Je viens de commencer
"La Vérité Captive de la Philosophie" de Maxence Caron édition le Cerf & Ad Solem
MONUMENTAL !
Ouvrage fondamental qui va au fond du problème moderne : la volonté de ne pas penser le Principe, l'Être, Dieu.
Démonstration fondamentale : la pensée, et le désir qui habite l'homme, ne sont pensables que par une pensée du Principe comme Principe, de la Transcendance, du Dieu
Trinitaire.
Critique excellente et résumé clair de la démarche de Caron :
http://scjef.org/blog/?p=80
On est loin enfin de ces tendances « intellectuelles » les plus courantes de notre époque, qui ont fait de « l’absence de Dieu » leur thème privilégié et qui raffolent de cette absence, « sous forme de thèses hindo-bouddhistoïdes ou d’heideggeriâneries pseudo-eckhartiennes en tout genre, d’ouvrages médiocres voués à l’indéchiffrable ou de collections éditoriales consacrées au non-lieu (a-topos), afin d’ouvrir avec plus d’assurance et sur la base d’une idoine eschatologie de l’introuvable le chemin de l’immanence : on fait semblant de satisfaire l’aspiration au Principe à qui on ne donne aucun objet – sous prétexte qu’à ce niveau la forme de l’objet, avec laquelle on confond toute consistance possible, n’existe pas – afin de mieux fondre sur les objets de l’immanence ; si le Principe n’est aucun objet, il n’y a plus que des objets, si Dieu n’a aucune consistance, il est réduit à l’expérience subjective et il n’y a plus de réalité universelle que dans le monde. » (588)
La logique et l’insuffisance de toutes ces tendances actuelles étant largement diagnostiquées, Maxence Caron ouvre à nouveau la perspective sur le Principe pour Le penser à partir de et en accord avec ce qui structure le désir d’absolu ancré dans l’homme. Ce dernier est bien cet être réflexif, mais sa réflexivité n’est jamais ressaisie en sa propre source par la pensée moderne. Négligée comme un simple fait, « la réflexivité est intégrée à ce qui est en réalité en deçà d’elle (Descartes, Kant, Nietzsche, Heidegger) ou elle est mise elle-même au pinacle sans que son fond ontologique soit véritablement dégagé (Fichte, Hölderlin, Hegel, Husserl) » (495).
C’est vers ce fond ontologique négligé que Maxence Caron désire amener son lecteur et la philosophie contemporaine en faisant signe vers la Trinité, cette Différence fondamentale, transcendantale et théologale dont l’oubli a justement entraîné la négligence de penser l’acte de penser et l’être de l’être.
Toute personne ayant un bagage minimal en philosophie et/ou théologie est fortement invité à le lire
Toute personne concernée par la question de l'Être
se doit de le lire.
Bon, ça fait quand même 1115 pages bien denses... Mais l'écriture étant très harmonieuse, ça se lit avec plaisir.
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@ cycas :
Oui le "Jésus de Nazareth" de Ratzinger est excellent. J'attends avec impatience le second tome
