut que je ne l’explique pas de façon toujours très juste, mais n’ayez crainte (!) car pour l’essentiel, ce traité reflète bien l’enseignement de l’Église. Si il y avait certaines corrections à faire et ce de la part de personnes compétentes en la matière, faites-le moi savoir et je corrigerai avec plaisir s’il y a lieu de le faire.
Il en est de même pour mes frères et sœurs Protestants ; eux-aussi suivent un schème qui s’apparente plus ou moins à l’interprétation Protestante. Ici, c’est deux visions qui se côtoient et ultimement, il faudra ( et cela autant que la grâce de Dieu le permettra) déterminer l’interprétation qui soit la plus fidèle possible à l’unique Église en plénitude que Christ a fondé: Mt 16, 18.
1.3 L’interprétation proprement Catholique en ce qui a trait à l’Eucharistie en Matthieu 26, 26-28 et des paroles de Jésus en Jean 6, 48-59.
Voici le passage dans lequel aussitôt, Christ ajoute des paroles au sujet de la manducation réelle 48,59 :
«C’est moi qui suis le pain de vie. Vos pères ont mangé la manne, dans le désert, et ils sont morts. Voici le pain descendu du ciel : celui qui en mange ne mourra pas. C’est moi qui suis la pain vivant descendu du ciel ; si quelqu’un mange de ce pain, il vivra à jamais ; et le pain que je donnerai est ma chair livrée pour la vie du monde. Alors les juifs se mirent à discuter entre eux : Comment peut-il donner sa chair à manger ? Jésus donc leur dit : En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous ne mangez la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez son sang, vous n’avez pas la vie en vous. Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang a la vie éternelle, et je le ressusciterai au dernier jour. Car ma chair est vraiment une nourriture et mon sang est vraiment une boisson. Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang demeure en moi, et moi en lui. De même que le Père qui vit m’a envoyé et que je vis par mon Père, ainsi celui qui me mange vivra aussi par moi. Voilà le pain qui est descendu du ciel, non comme celui que vos pères ont mangé, lesquels sont morts. Celui qui mange ce pain vivra à jamais.»
48 Moi, je suis le pain de vie.
49 Vos pères, dans le désert, ont mangé la manne et sont morts;
50 ce pain est celui qui descend du ciel pour qu'on le mange et ne meure pas.
51 Moi, je suis le pain vivant, descendu du ciel. Si quelqu'un mange de ce pain, il vivra pour toujours. Et le pain que je donnerai, c'est ma chair pour la vie du monde.
52 Les Juifs alors se mirent à discuter FORT ( violemment ) entre eux; ils disaient: «Comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ? »
53 Alors Jésus leur dit: «En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous ne mangez la chair du Fils de l'homme et ne buvez son sang, vous n'aurez pas la vie en vous.
54 Qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle et je le ressusciterai au dernier jour.
55 Car ma chair est vraiment une nourriture et mon sang vraiment une boisson.
56 Qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui.
57 De même que le Père, qui est vivant, m'a envoyé et que je vis par le Père, de même celui qui me mange, lui aussi vivra par moi.
58 Voici le pain descendu du ciel; il n'est pas comme celui qu'ont mangé les pères et ils sont morts; qui mange ce pain vivra pour toujours.
59 Tel fut l'enseignement qu'il donna en synagogue à Capharnaüm.
Interprétation de Jean 6, 48-59 :
a) Dans ce passage, la plupart des Protestants et tous ceux qui nient que de cette promesse de l’institution de l’eucharistie on puisse prouver la présence réelle, veulent que le discours de Christ soit compris au sens figuré à savoir que Jésus dit être le pain de vie dans le même sens qu’il dit être la vie de l’homme.
b) Il nous faut maintenant déterminer si les paroles prononcées par Christ dans la deuxième partie de son discours ( Jean 6, 48-59 ) doivent être comprises au sens littéral, à savoir d’une consommation réelle de la chair et du sang de Christ, comme le défendent les Catholiques, ou bien au sens d’une métaphore ou d’une métalepse, comme le veulent les Protestants.
c) Dans le seul passage de Jean 6, 51-56, Jésus expose cinq fois que « quiconque mange sa chair et boit son sang a la vie éternelle » (v.54). Il me semble ici qu’il y a une insistance remarquable de Christ sur le fait que l’on doit manger et boire son sang pour avoir la vie éternelle.
d) Que l’interprétation des Catholiques soit vraie et que les paroles de Christ doivent être comprises au sens littéral dans ce passage, cela nous semble bien prouvé par les termes mêmes utilisés par Christ. Par contre, si on observe les réactions des auditeurs ( voir aussi Jn 6, 60-62 ) et la réponse que Christ leur fait, cela nous fait voir qu’une explication métaphorique n’est pas possible.
e) Par les paroles de ce passage, Christ prédit sa mort sanglante sur la Croix par laquelle sa chair a été donnée pour la vie du monde, et, en même temps, il prédit que cette chair immolée dans un sacrifice sanglant doit être donnée en nourriture. En effet, partout, les sacrifices sanglants sont habituellement consommés par une réelle manducation des victimes. Puis, pour corroborer cette doctrine, Christ ajoute aussitôt : «Si vous ne mangez la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez son sang, vous n’avez pas la vie en vous. Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang a la vie éternelle. Et pour qu’il n’y ait plus de doute sur le sujet pour personne : Car ma chair est VRAIMENT une nourriture et mon sang est vraiment une boisson.
f) Une remarque ( peut-être un peu difficile ? ) en faveur du sens littéral des paroles de Christ sur l’impossibilité d’expliquer les paroles du Seigneur métaphoriquement.
L’expression « manger la chair de quelqu’un » au sens métaphorique signifie seulement chez les juifs et les orientaux : calomnier une personne, la poursuivre de sa haine, causer sa perte. En ce sens, le psalmiste écrit :
« Quand s'avancent contre moi les méchants pour dévorer ma chair, ce sont eux, mes ennemis, mes oppresseurs, qui chancellent et succombent. » ( Psaume 27, 2 ).
et
1 : Puis, je dis: Écoutez donc, chefs de Jacob et dirigeants de la maison d'Israël! N'est-ce pas à vous de connaître le droit, 2 : VOUS QUI HAÏSSEZ LE BIEN ET AIMEZ LE MAL, qui arrachez la peau de dessus eux, et la chair de dessus leurs os. 3 : Ils MANGENT LA CHAIR DE MON PEUPLE, ils arrachent la peau de dessus eux, et leurs os, ils les brisent. Ils les découpent comme viande dans la marmite, comme chair en plein chaudron. 4 : Alors, ils crieront vers YAHVÉ, mais il ne leur répondra pas; il leur cachera sa face en ce temps-là à cause DES CRIMES QU'ILS ONT COMMIS. » ( Michée 3, 1-4 ).
Sous cette métaphore, on se plaint dans les deux cas d’injustices commises à l’égard de personnes ou du peuple. Mais Jésus ne pouvait pas appliquer à son encontre, l’expression : « manger la chair», dans le sens de commettre à son encontre des injustices, parce qu’il aurait signifié en ce disant : «Si vous ne mangez la chair du Fils de l’homme, c’est-à-dire si vous ne poursuivez pas de votre haine le Fils de l’homme, vous n’aurez pas la vie éternelle. Ce qui serait déraisonnable. À moins donc d’admettre que Christ a prononcé dans son discours des paroles qui n’ont pas de sens. Elles suggèrent donc qu’elles doivent être comprises au sens littéral d’une « véritable » manducation de la chair et du sang de Jésus-Christ dans l’Eucharistie.
Bien sûr pour ne pas encore scandaliser, je reviendrai plus tard sur la signification de manger la « véritable » chair de Christ et de boire le « véritable » sang de Christ.
1.4 Christ a-t-il vraiment parlé de façon symbolique en Jean 6, 48- 57 ? :
Une analyse du texte
Christ avait l’habitude d’employer des paroles ou bien littéralement ou bien métaphoriquement. La question avec les versets 35-71 est donc de déterminer quelle signification il a eu l'intention de donner à ses paroles.
Christ lui-même nous donne deux règles de base pour résoudre ce dilemme.
1- Règle numéro un :
Quand Christ parlait métaphoriquement, mais qu’il était compris littéralement, il corrigeait toujours la mauvaise perception de ses auditeurs immédiatement.
Exemple (a) : se méfiez du levain ? ! : Mt 16, 5-12
Comme ils passaient sur l'autre rive, les disciples avaient oublié de prendre des pains. Or Jésus leur dit: «Ouvrez l’œil et méfiez-vous du levain des Pharisiens et des Sadducéens!» Et eux de faire en eux-mêmes cette réflexion: «C'est que nous n'avons pas pris de pain.» Le sachant, Jésus dit: «Gens de peu de foi, pourquoi faire en vous-mêmes cette réflexion, que vous n'avez pas de pain ? Vous ne comprenez pas encore?... »
Les Apôtres ont compris ces paroles littéralement et ont commencé à discourir entre eux à propos du fait qu'ils n’avaient aucun pain. Alors, Christ a dit : « Comment ne comprenez-vous pas que ma parole ne visait pas des pains ? Méfiez-vous, dis-je, du levain des Pharisiens et des Sadducéens!» Alors, ils comprirent qu'il avait dit de se méfier, non du levain dont on fait le pain, mais de l'enseignement des Pharisiens et des Sadducéens. » (v. 11-12).
Exemple (b) : Lazare se repose-t-il : Jean 11, 11-14
« Il dit cela, et ensuite : «Notre ami Lazare repose, leur dit-il; mais je vais aller le réveiller.» Les disciples lui dirent: «Seigneur, s'il repose, il sera sauvé.» »
Les Apôtres ont de nouveau pris ce qu’a dit Christ littéralement et ont dit, «Seigneur, s'il repose, il sera sauvé» (v. 12). C’est qu’ils pensèrent qu'il parlait du repos du sommeil (v13). Mais immédiatement, Christ a fait la correction : «Lazare est mort,» (v. 14).
Exemple (c) : Comment un homme peut-il naître, étant vieux ? : Jean 3, 3-5
«Jésus lui répondit:« En vérité, en vérité, je te le dis, à moins de naître de nouveau, nul ne peut voir le Royaume de Dieu.»
Nicodème a automatiquement pris ces paroles littéralement et a répondu :
«Comment un homme peut-il naître, étant vieux ? Peut-il une seconde fois entrer dans le sein de sa mère et naître ?» (3-4).
Christ a dissipé immédiatement la mauvaise perception de Nicodème lui expliquant qu’il s’agissait d’une renaissance spirituelle et non physique :
«En vérité, en vérité, je te le dis, à moins de naître d'eau et d'Esprit, nul ne peut entrer dans le Royaume de Dieu. (3, 5).»
2 - Règle numéro deux :
Quand Christ a parlé littéralement et que ceux qui l’ont entendu l’ont compris correctement, mais qu’ils refusaient d’accepter ce qu’il avait dit, il a réaffirmé la signification littérale de nouveau avec plus de force.
Exemple (a) : « Aie confiance, mon enfant, tes péchés sont remis.» ( Matthieu 9, 2-3 )
Les Scribes, en entendant ses paroles en furent probablement très dérangés car ils se dirent en eux, : «Celui-là blasphème.» (v. 3). Cependant, Christ n'a pas essayé de trouver une explication convaincante de ce qu’il venait de dire, mais il réaffirma sa revendication de pouvoir pardonner les péchés en guérissant miraculeusement le paralytique avant tout.
Exemple (b) : «Abraham, votre père, exulta à la pensée qu'il verrait mon Jour.» ( Jean 8, 56-59 )
Les Juifs ont correctement compris ce qu’a dit Christ littéralement, mais ils l’ont rejeté en affirmant, : «Tu n'as pas cinquante ans et tu as vu Abraham!» (v. 57). La réponse solennelle de Christ, qui a apporté la colère immédiate des juifs, était, : «En vérité, en vérité, je vous le dis, avant qu’Abraham existât, Je Suis.» (v. 58). Christ a non seulement réitéré sa signification littérale mais il l’a également fait ainsi au risque d'être lapidé à mort. (v. 59).
Le fait de garder à l'esprit ces deux règles nous laisse prêts pour examiner le discours de Christ dans Jean 6.
Christ proclame que :
«... je suis le pain de vie. Vos pères, dans le désert, ont mangé la manne et sont morts; ce pain est celui qui descend du ciel pour qu'on le mange et ne meure pas. Moi, je suis le pain vivant, descendu du ciel. Si quelqu'un mange de ce pain, il vivra pour toujours. Et le pain que je donnerai, c'est ma chair pour la vie du monde.» (v. 48-51).
Les juifs ont compris Christ littéralement mais ne pouvaient pas accepter ce qu’il a dit :
Les Juifs alors se mirent à discuter fort entre eux; ils disaient: «Comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ? » (v. 52).
Mais Christ a renforcé son énonciation littérale et sa signification :
« En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous ne mangez la chair du Fils de l'homme et ne buvez son sang, vous n'aurez pas la vie en vous. Qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle et je le ressusciterai au dernier jour. Car ma chair est vraiment une nourriture et mon sang vraiment une boisson. Qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui.» (v. 53-56).
Non satisfait de ce que Christ est allé plus loin et a solennellement invoqué le nom de son Père pour confirmer sa signification :
«De même que le Père, qui est vivant, m'a envoyé et que je vis par le Père, de même celui qui me mange, lui aussi vivra par moi. Voici le pain descendu du ciel; il n'est pas comme celui qu'ont mangé les pères et ils sont morts; qui mange ce pain vivra pour toujours.» (v. 57-58).
Néanmoins, les Juifs ont continué dans leur incrédulité, voyant dans les paroles de Christ une signification littérale qui a contredit la prohibition de la Loi mosaïque contre le repas de chair humaine :
«Après l'avoir entendu, beaucoup de ses disciples dirent: «Elle est dure, cette parole! Qui peut l'écouter ?» (v. 60).
Mais sachant leurs murmures, Christ n’a pas de nouveau reculé ou trouvé une explication convaincante de ses paroles, plutôt il a implicitement affirmé sa propre autorité divine :
«Cela vous scandalise ? Et quand vous verrez le Fils de l'homme monter là où il était auparavant ?» (V.62).
Mais là c'était beaucoup trop pour beaucoup de disciples qui :
«se retirèrent, et ils n'allaient plus avec lui.» (v. 66).
Christ avait maintenant perdu la plupart de ses disciples de longue date et les plus proches, mais ils leur avaient permis de s’en aller, bien qu’il avait plus tôt déclaré «que je ne perde rien de tout ce qu’il m'a donné,» (v. 39). Est-ce qu’il est raisonnable de croire qu’il aurait permis une telle catastrophe sur un simple malentendu, en particulier à la lumière de son habitude établie de corriger les malentendus passés ? Il est même allé plus loin et il a défié les apôtres eux-mêmes :
«Voulez-vous partir, vous aussi ?» (v. 67).
Christ était disposé à perdre tout l'appui humain plutôt que nier la vérité littérale de ses paroles.
C'était le premier rejet du Corps de Christ ( de sa présence réelle en le pain et le vin ) enregistré dans l’histoire, un rejet qu’on peut présupposer avoir été revendiqué par un des apôtres ( probablement Judas ), car:
« Jésus savait en effet dès le commencement qui étaient ceux qui ne croyaient pas et qui était celui qui le livrerait.» (v. 64).
Ce rejet a principalement refait son apparition par le Protestantisme depuis le seizième siècle qui disait à leur tour à plusieurs reprises au sujet de la croyance Catholique en la présence réelle, :
«Elle est DURE, cette parole! Qui peut l'écouter ?»
Les Catholiques, d'autre part, professent la foi de Simon Pierre qui, en ayant la pleine compréhension lui-même, a répondu :
« Seigneur, à qui irons-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle. Nous, nous croyons, et nous avons reconnu que tu es le Saint de Dieu.» (v. 68).
À la suite de Simon Pierre qui dit : « Nous, nous croyons, et nous avons reconnu que tu es le Saint de Dieu. », j’ajouterais et nous croyons que tu es le Dieu de l’impossible et que si cela est ta sainte volonté de te donner à « manger »véritablement — et ce, d’une façon mystérieuse — par ta Sainte Eucharistie, qu’il en soit fait selon ta volonté. Et donne-nous ta divine grâce pour l’accepter dans et par la foi. Amen !
J’espère mes frères et soeurs en Jésus-Christ que je ne vous ai pas trop offensé ? Si c’est le cas, veuillez me pardonner car tel n’était pas mon intention. S’il m’est possible de le faire, je tenterai de réparer mes manques de charité. J’ai beau être Catholique mais je ne suis pas parfait !
1.5 Interprétation du passage ; c’est l’esprit qui vivifie, la chair ne sert de rien : Jean 6, 63 , ainsi qu’une analyse du texte de Jean 6, 60-69.
1.5.1 - Intro.
Voici maintenant le passage qu’utilisent toujours ceux et celle qui ne croient pas en la présence réelle en l’Eucharistie. C’est je crois le meilleur passage qui semble rejeter la présence réelle. La majorité du Protestantisme — mais non pas dans sa totalité ! — prétend que, dans Jn 6, 60-70, Jésus explique qu’il parlait seulement symboliquement dans les versets précédents. Ils se concentrent sur le verset 63 qui dit : «C'est l'esprit qui vivifie, la chair ne sert de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et elles sont vie.» Voyons maintenant ce qui en retourne.
1.5.2 - Signification du passage et des mots esprit et chair en Jean 6, 63 ainsi qu’une analyse de Jn 6, 60-70 :
« C'est l'esprit qui vivifie, la chair ne sert de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et elles sont vie. »
a) Au cours des 2,000 ans d’histoire de l’Église que Christ a fondé, ( Matthieu 16:18 ) on remarque que quand des dissidents rejettent une donnée de foi, ils cherchent toujours un ou des passages de la Bible pour justifier leur non-acceptation. Dans un sens c’est normal (!), car le contraire est aussi vrai. Ainsi, les dissidents trouveront des passages qu’ils interpréteront pour appuyer leur revendication. Mais les dissidents diront de ceux qui sont membres de l’Église de Christ qu’ils font de même !!!
b) Parmi ces deux interprétations possibles, voici donc la compréhension des membres de l’Église Catholique qui dépendant du point de vue où on se place, a une interprétation juste ou inexacte ! Ce qu’il faudra déterminer à un moment donné, c’est qui est dissident de qui ! Tout d’abord, la compréhension Protestante sera brièvement présentée pour par la suite la comparer à celle des Catholiques.
C) L’interprétation Protestante :
C1) Selon un Évangélique :
- Jean a dit que Jésus était la parole de Dieu faite chair.
- Jésus a dit que l'homme ne vivrait pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.
- Jésus, juste avant de dire de manger sa chair et de boire son sang, a dit: «En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi a la vie éternelle.»
- Jésus voyant que ce qu'il venait de dire scandalisait ses disciples, leur donna l'explication de ce qu'il venait de leur dire: « C'est l'Esprit qui vivifie; (qui donne la vie) la chair ne sert à rien. (Vous n'avez pas compris que je ne parle pas de manger ma chair naturelle) Les paroles que je vous ai dites sont Esprit et vie. (Vous devez vous nourrir de mes paroles, parce que ce sont elles qui donnent la vie) Mais il en est parmi vous quelques-uns qui ne croient pas.»
Affirmation de Jésus.
1 - Celui qui croit en moi a la vie.
2 - Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie.
Explication de Jésus.
3 - C'est l'esprit qui donne la vie.
4 - La chair ne sert à rien.
5 - Les paroles que je vous ai dites sont Esprit et vie.
6 - Mais ils en est qui ne croient pas.
Manger la chair et boire le sang de Jésus, c'est simplement croire en lui et se nourrir de sa parole.
Après cette explication, s'agit-il de ce que les apôtres avaient compris ?
« Dès ce moment, plusieurs de ses disciples se retirèrent, et ils n'allèrent plus avec lui. Jésus donc, dit aux douze: Et vous, ne voulez-vous pas aussi vous en aller ? Simon Pierre lui répondit: Seigneur, à qui irions-nous? Tu as les paroles de la vie éternelle.»
Voilà, Pierre et les autres apôtres venaient de comprendre, que Jésus en leur parlant de sa chair et de son sang, leur parlait de se nourrir de sa parole qui est Esprit et vie. Ils venaient de comprendre, que l'homme ne vivra pas de pain seulement, mais, de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.
Cette révélation ne vient pas de moi, je ne fais que révéler ce que Jésus a dit: « La chair ne sert à rien, les paroles que je vous ai dites, sont Esprit et vie». Et Pierre a dit: «tu as les paroles de la vie éternelle».
Il ne dit pas: «A qui irions-nous! ta chair est vraiment une nourriture et ton sang est vraiment un breuvage»; non; mais il a compris lorsque le Seigneur lui a dit que c'était de sa parole qu'il parlait.
Ce que j'ai écrit, je l'ai écrit pour ceux qui croient en la parole de Dieu et non pour les incrédules et ceux qui en tordent le sens, pour leur propre ruine.
C’était l’interprétation Évangélique au sujet de Jean 6, 60-68 selon la vision Évangélique.
- Analyse de cette interprétation :
a) Le discours Eucharistique de Jésus ( Jn 6, 48-58 ) prend fin avec le verset 58 (voir le verset 59). Le dialogue des versets 60-70 arrive plus tard et traite de la foi, pas de l’Eucharistie.
b) Le mot «esprit» n'est nulle part employé dans la Bible pour signifier «symbolique». Pour les Juifs, le spirituel est aussi réel que le matériel.
c) Au verset 63, Jésus oppose l'homme naturel ou charnel ( «la chair») avec l'homme spirituel ou l'homme rempli par la foi ou encore la foi remplissant l'homme. Lisez 1 Cor 2, 14 à 3, 4 pour une bonne explication de ce que Jésus signifie par « la chair ». Notez que Jésus dit «ma chair» quand il discute de l'Eucharistie. Il dit «la chair » en se rapportant à l'homme charnel qui ne croit rien au delà de sa raison et de ses sens. (Notez que Jésus se réfère «à la chair» par opposition «à ma chair» dont Il avait parlé plus tôt. Les mots «la chair» dans ce contexte signifient ce qui est d'origine purement humaine sans l'aide de la grâce de Dieu. (Cf. Galates 5 : 16-22 et Romains 8:9 1 Corinthiens 2:9 - 3:3.)) Aucun chrétien ne croit que la chair de Jésus n'est «d'aucune utilité,» puisque sa chair a été le moyen de notre rédemption . Quelques malentendus et interprétations erronées surgissent lorsque l'on se réfère à Jn 6:63 où Jésus dit : « c'est l'esprit qui donne la vie, tandis que la chair n'a aucune utilité» est-ce que Jésus nous embrouille ? D'une part, Il nous dit que sa chair et son sang nous donnent la vie, le verset 54 et ensuite dans le verset 63, il nous dit que la chair n'est d'aucune utilité. L'examen minutieux de ces passages révèle que dans les versets 51-59, Jésus est clair sur ce que sa chair fera pour nous. Remarquez dans le verset 54, il se réfère à la chair comme MA chair. Et dans le verset 63, la référence à la chair est LA chair. Jésus dit donc que LA chair de l’homme charnel n'a d'aucune utilité. S'il parlait de sa propre chair étant d'aucune utilité, donc pourquoi est-il mort sur la croix ?
d) Notez que les disciples incrédules laissent Jésus après le verset 63, qu'ils n'auraient pas laissé partir à ce point si Jésus les avaient assurés qu’il leur parlait seulement symboliquement. Christ aurait dû dire « Aie ne vous en allez pas, ce n’est pas ce que j’ai voulu dire, je parlais symboliquement. Manger ma chair et boire mon sang, c'est simplement croire en moi et se nourrir de ma parole. » Mais non ! Il a plutôt dit aux Douze : « «Voulez-vous partir, vous aussi ? ». C'est la seule fois dans le Nouveau Testament où des disciples de Jésus l’ont laissés parce qu’ils ont trouvé une doctrine de Christ trop dure pour être acceptée. Des Douze apôtres, on peut même penser que seulement Judas ait pu rejeter l’Eucharistie (Jn 6, 70-71).
- Encore une fois, les juifs et disciples du Seigneur qui après avoir entendu le discours s’en sont allés et ce malgré l’explication de Christ au verset 63. On voit très bien que les disciples ont compris ces paroles non pas métaphoriquement, mais littéralement, et rien ne permet à présent de les détourner vers un sens métaphorique . S'Il avait parler seulement métaphoriquement, Il aurait clarifié ses mots comme il a fait dans Mt. 16 : 5-12 et aussi dans Jn. 4:31-34.« Dès lors, beaucoup de ses disciples se retirèrent, et ils n'allaient plus avec lui. » (v. 66 ).
e) Les juifs et les disciples pouvaient comprendre la manducation de la chair de Christ dans un double sens :
e1) De façon charnelle et dans un littéralisme grossier, selon une cruauté bestiale au travers d’une immolation sanglante, comme cela se produit habituellement dans les sacrifices et c’est ce mode que Christ condamne par ces paroles : la chair ne sert à rien ;
e2) De façon spirituelle par l’esprit et ce réellement et sacramentellement, lorsque la chair est consommée avec un esprit de dévotion et de foi, et c’est en ce sens que la chair de Christ est esprit et vie.
- Sur cette question, le théologien Katschtaler écrit avec justesse : « Le Christ au verset 64 semble ne rien dire d’autre que : Lorsque je vous promets la vie éternelle, si vous mangez ma chair, ne croyez pas que ceci doit être compris de façon grossière, comme s’il fallait arracher mes membres, les distribuer un à un à chacun et les dévorer avec les dents, mais cela doit être compris d’une façon bien plus sublime, à savoir que c’est de façon sacramentelle que je donnerai ma chair comme nourriture et mon sang comme boisson. »
- N’oublions pas que cette présence réelle et sacramentelle de Christ à l’Eucharistie n’est pas d’ordre matériel mais plutôt du domaine de l’immatériel. Tout comme Dieu, les anges et nos âmes sont immatériels, cela n’empêche pas qu’ils soient bels et bien réels et non symboliques. J’espère que vous n’en doutez pas ! Je reviendrai probablement là-dessus quand j’aborderai mon 3e point : la transsubstantiation.
f) La confession de Pierre en Jean 6, 68-69 :
« Simon-Pierre lui répondit: «Seigneur, à qui irons-nous? Tu as les paroles de la vie éternelle. Nous, nous croyons, et nous avons reconnu que tu es le Saint de Dieu. »
- L’interprétation Évangélique fait dire à Pierre : « Voilà, Pierre et les autres apôtres venaient de comprendre, que Jésus en leur parlant de sa chair et de son sang, leur parlait de se nourrir de sa parole qui est Esprit et vie. Ils venaient de comprendre, que l'homme ne vivra pas de pain seulement, mais, de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. »
- Ne serait-il pas beaucoup plus juste ici de faire dire à Pierre : « Seigneur ce que tu viens de dire nous dépasse, mais puisque tu as les paroles de la vie éternelle, nous croyons ce que tu viens de dire ( mais probablement en n’en comprenant pas la signification profonde ) puisque tu es le Saint de Dieu et de toute façon avec qui irions nous ?
- Seul l’Esprit peut nous faire accepter ce miracle de l’Eucharistie, de sa présence réelle, ( non pas matérielle mais immatérielle ) tout comme l’incarnation de Christ, sa conception, et sa résurrection. Seigneur à qui irons-nous, tu as les paroles de la vie éternelle. Si j’y crois, ce n’est que par pur don du Saint-Esprit.
1.6 Sens du mot manger en Jean 6, 48-58
1.6.1 Introduction
a) Une de mes découvertes suite à mes recherches fut la surprenante signification que prend le mot « manger » à partir du verset 54 du chap. 6 de St. Jean et ce jusqu'au verset 58. Rien n'est ménagé chez les exégètes et les linguistes pour venir confirmer la présence réelle de Christ en l'Eucharistie.
b) Puisque les Protestants dans la grande majorité rejettent la présence réelle de Christ dans l'Eucharistie, ils doivent interpréter Jean 6, dans un sens symbolique. Oui, on peut dire que la première partie de ce chapitre ayant trait au pain de vie nous porte au symbolisme (Jean 6, 26-47 ) mais Jean 6, 48-58 est résolument à prendre et à comprendre dans un sens littéral. Littéral certes, mais non un littéralisme matériel mais plutôt spirituel mais non moins réel ( donc adieu l'interprétation « canibalistique » ) !
1.6.2 Sens du mot manger en Jean 6, 48-59
a) Saint-Jean en écrivant ce passage a utilisé un sens plus réaliste pour exprimer que le Corps de Jésus doit être « réellement » mangé. C'est qu'aussitôt qu'il arrive au verset 48, il change le mot «phagein» pour celui de «trôgein».
Qu'est-ce à dire ?
b) C'est seulement ici dans le Nouveau Testament que nous avons un épisode où des disciples de Jésus l'abandonnent pour des raisons théologiques (Jn 6, 66). Certainement, si cet exode était basé sur un simple malentendu, Jésus aurait assuré ces esprits peu disposés qu'il parlait métaphoriquement, pour les faire retourner vers lui. Mais il ne fait aucunement cela. Avant qu'ils partent, Jésus avait réitéré son enseignement difficile et même scandaleux de manger sa chair et ce à au moins quatre reprises (Jn 6, 54-58 ) !
c) Selon le grec dans le compte-rendu de Saint-Jean, Jésus ( après que la question sceptique par les Juifs lui fut posée (Jn 6, 52)), passe au verset 54 à une signification encore plus réaliste de ce qu'il veut faire comprendre. Dans le discours de Jésus dans la synagogue de Capharnaüm et ce pour les versets 23 à 53, le mot manger en grec « phagein » se retrouve 9 fois. « Phagein » est un terme générique qui est employé généralement de façon littérale partout dans le Nouveau Testament. Mais une fois arrivé au verset 54, le mot manger est remplacé par le grec « trôgein » qui est un terme plus « visuel » et plus particulier et qui signifie littéralement, «mâcher» ou «croquer», comme n'importe quel lexique grec le confirmera. On retrouve ce terme pas moins de 4 fois et ce jusqu'au verset 58. Le terme « trôgein » s'identifie au fait de manger de façon littérale et réaliste et il y a de fortes raisons contextuelles, exégétiques et linguistiques de croire qu'il est destiné a être compris littéralement et ce, particulièrement dans le passage de Jean 6, 54-58. Ainsi, Jésus réitère son enseignement ( qui est difficile à accepter (v. 60) ) de manger sa chair et de bien la « mâcher » et ce à quatre reprises, avec insistance... Malgré ce fait, il ne faut pas oublier que la manducation réelle de la chair de Jésus débute au verset 48 et qu'elle est à son apogée aux versets 54 à 58.
d) Puisque Jean 6, 48-58 doit être mis en étroite relation avec la dernière Cène, le sens du terme « trôgein » ne peut qu'être appliqué qu'à Jésus puisqu'il est l'Agneau de Dieu. C'est ainsi que selon la coutume juive, les aliments du repas pascal devaient être soigneusement mâchés. Jésus nous rappelle et nous dit : « Car ma chair est vraiment une nourriture et mon sang vraiment une boisson (v.55). À l'Eucharistie, la chair de Jésus n'est pas symbole, ni une fausse chair mais une vraie chair qui nous nourrit vraiment. Si nous le croyons, c'est que Jésus nous l'a dit par son enseignement.
- À tout cela je ne peux que dire : Il est grand le mystère de la foi ! Sans l'Esprit-Saint qui nous vivifie et qui nous éclaire, nous ne pouvons comprendre ce mystère ...
1.7 Interprétation et analyse des passages de l’institution de l’Eucharistie, en :
- Matthieu 26, 26-28,
- Marc 14, 22-24,
- Luc 22, 19-20,
- I Cor. 11, 23-25,
1.7.1 - Introduction
a) Ici sera traité brièvement le dernier repas avec les siens où Jésus instituât l’Eucharistie. On sait que nos frères Évangéliques ne retiennent que de ce repas que l’aspect du mémorial, qui pour eux si je ne me trompe n’est que cela. Chez les Catholiques, ce repas est bien sûr un mémorial mais il n’est pas seulement que cela. Il me reste maintenant à montrer ici à partir des paroles de l’institution, qui dans les quatre récits s’accordent entre elles, que l’on peut conclure à bon droit à la présence réelle et vraie de Christ dans l’Eucharistie.
1.7.2 - « Ceci est mon corps... » ; introduction.
a) Les paroles de l’institution : « Ceci est mon corps ; Ceci est mon sang... » , si elles sont prises dans leur sens littéral et propre, signifient que le corps et le sang de Christ sont vraiment et réellement présents dans l’eucharistie. Or, plusieurs arguments irrécusables prouvent que ces paroles doivent être prises dans leur sens littéral et propre. Par conséquent, les Protestants en majorité s’efforcent d’affaiblir le sens littéral et propre de ce passage.
b) À première vue, il nous semble évident que quand Jésus prit du pain et dit « Ceci est mon corps... », que cela accomplissait ce qu’il disait. Ces paroles viennent pour préciser le sens de ce que Jésus est en train de faire. Mais bien plus, quand Jésus qui est le Logos, le Verbe de Dieu dit : « Ceci est mon corps... », on pourrait et on doit s’attendre à ce que cela soit, c’est-à-dire se réalise. Tout comme dans la Genèse 1, 3 : «Dieu dit: «Que la lumière soit» et la lumière fut. » Alors quand le Christ-Dieu dit : «Ceci est mon corps... », à partir du pain cette fois, il suscite le vrai Pain. Par exemple : Jésus a changé l’eau en vin, a marché sur l’eau, il a « ressuscité » Lazare, a fait recouvrer la vue aux aveugles etc. etc. ... C’est tout de même respectable pour ne pas dire incroyable, voir même pour un incroyant impossible ! Tout puissant qu’il est si Jésus a pu faire toutes ces merveilles, il lui fut tout aussi facile de changer le pain en la substance de son propre corps même s’il était présent. Bien sûr, cela semble être impossible, mais Jésus a fait un tas de choses impossibles durant son ministère et tous chrétiens croient que pour Dieu rien n’est impossible. Y croyiez-vous ? Moi si ! Maintenant il reste à savoir, est-ce que c’est cela que Jésus voulait accomplir ? Là est je crois, toute la question. Comment savoir si j’ai la bonne interprétation parce qu’ici, il s’agit bien d’interpréter ces paroles et tout le contexte biblique qui s’y rapporte.
1.7.3 - « Ceci est mon corps... », : développement.
Que les paroles de l’institution doivent être prises au sens propre et littéral, c’est ce que démontre les considérations suivantes :
3-a) La règle commune de l’herméneutique est que les paroles de l’Écriture Sainte doivent être interprétées au sens littéral à moins que d’évidentes raisons ne militent en faveur du contraire. Or, aucune raison évidente ou probable n’oblige à interpréter les paroles de l’institution au sens d’un trope ou d’une métaphore. En effet, ni la nature de l’affirmation, ni le caractère du discours, ni les circonstances ne demandent d’interpréter les paroles prononcées de façon allégorique ou métaphorique. L’affirmation qui est ici défendue est possible au regard de la puissance de Dieu, le caractère du discours exige davantage un sens littéral que figuré, et toutes les circonstances, comme le lavement des pieds, la condition de personnes, etc. invitent fortement à comprendre les paroles du Seigneur dans leur sens obvie et littéral.
3-b) Le texte de la narration ne souffre pas une interprétation métaphorique. Les paroles : « Ceci est mon corps ; Ceci est mon sang... », comme elles furent prononcées par le Christ au moment le plus solennel de toute sa vie, alors qu’il laissait son testament et instituait le sacrement le plus admirable, devaient être claires en signifiant directement leur objet. C’est pourquoi elles ont une signification littérale. Ceci est encore corroboré instamment par les paroles qui suivent. Au sujet de son corps et de son sang, le Christ ajoute : qui est donné pour vous, qui est livré est pour vous ; qui va être versé pour un grand nombre en rémission des péchés.
3-c) Le sujet traité. Jésus en effet, lors de la dernière cène, a laissé son testament, promulgué une loi, institué un testament, enseigné un dogme. Or, toutes ces choses exigent d’êtres rédigées en des paroles et des formules claires et comprises dans leur sens littéral, elles ne peuvent êtres livrées en étant voilées par des tropes ou des métaphores.
3-d) La condition du locuteur. Notre Seigneur, quand il prescrivait ces choses, se présenta en tant que maître et docteur et enseigna les mystères de la Rédemption aux disciples et aux foules. Dans ces circonstances, il devait utiliser des mots simples et clairs et non des expressions équivoques et métaphoriques.
3-e) La langue grecque, par des particules souvent répétées, est dans le cas présent particulièrement répétées et invite encore plus à prendre les paroles dans leur sens littéral. Voilà le texte grec : «Touto esti to swma mou, to uper umon didomenon.» (Luc 22, 19)« Touto gar esti to aima mou ths diaqhkhs, to peri pollwn ekcuvomenon.» (Matthieu 26, 28) Le sens de ces paroles est le suivant : Ceci est mon corps, celui-là même qui est pour vous donné ; Ceci en effet est le sang de mon alliance, celui-là même qui est répandu pour une multitude en rémission des péchés. Cette répétition du pronom démonstratif est emphatique et les paroles de la locution, surtout en grec, restreignent la signification au sens propre et littéral.
3-f) Les paroles que l’Apôtre Saint-Paul ajoute à celles de l’institution, impliquent avec certitude le sens littéral. L’Apôtre en effet, après avoir rapporté, instruit par Dieu, les paroles de l’institution citées plus haut, ajoute : « Chaque fois, en effet, que vous mangez ce pain et buvez cette coupe, vous annoncez la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’il vienne. C’est pourquoi quiconque mange le pain ou boit la coupe du Seigneur indignement, sera coupable envers le corps et le sang du Sauveur. Mais que chacun s’examine soi-même et mange ainsi de ce pain et boive cette coupe. Car celui qui mange et qui boit, s’il ne discerne pas le Corps, mange et boit sa propre condamnation. » (I Cor 11, 27-29), ( J’aurai probablement à revenir plus en détail sur ce passage de Paul ) . Or celui qui, de façon spirituelle par la foi ou en figure, consomme le corps du Seigneur indignement, c’est-à-dire, commet un péché, ne pêcherait pas de façon si grave qu’on puisse dire qu’il est coupable envers le corps et le sang du Seigneur ou mangerait et boirait sa propre condamnation. Christ est présent mais il faut savoir discerner sa présence réelle et cela ne peut se faire que par L’Esprit-Saint ...
D’autres raisons, que l’on peut trouver chez les défenseurs de la foi Catholique, invitent également avec force à entendre les paroles de l’institution dans leur sens propre et littéral. Tout n’a pas été dit, donc c’est à poursuivre et à approfondir ...
Ces raisons peuvent être ramassées dans le syllogisme suivant : Les paroles du Christ ne peuvent être comprises au sens métaphorique qu’en vertu de la nature du signe, d’un usage reçu parmi les juifs ou d’une monition du Christ. Or, les paroles du Christ ne peuvent être interprétées au sens métaphorique en vertu de la nature de la chose (le pain n’est pas un signe naturel pour le corps ni le vin pour le sang : personne ne comprendrait si en montrant une miche de pain je disais « voici Platon »), ni en vertu d’un usage reçu parmi les juifs (il n’y en a pas) ni même en vertu d’une monition du Christ (il n’y en a pas eu). Par conséquent, les paroles du Christ ne peuvent en aucune façon être comprises au sens métaphorique.
2.0 L’Église des premiers siècles, et les Pères de l’Église.
Ici je m’adresse plus personnellement à chacun d’entre vous. Particulièrement, pour ceux et celles qui ont le goût d’aller plus en avant dans la belle foi de l’Église de Jésus-Christ. Oui, la Parole de Dieu est extraordinaire ( et plus ! ) Mais encore faut-il être certain d’en avoir la juste interprétation ...
Introduction
a) Suite à mon point 1.0 : Ce que nous dit les Saintes Écritures, nous avons pu constater des éléments qui inclinent fortement à comprendre que Christ se fait réellement présent en l’Eucharistie. Ce n’est pas moi qui le dit mais Dieu lui-même en Jésus-Christ.
b) Par contre, mes frères Évangéliques pourraient dire facilement que c’est mon interprétation; que la leur est aussi valable que la mienne sinon plus ! Alors ici, pour s’en sortir, il faut interroger l’histoire de l’Église de Christ. On peut dire que les premiers siècles sont capitaux pour vérifier la légitimité d’une doctrine chrétienne en l’occurrence ici, celle de la présence réelle de Christ en l’Eucharistie.
c) C’est extrêmement important de rechercher la vérité dans tout cela. Qui dit le plus vrai ? Est-ce l’interprétation Évangélique ou Catholique qui est la plus véridique et conforme à ce que Christ a voulu dire et à ce que l’Église de Christ a enseigné à ce sujet ? Et question encore plus délicate : Est-ce que la communion au corps et sang réels de Christ lors de l’Eucharistie est transformante pour celui qui la reçoit dignement ( comme Saint-Paul le demande en - I Cor 11, 27-29 ) ?
d) En d’autres termes :
Du côté Catholique :
d-1) Est-ce la doctrine en la présence réelle de Christ en l’Eucharistie est une invention (comme le prétend le Protestantisme )
ou
Du côté du Protestantisme :
d-2) Est-ce la doctrine de « l’absence réelle » de Christ en l’Eucharistie est plutôt une nouvelle doctrine issue directement de la « Réforme » Protestante ( comme le prétend l’Église Catholique ) ?
Note : Je parle ici « d’absence réelle » de Christ en l’Eucharistie, puisque pour les Évangéliques ( si je ne me trompe ) les éléments sont de simples «symboles», vides et des «rappels» de Christ sans efficacité spirituelle. Il y a bien sûr des exceptions dans le Protestantisme, mais j’y reviendrai dans mon point : 1.5- La « Réforme » Protestante et sa vision de la dernière Cène.
e) Chers frères et soeurs Évangéliques, je ne sais pas jusqu’à quel point vous êtes intéressés à aller jusqu’au fond de cette donnée de foi ( la présence réelle ). Mais une chose est certaine, si votre doctrine est conforme à l’Église que Jésus-Christ a fondé (Mt 16, 18), vous n’avez rien à craindre. Par contre, si votre doctrine n’est pas conforme à l’Église de Jésus-Christ, vous découvrirez la vérité entière qui a été promise par Christ à son unique Église (Jean 16, 13). Jusqu’à quel point la vérité de l’Évangile et de l’Église de Christ vous intéresse ? N’ayez crainte car c’est la vérité qui nous rend libre (Jean 8, 32 ) et en ce qui nous concerne : libre d’interpréter correctement tout ce qui concerne les passages ayant trait à la présence réelle.