Rencontre avec le Christ à l'heure de la mort ?

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Raistlin
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Re: Que penser du catéchisme d'Arnaud Dumouch ? Est-ce fiabl

Message non lu par Raistlin »

Guy a écrit :La théologie a évoluée et elle continuera d'évoluer et elle se moque bien de tous ceux qui cherchent désespérément à la figer dans des concepts humains immuables.
Je me permets juste un commentaire. Oui, la théologie évolue, oui elle avance. Mais, et c'est important, cela ne veut pas dire qu'elle avance à chaque fois en faisant table rase du passé. Comme pour les sciences positives, des vérités certaines demeurent et servent de socle à l'avancée globale du savoir.

Le problème, et sans pointer qui que ce soit en particulier, est que certains théologiens modernes, ou croyants mal formés, pensent que la théologie classique de l'Église enseignante est dépassée, et qu'ils peuvent émettre des opinions théologiques sans "digérer" et assimiler ce qui a été fait avant. Moi je crois que c'est une erreur. La vérité n'est pas fluctuante et je doute que l'Esprit s'amuse à nous faire tout refaire tous les mille ans. Surtout, je crois en l’infaillibilité de l’Église et je ne vois pas comment elle aurait pu, pendant des siècles, enseigner des choses fausses concernant Dieu ou le Salut à ses enfants sans que l’Esprit-Saint s’en mêle.

Un exemple pour me faire comprendre. Lorsqu'on en voit certains nier la toute-puissance de Dieu dans son sens le plus traditionnel, ou alors la réalité de l'Enfer, ou dire des bêtises du genre "on ira tous au Paradis" (reprenant ainsi les paroles du faux prophète Polnareff) comme si la damnation était une impossibilité, ça fait peur.

Donc un grand oui à la recherche théologique, et à l’approfondissement de notre compréhension des mystères de Dieu, qui sont une richesse inépuisable. Mais un non féroce à « l’expérimentation » théologique ou à l’amateurisme théologique.
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Arnaud Dumouch
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Re: Que penser du catéchisme d'Arnaud Dumouch ? Est-ce fiabl

Message non lu par Arnaud Dumouch »

Raistlin a écrit :
Guy a écrit :La théologie a évoluée et elle continuera d'évoluer et elle se moque bien de tous ceux qui cherchent désespérément à la figer dans des concepts humains immuables.
Je me permets juste un commentaire. Oui, la théologie évolue, oui elle avance. Mais, et c'est important, cela ne veut pas dire qu'elle avance à chaque fois en faisant table rase du passé. Comme pour les sciences positives, des vérités certaines demeurent et servent de socle à l'avancée globale du savoir.
.
Non cher Raistlin ! Surtout pas table rase du passé. Ca a été l'erreur grave du clergé des années 70 avec ce fameux "esprit du Concile". Et le pape Benoît XVI montre amplement les choses : Il faut lire Vatican II DANS LA CONTINUITE des autres Conciles.

Idem pour les grands théologiens comme saint Thomas d'Aquin. Il est vrai que certaines de ses conclusions sont rendues caduques par Vatican II (Ex : son eschatologie). Mais tout ce qui avait été défini à son époque par la foi est absolument valable chez lui (Ex : Trinité, Verbe incarné).
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Re: La théologie d'Arnaud Dumouch est-elle fiable ?

Message non lu par Sapin »

Raistlin a écrit :Je me permets juste un commentaire. Oui, la théologie évolue, oui elle avance. Mais, et c'est important, cela ne veut pas dire qu'elle avance à chaque fois en faisant table rase du passé. Comme pour les sciences positives, des vérités certaines demeurent et servent de socle à l'avancée globale du savoir.
Où ai-je affirmé une telle chose? Vous me prêtez des intentions!
Raistlin a écrit :Le problème, et sans pointer qui que ce soit en particulier, est que certains théologiens modernes, ou croyants mal formés, pensent que la théologie classique de l'Église enseignante est dépassée, et qu'ils peuvent émettre des opinions théologiques sans "digérer" et assimiler ce qui a été fait avant. Moi je crois que c'est une erreur. La vérité n'est pas fluctuante et je doute que l'Esprit s'amuse à nous faire tout refaire tous les mille ans. Surtout, je crois en l’infaillibilité de l’Église et je ne vois pas comment elle aurait pu, pendant des siècles, enseigner des choses fausses concernant Dieu ou le Salut à ses enfants sans que l’Esprit-Saint s’en mêle.

Un exemple pour me faire comprendre. Lorsqu'on en voit certains nier la toute-puissance de Dieu dans son sens le plus traditionnel, ou alors la réalité de l'Enfer, ou dire des bêtises du genre "on ira tous au Paradis" (reprenant ainsi les paroles du faux prophète Polnareff) comme si la damnation était une impossibilité, ça fait peur.
Je ne crois pas que c'est ce qui est en cause ici, dans ce sujet, qu'est-ce que vous cherchez à insinuer?

Raistlin a écrit :Donc un grand oui à la recherche théologique, et à l’approfondissement de notre compréhension des mystères de Dieu, qui sont une richesse inépuisable. Mais un non féroce à « l’expérimentation » théologique ou à l’amateurisme théologique.
La recherche théologique est essentielle afin d'avancer de plus en plus vers la Lumière. La spéculative a toujours été un instrument de recherche en théologie et elle le demeurera. L'amateurisme doit être vu également chez ceux qui dénoncent la recherche à tort et à travers en citant, pour justifier leurs affirmations, des synthèses dogmatiques sans trop comprendre ce qu'ils affirment.

Arnaud Dumouch a écrit :Idem pour les grands théologiens comme saint Thomas d'Aquin. Il est vrai que certaines de ses conclusions sont rendues caduques par Vatican II (Ex : son eschatologie). Mais tout ce qui avait été défini à son époque par la foi est absolument valable chez lui (Ex : Trinité, Verbe incarné).
C'est exactement ce qui est enseigné aujourd'hui dans les grands séminaires concernant la thèse théologique sur l'eschatologie.

Bien à vous,

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Père Guy

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Re: La théologie d'Arnaud Dumouch est-elle fiable ?

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Cher père Guy,

Je crois qu'il y a eu malentendu : je ne critiquais pas votre message, je le commentais. Ou plus précisément, je le complétais par certaines réflexions personnelles sur le sujet.

Je ne vous prêtais donc aucune intention.

Toutes mes excuses s'il y avait ambiguité.

Fraternellement,
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Re: Que penser du catéchisme d'Arnaud Dumouch ? Est-ce fiabl

Message non lu par Raistlin »

Arnaud Dumouch a écrit :Non cher Raistlin ! Surtout pas table rase du passé. Ca a été l'erreur grave du clergé des années 70 avec ce fameux "esprit du Concile". Et le pape Benoît XVI montre amplement les choses : Il faut lire Vatican II DANS LA CONTINUITE des autres Conciles.

Idem pour les grands théologiens comme saint Thomas d'Aquin. Il est vrai que certaines de ses conclusions sont rendues caduques par Vatican II (Ex : son eschatologie). Mais tout ce qui avait été défini à son époque par la foi est absolument valable chez lui (Ex : Trinité, Verbe incarné).
Je suis pleinement d'accord avec vous.

Avec cette nuance : saint Thomas d'Aquin n'est pas qu'un grand théologien. Il est le docteur commun de l'Église. Je me demand donc si sa théologie ne devrait pas être considérée comme le socle de toute saine théologie (ce qui n'empêche pas de dépasser saint Thomas, ou de l'adapter, mais en étant fidèle à sa méthode). Qu'en pensez-vous ?
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Re: Que penser du catéchisme d'Arnaud Dumouch ? Est-ce fiabl

Message non lu par Arnaud Dumouch »

Raistlin a écrit :
Avec cette nuance : saint Thomas d'Aquin n'est pas qu'un grand théologien. Il est le docteur commun de l'Église. Je me demand donc si sa théologie ne devrait pas être considérée comme le socle de toute saine théologie (ce qui n'empêche pas de dépasser saint Thomas, ou de l'adapter, mais en étant fidèle à sa méthode). Qu'en pensez-vous ?
Il est le Docteur commun par sa méthode unique que saint François de Sales résume ainsi : "En lui, foi et raison marchent ensemble comme deux affectionnées".

Mais sur ses conclusions, surtout dans le supplément (qu'il n'a pas rédigé lui-même ayant été bouleversé par une vision de Jésus), il serait catastrophique de le suivre aujourd'hui. Vatican II le montre :

Je vous donne la liste des principales vérités dogmatiques qui ne doivent plus être suivies chez saint Thomas mais plutôt dans le Magistère :


1° L'Ordre des évêques est un ordre indépendant, radicalement non réductible à l'Ordre des prêtres, quoiqu'en dise saint Thomas d'Aquin.
2° Le mariage est ordonné de manière indissociable à l'amour réciproque des époux et au don de la vie (et non à la procréation et à l'assouvissement du désir, comme l'enseignait saint Thomas d'Aquin).
3° Les religions autres que le christianisme possèdent en elles des "semences de l'Esprit saint" qui disposent les âmes des non-chrétiens au salut.
4° Nous devons tenir que Dieu proposera à tous, sans exception, la possibilité d'être sauvé (finies les limbes éternels de saint Thomas). (C’est le seul dogme à forme solennelle, voir GS 22, 5).
5° Le sacrement de l'eucharistie a pour but l'union par la charité de Dieu et de l'homme (et non seulement la glorification de Dieu).
6° Marie est Immaculée Conception et non purifié du péché dès sa conception.
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Re: La théologie d'Arnaud Dumouch est-elle fiable ?

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Il va de soi que l'autorité du Magistère l'emporte sur saint Thomas d'Aquin.


J'aurais une question néanmoins :
Arnaud Dumouch a écrit :Les religions autres que le christianisme possèdent en elles des "semences de l'Esprit saint" qui disposent les âmes des non-chrétiens au salut.
Pouvez-vous m'indiquer où cela se trouve dans les textes du Concile ? Le décret Ad Gentes parle bien des "semences du Verbe" mais pas dans le sens où vous en parlez.
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Re: La théologie d'Arnaud Dumouch est-elle fiable ?

Message non lu par Arnaud Dumouch »

Raistlin a écrit :Il va de soi que l'autorité du Magistère l'emporte sur saint Thomas d'Aquin.


J'aurais une question néanmoins :
Arnaud Dumouch a écrit :Les religions autres que le christianisme possèdent en elles des "semences de l'Esprit saint" qui disposent les âmes des non-chrétiens au salut.
Pouvez-vous m'indiquer où cela se trouve dans les textes du Concile ? Le décret Ad Gentes parle bien des "semences du Verbe" mais pas dans le sens où vous en parlez.
Cette phrase d'Ad Gentes emploie l'expression :
Les chrétiens doivent être familiers avec leurs traditions nationales et religieuses (des peuples non-chrétiens) et découvrir avec joie et respect les semences du Verbe qui s'y trouvent cachées;
Mais c'est partout présent dans le Concile.

Exemple :
“Puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l'homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l'Esprit Saint offre à tous, d'une façon que Dieu connaît, la possibilité d'être associé au mystère pascal” (Gaudium et Spes n° 22, 5)
Et c'est tout l'esprit de Nostra Aetate :
2. Depuis les temps les plus reculés jusqu'à aujourd'hui, on trouve dans les différents peuples une certaine sensibilité à cette force cachée qui est présente au cours des choses et aux événements de la vie humaine, parfois même une reconnaissance de la Divinité suprême, ou encore du Père.
L'Eglise catholique ne rejette rien de ce qui est vrai et saint dans ces religions. Elle considère avec un respect sincère ces manières d'agir et de vivre, ces règles et ces doctrines qui, quoiqu'elles diffèrent en beaucoup de points de ce qu'elle-même tient et propose, cependant apportent souvent un rayon de la Vérité qui illumine tous les hommes.
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Re: La théologie d'Arnaud Dumouch est-elle fiable ?

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Merci Arnaud. Vous m'excuserez, mais je ne vois rien dans ces textes qui vous permette de dire : Les religions autres que le christianisme possèdent en elles des "semences de l'Esprit saint" qui disposent les âmes des non-chrétiens au salut.

On est d'ailleurs en droit de se demander comment une religion qui nierait le Salut apporté par le Christ, la crucifixion, la Résurrection et la Trinité peut préparer au Salut. Qu'il y ait des rayons de vérité dans certaines religions ou doctrines, c'est certain. Mais il y a un pas à faire entre dire qu'il existe des rayons de vérité ailleurs, et dire que les systèmes possédant ces semences du Verbe préparent au Salut, pas que le Concile ne me semble pas franchir.

Et si Dieu propose à tous, et notamment aux non chrétiens, une chance d'être sauvé - chose dont je suis absolument convaincu (et c'est la raison pour laquelle j'aime bien votre théorie sur l'apparition du Christ à l'heure de la mort, même si je n'en fais pas quelque chose de systématique) -, le Concile ne me semble dire nulle part qu'Il le fait par les religions non chrétiennes.

D’ailleurs, même si ça ne vaut qu’à titre d’illustration et non de démonstration, sur les quelques témoignages que j’ai lus de musulmans ou de juifs convertis, je n’ai pas encore entendu que leurs religions respectives aient été un facteur de conversion au Christ.

Bien à vous,
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François-Xavier
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Re: La théologie d'Arnaud Dumouch est-elle fiable ?

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Raistlin a écrit :Merci Arnaud. Vous m'excuserez, mais je ne vois rien dans ces textes qui vous permette de dire : Les religions autres que le christianisme possèdent en elles des "semences de l'Esprit saint" qui disposent les âmes des non-chrétiens au salut.
Entièrement d'accord avec Raistlin... D'ailleurs :
http://www.france-catholique.fr/Autour-du-Malentendu-islamo.html a écrit :Ce qui est vraiment écrit dans Nostra Aetate

De même, il faut lire la Déclaration conciliaire Nostra Aetate telle qu’elle est écrite. Loin de « reconnaître la valeur des autres religions » au plan du salut, comme on le lit fréquemment, sa perspective fut de mettre en valeur les cheminements personnels. Dans un exemple déjà ancien de cette mécompréhension [13] , on pouvait lire que le dialogue avec les musulmans

“se situe dans la lumière de l’invitation adressée par le Concile Vatican II dans la Déclaration sur les relations de l’Eglise avec les religions [Nostra Aetate] : « L’Eglise catholique ne rejette rien de ce qui est vrai dans ces religions. Elle considère avec un respect sincère ces manières de vivre et d’agir et ces doctrines qui, quoiqu’elles diffèrent en beaucoup de points de ce qu’elle-même tient et propose, cependant apporte souvent un rayon de la vérité qui illumine tous les hommes »”.

La citation est tirée du paragraphe 2 de la Déclaration. Le problème, c’est que celui-ci concerne uniquement les religions préchrétiennes. C’est seulement au §3 qu’il sera question des musulmans. Or, que voulait dire ce § 2 ? Sa rédaction n’est sans doute pas des plus heureuses. Il voulait s’adresser aux fidèles des courants religieux préchrétiens tels que les animismes, qui existent “depuis les temps les plus reculés jusqu’à aujourd’hui” et qui portent parfois “un profond sens religieux”, mais également aux fidèles de “l’hindouisme” et du “bouddhisme” qui sont présentés comme étant des “religions liées au progrès de la culture”. On peut discuter ces affirmations historiques, notamment quand on sait que la datation du bouddhisme pose d’immenses difficultés, aucun chercheur sérieux ne pouvant produire de document réellement antérieur à notre ère ; inversement, on peut se demander si l’hindouisme d’aujourd’hui est vraiment conforme à celui d’avant notre ère. Mais on voit bien l’idée des Pères conciliaires : ce qu’il y a de juste et de bon au point de vue des “valeurs spirituelles, morales et socio-culturelles” du vécu humain préchrétien forme un fondement pour un cheminement ensemble. C’est là une perspective du Nouveau Testament et traditionnelle.

Dans la catégorie propre aux religions préchrétiennes n’entre pas l’Islam – que les textes conciliaires ne mentionnent d’ailleurs jamais : ils évoquent les musulmans. Comment tant de confusions ont-elles pu surgir ? Le texte manque certes de clarté. Les Pères conciliaires (essentiellement occidentaux) avaient des difficultés à sortir d’une théologie qui ne les aidait pas à dire le mystère de l’histoire dont le Christ constitue le tournant, c’est-à-dire que :

1° Il y a un avant le Christ, et il y a un après le Christ c’est-à-dire un temps postérieur, que le Nouveau Testament nomme « les derniers temps », et qui a commencé avec la diffusion de l’Evangile par les Apôtres et leurs disciples dans tout le monde connu et facilement accessible de l’époque, et cela jusqu’en Chine ;

et 2° : ces « derniers temps » furent également marqués par les post-christianismes, lesquels se sont structurés dès après les Apôtres et contre eux ou contre leurs successeurs, et ces post-christianismes doivent l’essentiel de ce qu’ils sont au christianisme à travers des contrefaçons radicales. Tel est le monde où nous vivons aujourd’hui.

Comme Jean-Paul II et Benoît XVI l’ont rappelé maintes fois, le Concile doit être lu à la lumière de la tradition ; concrètement cependant, rien ne remplace de bons outils théologiques (exposés aux chapitres 2 et 3 du Malentendu islamo-chrétien). On comprend alors qu’il est vain et contre-productif de rêver d’une « reconnaissance mutuelle » interreligieuse ou même de chercher dans l’Islam (ou dans toute autre système de pensée) “quelques vérités de la révélation, prière, jeûne, aumône, ascèse, etc. qui sont des moyens de salut” [14], au lieu d’aborder de front les questions relatives à la volonté de Dieu (évoquées au chapitre sept du livre). De par leurs traditions, les chrétiens d’Orient, eux, ont toujours affirmé que l’Islam provenait simplement d’une vieille dérive ex-chrétienne, non qu’il serait une religion révélée et porteuse de salut (même inchoativement ou partiellement selon les adverbes ajoutés habituellement en Occident).

L’étude de plus de mille pages parue en 2005, Le messie et son prophète, a montré la validité de ces traditions chrétiennes, par la convergence d’une masse d’indices historiques en ce sens, parallèlement à l’absence d’indices avérés allant en sens contraire : telle est la définition même d’une certitude historique. Au reste, depuis lors, cette étude n’a été aucunement mise en cause au point de vue historique ; les recherches ultérieures n’ont fait que la confirmer ou la préciser. Bien évidemment, tous les post-christianismes sont truffés d’éléments chrétiens : leur présence n’y doit rien au Saint Esprit. C’est d’ailleurs logiquement sur ces fondements dérivés du christianisme que les musulmans croient traditionnellement connaître mieux le message de Jésus que les chrétiens eux-mêmes – un sujet à aborder tôt ou tard amicalement, comme le P. Moussali le faisait. L’Islam est un post-christianisme parmi d’autres, il n’y a rien de « révélé » ni en lui ni en quelque autre post-christianisme. Les musulmans pensent autre chose, c’est leur droit ; c’est également le droit et le devoir des chrétiens et tout simplement de tout homme honnête de parler avec eux de ce qui est avéré. Nous ne sommes pas invités à aimer l’Islam, mais les musulmans.

“Il est donc plus que temps de s’expliquer sans préalable entre chrétiens” écrit le P. Borrmans comme le P. Moussali en 1998 (voir plus haut). Que ne l’a-t-on pas fait durant trente ans ? Combien, avant le P. Jourdan, n’ont-ils pas été écartés des lieux d’influence, à cause de leurs compétences et de leur connaissance de l’Islam ? Et parce qu’ils ne partageaient pas la foi au prophète Massignon ? Les errements du passé ont contribué à la situation dramatique d’exacerbation et de manipulation politique du fanatisme islamique, qui est celle d’aujourd’hui. On ne peut plus changer le passé, mais on peut retourner à l’Evangile (sans oublier Mt 24,24) et écouter nos Frères chrétiens persécutés et assassinés par dizaines de milliers de par le monde. Si on ne les écoute pas, on ne pourra qu’ajouter au mal.
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Re: La théologie d'Arnaud Dumouch est-elle fiable ?

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Raistlin a écrit :Merci Arnaud. Vous m'excuserez, mais je ne vois rien dans ces textes qui vous permette de dire : Les religions autres que le christianisme possèdent en elles des "semences de l'Esprit saint" qui disposent les âmes des non-chrétiens au salut.
Tout est fait par Dieu pour disposer les hommes au salut (sauf évidemment pour ceux qui se damnent et tournent tout à leur perte).

Et c'est cette vision unique aux catholiques qui fait justement, de la religion du Christ une religion CATHOLIQUE, UNIVERSELLE.

Prenez par exemple le temps où les hommes vivaient dans la terreur de Dieu (l'époque de Moïse par exemple).

Eh bien cette terreur les disposait au salut. Et pourtant Dieu les menaçait de mort s'il osaient s'approcher de sa montagne Sainte.

C'est que, PAR COMPARAISON, lorsque à l'heure de la mort l'Ange du Seigneur leur annonçait la nature de la Rédemption à venir, ils s'enthousiasmaient pour un tel salut et y trouvaient le salut selon cette phrase de l'Ecriture :
Matthieu 4, 14 pour que s'accomplît l'oracle d'Isaïe le prophète (8, 23) :
Matthieu 4, 16 Le peuple qui demeurait dans les ténèbres a vu une grande lumière ; sur ceux qui demeuraient dans la région sombre de la mort, une lumière s'est levée.
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Re: La théologie d'Arnaud Dumouch est-elle fiable ?

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François-Xavier a écrit :
Raistlin a écrit :Merci Arnaud. Vous m'excuserez, mais je ne vois rien dans ces textes qui vous permette de dire : Les religions autres que le christianisme possèdent en elles des "semences de l'Esprit saint" qui disposent les âmes des non-chrétiens au salut.
Entièrement d'accord avec Raistlin... D'ailleurs :
http://www.france-catholique.fr/Autour-du-Malentendu-islamo.html a écrit :Ce qui est vraiment écrit dans Nostra Aetate

De même, il faut lire la Déclaration conciliaire Nostra Aetate telle qu’elle est écrite. Loin de « reconnaître la valeur des autres religions » au plan du salut, comme on le lit fréquemment, sa perspective fut de mettre en valeur les cheminements personnels. Dans un exemple déjà ancien de cette mécompréhension [13] , on pouvait lire que le dialogue avec les musulmans [...]
Dans cet article, à saveur plutôt polémique et dont l'auteur, soit dit en passant est le P. Édouard-Marie Gallez de la Communauté St-Jean, on cherche beaucoup plus à diviser et à encourager une poligique d'exclusion des musulmans plutôt que souligner le dialogue et marquer ce qui nous unis avec cette religion, dans l'esprit du Concile.

Nostra Aetate (Notre époque, le titre n'a certes pas été choisi par hasard pour ce chapitre) veut faire sa marque car Vatican II est le seul concile dans l'histoire de l'Église qui ne justifie pas les positions dogmatique en condamnant les tendances hérétiques. Il se veut plutôt un jouer un rôle réflexif en posant une regard sur l'identité de l'Église en relation avec autrui. Le concile veut placer l'Église dans le monde et non plus en parallèle et retirée du monde. Ainsi donc, la perspective de l'Église change, et une compréhension plus profonde de sa mission dans le monde s'illumine davantage: l'Église ne s'adressera plus seulement aux catholiques mais aussi à tout homme de bonne volonté, qu'il soit juif, musulman, athée etc.

Ce que ne dit pas le père Gallez dans son exposé et qu'il ne semble pas voir est que le passage réservé à la religion musulman est plutôt au coeur d'un ensemble où sont affirmées les les relations entre l'Église et chacune des religions, de la plus différente (bouddhisme, hindouisme) à la plus proche (le judaïsme). Il n'y a donc pas d'exclusion des musulmans dans le texte comme veut le sous entendre le père Gallez.

Michel Younès, professeur à l'Institut Catholique de Lyon, le souligne de façon admirable en commentant ce passage de Nostra Aetate: "l'Église catholique ne rejette rien de ce qui est vrai et saint dans ces religions" (§. 2). Ce paragraphe qui précède le passage réservé à l'islam opère la transformation radicale du regard chrétien où des notions négatives comme l'exclusion, la damnation ou le rejet sont remplacés par une approche qui reconnaît la valeur positive des autres religions. Même si leur agir diffère de ce que l'Église propose, ces traditions religieuses comportent en leur sein quelque chose de vrai et de saint. Néanmoins, la vérité qui illumine les religions ne peut pas être multiple. Elle provient, selon le texte conciliaire, d'une manière ou d'une autre, explicitement ou implicitement, du Christ qu'elle est tenue d'annoncer."

Et Michel Younès de poursuivre: "Au coeur de la déclaration apparaît son actualité. Malgré sa brièveté, la déclaration évoque avec beaucoup de lucidité le rapport aux musulmans. Faisant allusion à Grégoire VII (1015-1085) pour lequel ces derniers sont considérés positivement, le texte rappelle l'adoration par les musulmans du Dieu unique et miséricordieux, ainsi que leur soumission aux décrets divins en attendant le jour du jugement. Au terme de ce passage et après avoir souligné la similitude dans la reconnaissance des mêmes patriarches et prophètes, les évêques, réunis en concile, incitent les chrétiens au dialogue avec ceux qui honorent le prophète Jésus et Marie, sa mère virginale."

Et finalement de conclure toujours dans un sens d'inclusion et non d'exclusion comme le suggère le p. Gallèz cité par François-Xavier:

Le deuxième soubassement souligné par la déclaration apparaît dans la désignation de l'interlocuteur. Il est frappant de voir que le texte n'évoque jamais l'islam comme une entité ou comme une religion, mais il parle des "musulmans". Ce constat conduit à formuler une remarque : loin d'être un échange entre systèmes religieux, le dialogue est avant tout la rencontre de personnes qui croient et qui cherchent dans leur vie à honorer ce qu'implique leur foi. La déclaration ne se prononce pas sur la foi musulmane, mais elle se montre comme une invitation à faire sortir le dialogue d'un jeu de miroir où l'autre est perçu comme le représentant d'un système de croyances. Dans ce sens, le texte incite à rechercher les profondeurs de la personne qui vit sa foi et qui, dans sa quête, rencontre d'autres témoins impliqués dans leur tradition religieuse. Le dialogue s'apparente davantage, suivant cette logique, à une rencontre entre témoins de l'unique Dieu plutôt qu'à un débat d'idées.

L'ultime fondement qui jaillit de ce court passage prolonge les deux précédents : dialoguer c'est d'abord oeuvrer pour l'humanité dans son ensemble afin de promouvoir, comme il est dit à la fin du troisième paragraphe, "la justice sociale, les valeurs morales, la paix et la liberté". La dimension anthropologique est une assise fondamentale de tout dialogue entre chrétiens et musulmans. Une assise qui rejoint la "colonne vertébrale" de la déclaration, à savoir l'unité du genre humain comme base de la reconnaissance mutuelle. Se retrouver avec autrui n'a de portée que si on se donne comme priorité d'humaniser les rapports entre les êtres humains ainsi que la société dans laquelle ils s'expriment.

Perspectives ouvertes par Nostra Aetate

L'analyse de Nostra Aetate dans son contexte permet d'élargir le regard et invite à souligner quelques points de vigilance.

- Le premier est directement lié à la déclaration. Afin d'éviter que le dialogue entre deux interlocuteurs se transforme en une bipolarité qui risque d'enfermer l'une ou/et l'autre partie, il y a sans cesse à veiller pour que chaque dialogue particulier préserve une place aux autres traditions religieuses. Le dialogue entre chrétiens et musulmans ne peut se résumer à un front contre une autre religion, mais doit se penser en rapport avec elle.

- D'où le deuxième point d'attention : si la déclaration invite à situer la rencontre singulière dans une perspective interreligieuse, elle met en oeuvre un regard différencié sur les religions. Autrement dit, le dialogue dans une perspective chrétienne doit rester attentif à la singularité de chacune des religions. S'il ne s'agit pas d'occulter les réalités religieuses, il ne convient pas d'homogénéiser et d'uniformiser tous les rapports.

- Dans ce va-et-vient émerge une troisième mise en garde qui s'avère être une des conditions majeures pour toute ouverture à autrui. La reconnaissance de la pluralité externe à une religion ne peut s'effectuer que par une acceptation de sa propre diversité interne. Le dialogue interreligieux - et a fortiori entre chrétiens et musulmans - est directement lié et ne peut être que traversé par le dialogue oecuménique entre les différentes confessions chrétiennes. C'est ce dynamisme qui invite à voir, à la racine de Nostra Aetate, les autres constitutions, décrets (notamment celui sur l'oecuménisme) et déclarations. Il s'agit de s'accepter soi-même dans sa diversité pour reconnaître l'autre dans sa différence.


Quarante ans après la déclaration qui a transformé, d'une façon irréversible, le regard chrétien sur les autres traditions religieuses, la concrétisation de la rencontre semble obéir à une série d'exigences nécessaires pour toute démarche de dialogue.

- La première est sans aucun doute la connaissance de l'autre pour une meilleure reconnaissance. Connaissance et reconnaissance forment les deux facettes d'une même et unique réalité. Un dialogue qui néglige la connaissance de l'autre tel qu'il est conduit inévitablement soit à une projection sur lui de l'image que l'on désire avoir, soit à une naïveté générée par l'ignorance. Dans l'un comme dans l'autre cas, la méconnaissance devient synonyme d'une négation de la différence constitutive de l'altérité.

- La deuxième exigence que la déclaration initie est le retour raisonné à l'histoire pour évacuer les préjugés et épurer les mémoires collectives. Sans l'intériorisation d'une histoire vécue ensemble, le dialogue reste une notion vide de sens puisqu'il ne peut pas s'appuyer sur une expérience partagée.

- Vivre ensemble une histoire commune conduit à repérer une troisième exigence. Différencier les niveaux du dialogue permet en effet de mieux mesurer les conditions, les implications et les enjeux de chacun. Le dialogue au sens de convivialité suppose une démarche qui ne recouvre pas totalement une rencontre prenant la forme d'une discussion et de débat. Et ces derniers se distinguent d'un dialogue qui s'exprime par un partage d'expériences spirituelles. Très souvent, la confusion entre ces niveaux génère une ambiguïté et empêche de faire apparaître la fécondité de chacune de ces formes de rencontre.

La relecture de cette déclaration a fait progressivement émerger une réalité : l'ouverture aux membres des autres religions est loin d'être une tâche facultative aux chrétiens. Dans son pèlerinage, l'Église a comme mission d’œuvrer pour l'unité de l'humanité en annonçant et en vivant la Bonne Nouvelle apportée par Jésus Christ. Dans la perspective de Nostra Aetate, le dialogue se définit moins comme la volonté de convertir l'autre à soi. S'il demeure un long chemin fragile et subtil, exigeant et complexe, le dialogue appelle sans arrêt à convertir les fausses images de l'autre, pour favoriser une rencontre de vérité qui met fin à l'intolérance réciproque.




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Re: La théologie d'Arnaud Dumouch est-elle fiable ?

Message non lu par Arnaud Dumouch »

Raistlin a écrit :Merci Arnaud. Vous m'excuserez, mais je ne vois rien dans ces textes qui vous permette de dire : Les religions autres que le christianisme possèdent en elles des "semences de l'Esprit saint" qui disposent les âmes des non-chrétiens au salut.
Bien à vous,
J'ajoute que le texte de Vatican II est très clair :

"SEUL LE CHRIST SAUVE".

Les autres relignion contiennent des semences qui "PREPARE" le salut par le Christ.

"PREPARER la venue du salut" et "sauver" ce n'est pas la même chose. C'est un peu la différence entre "Jean Baptiste" et "Jésus".
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Re: La théologie d'Arnaud Dumouch est-elle fiable ?

Message non lu par Altior »

Arnaud Dumouch a écrit :
"PREPARER la venue du salut" et "sauver" ce n'est pas la même chose. C'est un peu la différence entre "Jean Baptiste" et "Jésus".
Une des differences (car il y a plusieurs) est que Saint Jean Baptiste était sujet à ce que, à son temps, était la vrai réligion.
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Re: La théologie d'Arnaud Dumouch est-elle fiable ?

Message non lu par Arnaud Dumouch »

Altior a écrit :
Arnaud Dumouch a écrit :
"PREPARER la venue du salut" et "sauver" ce n'est pas la même chose. C'est un peu la différence entre "Jean Baptiste" et "Jésus".
Une des differences (car il y a plusieurs) est que Saint Jean Baptiste était sujet à ce que, à son temps, était la vrai réligion.
Une religion dont saint Paul dit : "Dieu leur avait donné une Loi qui ne sauve pas".
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